S’y retrouver dans les plateformes de streaming SVOD : j’ai fait mon choix !

On a beau s’intéresser au sujet de près, le suivre et le commenter régulièrement (voir mon dossier en 5 parties d’il y a 6 mois), suivre avec précision les articles des très bons médias de référence (je pense au dossier comparatif des offres de Numerama qui ne dit pas tout de ce à quoi les offres donnent accès), pas facile de s’y retrouver.

Lorsque comme moi, on compte bien continuer à ne rater aucun des grands rendez-vous séries de ces prochains mois sans succomber à la tentation (toujours plus forte) du téléchargement illégal, il faut s’accrocher pour faire les bons paris prenant en compte les évolutions des offres et des envies au gré de l’arrivée des multiples nouvelles plateformes.

Conformément aux prévisions, mon avis a évolué sur le sujet depuis mon papier qui prévoyait un Disney qui balaierait tout sur son passage, un retour massif au téléchargement, la fin des engagements longs termes, des erreurs successives de Canal+ et des acteurs nouveaux qui prendrait le rôle d’agrégateur intelligent.

J’ai donc fait mon choix qui tient à une décision importante et assez inattendue au regard de mon parcours avec les chaînes : je me suis engagé pour 2 ans avec Canal+.

Deux facteurs ont présidé à ma décision

Canal+ semble avoir construit l’écosystème le plus intelligent d’accès au catalogue le plus vaste possible, même si des mouvements sont encore à attendre avec des deals qui viendront à leur terme bientôt pour certains. Déjà en accord avec Warner depuis 2017 (catalogue FX, FoxPlay, Warner TV), intégrant OCS (et donc tout le catalogue HBO), Canal a lancé la distribution de Netflix à la rentrée et la rumeur annonce depuis hier suite à une info de La Lettre A celui à venir de Disney+. Canal+ assure désormais un point d’accès simple, intégré (y compris à ma box SFR) et pilotable facilement depuis l’appli et le site myCanal (qui peuvent encore progresser mais font tellement mieux que certains comme Prime Video). Le tout pour un prix très intégré également, assez imbattable, garanti 2 ans, qui me fait plutôt économiser de l’argent en supprimant OCS et Netflix de mes abonnements unitaires.

Mon goût assez récent pour les séries française de qualité est comblé puisque j’ai accès au meilleur de la production française payante (Canal et OCS) et continue à profiter gratuitement des offres gratuites (France TV Slash et Arte et même un peu de TF1). L’occasion de rappeler que je suis le dernier à me moquer de l’offre française Salto qui pourrait surprendre tout le monde au regard du niveau de la production française des derniers mois.

Catalogue pauvre et manque d’agrégation ont perdu

Ce que je n’ai pas choisi, c’est la nouvelle offre Apple+, accessible gratuitement pour faire le tour de l’offre assez faible à ce stade (et impossible à visionner chez moi sur un grand écran par manque de compatibilité Chromecast) et d’intégration dans les box.

Je n’ai pas vraiment choisi non plus Prime Video même si techniquement je l’ai par défaut. Interface insupportable, j’ai fait l’effort pour les rares séries qui en valent la peine (The Boys ou Mrs Maisel) mais c’est réellement pénible. Le manque d’intégration se joue encore au moment du lancement actuel de StarzPlay. Sur les films, le deal avec Sony Pictures est intéressant et pour les enfants, l’intégration de GulliMax et TFOUMax a du sens mais ne me concerne pas.

Je suis donc un client Canal satisfait depuis cette semaine et ce n’était pas gagné. Rendez-vous dans 6 mois pour le prochain point !

Entreprenariat, 3 mois plus tard

Aujourd’hui, pile 3 mois entrepreneuriat. Alors c’est comment ?

En version courte et en 5 points (pour les plus pressés) :

  • Passionnant de monter sa propre structure, j’adore apprendre, presque trop
  • Plein de réactions très réconfortantes pour l’égo mais qui mettent un peu la pression
  • Comme on s’y attend, c’est plein de surprises et plein d’inconnus
  • De l’importance de bien comprendre son “réseau”
  • L’entreprenariat reste souvent une curiosité en France

Je vous raconte ?

L’annonce : un impact inattendu

Après quelques jours de teasing, j’ai lancé le 19 juillet “Spin-Off Conseil“. Avec l’aide d’amis qui se sont mobilisés pour me créer un joli logo comme j’en rêvais (merci Eric L), assurer l’editing de mes textes en français (merci Mathilde F) et en anglais (merci James C)…

Après 11 mois de congés sabbatiques et un retour en plein milieu de l’été, je voulais surtout répondre à la question qu’on me posait le plus : “Alors, tu vas faire quoi ?”. Mes réponses évasives laissaient trop supposer une grosse surprise ou une annonce fracassante qui n’était ni d’actualité ni recherchée. Si je laissais passer l’été, je risquais de faire monter une pression à l’exact inverse de ce que je souhaitais. 

Rendre visible mon nouveau statut d’indépendant était donc un contournement plus qu’un plan de visibilité à un moment un peu creux en termes d’annonces sur le marché de la com. Et pourtant, c’est sans doute la raison principale de retours enthousiastes, partages en masse sur les réseaux sociaux, commentaires, échanges et, déjà, prémices de nouveaux projets. La suite de l’été s’est d’ailleurs révélée assez active en annonces autrement plus dimensionnées (coucou Buzzman et Brand Station), autant dire que j’ai eu du bol, de l’intuition, du karma ou quelque chose au milieu de tout ça, niveau agenda.

Un nouveau métier à expliquer

Choisir la facilité n’étant pas exactement mon trait de caractère premier (il n’y a qu’à voir la construction de la phrase qui suit), ce n’est pas que pour le challenge que j’ai fait un pas de côté, mais un peu quand même. Mes interventions publiques depuis 25 ans portant sur les RP, la com de crise et l’influence sur les médias sociaux, j’étais conscient de ma forte légitimité sur ce terrain. C’est évidemment là que des sollicitations spontanées avaient le plus de chance de se présenter. D’autant que mes prises de paroles publiques se situent sur ce terrain (comme ici dans un magazine consacré à l’influence).

Donc pourquoi ne pas aller sur un territoire qui me passionne, en surface assez différent même si intrinsèquement lié, terrain qui reste à défricher, sur lequel personne ne m’attend ? 

Honnêtement, j’ai été surpris du taux de mémorisation de “Spin-Off conseil”, de la compréhension assez immédiate de l’idée derrière. Je pensais qu’il allait falloir multiplier les exemples, les démonstrations d’outils, les explications… Ca a semblé clair pour tout le monde : “appliquer les méthodes des séries à la narration des marques, évident, on aurait du y penser avant”. J’ai également été étonné de l’enthousiasme derrière un élément précis : j’ai indiqué les prix sur mon site ! C’est étonnamment ce dont on m’a le plus parlé. 

Pas de fausse naïveté : derrière cet enthousiasme, des questions.”Mais alors du coup, concrètement, tu fais quoi ?”. “Quels problème tu aides à résoudre ?”… Ca m’aide à renforcer toujours plus les contenus sur le site, expliquer, modéliser. “Rassure-moi, tu fais quand même des RP, de l’influence et de la crise ?”. J’explique que tout ça nécessite de l’éditorialisation au niveau de la marque, du contenu attractif à raconter le mieux possible pour le décliner dans tous les canaux… donc oui, je fais bien sûr du marketing et toujours, en filigrane, des RP, mais différemment.

Pendant ce temps là, il a fallu décider de mon statut, suivre des formations, plein de formations, trop de formations, trouver un expert-comptable, monter ma boite, j’adore apprendre, ça aurait pu devenir mon nouveau full time job.

Pour quelle activité concrètement ?

Si le lancement de ma marque n’était pas si urgente, c’est que j’avais déjà quelques missions pour bien occuper l’été et la rentrée. A chaque fois grâce à des amis et contacts pros. On me répond toujours quand j’en parle “oui, ton réseau quoi”… J’ai du mal à appeler mes contacts un “réseau”, je n’ai pas ce type de relation avec mon entourage. Mais oui, ça doit ressembler au principe d’un réseau.

J’ai donc collaboré avec 1 start-up, 2 services marketing, 1 agence, 2 célébrités, 1 événement, 1 institution et 1 média. Pour la plupart, avant même d’avoir déposé les statuts de ma SASU. La liste semble longue mais c’était à chaque fois des missions ponctuelles. Dans des secteurs qui me passionnent (entertainment, séries, climat, sciences, événements) pour des programmes influenceurs et de la crise. Mais j’ai réalisé dans cette période qu’on venait me chercher selon ce qu’on projette de moi, situation très différente de ce que j’ai connu dans le passé où l’on venait me solliciter au travers de ce qu’on projetait de l’agence dans laquelle je travaillais.

Lorsqu’on m’a sollicité pour des coachings, c’était pour des célébrités “à fort caractère”, lorsqu’on m’a fait intervenir en interne dans des directions marketing, c’était pour relativiser le marketing d’influence tel qu’il est appréhendé en 2019 auprès de décideurs “à fort caractère”. L’idée est qu’on me mette face à de forts caractères, challenge accepted ! Mais surtout, et c’est la plus grosse surprise, on m’a demandé des ateliers et productions dans l’univers que j’ai choisi : le storytelling appliquant les techniques des séries télé aux narratifs de marques.

En écrivant ce texte, je réalise que je ne peux pas exposer publiquement la plupart des marques et entreprises concernées, mes interventions s’inscrivant quasi-systématiquement dans un champ confidentiel. Ca deviendra sans doute un enjeu, je n’y pense pas trop.

J’ai aussi choisi (grâce à la proposition d’un ami encore une fois) de m’investir dans des cours à l’INSEEC sur des modules longs de 45h, soit plus de 100 heures de cours jusqu’en juin, avec pas mal de temps de préparation à la clé… Un moyen parfait de garder les doigts dans la prise pour tout ce qui concerne la e-Réputation ou le SMO (Social Media Optimisation). Twitter vient souvent à ma rescousse pour pointer les derniers buzz immanquables et les outils révolutionnaires à ne pas manquer pour tenter d’illustrer mes cours de façon un peu modernes. Je crois qu’on se kiffe assez avec mes étudiants.

J’ai refusé en revanche d’accompagner des influenceurs dans leur relation aux marques (j’ai hésité, testé puis arrêté), de travailler pour un ministère étranger sur une mission avec laquelle je n’étais éthiquement pas à l’aise. J’ai refusé aussi des missions sur les secteurs de la beauté et de la mode où je ne pense pas être le meilleur. Ma capacité à refuser des missions est un luxe que je mesure et que je veux plus que tout entretenir. J’essaie aussi de réduire mes interventions “coups de main for free” au minimum, même si je ne réussis pas toujours (pour des amis, parce que ça m’intéresse…).

Comment arrivent les opportunités ?

Je ne passe pas d’énergie sur de la prospection à proprement parler. J’ai en revanche essayé d’expliquer à tous ceux qui s’y intéressaient ce que je faisais dans le détail. J’interviens dans des conférences ou répond à des interviews quand on me le demande. Si j’ai commencé à produire pas mal de contenus pour mon site et mes réseaux sociaux, j’ai un peu réduit la voilure par manque de temps. Même si ça n’a jamais été un usage premier, j’ai bien conscience que mon compte Twitter me permet de rester dans le radar. J’en profite raisonnablement, en continuant à parler moins d’offres commerciales ou de missions clients que de mes points de vues sur une assez large diversité de sujets, avec ce petit côté “grande gueule” qui me vaut de me prendre des rouleaux compresseurs en meute régulièrement. 

Classement Netino août 2019

J’écris évidemment sur les sujets où j’ai envie qu’on vienne me chercher puisque je les connais bien : la SVOD, la com publique, la télévision… En plus des interviews et interventions, je m’engage dans de nouveaux projets avec une rubrique régulière dans un magazine et un podcast, je pourrai révéler tout ça dans les semaines qui viennent. Au même moment, on annoncera également de belles choses concernant une pièce de théâtre qui  me tient à coeur et occupera une partie de mon quotidien dans quelques mois.

Jusqu’à présent, ça porte ses fruits mais la visibilité des missions sur le long terme est quasi nulle, il faut s’y habituer. Je ne sais pas ce que je ferai dans un mois et je ne panique même pas. J’aime ce statut, c’est visiblement un sujet d’étonnement dans mon entourage pro. Être entrepreneur après autant d’années de salariat semble considéré comme une situation par défaut ou pire, par dépit. Quelques contacts qui veulent mon bien étaient ravis de m’indiquer qu’ils allaient avoir “mieux à me proposer qu’une mission, carrément un poste !”. Mais je ne veux pas d’un poste, je ne sais jamais comment dire ça sans vexer. Mon rêve n’est pas ou n’est plus de rejoindre l’entreprise et/ou la marque dont tout le monde rêve. Travailler pour elles, oui, mais pas en tant que salarié. L’événement de la BPI auquel j’assistais la semaine dernière à Bercy m’a rappelé que je n’étais pas tout seul à vivre cette situation, loin de là.

Je ne pense pas encore que c’est gagné, que Spin-Off Conseil est déjà un succès, que je ne commettrai pas d’erreurs. Je pense plus simplement que je suis exactement là où je dois être.

Où en est-on de l’influence digitale ?

Ce matin étaient dévoilés les résultats de l’étude “Dérives et opportunités de l’Influence Marketing sur Instagram en France en 2019” réalisée par Influence4You et HypeAuditor. L’intitulé m’a semblé suffisamment ouvert pour justifier le déplacement.

A-t-on réellement progressé au cours des derniers mois ?

Tout d’abord, l’étude propose un état des lieux complets, nourri par les datas puissantes de HypeAuditor, de la réalité des Instagrameurs en France et de leur relation aux marques. Elle refait le point sur les différentes catégories d’influenceurs (du “nano” au “méga”) et ce que chacune représente en nombre.

L’étude aborde aussi de front l’enjeu des “fraudeurs” qui ont utilisé de multiples moyens pour augmenter artificiellement leur communauté et démontre à juste titre que ceux qui sont honnêtes peuvent être impactés malgré eux par ces fraudes. On avait rarement lu un tour d’horizon aussi clair et précis des méthodes frauduleuses à surveiller, très utile. A consulter aussi par les influenceurs en herbe pour leur éviter de tomber dans les pièges du flou artistique répréhensible.

En revanche, de nombreux enjeux n’ont de mon point de vue toujours pas été résolus et fournissent des insights trompeurs aux marques.

L’engagement serait le metrix de référence de la pertinence d’un influenceur

D’abord, l’engagement et les interactions sont toujours considérés comme des mètres étalons, vendus aux marques comme la preuve d’un bon reach et d’un impact puissant dans leur relations aux consommateurs. C’est une contre-vérité, l’engagement mesurant celui de l’influenceur avec sa propre communauté, la marque n’étant qu’un tier qu’il faut mettre le mieux possible en scène aux côtés de l’influenceur. Il manque toujours la mesure de conversion, rendue difficile par la plateforme Instagram (en interdisant les liens dans les posts par exemple). Un post ou une story font-ils acheter, grâce à cette fameuse force de prescription ? Parfois oui, souvent non, c’est ce qu’il est intéressant de mesurer en tout cas.

C’est la conversion, plutôt que l’engagement, qui a réellement un sens pour les marques.

L’impression de trop de partenariats marques / influenceurs serait sans fondement

Là où l’étude démontre que seuls 21% des influenceurs ont mentionné une marque au cours des 180 derniers jours dans leurs posts, elle fait l’impasse sur la donnée la plus importante. Il est à ce jour impossible de plugger dans le système de data les stories, très exactement l’endroit où les partenariats avec les marques sont présents. Cette impression de trop plein est d’autant plus justifiée par la consommation des stories qui a explosé au détriment des posts pérennes.

Toujours surveiller les stories d’un influenceurs avec lequel on s’engage en tant que marque pour éviter de se retrouver noyé dans un océan de marques.

Le profil de l’influenceur serait l’incarnation de la cible pour la marque

Il est intéressant d’apprendre que le profil type de l’influenceur est une femme de 18 à 34 ans. Mais les conclusions tirées pour les marques laissent penser que l’influenceur sera choisi en fonction de son profil correspondant à la cible. S’il doit en effet par son profil s’affirmer comme un ambassadeur légitime pour la marque, le vrai point d’intérêt pour la marque est le profil de sa communauté, celle que l’on va toucher par son biais. Les fans d’un.e influenceur.euse n’en sont pas forcément une réplique. C’est d’autant plus dommage que c’est une valeur ajoutée de HypeAuditor que d’afficher de façon assez précise le profil de la communauté d’un individu, visiblement très bien relayé dans la plateforme d’Influence4You.

Il serait intéressant de profiler les communautés d’abonnés aux influenceurs plutôt que les influenceurs pour infuser les bons réflexes aux marques.

Si l’étude se limite à Instagram à ce stade, ce n’est pas pour laisser penser que l’Influence Marketing ne se joue que sur Instagram. On a aussi pu parler de YouTube, TikTok ou encore Twitch ce matin. Et une étude du même calibre serait en préparation pour YouTube.

Et enfin, l’étude se termine par un classement super intéressant des Méga influenceurs selon la “qualité de leur audience”. C’est parfois surprenant (notamment en pole position) et plein d’enseignements.

La réponse en téléchargeant l’étude ici : bit.ly/HypeInfluence4You2019

Les séries françaises entrent dans le game

Pendant des années, les séries françaises sont sorties de mon champ de vision. Je suis même passé à côté de jolis succès salués par la critique mais qui ne m’ont pas donné envie (“Le Bureau des Légendes”, “Engrenage”, “Maison Close”…). L’incapacité des acteurs de la SVOD (Netflix et Amazon en tête) à produire du français de qualité n’a pas aidé à créer l’étincelle.

Mais depuis quelques mois, les choses ont changé. TF1, France Televisions et Canal + ont produit des séries qui m’ont captivé ou plus simplement séduit. En faisant le compte aujourd’hui, je me suis rendu compte qu’on ne pouvait plus vraiment parler d’exception en dépassant les 10 coups de cœur.

Les bracelets rouges, Dix pour cent, Skam, Les grands, Hippocrate, Insoupçonnable, Calls, Baron Noir, Versailles, Working girls, Paris etc… Les quelques séries françaises que j’ai aimé depuis 2 ans.

A noter : j’aurais pu parler aussi de “A l’intérieur”, la mini-série thriller de France 2 avec Béatrice Dalle que je dois terminer (merci le replay de France Télé). Je n’ai pas aimé quelques succès notables (“Plan cœur” de Netflix par exemple). Et je dois encore découvrir les séries d’Arte “Fiertés” (dispo en intégralité ici) et “Il était une seconde fois” ainsi que la série d’horreur de Netflix “Marianne”. J’ai fait l’impasse sur “Soupçons”, le thriller amoureux de France 3 et “Le temps est assassin” sur TF1 dont les premières minutes ne m’ont pas donné envie.

Encore plus réjouissant, au moment de la clôture du Festival de la Fiction de La Rochelle, il devient évident qu’il faudra désormais compter avec les productions françaises. En particulier du côté des mini-séries. Voici un tour d’horizon de ce que j’attends avec impatience avec une sélection de 10 nouveautés à venir qui offre une petite sur représentation à Arte :

  • “Une belle histoire” (France 2) : lauréat de la catégorie “Série de 52 et 90 minutes” à La Rochelle, ça éveille forcément la curiosité, la compétition étant de haut niveau. Il s’agirait d’une variation autour des difficultés de 3 jeunes couples.
  • “Pour Sarah” (TF1) : adaptation d’une série québécoise, une quête de vérité pleine d’émotion mais palpitante au rythme de cliffhangers implacables. On nous annonce le meilleur, réponse dès la fin du mois sur TF1.
  • “Une île” (Arte) : Laeticia Casta et Sergi Lopez, présenté comme une variation moderne sur le mythe des sirènes. Primée à Series Mania 2019.
  • “Le bazar de la charité” (TF1) : à la tête de cette super-production historique, première en partenariat avec Netflix pour TF1, Audrey Fleurot et Camille Lou. Les premiers retours sont mitigés mais les premières images vues m’ont donné envie donc j’essaierai quand même.
  • “Les sauvages” (Canal +) : thriller d’anticipation politique et chronique familiale, la nouvelle série de Canal s’inscrit dans la lignée du phénomène “Years & years”. Peut-être moins désespérée. Marina Foïs, Roschdy Zem et Amira Casar.
  • “Trauma” (13ème Rue) : première production pour 13ème Rue, le casting mené par Guillaume Labbé excelle dans un thriller moderne. Annoncé pour novembre.
  • “Mytho” (Arte) : primée à Series Mania, menée par Marina Hands, les 6 épisodes seront diffusés au mois d’octobre.
  • “Moloch” (Arte) : thriller franco-belge autour d’inconnus qui prennent feu. Il y a Olivier Gourmet, Marine Vacth et Arnaud Valois. Il nous tarde du coup…
  • “Fertile crescent” (Arte) : Felix Moati et Mélanie Thierry plongée dans le conflit syrien
  • “Amour fou” (Arte) : Clothilde Hesmes et Jérémie Renier dans un thriller domestique

C’est donc le thriller qui s’impose comme le genre de prédilection des productions françaises de qualité. Arte devrait devenir l’une des premières chaînes auxquelles on pense quand on parle de séries françaises.

Mais TF1, France Télévisions et M6 en gardent forcément sous le coude pour l’arrivée de Salto auquel je continue à croire malgré les railleries.

On fait le bilan en fin d’année ?

Quelles sont les séries été 2019 à ne pas manquer ?

La question qu’on me pose le plus souvent, c’est : “j’ai fini ma dernière série, je regarde quoi maintenant ?” Voici donc mon classement des 12 séries que j’ai préféré cet été (ok j’ai triché, y en a 14 en fait mais j’ai feinté). Pour cette session, de grandes tendances se dégagent : les mini-séries dominent désormais, on n’est pas là pour rigoler, l’histoire contemporaine est souvent au rendez-vous et en termes de diffuseurs, Netflix est sur-représenté en nombre mais OCS, Amazon Prime et Canal+ dominent le classement.

12. Dark

J’avais adoré la saison 1 pour sa complexité. J’ai été moins emballé par la saison 2 à cause de sa complexité. Trop de personnages, de timelines, d’ellipses. Mais je regarderai la saison 3, il doit donc y avoir encore une part de magie qui fonctionne.

Disponible sur Netflix

12 (ex æquo). Mindhunter

La saison 1 m’avait captivé, la saison 2 m’a également laissé un peu au bord de la route. Je n’ai pas d’explication. Peut-être que les exercices de lenteurs contemplatives ne correspondaient pas à mon mood du moment. J’ai adoré l’épisode avec Charles Manson vu juste après le dernier Tarantino, en complément parfait (et avec le même acteur dans le rôle !). Regardez, tout le monde a aimé !

11. Dead to me

Je n’en attendais pas grand chose. J’aime beaucoup Christina Applegate et Linda Cardellini, ce qui a suffit à me donner envie de regarder. C’est globalement une bonne surprise, les protagonistes sont attachantes en 10 mn. Ca tourne un peu en rond, une saison 2 devra se réinventer.

Disponible sur Netflix

10. Star Trek Discovery

On me l’avait beaucoup conseillée mais n’étant pas très fan de la mythologie Star Trek, je résistais. J’ai donc regardé les 2 saisons d’affilée, j’ai été absolument conquis. On nage en plein space soap opera. Des surprises, des twists, une crédibilité totalement optionnelle mais c’est addictif et l’argent investi par CBS apparaît clairement à l’écran. Vivement la saison 3 !

Disponible sur Netflix

9. Fleabag – saison 2

Plutôt que de découvrir le copié-collé assez inutile produit par Canal + en France (Mouche), j’ai foncé sur la saison 2 de l’originale, toujours aussi inventive et jubilatoire. J’adore !

Disponible sur Amazon Prime Video

8. The Handmaid’s Tale – saison 3

C’est sans doute la saison la plus inégale de l’une des séries majeures de ces dernières années, compensée par quelques moments très forts et un dernier épisode de haute volée. Il fallait avoir vu la saison en entier pour pouvoir la commenter, les critiques en ont fait les frais. En revanche, se renouveler en saison 4 n’est plus une option.

Disponible en France sur OCS

7. Big Little Lies – saison 2

Dans la lignée de The Handmaid’s Tale, Big Little Lies revient pour une saison 2 inégale, qui part dans tous les sens pendant plusieurs épisodes avant de trouver sa voix. Après une saison 1 s’arrêtant sur le rapport mari et femme, c’est au lien mère – enfant que s’intéresse cette saison dont les 2 derniers épisodes sont exceptionnels grâce à des scènes de tribunal parfaitement maîtrisée.

Disponible en France sur OCS

6. Pose – saison 2

La saison 1 était mon coup de coeur de l’année dernière : réussir à rendre une série sur les transgenres avec des transgenres au casting réellement tout public et addictive au casting était un pari impossible mais réussi. Cette saison est plus inégale, certains épisodes semblent bâclés, les limites d’actrices non professionnelles se voient. Mais ça reste un petit miracle de série qui réussit à rendre tous ses personnages attachants. Certaines scènes sont bouleversantes.

Disponible en France sur Canal +

5. Chernobyl – mini-série

C’est un petit miracle : transformer un fait historique que tout le monde a en mémoire en thriller politique plein de suspens teinté de body horror et moments de suffocation absolument incroyable, le tout avec un effet addictif immédiat. Un petit bijou.

4. Dans leur regard / when they see us – mini-série

Un fait divers qu’on n’a pas forcément en mémoire devient une oeuvre palpitante, bouleversante, dont on ne sort pas indemne. Le casting est parfait avec une mention pour Jharrel Jerome qui parvient à interpréter son personnage ado et adulte. Le plateau d’Oprah Winfrey qui suit avec l’ensemble des protagonistes (réels et acteurs) offre une conclusion parfait (où on pleure beaucoup, on ne refait pas Oprah).

Disponible sur Netflix

3. The loudest voice – Mini-série

L’histoire de l’homme qui a fait Fox News m’intéressait, j’ai donc plongé dès sa mise en ligne sur la série. Et c’est un régal. les coulisses politico-médiatiques sont passionnantes et Russel Crowe offre un numéro d’acteur bluffant (pour lequel il sera probablement multi-récompensé). A regarder d’urgence.

Disponible sur Canal +

2. Euphoria

Tout en faisant confiance à HBO pour réinventer intelligemment le genre teen drama, ce que j’avais entendu d’Euphoria me donnait envie de regarder pour pouvoir expliquer pourquoi je n’aimais pas. C’est donc la meilleure surprise inattendue de l’année : un coup de coeur énorme pour une série courageuse et frontale. Elle met en scène une frange à la dérive d’adolescents américains avec comme seul personnage solaire Jules, jeune adolescente en transition. Mais l’adaptation fait preuve d’une exigence rare, d’un regard sans concession (parfois frontal) où chaque plan est millimétré jusqu’à créer des moments d’exceptions, l’un d’eux clôt la saison 1 et restera gravé longtemps avec autre chose qu’un “simple” twist.

1. Years & Years – Mini-série

C’est LA série qu’il faut voir absolument. Elle nous entraîne dans les 10 prochaines années qu’on peut redouter en élaborant notre futur sur les peurs bien réelles d’aujourd’hui. Montée des extrêmes, nouvelles dynamiques géopolitiques (et nouveaux réfugiés qui vont avec), effondrement des systèmes financiers ou encore dérives de la technologie sont notamment au programme. La série de la BBC et HBO, découverte à Canneseries, réussit à insuffler de l’humour (très british) et des bulles festives dans une succession de prédictions aussi terrifiantes que crédibles. Et surtout, même en couvrant en accéléré 10 années en 6 épisodes, on s’attache aux personnages instantanément. L’amateur de séries est comblé, le citoyen est terrassé.

Disponible sur Canal+

Mention spéciale : The Boys

Pile au moment où on se disait que le trop plein de super-héros tuait notre envie de super-héros, Amazon a dégainé The Boys. Sur une idée géniale (et s’ils étaient tous des sales types ?), la série décortique cyniquement le marketing des grands studios, analyse la force de l’image, fait le tour des toutes les distorsions de relations. C’est à la fois jubilatoire et assez flippant mais on adore. S’il n’y avait pas eu “Years and years”, c’était la tête du classement. Je ne me résous pas à le mettre en 2. C’est donc une mention spéciale comme au Festival de Cannes. Et pour clore le tout, HBO annonce Watchmen, on peut faire confiance à la prod pour réussir à réinventer encore le genre et nous embarquer…

Si “Killing Eve” saison 2 ne figure pas au classement, c’est que je ne l’ai pas encore vu mais je pense qu’il y trouvera une place de choix. Si “Stranger things”, “Casa de papel” et “13 reasons why” saison 3 ne figurent pas au classement, c’est que je les trouve extraordinairement surcotées.

Je n’ai pas mis au classement deux autres pépites découvertes cet été. “The wire”, considérée comme beaucoup comme la meilleure série du monde, que j’aime beaucoup sans la faire surpasser mes vrais séries de coeur (“Breaking bad”, “6 feet under”…). Et “The good fight”, que j’avais laissé de côté, pas assez passionné par “The good wife” dont elle est le spin-off et qui se révèle bien meilleure à mes yeux.

Bonne rentrée série à tous !

HBO, Love Brand

Avec Euphoria, mon dernier coup de cœur série, j’ai tout à coup réalisé pourquoi HBO était de loin ma chaîne préférée. Et peut-être la mieux positionnée pour gagner ses galons de Love Brand au coeur de la bataille de la SVOD qui s’annonce.

En réinventant le “Teen Drama” encore mieux que d’autres auparavant (je pense à “Skins”), quitte à trouver son inspiration ailleurs (ici une série israélienne), la série déstabilise, dérange avant de réussir à rendre ses personnages addictifs. Elle met en scène une frange à la dérive d’adolescents américains avec comme seul personnage solaire Jules, jeune adolescente en transition. Mais l’adaptation fait preuve d’une exigence rare, d’un regard sans concession (parfois frontal) où chaque plan est millimétré jusqu’à créer des moments d’exceptions, l’un d’eux clôt la saison 1 et restera gravé longtemps avec autre chose qu’un “simple” twist.

Et c’est bien la promesse de la marque HBO, celle sur laquelle elle n’a jamais déçu : s’approprier un genre (policier, drama, fantasy, sitcom, bientôt super-héros…) et le réinventer. Le faire basculer dans un âge adulte et lui donner un intérêt qui nous nous avait pas forcément capté jusque là (séries girly, l’univers carcéral, la mafia… dans mon cas). Elle a aussi créé au passage des tendances et de nouveaux formats. Le potentiel de la marque, Warner l’a d’ailleurs bien compris en renommant cette année sa future plateforme de SVOD “HBO Max”.

En France, c’est d’abord la chaîne “Canal Jimmy” devenue “Jimmy” avant de disparaître qui a fait découvrir les pépites de HBO et au passage mes premiers coups de coeur série adulte.

En 1992, j’ai ainsi été happé par un format de sitcom que je n’avais jamais vu : “Dream On” racontait les aventures d’un éditeur de livre New-Yorkais dont les pensées sont matérialisées avec des extraits de films et dessins-animés en noir et blanc des années 30 à 50. Jubilatoire et (déjà) métaphorique.

Dans les années 90, s’attaque à 3 autres genres. La série de filles trouve ses lettres de noblesse avec “Sex in the city” mais ce sont deux autres productions qui me marquent pour longtemps : “Oz” dans l’univers carcéral et les “Soprano” dans celui de la mafia inventent le principe des anti-héros, lorsque les méchants deviennent ceux qu’on aime. La métaphore s’invite pour l’occasion dans un nouvel espace, moins attendu. Leur succès à ouvert la voie à de nombreuses autres grandes séries, de “Breaking Bad” à “Dexter”.

Dans les années 2000, le surnaturel est à l’honneur avec les vampires de “True Blood” et l’univers étrange de fête foraine dans “Carnival”. Mais c’est l’histoire d’une famille de croque-mort qui réussit à séduire public, critique… et moi au point de la classer durablement en tête de mes séries préférées de tous les temps. J’avoue être passé à côté de “The Wire”, policier sur fond de criminalité sans le manichéisme auquel la télévision nous avait habitué. En tête de liste de mes lacunes à rattraper un jour…

Au début des années 2010, c’est d’abord le succès sans précédent de “Game of Thrones” qui marque la chaîne. Mais mon coup de cœur va à “The Leftovers”, série époustouflante sur le deuil qui pousse très loin la métaphore et j’aime la façon dont “Looking”, dans un style plus brut, sort des clichés pour traiter de la communauté LGBT.

Parmi les séries toujours à l’affiche, si “Westworld” et “True Detective” nous ont un peu perdu en route, “Big Little Lies” offre une deuxième saison bien meilleure que ce que ceux qui ne l’ont pas regardée jusqu’au bout laisse entendre, en réorientant intelligemment le focus du rapport “mari et femme” au rapport “mère et enfants”.

Au fil du temps, ce sont aussi des mini-séries exceptionnelles qui ont fait de HBO la chaîne événementielle qu’elle est aujourd’hui. Si elle a commencé très fort avec “Angels in america” en 2003, c’est au cours de ces 3 dernières années que les meilleures “limited series” sont arrivées sur HBO, appliquant sont principe de “réinvention” aux univers de la dystopie (“Years and years”) ou du fait historique quasi documentaire (“Chernobyl”).

Pour la suite, la marque de fabrique HBO semble fonctionner à plein pour rendre de nouveau intéressant le genre usé jusqu’à la moelle des super-héros. Au moment où Amazon Prime vient de faire brillamment le boulot avec le sublime “The Boyz”. Le teaser de “Watchmen” réussit pourtant à nous y faire croire. Bon signe : l’homme qui a fait “The leftovers” est aux manettes. Verdict cet automne.

Au-delà des programmes, en annonçant une recommandation plus humaine et moins algorithmique, la plateforme semble en plus avoir compris avant ses concurrents l’importance de la dimension communautaire intégrée de la SVOD.

Mon bilan congé sabbatique

J’avais donné rendez-vous dans 7 mois à l’occasion de mon unique billet consacré à mon congé sabbatique. Et c’est sans doute la question qu’on me pose le plus souvent : c’était comment ce break ? On y est. L’heure du bilan a sonné.

Gagnons du temps, il est simple mon bilan :
Sans que je ne l’aie vraiment articulée, la seule vraie question qui motivait ce congé sabbatique était simple, basique, fondamentale : “Qu’est-ce qui me rend heureux dans la vie? ”
La bonne nouvelle est que j’ai trouvé la réponse et qu’elle tient en un mot : Liberté !

En 11 mois sans salaire, un peu (raisonnablement) déraciné et bousculé, j’ai découvert que rien ne me rendait plus heureux que la liberté de garder du temps pour ceux que j’aime et les sujets qui m’excitent dans mon métier.

Je reviens donc avec une énergie renouvelée, et des projets qui vont avec.

11 mois d’inactivité productive

J’ai d’abord voyagé pour le plaisir (Los Angelès, Biarritz, Toulouse, Gran Canaria…), je me suis engagé en tant que bénévole dans un événement sans rien en attendre en retour, me suis installé à Lisbonne pour rompre mon quotidien, j’ai eu la chance de participer à quelques événements auxquels j’ai été invité, en particulier le superbe Festival CANNESERIES au mois d’avril. Bénéfice collatéral non anticipé : j’ai arrêté de fumer !

Je voulais donner vie à une pièce de théâtre qui me tient à coeur : “The Normal Heart” est programmée au Théâtre du Rond Point l’année prochaine. C’est une immense joie. Qui va forcément un peu colorer mon année 2020.

Je voulais écrire un livre. Sur un concept autour du métier de la communication (une commande) mais j’avais envie d’autre chose. J’ai écrit un roman qui restera encore un peu dans les tiroirs le temps que l’auteur se détende complètement sur l’exposition qui va avec. On verra ça en 2021.

Et j’ai, sans vraiment y réfléchir activement, fait de mon futur une évidence.

Revenir différent

Côté professionnel, j’ai clairement eu envie d’explorer d’autre modèles et d’autres territoires professionnels, maîtriser mieux ce sur quoi je mets mon énergie, transmettre différemment, me laisser des bulles d’oxygène aussi… La liste des raisons qui me font revenir avec un statut d’indépendant est longue. 

C’est aussi forcément l’envie de créer quelque chose qui m’appartient, une marque nourrie par mes convictions et très différente de moi à la fois. Ainsi est né “Spin-Off Conseil“. S’intéresser à la narration d’une marque n’est pas se détourner de mes champs d’intervention historique (RP, influence, com de crise). On continuera à venir me chercher sur ces sujets, je le sais (et je n’hésite d’ailleurs pas à la ramener sur l’ “influence marketing”, sans filtre cette fois). Mais j’ai aussi envie de prolonger la réflexion sur un territoire qui me semble pas complètement atterri dans les organisations.

J’ai décidé par ailleurs de m’investir davantage dans l’enseignement. C’est ainsi que je passerai plusieurs heures par semaine à l’INSEEC sur des modules liés aux médias sociaux et à la diffusion de contenus.

Ce qui va me manquer de ces 11 derniers mois ? : les voyages, bien sûr. Regarder des séries aussi. J’en ai vu beaucoup, qui ont parfois changé mon regard sur le monde et ont forcément nourri ma réflexion.

La suite sera forcément pleine de surprises inattendues. Je vais vous épargner les bilans de mes bilans tous les 8 mois. Mais il me tarde de voir !

L’excellente surprise “Gare au Garou”

Quand comme moi on est un peu nostalgique la grande époque des variétés à la télévision, celle des années 70, des Maritie et Gilbert Carpentier, on ne peut que regretter la quasi indifférence générale dans laquelle est passé “Gare au Garou”. Je vais tenter d’expliquer pourquoi. Il ne reste que quelques jours pour la voir en replay, foncez !

Annoncé dans la presse en s’intéressant surtout au nouveau rôle de présentateur confié au chanteur québécois, avant l’animation à venir de “Destination Eurovision”, le programme n’a pas vraiment bénéficié d’une promo digne de ce nom. La diffusion un jeudi soir dans un créneau réservé habituellement à l’information correspondait à l’esprit des fêtes qui se prolonge cette année jusqu’au 9 janvier, alors que les journalistes média ne sont pas vraiment revenu de vacances.

A l’arrivée, avec 2,1 millions de téléspectateurs et moins de 10% de part de marché, “Gare au Garou” a péniblement atteint la 4ème marche du podium des audiences, derrière 3 films.

L’esprit variété à la télévision enfin réinventé

Depuis les années 90, malgré de nombreuses tentatives, personne n’a réussi à retrouver la magie du grand succès des variétés à la télé, pas même Michel Drucker qui a fermé la marche avec Stars 90 lors de sa courte parenthèse TF1. Seul survivant qui réussit une fois par an à retrouver l’équation qui rime avec succès : “Les enfoirés”. Toutes les autres tentatives, avec ou sans présentateur, n’ont jamais fonctionné, réduisant depuis les années 2000 les chanteurs à des guests en fin de talk show ou à invités autour d’une table.

N’étant pas particulièrement fan des invités et encore moins de Garou, sans avoir vu passer le moindre avis, j’ai tenté le replay de “Gare au Garou” sans conviction en prévoyant de lâcher l’affaire au bout de 10 minutes. Tout au contraire, j’ai lâché mon téléphone, me suis assis devant la télé sans rien faire d’autre que la regarder, ce qui n’arrive plus que pour quelques séries.

La rencontre de la préparation et de l’impro

Alors que chaque moment montre que l’émission a été minutieusement préparée, répétée, c’est une subtile impression de spontanéité totale qui l’emporte, entre deux interventions très produites à l’image du générique ou de la séquence chantée en voiture sur les Champs-Elysées avec Patrick Fiory.

Ensuite, dans une ambiance totalement informelle, chaque invité est invité à chanter, seuls ou en groupe, des titres, qui ont marqué son année ou sa vie. Avec quelques moments suspendus.

Pour le fun, dans un rubriquage très produit, les artistes sont invités à s’amuser, par exemple dans un détournement casse gueule de “Ne me quitte pas” ou en délirant avec des ballons à l’hélium.

Même l’instant promo parvient à devenir réjouissant voire à mettre le feu quand vient le tour d’Amir.

On découvre au passage les très belles voix d’humoristes tels que Demaison et Commandeur.

J’attends donc avec impatience une deuxième édition pour “Gare au Garou” et une inspiration pour les prochaines tentatives variétés à la télévision.

Medium

Ce n’est en rien une nouvelle passion occulte. Plutôt un endroit où je me sens bien. Je vais rester là un moment du coup.

Eric Maillard

Je vais bien, ne t’en fais pas

Ce n’est pas parce que je n’écris plus qu’il faut s’inquiéter. A ma décharge, les événements de la semaine dernière ont un petit peu percuté nos vies d’êtres humains. L’émotion est remontée à fleur de peau, les yeux se sont souvent embrumés, d’abord de tristesse, puis de rage, puis d’espoir et de fierté. Ecrire sous le coup de l’émotion n’était pas raisonnable, il valait mieux se taire. Sans compter que se souhaiter une bonne année est devenu un exercice difficile pour tous, on a abandonné l’idée.

A l’arrivée, ça fait donc environ 6 jours à pleurer beaucoup. L’année a assez mal commencé, on peut dire. Mais tout ça est derrière maintenant, il ne reste plus qu’ouvrir le chapitre où-la-vie-reprend-ses-droits-mais-en-entretenant-méthodiquement-la-flamme-de-la-saine-indignation.

C’est donc une semaine totalement normale qui a débuté.

Tiens, par exemple, depuis ce matin j’ai réussi à regarder un journal télévisé en ne pleurant que deux fois (la radio continue à m’emporter mais j’y travaille). Je me contente de sourire bêtement quand je croise un CRS ou un agent de proximité de la RATP mais je résiste super bien à l’idée de les prendre dans mes bras, ce qui n’est pas une petite victoire. J’ai enfin pu répondre un à un à tous les collègues et amis d’autres pays du monde qui se sont inquiété pour moi, pour nous, pour nous tous, en nous envoyant des témoignages de soutien et d’amitié souvent bouleversants. Je compte aussi arrêter de serrer (beaucoup trop) fort (et trop longtemps) dans mes bras ceux que j’aime, au fur et à mesure que je les revois (ce qui devrait les soulager).

Je n’ai pas encore réussi à gérer l’intégralité des réactions émotionnelles de mes amis qui  comptaient sur moi parce qu’ils se sentaient fébriles, inquiets, perdus… étant moi-même un peu fébrile, inquiet et perdu jusqu’à il y a peu. Mais là, franchement, ça va, j’arrive.

Bien sûr, je continue à ronger mon frein devant une chaîne info quand j’en vois une, au loin. En attendant d’écrire le billet “mesuré” qui va avec la façon dont ces chaînes se sont comporté. Je prévois de revenir bientôt sur Twitter après des jours de consultation sporadique à des moments bien choisis, débranchant la plupart du temps, ulcéré par une réaction ou meurtri sans raison par une autre. Je m’emporte encore dans des conversations de comptoir où je ne laisse plus passer le moindre point de désaccord sur l’impact politique, sociologique et émotionnel des événements de ces derniers jours. Mais à chaque fois que j’ai un petit coup de mou, je file à la salle de sport où je me défoule pendant 2 heures.

Pour la suite, j’hésite encore entre partir me battre pour une cause utile qui me rendra fier de me lever chaque matin, me lancer sur le tard dans une carrière de mannequin sénior pour une marque de catalogue adéquate qui profitera sûrement de mon  trop plein de sport, débrancher tout 6 mois pour m’initier à l’hindouisme dans une tribu reculée.

On en est tous un peu là dans nos réflexions. Mais on va bien, que personne ne s’en fasse. Et on s’aime en plus.