Jury du millénaire – Le temps presse : mon vote

C’est en 1994. il y a 17 ans. Un court-métrage de moins de 5 minutes m’avait marqué par sa capacité à construire une histoire et faire avancer les mentalités. Réalisé par Tonie Marshall, avec un jeune acteur débutant qui m’a immédiatement bluffé (Matthieu Kassovitz), le film avait remporté un concours de scénario. Je ne l’ai jamais revu mais me souviens de chaque image, de la façon dont la dernière séquence m’avait cueilli. Je ne suis pas sûr que ça marcherait encore dans un monde où parler de préservatif et séropositivité est un tabou moins violent. Quoique. (Réponse en fin de billet)

La semaine dernière, j’étais invité par Ulike et Danone Communities à choisir mon trio de tête parmi 16 courts-métrages conçu pour soutenir un cause, en tant que membre du Jury du Millénaire. Les raisons de répondre présent sont nombreuses.

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Boulimie

Ceux qui me connaissent bien le savent : je ne fais rien “un peu”. Je joue beaucoup à la Playstation ou je n’y joue pas. Je passe une nuit au casino ou je n’y vais pas. Je lis un livre par jour ou je ne lis pas…

Ma crise de boulimie du moment est cinématographique. Cette semaine, 4 films : L’homme qui voulait vivre sa vie, No et moi, Kaboom et The social network. Cette semaine, 4 belles émotions aussi. Tous les ingrédients sont donc réunis pour que ça ne s’arrête pas. Sur ma liste : Des dieux et des hommes (que je n’ai toujours pas vu), Date limite, Buried, Unstoppable, Potiche, La princesse de Montpensier, Fair Game… Et l’impatience en attendant la sortie en février de la suite de l’un des films cultes de mon enfance : Tron.

No et moi

Comme pour L’homme qui voulait vivre sa vie, j’ai découvert le film de Zabou Breitman en avant-première, sans rien en savoir. Je n’avais pas lu le livre éponyme dont il est tiré, je savais juste que j’aime tout ce que fait Zabou. No et moi n’est pas un film immédiatement vendeur : une plongée dans les univers croisées d’une SDF et d’une famille sous perfusion. Bien que fataliste donc désespéré, le film est presque joyeux, jamais larmoyant, impeccablement interprété notamment par les ados d’une justesse sidérante. A voir absolument.

Kaboom

Il est de ces films qu’on va voir résigné : je n’aimerai pas mais il faut que je le voie pour vivre l’expérience. Le casting visible sur l’affiche est l’assurance qu’on ne peut pas complètement s’ennuyer : il est uniquement composé de gravures de mode qui s’y exposent sans pudeur. Parmi elles, deux acteurs que j’aime : Thomas Dekker depuis The Sarah Connor chronicles et Juno Temple depuis Mister Nobody. Mais Kaboom vaut nettement plus que ça. Le film est déjanté, psyché et déglingué mais raconte une histoire forte, réserve même un twist final. C’est le film de génération qui n’est pas la mienne mais qui m’a parlé. A voir sans en attendre trop pour profiter de la même bonne surprise que moi.

The social network

Un film historique dont on a tous connu la face la plus visible au cours de ces cinq dernières années, ce n’est pas si fréquent. Ceux qui parlent d’un “téléfilm trop long” n’ont pas du voir la même production que moi. Fincher nous prouve qu’il n’a pas perdu la main : rythmé, inventif, un casting parfait dans le pire exercice de style qu’on puisse imaginer… Mais la plus grande surprise est qu’il m’a rendu Mark Zuckenberg attachant alors que j’en attendais l’inverse. C’est tellement inratable que tout le monde l’a déjà vu.

Si on ajoute L’homme qui voulait vivre sa vie, qui parle certainement plus aux quarantenaires qu’à la plus jeune génération qui remplit majoritairement les salles, ça fait également quelques balades dans différents univers générationnels qui me vont bien. J’en veux toutes les semaines.

L’homme qui voulait vivre son film

J’ai souvent l’occasion d’être invité à des avant-premières de film et j’avoue aimer ce luxe de découvrir un film avant tout le monde, avant que les médias ne m’en aient trop défloré le sujet, les intentions, les émotions…

Il est d’usage que ça se passe en présence d’une partie de l’équipe du film. Au-delà du moment sympathique qui consiste à découvrir un réalisateur enflammé et de voir en vrai un membre du casting qu’on apprécie, je déteste la séance de questions réponses qui va avec.  Depuis toujours, je ne peux pas parler d’un film que je viens de voir, d’autant plus si je l’ai aimé : il me faut quelques heures pour le digérer, me remettre d’émotions qui n’appartiennent qu’à moi et je n’ai pas forcément envie d’élaborer de longues théories pour rationaliser mes émotions. Lorsque je peux discrètement partir quelques minutes après le début de l’échange, je n’hésite pas, lorsque la discrétion n’est pas permise, je fais contre mauvaise fortune bon coeur.

Ce soir, grâce à ulike (merci Raphaël et Al Amine), j’ai découvert L’homme qui voulait vivre sa vie. Sans rien en avoir vu, j’avais très envie de le découvrir. Comme si j’avais senti que l’histoire allait résonner en moi. C’est donc bien une grosse claque que j’ai prise. Une tension ininterrompue du début à la fin, vibrante grace à la musique, aux effets de caméras ou au jeu des acteurs. Pour ne pas me contredire, je n’en dirai pas plus.

A l’issue de la projection, le réalisateur Eric Lartigau, l’actrice Marina Foïs et le producteur Pierre-Ange Le Pogam se sont soumis visiblement de bonne volonté à l’exercice des questions réponses. En quelques minutes, l’oeil qui frise d’Eric Lartigau disait tout de son sens de l’humour, les répliques de Marina Foïs trahissait l’intelligence de son analyse et le langage corporel de Pierre-Ange Le Pogam révélait une force de caractère infaillible.

Bien sûr, comprendre des secrets de l’adaptation du livre de Douglas Kennedy, des intentions du réalisateur ou du choix des acteurs (l’évidence Romain Duris, Catherine Deneuve à la place d’un homme…) a de la valeur. Mais voir la salle entrer dans des explications de textes m’éloigne de mes émotions, me confisque de la fin du film (ouverte) que j’ai besoin de m’approprier. Et je n’ai pas envie de confronter la modernité souhaitée par l’équipe du film avec les parfums de Henry-George Clouzot ou René Clair que j’ai ressenti dans cette capacité à mettre de la tension même dans la banalité du quotidien.

Eric, Marina et même Pierre-Ange, j’vous kiffe, vous parlez vraiment bien de votre bébé, mais vous aviez ce soir dans la salle l’homme qui voulait vivre son film, une fois la lumière dans la salle revenue. Et je ne doute pas que je pourrai échanger avec tous ceux qui l’auront découvert dans quelques semaines, dans des salles combles méritées.

J’aurais voulu te dire…

J’ai noté sur mon petit calepin tellement de choses que je n’élaborerai pas ici faute de temps, je ne sais pas par quoi commencer. Je n’ai jamais vécu une période professionnelle aussi excitante, alors je la vis bien… mais je la vis trop ! Résultat, plus une minute pour utiliser mon blog pour ce qu’il a toujours été : un bloc-note organisé, un aide mémoire qui m’impose la formulation structurée d’idées, d’humeurs, de regards très subjectifs qui doivent s’appeler des points de vue.

Il y avait donc dans mon carnet des sujets dont j’aurais bien aimé parler ici.

Les petits mouchoirs et Gilles Lellouche


En regardant la promo des Petis mouchoirs de Guillaume Canet, j’ai plus pensé au casting qu’au film qui m’a déçu lors de l’avant-première d’Allo Ciné il y a quelques semaines. C’est en me souvenant de la performance de Gilles Lellouche que j’ai réalisé que notre star system masculin français s’était transformé en une décennie. Les acteurs souvent issus de la troupe du splendid ou de la télé dans la décennie précédente ont laissé place à une génération d’acteurs surexposés par période, par forcément glamours mais propulsés en première ligne en un film : ce fut Jean-Pierre Darroussin, François Berléand, Jean Dujardin, Benoît Magimel, Clovis Cornillac, Kad Mehrad… Le prochain sur la liste semble donc être Gilles Lellouche sans lequel plus aucun film français ne semble pouvoir se faire. Pendant que les sexys Nicolas Duvauchel, Louis Garrel ou même Romain Duris font des choix plus exigeants et souvent plus discrets.

Casino


En parlant avec des amis, j’ai découvert que pas mal ignoraient ma passion (dangereuse) pour le Casino et les jeux d’argent en général. Parce que je l’ai éludé autant ici que dans la vraie vie. Alors qu’il ne passe pas une semaine sans qu’un site de jeux en ligne ne me propose “un échange de liens” avec mon blog qui n’a pourtant jamais évoqué le sujet, je me dis qu’il reste encore plein de choses à dire ici. Je pensais sincèrement avoir fait le tour de ce que je m’accordais d’aborder sur moi mais il y a de toute évidence des sujets que j’ai mis sous le tapis, comme des actes manqués. Après le Casino et le secret de mes nuits à Végas, on en trouvera d’autres, je suis sûr. Je n’aurai pas le temps de faire le tour de toutes mes addictions (#SFIV).

Les étudiants et la retraite


Que les étudiants soient dans la rue ne me choque pas vraiment, je crois même que ça fait partie du passage obligé pour atteindre la maturité du jeune adulte. Trois semaines de grève contre la Loi Devaquet en 1986 m’ont certainement autant appris que les mois de cours qui ont précédé et suivi. Et que chacun puisse défendre ses droits me semble constituer la base de la démocratie à laquelle je tiens. Facile : je ne souffre pas des grèves, je suis à 40 minutes de mon travail en vélo, je n’ai pas d’enfants à faire garder… Mais que le monde moderne digitalisé n’avance pas en inventant un moyen plus responsable de faire entendre sa voix reste un mystère pour moi. Bloquer le pays, prendre en otage ceux qui ne peuvent pas se permettre de perdre une journée de salaire, donner un argument aux investisseurs étrangers d’implanter ailleurs qu’en France leurs sièges sociaux, faire occuper les journaux par des points trafic plutôt que des sujets de fond, laisser les instrumentalisations en tout genre se jouer…, je n’en vois pas immédiatement le bénéfice. J’aimerais tant que les jeunes qui sont dans la rue pour leur retraite qui n’arrivera sans doute pas avant 45 ans inventent la pétition numérique tellement écrasante et puissante qu’elle ne pourra être ignorée par un décideur.

Gap


Les histoires arrivées sur le web ces dernières semaines tendent à m’éloigner de certains des aspects de ce qu’on appelle l’influence digitale. Je travaille sur les postures à prendre, ça explique en partie mon manque de temps. J’en suis au stade des convictions pour l’instant très personnelles que je me suis forgé : 1/ Si les médias sociaux sont devenus une force capable de se réjouir de faire plier en quelques jours une marque jusque dans le choix de son nouveau logo, on assiste à la négation même de toute les règles de base d’un marketing exigeant qui doit savoir proposer aux consommateurs ce qu’ils n’ont même pas conscience d’attendre, quitte à avoir le droit à l’erreur 2/ Si les tentatives produisent des réactions violentes, souvent même irrespectueuses voir insultantes, autour de sujets marketing et pas idéologiques, le web social va aboutir à un marketing mièvre, sans prise de risque ni expérimentations, les marques redoutant le moindre effet boomerang et au final imposeront un monde consumériste sans innovation. 3/ Si la découverte tardive par les marques de l’importance du digital tend à les détourner des moyens traditionnels de l’influence, c’est l’oubli manifeste d’une réalité qui reste d’actualité : on parle en digital, on y élabore même des points de vue quand la tentation du LOL systématique ne se fait pas trop grande, mais sur le long terme, on agit dans la vraie vie. 4/ Si j’oublie en tant que “blogueur canal historique” et “Twitteur névrosé” que mon avis et mes coups de gueule n’entament pas ma crédibilité qu’à la condition que je soie légitime, constructif et dans la mise en oeuvre systématique de mon expertise, je perds le contrôle devant la force de frappe que m’a donné Google 5/ Au final, si l’avenir immédiat n’a à proposer qu’un marketing mièvre, sans changement, soumis à des retours irrespectueux plutôt que conversationnels, face à une minorité qui efface la parole du plus grand nombre et une jeune génération de journalistes qui oublie de défendre sa corporation en ne mettant pas en oeuvre ses principes fondateurs, je devrai faire le constat de l’échec regrettable de ce pour quoi je militais depuis plus de 6 ans. Et je devrai prendre les décisions qui vont avec. Le GAP entre mes envies d’un marketing digital intelligent qui ne se cantonne pas à l’écume du “joli”  ou de l’ironie systématique et la réalité devient chaque mois un peu plus fort. Ma première décision date d’il y a 6 mois : plus jamais je n’agresserai une marque comme je l’ai fait à 2 reprises ici en profitant bêtement de la certitude de me retrouver en première page des requêtes Google de cette marque pendant plusieurs semaines et en servant des intérêts personnels.

C’est dommage que je manque de temps, j’aurais vraiment aimé parler de tout ça.

Midnight Express

L’occasion de revoir Midnight Express se trouve au croisement de plein d’événements récents ou à venir : le disque vinyl de la musique de Giorgio Moroder retrouvé au hasard d’un rangement, un article sur un acteur qui aurait du rester dans les mémoires comme un mythe et que tout le monde a oublié ou presque (Brad Davis) ou encore mon départ imminent pour Istanbul.

Au final, Midnight Express n’a pas que bien vieilli mais reste un électrochoc qui me fait presque hésiter à prendre un paquet de cigarette avec moi demain. Et ça m’a donné furieusement envie de revoir la filmo d’Alan Parker et surtout Birdy, Evita et Angel Heart que je regarderai le week-end prochain.

I don’t love you Philip Morris

Je ne sais pas si ça n’arrive qu’à moi mais il y a certains films qui me mettent en colère. Ce qui est toujours mieux que de laisser indifférent.

Si j’ai hésité à écrire mon point de vue sur I love you Philip Morris, c’est surtout parce que c’est un exercice difficile sans spoilier le film. Mais le nombre de commentaires positifs de ceux qui l’ont vu en avant-première depuis quelques jours contribue à mon agacement, je m’exécute donc.

Pour tout savoir de ce que dit la promo, il faut aller voir ou cliquer sur la bande-annonce.

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Rattrapage ciné

J’avais raté Star Trek et Terminator 4 au ciné, je mourais d’envie de les voir. Vive les longues soirées d’hiver au coin du feu (au coin des bâches et des gravas dans mon cas hein).

J’ai aussi vu La vie des autres, en allemand dans le texte, j’ai été perturbé par 3 choses : ma compréhension assez acceptable de l’allemand après tout ce temps, le jeu de l’actrice principale qui a seché l’Actor’s Studio et les baggles d’Hector qui déchirent. Faut que j’y pense encore pour me faire un avis.

Dimanche matin rattrapage ciné

Il y a des films immanquables qu’on a manqué. Ma nouvelle manie de me réveiller à 7h00 le dimanche matin vient de m’offrir une belle séance de rattrapage en 2 films.

J – 8 J’aime pas Washington

Ce n’est pas très nouveau. J’avais essayé activement en 2006, puis plus mollement l’année dernière. Du coup, en version aller / retour sur 3 jours et sous la pluie, c’était perdu d’avance : Washington et moi, on n’est pas potes. Donc plutôt que d’arroser les autochtones de ma mauvaise humeur très palpable en plein jet lag, j’ai choisi la version sportive du défoulement. A 4 heure du matin, dans la salle de sport déserte, j’ai pédalé pendant 2 heures.

washington

Les meilleurs moments de détente de mon séjour, je les ai quasiment vécus dans l’avion (c’est dire), en découvrant 2 petits films français que je n’avais pas vu passer et que j’ai vraiment bien aimé : Jusqu’à toi avec Mélanie Laurent et surtout Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) avec Mathilde Seigner et Bernard Campan.

jusqua-toiune-semaine-sur-deux
J’ai très activement milité pour que notre prochaine réunion internationale se déroule en Asie, Hong Kong par exemple. Croisons les doigts…