Live ! : mot d’ordre du nouveau vogue.com

La nouvelle version de vogue.com est disponible en ligne dès ce mercredi 26 novembre, 2 mois après le lancement de menstyle.fr. Les signes de la démarche conquérante du groupe Condé Nast sur le web sont multiples depuis la rentrée et semblent répondre au nouvel eldorado : le LIVE !

J’avais trouvé le lancement de Menstyle un peu trop pauvre en contenu, j’ai compris ce matin que le vrai déploiement de la stratégie de Condé Net, qui regroupe les éditions digitales de Condé Nast, ne faisaient que commencer.

Si, à l’image de ses éditions papiers, la cible est résolument CSP+, l’existence en ligne des grandes marques du groupe bénéficie d’une identité propre qui mise sur l’immédiateté, les communautés et les formats vidéo dont le print ne peut pas profiter.

Pour vogue.com, l’immédiateté s’illustre dans le compte Twitter du magazine qui permet de suivre en temps réel les coulisses des grands événements tels que les défilés et la volonté de proposer des news en exclu, les communautés sont intégrées par le biais du partenariat avec la blogueuse Garance Doré et les vidéos sont mises en avant dans la home puisque désormais incontournables pour générer du trafic.

Je suis content pour Garance qui mérite cette reconnaissance : un vrai style, décliné en mot mais en image aussi, et un succès communautaire (de nombreux commentaires à chaque note) et de trafic (plus de 200.000 visiteurs uniques par mois !) dont la régie de Condé Nast pourra profiter dès janvier pour augmenter sa force de frappe.

Sinon, rien à voir, je dois révéler mon inculture totale : je ne savais pas que Wired appartenait à la sphère digitale de Condé Nast, je suis le seul évidemment ?

La Tribune anti-crise ?

En passant du rouge au bleu dans sa nouvelle formule lancée aujourd’hui, le quotidien financier semble chercher un coin de ciel dégagé dans la tempête qui plonge le monde dans des trimestres consécutifs de “croissance négative”. Une volonté d’optimisme déclinée sur le web avec le site latribune.fr.

La modernité de la maquette reflète assez fidèlement le nouveau rubriquage qui intègre une entrée Green Business, Pays émérgeants et lie Technologies et Médias. C’est d’ailleurs dans cette nouvelle rubrique que le retour en force de Second Life est annoncé, de quoi faire plaisirs aux plus grands fans.

Une couv sur les réseaux sociaux dans Stratégies en 2010 ?

Puisque j’ai eu l’occasion de le dire clairement à la rédaction à plusieurs reprises, je me permets de signaler ici que lorsque Stratégies réalise en juillet 2008 un papier sur les blogs, l’hebdo des professionnels du marketing et de la com ne fait juste pas son boulot. Parce qu’on est plusieurs à faire de la pédagogie dans les entreprises depuis plusieurs années, on sait ce qu’un papier de ce type provoque : un retour en arrière. Et il serait temps que notre presse professionnelle montre la voie plutôt que d’en suivre une qui n’apporte pas grand chose.

Pour échanger régulièrement avec mes camarades de jeu, je crois qu’il y a quelques consensus dans nos approches didactiques de l’expression sur le net en mode 2.0. Il ne me semble qu’aucun d’entre-nous ne parlons de “veille passive”, on est tous d’accord sur l’erreur qui consiste à cibler des espaces de discussion pour leur audience/trafic et surtout, réfléchir le sujet par le prisme des blogs exclusivement a peu de sens pour aujourd’hui et le futur. Les réseaux sociaux ne constituent-ils pas un point d’entrée un brin plus ambitieux ?

Je serais assez mal placé pour juger dans l’article les citations de ces mêmes camarades, me reconnaissant assez peu dans celles qui me sont attribuées. Je ne pense en particulier pas que la rémunération des blogs structure la blogosphère. Mieux, je m’en moque. Ce qui m’intéresse, ce sont les multiples espaces de discussions, la diversité des profils, l’étendue des sujets traités, les signaux faibles qui, mis bout à bout, s’agrègent en signaux forts que les marques ont encore le choix de ne pas écouter (elles ne s’en privent pas) mais qui leur apporteraient une valeur ajoutée sans comparaison dans leur démarche de communication.

Mais le dossier Stratégies a le mérite de me nous faire profiter de la citation la plus pertinente et utile pour faire évoluer des annonceurs dans leur démarche lue depuis longtemps. Elle est celle de Fred Cavazza qui collabore dorénavant au blog d’une agence concurrente, dont j’ai eu du mal à suivre la relation “je t’aime moi non plus” avec Second Life mais dont la position historique sur les médias sociaux donne toute sa force à sa posture : “J’ai décidé de sortir du classement Wikio car je ne suis pas dans une logique d’éditeur et donc de course à l’audience. Mon blog me sert uniquement pour m’exprimer sur mon quotidien professionnel. Il met en avant mon expertise. Pour moi, plus de trafic signifie plus de pollution. Etre dans ce classement m’apporte plus de désagréments que d’avantages, à commencer par le flot incessant de sollicitations émanant d’agences de RP“.

Pas mieux.

Rien à voir mais quand même : si quelqu’un a compris le mode de fonctionnement qui continue à faire progresser dans ses classements le blog que je ne mets plus à jour depuis des mois, ça m’intéresse…

Chacun son deuil

Hier, les kiosques nous ont proposé une superbe démonstration de la différence de ligne éditoriale entre un quotidien populaire et un quotidien intello.

Leparisien Liberation

Internet prend le relais

A l’appel du syndicat général du livre et de la communication CGT, une grève dans le circuit d’impression et distribution empêche la parution des quotidiens dans les kiosques aujourd’hui. C’est donc sur Internet que les éditions prévues sont disponibles, souvent en téléchargement gratuit. C’est le cas du Figaro, Libération, La Tribune et Les Echos. C’est peut être au final une belle opportunité pour les quotidiens d’éduquer leurs lecteurs au téléchargement proposé en version payante toute l’année. Auquel cas, le Syndicat du Livre serait en train de scier la branche sur laquelle il est assis en amenant les lecteurs à se détourner du papier plus cher et moins écologique pour préférer l’accès en temps réel sur Internet.

Le_figaro_pdf_gratuit Liberation_pdf_gratuit_2 La_tribune_pdf_gratuit Les_echos_pdf_gratuit_2

The French dream

Histoire de ne pas se cantonner à la France, la news du jour nous provient du quotidien anglais Telegraph qui nous révèle le terrible secret du peuple britannique : ils sont plus de 20% à rêver d’être nés en France et carrément 32% à déclarer qu’ils préfèreraient vivre ici. Les chiffres sont issus d’une très sérieuse étude menée sur le sujet. L’impact de l’image des footballers français tels que Thierry Henry est identifiée comme l’un des déclencheurs de cet amour historiquement inédit des anglais pour notre pays. Les croissant et le café jouent leur rôle et le vin n’y est pas pour rien puisqu’il est même préféré à la sacro sainte pint de beer.

Merci à Philippe, mon informateur désormais concurrent mais néanmoins ami dont on attend toujours le blog, pour l’alerte.

Les Echos au féminin

C’est devenu un rendez-vous annuel : le quotidien Les Echos a confié la rédaction aux femmes pour son édition du jour. Ce sont ainsi 90 "femmes d’influence" qui prennent les rênes. Politiques, artistes, militantes et femmes d’entreprise ont pris la plume pour couvrir l’actu mais également les rubriques ressources humaines, sciences, management, communication, culture… Une édition qui me fait découvrir le point commun que nous avons, Roselyne Bachelot et moi, avec un papier intitulé "ce que cachent les séries américaines…" qui analyse plutôt bien "l’engouement pour les séries américaines qui traduit la montée en puissance des valeurs d’individualisme et de remise en cause des élites".

Le franchissement de la ligne jaune

Si je manque de temps depuis quelques jours pour lire régulièrement mes blogs préférés, je refais par contre en ce moment un tour exhaustif de la presse française pour y identifier les grandes tendances. Parmi les enseignements, on peut relever, sous l’influence de la presse people, une nouvelle liberté de ton sur des sujets touchant à la vie privée auxquels la presse ne touchait pas il n’y a pas si longtemps. Le contenu des tabloïds anglo-saxons débarque en France et ce n’est pas une bonne nouvelle. 

On se souvient de l’émoi soulevé par la révélation de la “fille cachée” de François Mitterand par Paris Match en novembre 1994 ou de l’outing de personnalités dans la même décénnie. On parlait alors de “franchissement de la ligne jaune”. Depuis, la presse s’est largement répandue sur la vie privée des politiques (avec le rendez-vous estival de nos dirigeants avec ou même sans maillot de bain).

Couverture Bon WeekMais cette semaine, c’est l’homosexualité supposée des stars qui semble occuper les esprits. Si la couverture de Bon Week peut laisser planer le doute sur la nature du rapprochement entre Muriel Robin et Anne devenues “inséparables”, l’article va droit au but : “L’humoriste fini de broyer du noir et voit désormais la vie en rose. Les raisons ? Une nouvelle silhouette et, surtout, une nouvelle copine !”.

L’hebdo Public se “contente” de suppositions largement appuyées pour balancer la prétendue homosexualité de 3 acteurs de séries télé qui cartonnent : Wentworth Miller (Prison Break), Edu Del Prado (Un, Dos, Tres) et Justin Kirk (Weeds) avec un encart intitulé “ils sont peut-être gay”.

La télé n’échappe pas à la règle puisque lorsque Charles Berling se rend sur les plateaux pour la promotion du dernier film de Zabou Breitman L’homme de sa vie dans lequel il tient le rôle d’un gay, l’acteur est interrogé sans détour sur sa bisexualité.

Qu’il s’agisse d’un outing ou non, ces dérapages à répétition soulèvent de nombreuses questions. On pourrait presque penser que voir traiter l’homosexualité des célébrités de façon aussi naturelle que la dernière crise d’acnée de Cameron Diaz est une bonne nouvelle. Certain(e)s y participent même probablement de bonne foi. La meilleure nouvelle serait quand même que la vie privée le reste, non ?