Les séries françaises entrent dans le game

Pendant des années, les séries françaises sont sorties de mon champ de vision. Je suis même passé à côté de jolis succès salués par la critique mais qui ne m’ont pas donné envie (“Le Bureau des Légendes”, “Engrenage”, “Maison Close”…). L’incapacité des acteurs de la SVOD (Netflix et Amazon en tête) à produire du français de qualité n’a pas aidé à créer l’étincelle.

Mais depuis quelques mois, les choses ont changé. TF1, France Televisions et Canal + ont produit des séries qui m’ont captivé ou plus simplement séduit. En faisant le compte aujourd’hui, je me suis rendu compte qu’on ne pouvait plus vraiment parler d’exception en dépassant les 10 coups de cœur.

Les bracelets rouges, Dix pour cent, Skam, Les grands, Hippocrate, Insoupçonnable, Calls, Baron Noir, Versailles, Working girls, Paris etc… Les quelques séries françaises que j’ai aimé depuis 2 ans.

A noter : j’aurais pu parler aussi de “A l’intérieur”, la mini-série thriller de France 2 avec Béatrice Dalle que je dois terminer (merci le replay de France Télé). Je n’ai pas aimé quelques succès notables (“Plan cœur” de Netflix par exemple). Et je dois encore découvrir les séries d’Arte “Fiertés” (dispo en intégralité ici) et “Il était une seconde fois” ainsi que la série d’horreur de Netflix “Marianne”. J’ai fait l’impasse sur “Soupçons”, le thriller amoureux de France 3 et “Le temps est assassin” sur TF1 dont les premières minutes ne m’ont pas donné envie.

Encore plus réjouissant, au moment de la clôture du Festival de la Fiction de La Rochelle, il devient évident qu’il faudra désormais compter avec les productions françaises. En particulier du côté des mini-séries. Voici un tour d’horizon de ce que j’attends avec impatience avec une sélection de 10 nouveautés à venir qui offre une petite sur représentation à Arte :

  • “Une belle histoire” (France 2) : lauréat de la catégorie “Série de 52 et 90 minutes” à La Rochelle, ça éveille forcément la curiosité, la compétition étant de haut niveau. Il s’agirait d’une variation autour des difficultés de 3 jeunes couples.
  • “Pour Sarah” (TF1) : adaptation d’une série québécoise, une quête de vérité pleine d’émotion mais palpitante au rythme de cliffhangers implacables. On nous annonce le meilleur, réponse dès la fin du mois sur TF1.
  • “Une île” (Arte) : Laeticia Casta et Sergi Lopez, présenté comme une variation moderne sur le mythe des sirènes. Primée à Series Mania 2019.
  • “Le bazar de la charité” (TF1) : à la tête de cette super-production historique, première en partenariat avec Netflix pour TF1, Audrey Fleurot et Camille Lou. Les premiers retours sont mitigés mais les premières images vues m’ont donné envie donc j’essaierai quand même.
  • “Les sauvages” (Canal +) : thriller d’anticipation politique et chronique familiale, la nouvelle série de Canal s’inscrit dans la lignée du phénomène “Years & years”. Peut-être moins désespérée. Marina Foïs, Roschdy Zem et Amira Casar.
  • “Trauma” (13ème Rue) : première production pour 13ème Rue, le casting mené par Guillaume Labbé excelle dans un thriller moderne. Annoncé pour novembre.
  • “Mytho” (Arte) : primée à Series Mania, menée par Marina Hands, les 6 épisodes seront diffusés au mois d’octobre.
  • “Moloch” (Arte) : thriller franco-belge autour d’inconnus qui prennent feu. Il y a Olivier Gourmet, Marine Vacth et Arnaud Valois. Il nous tarde du coup…
  • “Fertile crescent” (Arte) : Felix Moati et Mélanie Thierry plongée dans le conflit syrien
  • “Amour fou” (Arte) : Clothilde Hesmes et Jérémie Renier dans un thriller domestique

C’est donc le thriller qui s’impose comme le genre de prédilection des productions françaises de qualité. Arte devrait devenir l’une des premières chaînes auxquelles on pense quand on parle de séries françaises.

Mais TF1, France Télévisions et M6 en gardent forcément sous le coude pour l’arrivée de Salto auquel je continue à croire malgré les railleries.

On fait le bilan en fin d’année ?

Quelles sont les séries été 2019 à ne pas manquer ?

La question qu’on me pose le plus souvent, c’est : “j’ai fini ma dernière série, je regarde quoi maintenant ?” Voici donc mon classement des 12 séries que j’ai préféré cet été (ok j’ai triché, y en a 14 en fait mais j’ai feinté). Pour cette session, de grandes tendances se dégagent : les mini-séries dominent désormais, on n’est pas là pour rigoler, l’histoire contemporaine est souvent au rendez-vous et en termes de diffuseurs, Netflix est sur-représenté en nombre mais OCS, Amazon Prime et Canal+ dominent le classement.

12. Dark

J’avais adoré la saison 1 pour sa complexité. J’ai été moins emballé par la saison 2 à cause de sa complexité. Trop de personnages, de timelines, d’ellipses. Mais je regarderai la saison 3, il doit donc y avoir encore une part de magie qui fonctionne.

Disponible sur Netflix

12 (ex æquo). Mindhunter

La saison 1 m’avait captivé, la saison 2 m’a également laissé un peu au bord de la route. Je n’ai pas d’explication. Peut-être que les exercices de lenteurs contemplatives ne correspondaient pas à mon mood du moment. J’ai adoré l’épisode avec Charles Manson vu juste après le dernier Tarantino, en complément parfait (et avec le même acteur dans le rôle !). Regardez, tout le monde a aimé !

11. Dead to me

Je n’en attendais pas grand chose. J’aime beaucoup Christina Applegate et Linda Cardellini, ce qui a suffit à me donner envie de regarder. C’est globalement une bonne surprise, les protagonistes sont attachantes en 10 mn. Ca tourne un peu en rond, une saison 2 devra se réinventer.

Disponible sur Netflix

10. Star Trek Discovery

On me l’avait beaucoup conseillée mais n’étant pas très fan de la mythologie Star Trek, je résistais. J’ai donc regardé les 2 saisons d’affilée, j’ai été absolument conquis. On nage en plein space soap opera. Des surprises, des twists, une crédibilité totalement optionnelle mais c’est addictif et l’argent investi par CBS apparaît clairement à l’écran. Vivement la saison 3 !

Disponible sur Netflix

9. Fleabag – saison 2

Plutôt que de découvrir le copié-collé assez inutile produit par Canal + en France (Mouche), j’ai foncé sur la saison 2 de l’originale, toujours aussi inventive et jubilatoire. J’adore !

Disponible sur Amazon Prime Video

8. The Handmaid’s Tale – saison 3

C’est sans doute la saison la plus inégale de l’une des séries majeures de ces dernières années, compensée par quelques moments très forts et un dernier épisode de haute volée. Il fallait avoir vu la saison en entier pour pouvoir la commenter, les critiques en ont fait les frais. En revanche, se renouveler en saison 4 n’est plus une option.

Disponible en France sur OCS

7. Big Little Lies – saison 2

Dans la lignée de The Handmaid’s Tale, Big Little Lies revient pour une saison 2 inégale, qui part dans tous les sens pendant plusieurs épisodes avant de trouver sa voix. Après une saison 1 s’arrêtant sur le rapport mari et femme, c’est au lien mère – enfant que s’intéresse cette saison dont les 2 derniers épisodes sont exceptionnels grâce à des scènes de tribunal parfaitement maîtrisée.

Disponible en France sur OCS

6. Pose – saison 2

La saison 1 était mon coup de coeur de l’année dernière : réussir à rendre une série sur les transgenres avec des transgenres au casting réellement tout public et addictive au casting était un pari impossible mais réussi. Cette saison est plus inégale, certains épisodes semblent bâclés, les limites d’actrices non professionnelles se voient. Mais ça reste un petit miracle de série qui réussit à rendre tous ses personnages attachants. Certaines scènes sont bouleversantes.

Disponible en France sur Canal +

5. Chernobyl – mini-série

C’est un petit miracle : transformer un fait historique que tout le monde a en mémoire en thriller politique plein de suspens teinté de body horror et moments de suffocation absolument incroyable, le tout avec un effet addictif immédiat. Un petit bijou.

4. Dans leur regard / when they see us – mini-série

Un fait divers qu’on n’a pas forcément en mémoire devient une oeuvre palpitante, bouleversante, dont on ne sort pas indemne. Le casting est parfait avec une mention pour Jharrel Jerome qui parvient à interpréter son personnage ado et adulte. Le plateau d’Oprah Winfrey qui suit avec l’ensemble des protagonistes (réels et acteurs) offre une conclusion parfait (où on pleure beaucoup, on ne refait pas Oprah).

Disponible sur Netflix

3. The loudest voice – Mini-série

L’histoire de l’homme qui a fait Fox News m’intéressait, j’ai donc plongé dès sa mise en ligne sur la série. Et c’est un régal. les coulisses politico-médiatiques sont passionnantes et Russel Crowe offre un numéro d’acteur bluffant (pour lequel il sera probablement multi-récompensé). A regarder d’urgence.

Disponible sur Canal +

2. Euphoria

Tout en faisant confiance à HBO pour réinventer intelligemment le genre teen drama, ce que j’avais entendu d’Euphoria me donnait envie de regarder pour pouvoir expliquer pourquoi je n’aimais pas. C’est donc la meilleure surprise inattendue de l’année : un coup de coeur énorme pour une série courageuse et frontale. Elle met en scène une frange à la dérive d’adolescents américains avec comme seul personnage solaire Jules, jeune adolescente en transition. Mais l’adaptation fait preuve d’une exigence rare, d’un regard sans concession (parfois frontal) où chaque plan est millimétré jusqu’à créer des moments d’exceptions, l’un d’eux clôt la saison 1 et restera gravé longtemps avec autre chose qu’un “simple” twist.

1. Years & Years – Mini-série

C’est LA série qu’il faut voir absolument. Elle nous entraîne dans les 10 prochaines années qu’on peut redouter en élaborant notre futur sur les peurs bien réelles d’aujourd’hui. Montée des extrêmes, nouvelles dynamiques géopolitiques (et nouveaux réfugiés qui vont avec), effondrement des systèmes financiers ou encore dérives de la technologie sont notamment au programme. La série de la BBC et HBO, découverte à Canneseries, réussit à insuffler de l’humour (très british) et des bulles festives dans une succession de prédictions aussi terrifiantes que crédibles. Et surtout, même en couvrant en accéléré 10 années en 6 épisodes, on s’attache aux personnages instantanément. L’amateur de séries est comblé, le citoyen est terrassé.

Disponible sur Canal+

Mention spéciale : The Boys

Pile au moment où on se disait que le trop plein de super-héros tuait notre envie de super-héros, Amazon a dégainé The Boys. Sur une idée géniale (et s’ils étaient tous des sales types ?), la série décortique cyniquement le marketing des grands studios, analyse la force de l’image, fait le tour des toutes les distorsions de relations. C’est à la fois jubilatoire et assez flippant mais on adore. S’il n’y avait pas eu “Years and years”, c’était la tête du classement. Je ne me résous pas à le mettre en 2. C’est donc une mention spéciale comme au Festival de Cannes. Et pour clore le tout, HBO annonce Watchmen, on peut faire confiance à la prod pour réussir à réinventer encore le genre et nous embarquer…

Si “Killing Eve” saison 2 ne figure pas au classement, c’est que je ne l’ai pas encore vu mais je pense qu’il y trouvera une place de choix. Si “Stranger things”, “Casa de papel” et “13 reasons why” saison 3 ne figurent pas au classement, c’est que je les trouve extraordinairement surcotées.

Je n’ai pas mis au classement deux autres pépites découvertes cet été. “The wire”, considérée comme beaucoup comme la meilleure série du monde, que j’aime beaucoup sans la faire surpasser mes vrais séries de coeur (“Breaking bad”, “6 feet under”…). Et “The good fight”, que j’avais laissé de côté, pas assez passionné par “The good wife” dont elle est le spin-off et qui se révèle bien meilleure à mes yeux.

Bonne rentrée série à tous !

HBO, Love Brand

Avec Euphoria, mon dernier coup de cœur série, j’ai tout à coup réalisé pourquoi HBO était de loin ma chaîne préférée. Et peut-être la mieux positionnée pour gagner ses galons de Love Brand au coeur de la bataille de la SVOD qui s’annonce.

En réinventant le “Teen Drama” encore mieux que d’autres auparavant (je pense à “Skins”), quitte à trouver son inspiration ailleurs (ici une série israélienne), la série déstabilise, dérange avant de réussir à rendre ses personnages addictifs. Elle met en scène une frange à la dérive d’adolescents américains avec comme seul personnage solaire Jules, jeune adolescente en transition. Mais l’adaptation fait preuve d’une exigence rare, d’un regard sans concession (parfois frontal) où chaque plan est millimétré jusqu’à créer des moments d’exceptions, l’un d’eux clôt la saison 1 et restera gravé longtemps avec autre chose qu’un “simple” twist.

Et c’est bien la promesse de la marque HBO, celle sur laquelle elle n’a jamais déçu : s’approprier un genre (policier, drama, fantasy, sitcom, bientôt super-héros…) et le réinventer. Le faire basculer dans un âge adulte et lui donner un intérêt qui nous nous avait pas forcément capté jusque là (séries girly, l’univers carcéral, la mafia… dans mon cas). Elle a aussi créé au passage des tendances et de nouveaux formats. Le potentiel de la marque, Warner l’a d’ailleurs bien compris en renommant cette année sa future plateforme de SVOD “HBO Max”.

En France, c’est d’abord la chaîne “Canal Jimmy” devenue “Jimmy” avant de disparaître qui a fait découvrir les pépites de HBO et au passage mes premiers coups de coeur série adulte.

En 1992, j’ai ainsi été happé par un format de sitcom que je n’avais jamais vu : “Dream On” racontait les aventures d’un éditeur de livre New-Yorkais dont les pensées sont matérialisées avec des extraits de films et dessins-animés en noir et blanc des années 30 à 50. Jubilatoire et (déjà) métaphorique.

Dans les années 90, s’attaque à 3 autres genres. La série de filles trouve ses lettres de noblesse avec “Sex in the city” mais ce sont deux autres productions qui me marquent pour longtemps : “Oz” dans l’univers carcéral et les “Soprano” dans celui de la mafia inventent le principe des anti-héros, lorsque les méchants deviennent ceux qu’on aime. La métaphore s’invite pour l’occasion dans un nouvel espace, moins attendu. Leur succès à ouvert la voie à de nombreuses autres grandes séries, de “Breaking Bad” à “Dexter”.

Dans les années 2000, le surnaturel est à l’honneur avec les vampires de “True Blood” et l’univers étrange de fête foraine dans “Carnival”. Mais c’est l’histoire d’une famille de croque-mort qui réussit à séduire public, critique… et moi au point de la classer durablement en tête de mes séries préférées de tous les temps. J’avoue être passé à côté de “The Wire”, policier sur fond de criminalité sans le manichéisme auquel la télévision nous avait habitué. En tête de liste de mes lacunes à rattraper un jour…

Au début des années 2010, c’est d’abord le succès sans précédent de “Game of Thrones” qui marque la chaîne. Mais mon coup de cœur va à “The Leftovers”, série époustouflante sur le deuil qui pousse très loin la métaphore et j’aime la façon dont “Looking”, dans un style plus brut, sort des clichés pour traiter de la communauté LGBT.

Parmi les séries toujours à l’affiche, si “Westworld” et “True Detective” nous ont un peu perdu en route, “Big Little Lies” offre une deuxième saison bien meilleure que ce que ceux qui ne l’ont pas regardée jusqu’au bout laisse entendre, en réorientant intelligemment le focus du rapport “mari et femme” au rapport “mère et enfants”.

Au fil du temps, ce sont aussi des mini-séries exceptionnelles qui ont fait de HBO la chaîne événementielle qu’elle est aujourd’hui. Si elle a commencé très fort avec “Angels in america” en 2003, c’est au cours de ces 3 dernières années que les meilleures “limited series” sont arrivées sur HBO, appliquant sont principe de “réinvention” aux univers de la dystopie (“Years and years”) ou du fait historique quasi documentaire (“Chernobyl”).

Pour la suite, la marque de fabrique HBO semble fonctionner à plein pour rendre de nouveau intéressant le genre usé jusqu’à la moelle des super-héros. Au moment où Amazon Prime vient de faire brillamment le boulot avec le sublime “The Boyz”. Le teaser de “Watchmen” réussit pourtant à nous y faire croire. Bon signe : l’homme qui a fait “The leftovers” est aux manettes. Verdict cet automne.

Au-delà des programmes, en annonçant une recommandation plus humaine et moins algorithmique, la plateforme semble en plus avoir compris avant ses concurrents l’importance de la dimension communautaire intégrée de la SVOD.

Mon bilan congé sabbatique

J’avais donné rendez-vous dans 7 mois à l’occasion de mon unique billet consacré à mon congé sabbatique. Et c’est sans doute la question qu’on me pose le plus souvent : c’était comment ce break ? On y est. L’heure du bilan a sonné.

Gagnons du temps, il est simple mon bilan :
Sans que je ne l’aie vraiment articulée, la seule vraie question qui motivait ce congé sabbatique était simple, basique, fondamentale : “Qu’est-ce qui me rend heureux dans la vie? ”
La bonne nouvelle est que j’ai trouvé la réponse et qu’elle tient en un mot : Liberté !

En 11 mois sans salaire, un peu (raisonnablement) déraciné et bousculé, j’ai découvert que rien ne me rendait plus heureux que la liberté de garder du temps pour ceux que j’aime et les sujets qui m’excitent dans mon métier.

Je reviens donc avec une énergie renouvelée, et des projets qui vont avec.

11 mois d’inactivité productive

J’ai d’abord voyagé pour le plaisir (Los Angelès, Biarritz, Toulouse, Gran Canaria…), je me suis engagé en tant que bénévole dans un événement sans rien en attendre en retour, me suis installé à Lisbonne pour rompre mon quotidien, j’ai eu la chance de participer à quelques événements auxquels j’ai été invité, en particulier le superbe Festival CANNESERIES au mois d’avril. Bénéfice collatéral non anticipé : j’ai arrêté de fumer !

Je voulais donner vie à une pièce de théâtre qui me tient à coeur : “The Normal Heart” est programmée au Théâtre du Rond Point l’année prochaine. C’est une immense joie. Qui va forcément un peu colorer mon année 2020.

Je voulais écrire un livre. Sur un concept autour du métier de la communication (une commande) mais j’avais envie d’autre chose. J’ai écrit un roman qui restera encore un peu dans les tiroirs le temps que l’auteur se détende complètement sur l’exposition qui va avec. On verra ça en 2021.

Et j’ai, sans vraiment y réfléchir activement, fait de mon futur une évidence.

Revenir différent

Côté professionnel, j’ai clairement eu envie d’explorer d’autre modèles et d’autres territoires professionnels, maîtriser mieux ce sur quoi je mets mon énergie, transmettre différemment, me laisser des bulles d’oxygène aussi… La liste des raisons qui me font revenir avec un statut d’indépendant est longue. 

C’est aussi forcément l’envie de créer quelque chose qui m’appartient, une marque nourrie par mes convictions et très différente de moi à la fois. Ainsi est né “Spin-Off Conseil“. S’intéresser à la narration d’une marque n’est pas se détourner de mes champs d’intervention historique (RP, influence, com de crise). On continuera à venir me chercher sur ces sujets, je le sais (et je n’hésite d’ailleurs pas à la ramener sur l’ “influence marketing”, sans filtre cette fois). Mais j’ai aussi envie de prolonger la réflexion sur un territoire qui me semble pas complètement atterri dans les organisations.

J’ai décidé par ailleurs de m’investir davantage dans l’enseignement. C’est ainsi que je passerai plusieurs heures par semaine à l’INSEEC sur des modules liés aux médias sociaux et à la diffusion de contenus.

Ce qui va me manquer de ces 11 derniers mois ? : les voyages, bien sûr. Regarder des séries aussi. J’en ai vu beaucoup, qui ont parfois changé mon regard sur le monde et ont forcément nourri ma réflexion.

La suite sera forcément pleine de surprises inattendues. Je vais vous épargner les bilans de mes bilans tous les 8 mois. Mais il me tarde de voir !

L’excellente surprise “Gare au Garou”

Quand comme moi on est un peu nostalgique la grande époque des variétés à la télévision, celle des années 70, des Maritie et Gilbert Carpentier, on ne peut que regretter la quasi indifférence générale dans laquelle est passé “Gare au Garou”. Je vais tenter d’expliquer pourquoi. Il ne reste que quelques jours pour la voir en replay, foncez !

Annoncé dans la presse en s’intéressant surtout au nouveau rôle de présentateur confié au chanteur québécois, avant l’animation à venir de “Destination Eurovision”, le programme n’a pas vraiment bénéficié d’une promo digne de ce nom. La diffusion un jeudi soir dans un créneau réservé habituellement à l’information correspondait à l’esprit des fêtes qui se prolonge cette année jusqu’au 9 janvier, alors que les journalistes média ne sont pas vraiment revenu de vacances.

A l’arrivée, avec 2,1 millions de téléspectateurs et moins de 10% de part de marché, “Gare au Garou” a péniblement atteint la 4ème marche du podium des audiences, derrière 3 films.

L’esprit variété à la télévision enfin réinventé

Depuis les années 90, malgré de nombreuses tentatives, personne n’a réussi à retrouver la magie du grand succès des variétés à la télé, pas même Michel Drucker qui a fermé la marche avec Stars 90 lors de sa courte parenthèse TF1. Seul survivant qui réussit une fois par an à retrouver l’équation qui rime avec succès : “Les enfoirés”. Toutes les autres tentatives, avec ou sans présentateur, n’ont jamais fonctionné, réduisant depuis les années 2000 les chanteurs à des guests en fin de talk show ou à invités autour d’une table.

N’étant pas particulièrement fan des invités et encore moins de Garou, sans avoir vu passer le moindre avis, j’ai tenté le replay de “Gare au Garou” sans conviction en prévoyant de lâcher l’affaire au bout de 10 minutes. Tout au contraire, j’ai lâché mon téléphone, me suis assis devant la télé sans rien faire d’autre que la regarder, ce qui n’arrive plus que pour quelques séries.

La rencontre de la préparation et de l’impro

Alors que chaque moment montre que l’émission a été minutieusement préparée, répétée, c’est une subtile impression de spontanéité totale qui l’emporte, entre deux interventions très produites à l’image du générique ou de la séquence chantée en voiture sur les Champs-Elysées avec Patrick Fiory.

Ensuite, dans une ambiance totalement informelle, chaque invité est invité à chanter, seuls ou en groupe, des titres, qui ont marqué son année ou sa vie. Avec quelques moments suspendus.

Pour le fun, dans un rubriquage très produit, les artistes sont invités à s’amuser, par exemple dans un détournement casse gueule de “Ne me quitte pas” ou en délirant avec des ballons à l’hélium.

Même l’instant promo parvient à devenir réjouissant voire à mettre le feu quand vient le tour d’Amir.

On découvre au passage les très belles voix d’humoristes tels que Demaison et Commandeur.

J’attends donc avec impatience une deuxième édition pour “Gare au Garou” et une inspiration pour les prochaines tentatives variétés à la télévision.

Medium

Ce n’est en rien une nouvelle passion occulte. Plutôt un endroit où je me sens bien. Je vais rester là un moment du coup.

Eric Maillard

Je vais bien, ne t’en fais pas

Ce n’est pas parce que je n’écris plus qu’il faut s’inquiéter. A ma décharge, les événements de la semaine dernière ont un petit peu percuté nos vies d’êtres humains. L’émotion est remontée à fleur de peau, les yeux se sont souvent embrumés, d’abord de tristesse, puis de rage, puis d’espoir et de fierté. Ecrire sous le coup de l’émotion n’était pas raisonnable, il valait mieux se taire. Sans compter que se souhaiter une bonne année est devenu un exercice difficile pour tous, on a abandonné l’idée.

A l’arrivée, ça fait donc environ 6 jours à pleurer beaucoup. L’année a assez mal commencé, on peut dire. Mais tout ça est derrière maintenant, il ne reste plus qu’ouvrir le chapitre où-la-vie-reprend-ses-droits-mais-en-entretenant-méthodiquement-la-flamme-de-la-saine-indignation.

C’est donc une semaine totalement normale qui a débuté.

Tiens, par exemple, depuis ce matin j’ai réussi à regarder un journal télévisé en ne pleurant que deux fois (la radio continue à m’emporter mais j’y travaille). Je me contente de sourire bêtement quand je croise un CRS ou un agent de proximité de la RATP mais je résiste super bien à l’idée de les prendre dans mes bras, ce qui n’est pas une petite victoire. J’ai enfin pu répondre un à un à tous les collègues et amis d’autres pays du monde qui se sont inquiété pour moi, pour nous, pour nous tous, en nous envoyant des témoignages de soutien et d’amitié souvent bouleversants. Je compte aussi arrêter de serrer (beaucoup trop) fort (et trop longtemps) dans mes bras ceux que j’aime, au fur et à mesure que je les revois (ce qui devrait les soulager).

Je n’ai pas encore réussi à gérer l’intégralité des réactions émotionnelles de mes amis qui  comptaient sur moi parce qu’ils se sentaient fébriles, inquiets, perdus… étant moi-même un peu fébrile, inquiet et perdu jusqu’à il y a peu. Mais là, franchement, ça va, j’arrive.

Bien sûr, je continue à ronger mon frein devant une chaîne info quand j’en vois une, au loin. En attendant d’écrire le billet “mesuré” qui va avec la façon dont ces chaînes se sont comporté. Je prévois de revenir bientôt sur Twitter après des jours de consultation sporadique à des moments bien choisis, débranchant la plupart du temps, ulcéré par une réaction ou meurtri sans raison par une autre. Je m’emporte encore dans des conversations de comptoir où je ne laisse plus passer le moindre point de désaccord sur l’impact politique, sociologique et émotionnel des événements de ces derniers jours. Mais à chaque fois que j’ai un petit coup de mou, je file à la salle de sport où je me défoule pendant 2 heures.

Pour la suite, j’hésite encore entre partir me battre pour une cause utile qui me rendra fier de me lever chaque matin, me lancer sur le tard dans une carrière de mannequin sénior pour une marque de catalogue adéquate qui profitera sûrement de mon  trop plein de sport, débrancher tout 6 mois pour m’initier à l’hindouisme dans une tribu reculée.

On en est tous un peu là dans nos réflexions. Mais on va bien, que personne ne s’en fasse. Et on s’aime en plus.

Ces nouvelles unités de mesure…

Parmi tous les bouleversements que l’industrie de l’entertainement a connu, celui de la mesure de succès est l’une des expressions les plus évidentes.

Je me souviens du pavé dans la mare qu’avait été le Top 50 à la création de Canal +. On allait enfin apprendre quels étaient les vrais vendeurs de disques. Pas ceux qu’on voyait chaque semaine dans les shows des Carpentier, mais ceux qui pouvaient réellement revendiquer un succès populaire qui passe par l’achat de disques. Au revoir Mireille Mathieu, bonjour Peter et Sloane.

Une révolution de l’industrie musicale plus tard, à l’heure des ventes de disques réduites à quelques exceptions notables, la mesure de succès se fonde de nouveau sur un acte totalement gratuit pour le consommateur : un clic sur une vidéo. Le nombre de vues sur YouTube est le mètre étalon de la popularité des années 2010, une unité de mesure qui se vérifie tous les jours. Par exemple ces deux derniers jours :

Côté télévision, au moment du Top 50, les mesures d’audiences par des instituts tels que Nielsen révélaient qui était vraiment devant son poste de télévision, constituant une audience captive pour les spots publicitaires des marques qui y trouvaient un espace de massification sans comparaison. Avec sa capacité à toucher jusqu’à plus de 10 millions de personnes au même moment, ça reste vrai aujourd’hui. Ceci dit, la délinéarisation de la consommation, ce nouveau graal qu’est l’engagement et le court-circuitage aussi violent qu’illégal de la chronologie des médias pratiqué au quotidien par la génération des moins de 30 ans ont tout balayé sur leur passage.

La télévision américaine bénéficie dorénavant pour ses ventes à l’international de ce critère de popularité qui donne de la valeur au produit et aide à lui assurer plusieurs saisons même en cas d’audiences moyennes : le téléchargement illégal ! “Game of throne” en a particulièrement bénéficié lors de ses premières saisons, d’autres prennent la relève.

Sans réouvrir le débat de la pertinence de la Social TV en 2014, la télévision tend à s’intéresser davantage à son “audience sociale” autant qu’à son “audience tout court”, à y investir en tout cas suffisamment d’énergie pour qu’on pense que ça compte, sans vraiment savoir ce que ça rapporte. Là encore, l’unité de mesure s’affranchit de toute rationalité business, confondant “succès commercial” et “popularité”.

Le cinéma joue beaucoup sur le nombre de vues d’une bande-annonce, un spectacle sur le succès du hashtag associé lors de la Première, on attend la révolution du côté du livre. Pas sûr pourtant que ces unités de mesure nouvelle génération collent au plus près d’un indicateur de succès au sens rentable du termes pour une industrie qui, vu d’ici, semble un peu perdue.

L’âge d’or

J’ai eu la chance de commencer mon métier dans des conditions exceptionnelles, qui n’existeront probablement plus jamais. Au début des années 90, lorsque les budgets marketing s’intéressaient réellement aux RP, comme une activité qui devait être considérées financièrement avec sérieux.

Il ne s’agissait pas uniquement de proposer un voyage pour tester des appareils photo et pellicules sous le soleil ou dans des conditions extrêmes adaptées au pays. Il s’agissait de vivre des expériences. A 23, je n’avais jamais voyagé, à 28 ans, j’avais vécu une nuit sous la tente en plein désert, une randonnée dans la forêt de Muir Woods près de San Francisco, le Grand Canyon en hélicoptère, Saint Petersbourg par – 30° pendant le déplacement de la statue de Lénine, du ski sur le sable des dunes aux alentours de Dubaï… En tant qu’organisateur, j’étais forcément toujours partant pour toutes les expériences. Avec plaisir je dois avouer. Entouré de photographes, il en reste donc quelques traces…

Ca m’a donné durablement le goût des voyages, dont j’ai continué à profiter en Europe pendant 3 ans avec un rôle Européen qui m’a permis de traverser le continent puis, pour différents clients. Complété évidemment par des vacances tantôt natures, tantôt urbaines, tantôt festives.

Par chance, il me reste quelques pays que je rêve de découvrir, je les ai méthodiquement listés aujourd’hui grâce à Tripadvisor qui offre ce service (en marquant les endroits concernés en vert). Je suis super prêt.

 

 

La vidéo de Noël 2012

Suite à l’explosion technologique de la vidéo 2011, voici donc la cuvée 2012, en mode hangout. Avec les amis Mathilde, Sonia, Florian, Sebastien, un petit peu de Thibaud et moi qui crie très fort tout le temps. Ca nous fait une petit vingtaine de minutes pour parler de nos projets et rêves en 2013. Nous, on s’est bien amusés et ça c’est cool parce que c’est le but. A l’année prochaine !