Le mot de la semaine : PARADOXE

C’était l’un des thèmes de discussion de ma semaine de vacances. Mais c’est avant tout l’un des mots qui résume le mieux qui je suis : j’ai du me rendre à l’évidence il y a longtemps et accepter les paradoxes qui me caractérisent. Je l’ai mesuré très tôt quand, tout jeune, ma timidité maladive tendance introverti laissait parfois la place à des délires en public qui démontraient une fois de plus que le courage des grands timides existe. Du plus anecdotique au plus révélateur, voici donc la petite liste de mes 10 paradoxes.

  • Je suis un solitaire qui aime être entouré de gens
  • Je n’aime pas le fromage mais mes deux plats préférés sont la fondue savoyarde et la raclette
  • Je regarde très rarement la télé (rarement plus de 2 fois par semaine) mais j’en parle souvent
  • Je ne suis pas particulièrement courageux mais menace sans problème 2 jeunes types baraqués qui viennent de me voler mon sac en pleine nuit (et me le rendent du coup, mon sac…)
  • Je ne suis pas bavard et je fais un métier où je dois parler tout le temps
  • J’ai peur du vide (et de l’avion) mais j’adore les manèges qui simulent des chutes vertigineuses
  • Je n’aime pas la glace à la fraise ni la meringue mais j’adore le vacherin
  • Je suis hypocondriaque mais vais très rarement chez le médecin
  • Je pars en vacances au Club Med avec des amis tout en mettant en général pas mal d’énergie à ne pas socialiser
  • Et surtout, je déteste parler de moi dans la vie, on me reproche d’être trop secret mais j’écris ce genre de billets sur un blog depuis 6 ans et raconte ma vie sur Twitter

Mais je suis sûr que je n’ai pas l’exclusivité, on est tous probablement faits de paradoxes, non ? (je demande quand même pour être sûr).

PERSISTANCE, le mot de la semaine

Lorsque j’ai commencé à bloguer il y a près de 6 ans, l’objet n’était pas de faire de ce lieu un espace de référence traitant de ce qui allait devenir les médias sociaux mais juste d’en être un acteur parmi les autres. Pour autant, l’envie de m’exprimer librement sur ce qui m’intéresse -en évitant les marchés de mes clients- m’a naturellement amené à écrire beaucoup sur les blogs, sur l’évolution des réseaux sociaux, en particulier Twitter, tel que je le vivais de l’intérieur. Et je n’ai jamais arrêté de lire consciencieusement et avec intérêt de nombreux billets sur le sujet, en français et en anglais, ne serait-ce que pour nourrir mes présentations pros.

Seulement voilà, depuis quelques mois, j’ai le sentiment de ne plus rien lire de nouveau et d’en apprendre beaucoup plus en participant à des jurys d’awards qui récompensent les meilleures campagnes sur les réseaux sociaux -souvent très tactiques- qu’en lisant les experts du web. Donc je les lis de moins en moins. Mais j’admire sincèrement leur persistance et leur énergie sans cesse renouvelée à répéter inlassablement les mêmes choses face à une route qui reste longue.

Donc résumons ce qu’on sait maintenant depuis longtemps dans l’espace temps media social :

Un développement d’entreprise ou de marque sur les media sociaux nécessite une stratégie d’engagement sur le long terme, nourrie par des actions tactiques de préférence créatives, des espaces de référence détenus par la marque et des conversations menées partout où les cibles se trouvent, en associant temps réel et traces laissées sur le long terme. Elle doit être pilotée par un système de gouvernance qui implique toutes les parties prenantes de l’entreprise et elle intègre des indicateurs de performance qui rappellent à tout moment à quoi contribue cette stratégie.

On pourrait penser que tout le monde a compris mais à l’arrivée, on en est à une course aux fans sur Facebook, peu de stratégie en place dans les entreprises, une résistance de la part d’organisation en silo, des avancées que se font plus sur la base de coups marketing joués sur les media sociaux que de projet sur le long terme… C’est donc bien que quelque chose ne passe pas. De ce fait, la tentation de rappeler encore et toujours les fondamentaux à coup de graphiques, études, vidéos, slideshows ou infographies est grande, on le comprend. Ces présentations sont nouvelles sur la forme mais totalement redondantes sur le fond.

Qu’on ne se méprenne pas, je pense que ces rappels systématiques sont nécessaires, ils structurent même les formations que nous sommes tous amenés à organiser pour nos clients. Mais j’aimerais lire plus de nouveaux enseignements, tirer des bests practices internationales de nouvelles convictions. Et trouver la même énergie que mes collègues consultants blogueurs à écrire sur le sujet pour participer à faire atterrir les bonnes pratiques.

Si j’étais plus persistant, sans doute aurai-je élaboré ici un discours sur les vertus du test permanent qui doit devenir un état d’esprit pour les marques, de la prise en compte d’espaces sociaux ignorés de tous que sont les commentaires associés aux articles sur les medias online, sur l’accélération de la chute des “leaders d’opinion” qui forgent désormais leurs idées sur l’opinion publique, souvent en retard.

Je retourne donc à mes légèretés sur mon espace social qui va encore s’agrandir dans quelques semaines pour continuer à apprendre de l’intérieur, en admettant qu’il s’agisse d’une autre forme de persistance louable.