RV raté

Encore en train de rater la réunion Paris Carnet notée en super gros dans mon Palm qui me hurle aux oreilles depuis 1 h00 que je suis en train de planter un "rendez-vous". JE SAIS !!! Paske y a foot à la télé ? Que nenni… J’aurais donc retrouvé le chemin de la salle de sport ? Euh non, non plus…

Trop de taf, pas le temps, attendu à la maison, moi dégouté, c’est le troisième mois consécutif que je manque l’occasion de relier leurs blogs avec des gens RDLVV (la traduction est quelque part chez  Laurent). Je vais encore me taper un trajet de nuit en vélo, pour me venger, j’envoie une photo de Paris la nuit super nulle sur mon moblog dès ce soir. C’est violent, je sais, mais c’est à la hauteur de mon désespoir. Bon, le mois prochain, c’est sûr…

Mon Blog Day à moi

Véritable aventurier des temps moderne, j’ose me révolter contre la blogosphère en lançant mon BlogDay à moi tout seul, après celui qui a connu son petit succès le 31 août dernier (rapport à “31/08” qu’on dirait que c’est écrit “Blog” enfin quand on a quand même un sérieux problème rétinien). C’est une démarche un poil personnelle que je lance en ce 5 septembre, même si 0509 ça ressemble à rien d’autre que… 0509. Bon, Nir Ofir, l’inventeur de la chose originelle, il aurait certainement trouvé une analogie percutante, décalée, inattendue, désopilante voire émouvante mais là j’ai pas trop son numéro sous la main alors je fais avec les moyens du bord.

Ce laborieux préambule juste pour signaler que depuis quelque temps, je dévore lit dès publication grâce à mon lecteur RSS quitte à laisser tomber tout le reste assez régulièrement et toujours en dehors des heures de bureau les divagations textes de Vinvin, jeune homme complètement marbré bien sous tout rapport qui cumule les avantages de bénéficier d’un lectorat déjà conséquent, d’avoir créé son blog depuis très longtemps, de n’avoir absolument pas besoin de moi pour afficher des audiences records et de faire des phrases courtes qu’on a envie de lire jusqu’au bout quand c’est lui qui les écrit -euh, je sais même pas pourquoi je dis ça… A mon avis, il fume des trucs, avec un talent pareil, ce garçon est en train de passer à côté d’une grande carrière de comique et il mériterait une médaille pour “service rendu à mon entourage proche” qui a vu l’état de mon humeur nettement s’améliorer depuis que j’ai découvert son blog, je sais même plus comment.

C’est bon de se révolter parfois, c’est ça aussi les blogs…

Note de bas de page : si j’ai réussi à convaincre une seule personne d’aller découvrir ce blog (par exemple un pauvre malheureux arrivé ici par hasard et prêt à cliquer sur le premier lien venu pour sortir de cet enfer), je lui conseille la mention légale Obligatoire qui a conduit à la dépression la quasi totalité des postiers finlandais assez peu habitués à une telle densité de lettres d’insultes en dehors du mois de décembre.

La joie des services clientèles téléphoniques

Je viens de passer presque 2h00 confronté à la vraie vie, pas le monde virtuel des blogs, non, non, juste celui des services clientèles, ce merveilleux univers des call centers. J’avais une demande certes pas facile : associer mon abonnement Canal + à l’un des deux bouquets Noos dont je dispose pour avoir toutes les chaînes sur une même carte. Ca fait plusieurs mois que je devais le faire mais je reculais l’échéance, bêtement inquiet à l’idée que ça ne prenne plus que les 10 minutes qui auraient du être nécessaires.

Après avoir tenté en vain de trouver une voie d’accès simplifiée en gérant la demande sur les sites des deux fournisseurs concernés, je me décide à appeler Noos : le premier numéro indiqué sur le site est hors service, pas de problème, je passe par l’annuaire pour accéder au répondeur Noos. Bonne nouvelle, le message d’accueil est très clair : la plupart des questions peuvent être réglées très vite. Cool, je me laisse guider…

"Pour une question commerciale ou administrative, tapez 1, pour une assistance technique, tapez 2" Ok, je tape 2, ça s’annonce bien

"Modifier la facture, taper 1, changer l’abonnement, 2, autre demande, 3" Bon je réfléchis 1 seconde (on est samedi, le cerveau est en service minimum), non je ne change pas l’abonnement, je tape 3

"Vous déménagez tapez 1, résilier votre contrat, 2, autre demande, 3" J’aurais peut-être du taper 2 plus haut, bon je me démonte pas et je tape 3…

La charmante voix mi-humaine mi-synthétique m’annonce joyeusement que je vais être mis en relation avec le service concerné. Après quelques 20 minutes de musique type supermarché, sans aucune indication sur la durée d’attente prévisible, la musique s’interrompt brusquement. Yes ! Une dame me déroule sur une voix monocorde ses prénom, nom, fonction et me décoche un "bienvenue chez Noos que puis-je faire à votre service" aussi sincère que mon ton calme et détendu pour lui expliquer ma demande. Je passe par les méandres habituels de numéros abonnés, nom, adresse, réexplique ma demande, j’entends la dame taper nerveusement sur son ordinateur, hésiter puis me répondre "il va falloir appeler Canal Plus pour ça, je vous donne les 3 numéros de téléphone que vous pouvez appeler". Pourquoi 3 numéros (tous très différents) ? L’histoire ne le dira jamais.

J’appelle un des 3 numéros au hasard, on me demande d’entrer mon numéro abonné, je ne l’ai pas sous la main, pas de problème, la jolie voix "synthéthumaine" (tiens on dirait la même d’ailleurs) me rappelle que je peux le trouver sur mon magazine abonné. Je cours nerveusement à la recherche d’un de ces machins que j’ouvre jamais, par miracle, j’en trouve un, choisis parmi les 3 séries de numéros indiquées celle qui me parait sympa (comment je sais lequel est mon numéro abonné moi ??) et, miracle, je rentre directement dans le système Canal : je crois qu’on peut dire que j’ai la baraka moi aujourd’hui… Là c’est à nouveau le long couloir de choix multiples. Il propose toujours pas "Passer votre abonnement Canal d’une carte Noos à une autre", je suis dans la catégorie "autre demande", définitivement. La musique d’ascenseur cette fois, seulement 10 minutes d’attente, j’arrive dans un premier service qui me redirige avant de m’avoir bien fait comprendre au ton de sa voix que je l’avais dérangée inutilement. Je profite de la troisième série musicale pour m’enfiler un petit Lexomil et une dame tout à fait charmante décroche pour prendre mon problème à bras le corps malgré ma demande déroulée d’une voix monocorde, avec un agacement à peine audible grâce aux premiers effets du myorelaxant. Elle s’execute, me prévient qu’il est préférable de laisser le décodeur allumé sur une chaîne de Canal le temps que ça soit pris en compte, ce qui peut être très long (sans doute la nuit entière). Je sens bien que ça peut ne pas marcher, qu’il est possible que je sois obligé de rappeler, mais je n’ai même plus le courage de lui poser la question et de prendre son numéro d’accès direct au cas où. De toute façon, j’ai même pas prévu de regarder la télé ce week-end. Ce serait juste bien que ce soit rétabli pour la diffusion de Desperate Housewives jeudi prochain.

J’ai l’impression d’avoir vécu un grand moment de solitude que beaucoup ont déjà vécu avec un service clientèle ou un autre. OK, j’avais promis de plus jamais me plaindre sur mon blog mais là je me plains pas, je constate.

23h au bureau – le téléphone ne sonne plus

Grosse journée, longue semaine, y a des fois où on fait pas un métier facile… Bon c’est la première fois que je me plains sur mon blog, c’est aussi la dernière, promis. Tiens, tant que j’y pense, quelqu’un pourrait me rappeler où est le Club med Gym le plus proche ??

7h55 au bureau – le téléphone sonne

– "Allo, bonjour"

– "Bonjour monsieur, je suis journaliste pigiste, on m’a dit que vous aviez organisé une conférence sur les blogs cette semaine et qu’il y avait le français Laurent Le Meur"

– "Absolument, mardi dernier, sur les blogs, le RSS, le podcasting et un tour d’horizon d’autres nouveaux médias émergeants, et Loïc Le Meur est en effet intervenu"

– "Bon ben ça m’intéresse, surtout le blogcasting… Je voulais savoir si vous pouviez m’envoyer le dossier de presse"

– (amusé) "Je peux vous faire passer la présentation mais je vous invite plutôt à assister à l’une des nombreuses conférences à venir à la rentrée, vous pourrez y rencontrer les principaux acteurs des blogs et du podcasting, comprendre mieux le périmètre et les enjeux de ce nouvel environnement média"

– "Ah, mais comment je fais pour les trouver ?"

– "Vous les trouverez facilement via un moteur de recherche par exemple"

– "Oh vous savez, moi, les moteurs de recherche, internet, c’est pas trop mon truc"

– (agacé) "D’accord, je peux vous envoyer une liste mais pour plus de détails, il faudra passer par le net"

– (limite aimable) "Bon ben d’accord envoyez moi la liste mais surtout le dossier de presse et mettez bien les visuels et les prix, je dis ça parce qu’on voit encore trop souvent des dossiers mal faits et incomplets"

– "Bien sûr, avec les prix…, vous pouvez me rappeler votre adresse email ?"

– "Je préfère par courrier, j’ai pas trop accès aux mails là…"

J’ai bien fait d’arriver tôt au bureau, ça aurait été dommage de rater ça, non ? Sinon, je me dit que globalement, c’est pas gagné…

Le challenge de la liberté d’expression

Il est d’usage de considérer les blogs d’opinion ou d’experts comme des espaces de libre parole dont la seule limite est fixée par la confidentialité "légale" ou "contractuelle" des informations relayées. Certes, mais j’y ajouterais une limite dont les contours sont bien moins simples à définir et reposent sur le bon sens, le tact, la diplomatie avec les contraintes d’un réseau professionnel à préserver. Autant de critères subjectifs, politiquement corrects, souvent ennemis du débat d’opinion. Libre à chacun de placer le curseur là où il le souhaite. De plus, et c’est sans doute un point clé de la différence que je fais entre un blogueur et un journaliste : quelle est la la légitimité de chacun à critiquer (dans le sens premier du terme) publiquement son environnement ? Mon sens du suicide professionnel restant à ce stade très limité, j’évite d’exposer sur ce blog tout ce que je ne dirais pas à une assemble de 500 personnes, c’est la règle que je me suis fixé.

J’ajouterais un deuxième niveau qui s’appuie sur une approche que je mets en pratique systématiquement : la démonstration par l’exemple. La théorie non illustrée perd selon moi toute sa force. Or un exemple digne de ce nom est précis, étayé de noms, lieux, date… Toute opinon basée sur des faits mettant en cause son entourage professionnel devient donc difficile à manier.

Suis-je condamné à aligner sur mon blog des faits positifs, donc des opinions fades et finalement sans grand intérêt ? Aiguiser un sens critique acceptable sur un blog, c’est là que se situe mon challenge du moment. J’y travaille mais cette rubrique sera dans un premier temps l’occasion d’effleurer tous les thèmes que j’aurais aimé approfondir sans pouvoir le faire faute d’exemples publiable selon mes critères.