Mes Gay Games

Participer en tant que bénévole aux Gay Games Paris 2018 n’était pas exactement une façon anodine de démarrer un congé sabbatique de 11 mois. La dimension rassurante d’un agenda pas complètement vide est pourtant rapidement devenue une motivation anecdotique face à l’énergie d’un événement qui m’aura marqué pour longtemps, pour des raisons parfois inattendues.

Lorsque j’ai décidé qu’un break professionnel m’était nécessaire pour me ressourcer, ne pas perdre l’envie, continuer à progresser, c’était sans le moindre doute. Retrouver du temps pour moi et pour mes proches en constituait le bénéfice collatéral majeur, dans un programme très flexible entre voyages et projets personnels, sans réelles obligations. Mais il m’était impossible de démarrer avec une perspective unique de vacances à durée indéterminée.

Un simple précaution préalable

Redoutant quand même la possibilité d’un petit trou d’air après 25 années de travail connecté ininterrompues, j’ai identifié l’arrivée des Gay Games en plein mois d’août comme un excellent moyen d’occuper mes premières journées off à Paris de façon utile, au service d’une cause qui compte pour moi : la lutte contre toutes les discriminations à travers l’inclusion de toutes les diversités (âge, religion, genre, orientation sexuelle…) par le sport et la culture.

Si ma mobilisation devait se concentrer au départ sur les aspects communication, ce que je maîtrise forcément le mieux, j’ai dès le début de l’événement compris que mon accomplissement viendrait d’ailleurs. Tout n’était pas rôdé, parfois approximatif, mais l’envie de partage, d’échanges, de faire bien se sont révélés plus fort. J’ai donc choisi de m’investir en tant que simple bénévole appliqué à des missions d’exécutant sans autre velléité qu’aider, être utile.

Bénévole bon élève

Ma première intervention étant à l’accueil du village place de l’hôtel de ville la veille de l’inauguration, j’y ai assez vite trouvé un QG, un point de repère, un rendez-vous quotidien tôt le matin, tard le soir ou parfois les deux. En 8 jours, j’aurai donc participé à l’accueil des visiteurs au welcome desk, à l’entrée du village mais aussi à l’extérieur. Je n’aurai rien refusé : passer quelques heures à la consigne (en mode « animateur de l’endroit pas fun »), accueillir et brieffer des bénévoles retardataires (en mode « tour operator »), ranger le welcome desk, jouer les cobayes dans les activités sportives ou même organiser les files d’attente aux toilettes lors de la soirée de clôture. Le tout en m’éloignant de toute prise de responsabilité pour profiter à plein de mon rôle de contributeur bon élève. Bizarrement, j’ai retrouvé des sensations que j’avais connues à l’armée : aux côtés des exécutants, dans un esprit fraternel.

Multitasking

Mais je ne voulais pas m’enfermer dans la facilité d’un lieu conquis et d’une équipe connue. Chaque jour, je suis parti à la découverte de nouveaux environnements et missions toujours différentes. Ramasseur de notes du jury à la Danse sportive, remetteur de médailles à la natation, support vigilance sécurité au Festival de courts-métrages, accueil des athlètes au badminton font partie des missions qui se sont présentées à moi. Au sein de staffs mobilisés, inclusifs, souvent impressionnants d’investissement. J’ai pu y confirmer que le badminton est VRAIMENT un sport, qu’un tango entre 2 femmes peut être très touchant, que gagner une compétition de natation à plus de 70 ans créé une fierté énorme…

Bénéfices collatéraux

A l’issue de la grosse semaine de Gay Games, il me reste des moments d’émotion, beaucoup de rires, de danses, de fête, de partages. J’ai échangé avec des centaines de personnes, me suis attaché à quelques visiteurs / visiteuses régulier(e)s, fais plus de hugs à des inconnus en 8 jours que dans les 49 années qui ont précédé. J’ai rencontré quelques personnes qui resteront sans doute pas loin dans le futur. J’ai redécouvert des amis qui m’ont impressionné au travail. J’ai rencontré pas mal de mes instagrammeurs préférés qui m’ont accueilli avec un grand sourire à chaque fois. J’ai pleuré pendant la cérémonie de clôture, de fierté et de tristesse. Je n’étais pas le seul.

J’espère que ma prochaine aventure sera aussi incroyable mais la barre est haute.

Kiehl’s qu’on kiffe

J’aimais déjà Kiehl’s, la marque née à New York qui s’occupe de ma peau depuis l’ouverture d’une première enseigne en France rue des Francs Bourgeois en 2004. Après 4 jours passés à la côtoyer à Deauville en tant que partenaire officiel du Festival du cinéma américain, je peux dire qu’au sérieux”pharma-cosmétique” s’est ajouté une touche glamour sans sacrifier la proximité qui fait son identité. Depuis, plus que jamais, je kiffe Kiehl’s.

Fan de longue date

Ce qui m’a plu à l’origine, c’est le sérieux d’une approche basée sur un diagnostic de peau, consultation qui aboutit à la prescription d’une routine personnalisée avec un mix de produits concentrés en ingrédients naturels et sans parfum additionnels. Pour ne pas se perdre en route et s’adapter en fonction du taux d’hydratation de sa peau et de l’avancée du temps, un “Guide de consultation” est remis en guise d’ordonnance. La démarche est sans aucun doute aussi marketée que les noms très “médicaux” des produits mais ça fonctionne assez bien sur moi.

Ce qui m’a fidélisé plus que tout le reste, c’est le confort d’application des crèmes et sérums, tantôt soyeux ou effet fraîcheur, toujours agréable.

Ce n’est que très récemment que j’ai vraiment découvert l’ADN de Kiehl’s : créé à New York en 1851 dans une pharmacie traditionnelle de l’East Village, elle a depuis déployé dans le monde une expertise alliant cosmétique, pharmacie, herboristerie et médecine. L’approche du service personnalisé de proximité est le deuxième composant immuable de la marque, très perceptible dans toutes les enseignes parisiennes en tout cas.

La proximité appliquée à un événement

Tenir la promesse d’une marque dans un événement n’est pas toujours simple. Je dirais que Kiehl’s sait faire ça mieux que personne en tant que partenaire à valeur ajoutée. J’avais eu l’occasion de la constater en juin dernier à l’occasion de We Love Green, l’occasion notamment de mettre en lumière les engagements durables et ses emballages recyclables en magasins.

A Deauville, tout le savoir faire de Kiehl’s est déployé : une équipe attachante et pro dépêchée sur place, un lieu de vie avec l’incontournable Kiehl’s club et une édition limitée au profit de l’association Enfance et partage.

L’apothecary bar du Kiehl’s club était l’occasion d’un diagnostic de peau de 30 minutes, avec une équipe de responsable magasins dépêchés sur place. Aurélie, Gaëtan, Mat et le barber Johan ont parfaitement incarné la proximité souriante de la marque.

Le Kiehl’s club a largement participé au plaisir de mon expérience Deauville 2016. Toutes les stars y sont passées, les soirées y sont d’exception (bravo Laurent Guyot !), les concepts pour nourrir les réseaux sociaux plutôt malins (voir les Kiehl’s Taxi Driver Interviews sur Facebook).

Une édition limitées des soins les plus iconiques customisés Festival de Deauville est développée pour l’occasion, disponible dans les points de vente et sur le site. Les bénéfices des ventes seront reversés à l‘association Enfance et Partage.

Ma nouvelle routine

Après une année de Daily Reviving Concentrate et Powerful Strength Line Reducing Concentrate le matin et Midnight Recovery Concentrate le soir, mon diagnostic à Deauville a initié une routine renforcée intégrant les innovations de la marque et l’approche de la cinquantaine pour ma peau. Il y aura donc désormais l’Ultra Facial Cleaner d’abord, puis le tonique Ultra Facial Toner et le sérum Hydro-Plumping Re-Texturizing Serum Concentrate. Et je vais essayer de me mobiliser sur le soin contour des yeux Super Multi Corrective Eye-Opening Serum.

Bon, surtout, j’ai promis de fumer et boire moins… Si ça se trouve, ma peau n’atteindra jamais les 50 ans, du coup.

Le nouveau Queen Club a la reconquête des nuits parisiennes

En 23 ans, le Queen Club a connu plusieurs âges d’or, d’abord gay puis gay friendly puis hétérosexuel, avant de devenir beaucoup plus contournable parmi les lieux de prédilections des noctambules branchés parisiens et internationaux.

En investissant les murs du Club 79 de Laurent de Gourcuff dès le 2 septembre, c’est plus une renaissance qu’un déménagement que nous promet son créateur Philippe Fatien et une équipe de designer (François Frossard) et directeur artistique (Marmott) très mobilisés. Une renaissance qui a commencé en dévoilant son nouveau logo il y a quelques semaines :

Visiter grâce à Laurent Guyot le lieu 6 jours avant son ouverture était un beau cadeau et donne très envie de croire en la résurrection d’un lieu mythique synonyme de fête et d’avant-garde. L’occasion de faire un point sur ce qui nous attend.

Un design exigeant intégrant rétro et technologie

La grande salle encore en travaux, longée par deux espaces VIP, prolongée par une rotonde privatisable est ponctuée de poteaux habillés dans un esprit boule à facette qui laisse imaginer une ambiance lumineuse assez unique.


Au-delà de la scène qui sera équipée d’une cabine en verre dans le vide “telle une proue de navire” pour accueillir le DJ, c’est sans doute le système de projecteurs lumineux au plafond qui imprime le sentiment de découvrir une salle de concert ou spectacle plus qu’un simple night club. L’ensemble occupe 1.200 m² agencés de façon à réserver de la place aussi bien aux danseurs qu’aux VIP attablés.

Le bar, placé au centre du club, est encadré par un immense miroir, reprenant le baroque des miroirs vénitiens.

La rotonde privatisable est “conçue comme une véritable suite d’hôtel, ornée de milliers de miroirs biseautés sur les murs et agrémentée de banquettes en arc de cercle en python beige, elle peut accueillir jusqu’à 50 privilégiés qui vivront un moment clubbing unique…”

Au final, le résultat devrait être à peu près aussi spectaculaire que la promesse :

 

Quelques cerises sur la gâteau qui comptent (pour moi)(et le DA visiblement) :

L’espace fumoir est grand, totalement intégré au Club avec la même qualité sonore et devrait s’habiller de jeux d’Arcade qui me semblent bienvenus

Les toilettes font l’objet d’une attention du DA qui mesure que la qualité d’un lieu se mesure aussi à l’inventivité de ce lieu que tout le monde visitera dans la soirée. Il faudra à ce stade se contenter d’un néon déjà en place.

Une programmation ambitieuse, des invités prestigieux pour mélanger les communautés

Inviter David Guetta à la soirée d’ouverture du 2 septembre est un signal fort de retour aux sources… qui ne dit pas tout.

Les rendez-vous mythiques et installés seront toujours là : Disco Queen le lundi, Ladies Night le mercredi, soirée Gay le dimanche soir mais de nombreuses autres surprises sont attendues avec les danseuses du Lido et du Crazy Horse, des DJ londoniens en vue, “des spectacles étonnants par une troupe freaky qui n’a aucune limite, une fois par mois”. Des croisements avec des soirées parisiennes hype telles que la très gay très friendly Club Sandwich sont également sur les rails.

L’enjeu est de séduire une clientèle plus variée, avec une montée en gamme parmi les plus select des clients, en s’affranchissant des castes de la nuit parisienne. Ce qui sera possible avec un plateau de VIP qui ne peuvent pas être tous anonymes. Ainsi, on attend déjà notamment Steve Aoki le 18 septembre, Kavinski le 23 octobre… et Madonna en after show en décembre ! On aprle également de Pharrell Williams et Kanye West très prochainement.

La direction en a bien conscience : tout est en place pour réussir le lancement, le challenge sera de tenir dans la durée et retrouver un nouvel âge d’or au croisement du retour aux sources et de l’innovation.

 

Le Queen Club s’installe au 79 avenue des Champs Elysées à compter du 2 septembre, son site web est attendu en fin de semaine, son actu est déjà déclinée sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Instagram.

Comment fêter dignement l’annonce d’une saison 2 pour Sense8 ?

Ce n’était pas gagné mais j’aime Sense8, la série-événement-annoncé des Wachowski. Je l’aime beaucoup et encore un peu plus chaque jour.

J’ai regretté la mise en place un peu longue (1 épisode de trop) puis je me suis laissé embarquer. Je sais déjà que quelques scènes resteront parmi mes moments de série préférés pour la vie. Le concert figure aux côtés des dernières minutes du final de “Six feet under”, de la mort de Joyce Summers dans “Buffy” et du face à face entre Walt et son beau frère dans “Breaking Bad”. C’est dire.

C’est aussi la série qui m’a fait craquer pour la plupart des membres du casting, filles, garçons… ou même trans.

La sublime et lumineuse Tena Desae est indienne mais aussi mannequin (tu penses), on a instantanément envie de la prendre dans ses bras quand elle déboule, ce que ne se prive pas de faire Max Riemelt, l’allemand de la série (qu’on aime aussi)

La bombe du mois s’intitule Miguel Angel Silvestre rien que pour nous faire penser à un gros minet, il est espagnol et sait donner très très envie de voyager du côté de Madrid (presque autant que son collègue Alfonso Herrera)

La surprise de l’année est une célèbre transsexuelle américaine, Jamie Clayton, qui a accessoirement la voix la plus craquante de l’univers et du coup tout le monde l’aime

Sympas, les scénaristes ont choisi de ne pas cacher grand chose de leur anatomie, en particulier dans la scène d’orgie de l’épisode 6 qui a fait son petit effet cet été (elle est sur YouTube mais je vais pas faire du racolage en vous l’insérant ici hein).

Mais je n’ai pas envie d’écrire sur #Sense8 : tout le monde l’a fait et tout le monde aime, du coup c’est lassant.

Ce qui me donne envie d’écrire, c’est plutôt la façon dont la chaîne a permis hier  à l’équipe de la série de partager avec ses fans la joie de revenir en saison 2.

Tout a commencé le 8 août avec une journée spéciale anniversaire (tous les personnages sont nés le même jour)

 

Qui a basculé vers une grande annonce à 17h

Prolongé par quelques caméos des acteurs sur leurs comptes Instagram/Twitter/Facebook 

 

On est donc quelques-uns à être bien contents que la saison 2 arrive. Et on attend d’autres innovations vestimentaires que le combo boxer-une-chaussette-une-chaussure

Pour patienter, tous ceux qui ont vu Sense8 ne doivent pas rater le documentaire “La création du monde” qui donne envie de revoir immédiatement l’intégralité de la saison 1. J’y retourne.

J’ai 10 ans !

Le 5 août 2005, longtemps avant Facebook et Twitter, j’ai ouvert un blog. Avec un très mauvais billet qui allait pourtant changer ma vie.

Bien sûr, 10 ans plus tard, j’y écris moins mais c’est ici que je me suis tout permis, décrétant que j’étais chez moi, ce qui me donnait globalement le droit d’ignorer absolument le jugement de ceux qui venaient me lire.

Ce blog m’a surtout permis de passer de l’état de besogneux solitaire à celui de chanceux très entouré, il m’a offert de la visibilité, des opportunités incroyables, un statut de célébrité dans mon immeuble. Et un peu le dream job que j’ai depuis bientôt 9 ans.

J’y ai été sérieux en parlant de marketing (surtout au début), passionné en parlant de séries (avant de le faire ailleurs), grave en évoquant des sujets personnels (trop ?), régressif notamment avec quelques vidéos où je fais n’importe quoi.

Pour mes 10 ans de blog, j’ai donc envie de retenir un mélange des 4.

Le brief : une vidéo pour mes amis de Besançon avec lesquels je chantais il y a 25 ans (et que j’ai pas revu très souvent depuis). Pour une compil avant / après qui fêtait nos retrouvailles. Ils m’ont trouvé moyennement impliqué, pas sûr que le second degré soit bien passé. En revanche, ils m’ont trouvé plus jeune que jamais sauf les cheveux blancs. Ce sera encore mieux dans 10 ans.

 

 

Madonna : la révélation en exclu

Hier soir, j’ai vu Madonna au Stade de France. J’ai aimé. Beaucoup même, alors que je déteste vraiment son dernier opus MDNA. Mais mon premier grand concert (au Parc de Sceaux en 1987 avec 130.000 personnes), c’était elle. On a quasi vieilli ensemble. Ca créé des liens, je lui pardonne de nous en avoir imposé 8 titres.

Ce que je retiens en revanche, ce sont des arrangements 5 étoiles de ses standards, les chorégraphies défendues par des danseurs inventifs et quelques tableaux à couper le souffle dont Gang Bang et le tableau final Celebration.

Pour les autres spectateurs français, à les lire sur les réseaux sociaux, il y a ceux qui sont déçus, ceux qui sont bluffés, ceux qui sont déçus mais qui seront bluffés en y repensant. Et puis, il y a toutes les chaînes de télé et les médias qui ont couvert l’événement pour parler dans le désordre de son sein, son âge, Marine Le Pen, son âge, ses fesses, son groupe basque, sa performance…. pour son âge. Et de playback aussi. Parce que c’est l’un des grands mythes des temps modernes : Madonna aurait lancé le playback dans les concerts, inspirant ainsi Britney Spears qui ne se contente plus que de bouger vaguement sur ses disques pendant 1h30.

J’ai donc une révélation à vous faire : Madonna chante tellement (faux) en live dans ses concerts qu’on préférerait souvent qu’elle nous passe un disque ! N’importe quelle personne ayant assisté un jour à un concert de Madonna ne peut conserver le moindre doute. Alors d’où vient cette rumeur ?

D’abord, elle a été la première a interpréter un titre en total playback dans un concert, allant jusqu’à donner elle même le disque (vinyle) au DJ, dans le Blond Ambition Tour en 1990. C’était pour un duo virtuel avec Warren Beatty, issu du film Dick Tracy, avec un playback pendant lequel elle performait une danse d’époque.

Mais surtout, avec l’apparition des écrans géants sur scène, elle a lancé le principe des vidéos clip pour animer le temps d’attente pendant ses changements de costumes. Elle n’est pas sur scène, aucun doute n’est laissé sur le fait qu’ils ne sont pas chantés en live, mais il y en a 3 ou 4, ce que certains trouvent un peu dense dans des concerts qui durent parfois à peine plus d’1h30. N’empêche, on ne peut pas exactement parler de playback.

Ces clips contribuent souvent à la qualité du spectacle. Et à la polémique puisqu’ils sont l’occasion de passer des messages sur la liberté d’expression dans son style très personnel. C’est d’ailleurs l’un deux qui a fait le plus parler puisque des personnalités dont Marine Le Pen y sont associées à une croix gammée. Voici donc le clip que nous avons tous vu défiler hier soir pendant que les danseurs continuaient à animer la scène.

Mon Festival de Cannes 2012

Lorsque j’avais parlé de mon expérience Cannoise il y a quelques mois, je ne pensais pas exactement vivre un Festival 2012 aussi long et dynamique. En 12 jours, j’ai découvert le charme du 3.14 (et de son équipe), la cool attitude de uCannesTweet (et son équipe), le froid polaire cannois et les tempêtes en mai (ok ça c’est moins cool)…

Mais j’ai surtout expérimenté les heures de travail dans un château (du Cercle) pour participer à la production de 2 video bulles quotidiennes sur Google+ pour Première. Un présentateur au Château (Philippe Vandel), des Chroniqueurs du magazine ciné et du site Premiere.fr (Mathieu Carratier, Alexandra Apikian, Christophe Narbonne et Gael Golhen) et invités (Gonzague, Rebecca Leffleur du Hollywood Reporter et Edouard Rostand de Trax), des invités DJ et musique (Louis Brodinski, Kavinsky, Breakbot, Sebastien Tellier, Too Many DJs, The Ting Tings, Brigitte, …), acteurs (Pete Doherty, Alec Baldwin, Edward Akrut, Juliana Margulies, Kyan Khojandi…), des piégés par Gonzague (Zac Efron, Michel Hazanavicius, Thierry Fremaux…), des blogueurs invités (Cyril Paglino, Baptiste Lorber, Aude from Paris, Lucile Bellan et Louisa Amara…) et participatifs (Mathilde, Anthony…), des marques (Renault, L’Oréal…). Et une équipe de prod magique.

Ca c’est passé sur la page Google+ de Première et en quelques minutes, voilà en 5 minutes un condensé de ce que ça a donné.

Inside le Festival de Cannes

De 1994 à 1998, j’étais un salarié de Kodak. Parmi mes attributions, les RP de la division Cinéma qui se concentraient principalement sur la médiatisation du partenariat de “Big Yellow” avec le Festival de Cannes. C’est donc en mai 1994 que j’ai découvert le Pavillon Kodak et les coulisses de l’événement le plus étourdissant auquel j’ai pu participer en 20 ans.

Dès les premiers jours, j’ai compris que, hormis les rédactions des quelques titres de la presse professionnelle quasiment acquis, intéresser un journaliste à autre chose que les films en compétition et les stars présentes sur la Croisette relevait du miracle, leur faire lever un sourcil devant l’intérêt des innovations qui permettaient l’explosion des effets spéciaux ne méritait même pas la moindre perte d’énergie. J’ai aussi réalisé que le statut de Partenaire Officiel de mon employeur ne m’apporterait aucun avantage pour bénéficier des entrées dans les lieux qui attisaient toutes les envies : les fêtes de films, les villas privées, les terrasses inaccessibles… C’était le règne de la débrouille et du Système D dans le plus grand Festival du monde.

Tout se passait loin de moi. Sans bureau fixe, j’errais dans toutes les rédactions qui ne m’attendaient pas. Mon seul plaisir de cette année là a été la découverte de la montée des marches et tout le cérémonial qui va avec : le smoking à 19h, la traversée de Cannes habillé en pingouin au milieu des badeaux,  le défilé des plus grandes stars de la planète, la qualité exceptionnelle de la projection dans la gigantesque salle du Palais des Festivals. Lors de ma première montée des marches, j’étais précédé de Catherine Deneuve, ma famille doit s’en souvenir (ça s’est vu à la télé). Très vite, je me suis lassé, le plaisir de porter un smoking par 25 degrés à l’ombre m’ayant en particulier très tôt échappé. Toutes les photos de l’époque en témoignent (celle-ci date de 1996).

Mon année blanche (ou noire) passée à essayer pendant 15 jours de créer de l’intérêt auprès de journalistes du monde entier qui m’ignoraient copieusement m’a permis de comprendre le fonctionnement de l’endroit, les passages obligés pour prétendre à la moindre existence du haut de mes 25 ans. Pour les mettre à profit l’année suivante.

En 1995, je suis donc arrivé armé : j’avais négocié un bureau au coeur du Palais des Festivals, une accréditation me donnant accès aux projections, conférences de presse et photo calls, suffisamment d’appareils photo jetables pour dealer des accès quand il le fallait, un premier jour rempli de rendez-vous négociés depuis Paris et un partenariat avec la terrasse du Martinez dont le potentiel d’attractivité m’avait paru intéressant. C’est donc le soir jusque très tard que je rencontrais les contacts utiles qui passaient me voir le lendemain au Palais des Festivals et finissaient toujours par me rendre un service en me plaçant auprès de telle ou telle rédaction. La présence plus photographique de Kodak me donnait quelques avantages supplémentaires : en devenant pote avec les photographes, ils me rendaient quelques services qui consistaient à hurler le nom d’un big boss américain ou d’un grand client lors de la montée des marches, me valant une reconnaissance éternelle.

La journée débutait à 8h30 en projection presse du grand film du jour et se terminait vers 5 heures du matin à la sortie de la fête du Film du lendemain. Je tenais avec 3 heures de sommeil par jour pendant 2 semaines, ce qui me valait immanquablement un Festival Blues au retour. J’y rencontrais des gens très loin de moi, jeunes acteurs ou réalisateurs qui deviendraient plus tard des stars (certains y sont parvenus), des starlettes à la recherche de notoriété, des producteurs de films venus pour le marché qui fait la vie business du Festival, beaucoup de journalistes du monde entier, pas mal de pros ou futur pros stagiaires de la communication que j’ai souvent recroisé depuis. Chaque année, c’était un rythme incroyable qui me permettait d’arriver à mes fins, sans prendre vraiment tout le plaisir que ma condition de privilégié pourrait laisser imaginer. Mais j’y ai appris beaucoup sur la préparation nécessaire en amont d’un événement, des leçons qui me seront très utiles pour assurer d’emblée une présence efficace au CES de Las Vegas en 1995.

Plus de 15 ans plus tard, je garde de Cannes quelques souvenirs en particulier.

Je me souviens de ma rencontre avec Johnny Depp. Alors que je trônais fièrement pour la première année au coeur du Palais, un bruissement inhabituel m’avait fait lever la tête et me retrouver face à Johnny Depp qui cherchait avec son staff le trajet le plus court pour accéder au photo call. Alors que croiser des stars au Festival relevait du quotidien, Johnny Depp -dont je n’étais pas particulièrement fan- reste le type le plus charismatique qu’il m’ait été donné de croiser. Andy MacDowell m’avait fait le même effet. D’autres m’ont paru bien fades.

Je me souviens d’une soirée dans la villa de Studio Magazine pour un anniversaire (je ne sais plus lequel) avec un nombre de stars internationales au mètre carré comme je n’en ai jamais revu depuis. Mais ce soir-là, j’étais impressionné d’y croiser Marc Esposito et Jean-Pierre Lavoignat, les rédacteurs en chef d’un magazine que je lisais depuis sa création et dont je connaissais chacune des signatures.

Je me souviens de ma dernière montée des marches en 1998 : très en retard, j’avais trouvé par miracle un taxi qui, pour une raison indéterminée, m’a déposé au pied des marches, à l’endroit réservé aux voitures officielles. C’est donc assailli de caméras et photographes que je suis sorti du véhicule, au son du commentateur qui souffrait visiblement devant son incapacité à mettre un nom sur mon visage. Il a fallu quelques secondes avant que tout le monde réalise que je n’étais pas le people qu’ils attendaient et tourneles talons après m’avoir fusillé du regard.

Depuis cette époque, je suis retourné quasiment chaque année au Festival de Cannes pendant quelques jours pour n’en vivre que le meilleur. Parfois pour y croiser des clients partenaires, parfois pour une week-end prolongé, toujours avec le plaisir d’y retrouver des amis et de nouvelles têtes chaque année. Avec depuis 3 ans de plus en plus des twittos auxquels je parle toute l’année. Rendez-vous en mai.

Invitations à gagner au Festival Les Inrocks Black XS

Mon premier Festival en arrivant à Paris il y a 18 ans s’appelait les Inrockuptibles. Fidèle pendant quelques années, on s’est perdus de vue depuis près de 10 ans. Pour sa 24ème édition, du 2 au 8 novembre 2011, c’est rebaptisé depuis longtemps le Festival Les Introcks et dans 7 villes françaises qu’il continue à promettre une programmation rock indépendant et scène alternative, alternant justement têtes d’affiche et découvertes. Avec des détours du côté pop folk, notamment le 4 novembre à la Cigale, qui vont bien avec mes goûts et envies musicales du moment.

Bonne nouvelle, j’ai 2 places à faire gagner. Du coup, je me retrouve à inventer une règle du jeu en mode impro, sans huissier de justice ni rien quoi.

Alors voilà, il suffit d’indiquer en commentaire sur ce blog et d’ici demain soir (dimanche 23 octobre) :

– les 4 concerts (artistes ou groupes) que j’ai très envie de voir,

– d’avoir envie de les voir aussi

– et paf, la premier qui répond juste reçoit 1 invitation pour deux personnes que je serai content de croiser sur place.

La réponse est à portée de clic une petite dizaine de lignes plus haut, j’ai confiance.

Edit : Bravo à Arnaud (de Coups de pub) pour sa rapidité et la bonne réponse. On se voit le 4 novembre !

Pour les autres participants : je tente d’autres concours bientôt 🙂

De l’utilité d’être matinal

Nous étions relativement peu nombreux à assister tôt le matin à la conférence du mercredi, deuxième jour du eG8 Forum. En tout cas, au moins deux fois moins nombreux que pour la clôture assurée par la star Zuckerberg. Et pourtant, si je ne devais retenir qu’un moment, ce serait sans nul doute celui où Larry Lessig a ouvert la plénière “Fostering Innovation : how to build the future”. En deuxième option, viendrait la conférence “Digital transformation : reinventing traditional businesses” pour le CEO de Blackstone et Rosabeth Moss Kanter. Loin devant la clôture de l’homme qui avait sorti la cravate pour l’Elysée.

Professeur de droit au Harvard Law School, activiste reconnu en faveur de la liberté sur Internet, Larry Lessig est également un orateur hors pair qui semble avoir inventé l’esprit des conférences TED avec des interventions très rythmées, courtes mais puissantes.

Son postulat est assez simple : l’internet du futur n’est ni Google, ni Facebook ni Twitter, l’internet du futur n’était pas invité au eG8 puisqu’on ne le connait pas, mais il est de la responsabilité des gouvernements de lui laisser un terrain (architecture) propice à l’innovation en ne le laissant pas aux mains des entreprises historiques.

S’il ne fallait consacrer que quelques minutes au eG8 Forum, ce serait donc en regardant l’intégralité de cette vidéo.

A noter que cette plénière accueillait Sean Parker, l’homme interprété par Justin Timberlake dans The Social Network, co-fondateur de Napster et impliqué dans Facebook. Avec une intervention brillante.

Pour tous ceux qui ont écrit que les conférences n’avaient aucun intérêt, je les invite également à revoir l’intégralité de la plénière traitant de Digital Transformation et notamment l’intervention de Kantar Moss, Professeur au Harvard Business School, dont les bouquins sont devenus mes livres de chevet.

Je peux donc révéler à quel point j’étais plus ému de voir en vrai Lessig et Moss Kanter que Zuckerberg. Harvard du côté des profs plus que des petits génies qui en émergent.