Calendrier des événements 2007

En plus des événements liés à l’actualité politique, listés par Wikipédia, l’année 2007 sera marquée par un ensemble d’événements calendaires, culturels et sportifs, au sein desquels les médias puiseront leurs idées de sujet tout au long de l’année. Utile quand on fait des RP. En voici ma sélection subjective, mois par mois pour le premier semestre et en bref pour le deuxième.

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Les RP par le menu

J’ai depuis longtemps abandonné l’idée d’expliquer à mes proches en quoi consistait mon métier. Les rares fois où j’ai pris quelques minutes pour le faire de façon aussi précise que possible, en essayant de trouver les mots justes, la réponse a invariablement été : “ah, ok, tu fais de la pub en fait”. De toute façon, quand on a compris qu’il est question d’influence en s’appuyant sur des leaders d’opinion et notamment les journalistes, tout le boulot reste à faire.

Alors voilà : mon vrai métier, c’est beaucoup de savoir dans les grandes lignes ce dont tout le monde va parler dans 6 mois, avec plus de précision dans 5 mois, avec encore plus de détail dans 4 mois et ainsi de suite. Pourquoi ? Parce que, sauf si on s’appelle Madonna ou Ora-ïto – qui ne suivent pas la tendance mais la crééent, mieux vaut s’inscrire dans l’air du temps pour avoir une chance de se faire entendre. Encore mieux : l’idéal est de proposer des multiples prismes pour s’intéresser à la même thématique, histoire de varier les plaisirs. Et parce que, sauf si vous déclenchez un scandale international, il y a peu de place pour vous, annonceurs, dans les pages rédactionnelles des médias à l’occasion de grands événements “attendus” type élection présidentielle ou non (on se souvient de la place prise par la mort du pape Jean-Paul II).

Entre la proposition d’une action, son acceptation par la marque et sa mise en oeuvre, il s’écoule plusieurs semaines fatidiques au cours desquelles les mensuels qui seront en kiosque dans 4 mois sont déjà en train de boucler leurs pages. Du coup, pour répondre à la question qui fait fureur sur Google, Comment choisir une bonne agence de RP, la réponse pourrait se trouver dans sa capacité à rebondir sur des sujets qui feront l’actualité 6 mois plus tard. Et je ne parle pas de ce qu’on appelle les marronniers (Saint Valentin, cueillette du muguet, Fête des Mères, départ en vacances, rentrée scolaire, Noël…), enfin pas que.

Cette année, les médias eux-mêmes ont décidé de nous aider dans notre travail de RP, à grand renfort de pages ou émissions consacrées aux événements de 2007. Au-delà de l’incontournable Coupe du Monde de Rugby et de la vague écologique qui va se renforcer encore, ces thèmes vont chercher leur source dans les dates anniversaires, les événements de loisirs (ciné, spectacle, mode) et de sport ainsi que les tendances plus profondes détectées par les bureaux de style parfois plus de 5 ans en avance.

Je mets un peu d’ordre dans tout ça et, avec notamment l’amical support de L’Expansion Tendances et l’émission C’est arrivé en 2007 de Canal +, je vous fais profiter de mon outil de travail en exclu cette semaine. Veinards…

Blogueur professionnel ?

Depuis quelques semaines, je parle beaucoup plus des blogs que je n’en lis ou que je n’écris sur le mien. En présentant des états des lieux à mes clients, en animant des conférences ou intervenant dans des tables rondes. Tiens demain encore je serai là (je sais ils ont toujours pas compris que j’avais changé d’agence depuis 2 mois…).

Régulièrement, on me pose la même question : est-il important d’avoir un blog pour en parler ou pour proposer des projets RP Web 2.0 ? J’avoue m’être réellement posé la question récemment, à un moment où le manque de temps m’interdit de déployer autant d’énergie que je le souhaiterais pour assurer une qualité constante de mes notes. La question s’est encore renforcée alors qu’une journaliste qui, après m’avoir contacté via mon blog il y a 2 semaines, m’interrogeait en tant que “patron d’agence qui blogue”. Après plus d’une heure d’échange, elle m’a tranquillement demandé pourquoi j’avais choisi de ne traiter que de sujets légers ou people au détriment de sujets de fond avec analyse à l’appui pour réflechir sur mon métier. Certes, elle a avoué n’avoir lu que les dernières notes mais quand même, ça m’a à peu près fait l’effet d’une droite dans la machoire.

J’y ai donc pour la première fois en 2 ans vraiment réflechit. Il est évident que les conclusions ne valent que pour moi. Mais il m’apparait évident aussi que c’est le fait d’avoir un blog qui me permet d’en parler avec un minimum d’acuité.

Parce que j’en ai compris la mécanique, au-delà de ce qu’on lit dans tous les journaux. J’ai vite mesuré le bascule rapide dans la vie réelle d’une vie communautaire beaucoup moins virtuelle que prévu, bascule dont on parle assez peu finalement. Parce que, même si ce n’était absolument pas le but initial, j’ai le sentiment d’y avoir construit ma propre communauté, au sein de laquelle je peux échanger. Encore plus inattendu, j’y ai trouvé quelques amis qui comptent pour moi.

Je n’avais pas anticipé non plus que je deviendrais l’un de ces blogueurs ciblés par les marques. C’est en tout cas devenu un moyen simple et naturel pour moi de suivre les actions menées par d’autres et de juger, en tant que blogueur, de leurs pertinence.

Je ne pensais pas avoir autant l’opportunité de participer à de nombreux projets spontannés avec quelques-uns de mes lecteurs. Et je n’avais pas vu à quel point le temps consacré au blog se concentrait moins dans la rédaction de notes que dans la récolte d’information et les rencontre aux cours d’événements aussi divers que variés. De quoi occuper week-end et soirées si je me laissais aller.

Je continue mon blog pour plein d’autres raisons : il me permet de fixer mes idées, donnant un vrai sens à sa fonction bloc-note, il me permet d’intervenir facilement et avec plus d’impact sur d’autres espaces communautaires puisque je ne suis plus anonyme, il participe justement à mon identité en ligne qui est à mon avis l’un des grands enjeux des prochains mois, il m’oblige à rester informé des nouveaux services 2.0 disponibles pour faire vivre mon espace personnel…

L’exercice trouvera peut-être à terme ses limites, déontologiquement, mais je n’ai encore pas eu à faire face à des cas de conscience. En attendant, je continue, avec en termes de qualité des hauts et des bas, des semaines avec et d’autres sans. Mais je sais que ce blog est devenu important pour moi, aussi bien professionnellement que personnellement. Et qu’il va m’aider demain à répondre aux très nombreuses questions que l’audience va immanquablement poser.

MAJ : Pas directement lié mais j’attends avec impatience de voir ce que va donner le blog Stratégies à l’occasion de la semaine de la pub. Ca commence bizarrement non ?

Petites confidences entre amis

La semaine qui vient de s’écouler était très orientée cocktails et social network : Planet Hollywood lundi soir, Paris blogue-t-il ? mardi soir, Projection court–métrages mercredi soir, Karaoké jeudi soir (si si… mais il y a une bonne explication et les vidéos sont classées secret défense), Dîner en terrase vendredi soir tard, Tournée de boîtes samedi soir, Coma dimanche (?). J’ai du coup, pendant cette semaine, beaucoup plus vu de blogueurs que je n’en ai lu, beaucoup plus parlé de mon blog que je n’y ai écrit. Et la semaine qui arrive ne devrait rien arranger, avec notamment des événements jeudi et vendredi soir qui devraient être assez énorme, j’essaierai de mettre quelques vidéos ici.  

C’est donc une fois de plus en vrac que j’évite une frustration trop violente en survolant les quelques sujets qui ont attiré mon attention ou dont je voulais parler… Et un petit message de fin spécial blogueurs.

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Deux tendances pour le prix d’un message

J’avais il y a un mois détourné le concept Web 2.0 (de plus en plus à la mode, voir le papier de Libé aujourd’hui*) en RP 2.0. Jérémy avait à cette occasion dans les commentaires plutôt bien mis en mot une théorie que j’avais approximativement schématisé :  “…Dans le nouveau shéma de communication, tout le monde est au même niveau : individus, médias et marques sont alignées au même niveau. Les individus se sont en effet issés au niveau d’émetteurs. Les marques et autres communicants doivent se repositionner comme des "vecteurs d’affinité"…pour interagir avec ces individus…car les individus recherchent du lien (vecteurs) et du divertissement, de l’information…en fonction de leur singularité (affinité)…”.

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Du blog dans les RP

Encore une semaine pas comme les autres, que j’aimerais résumer en quelques mots mais j’y arrive pas. Ce sera donc plus que quelques mots, surtout jeudi, et tout ça sans image…

Lundi et mardi

J’ai enchaîné les présentations sur l’évolution des nouveaux médias pour de (très) grosses boîtes (4 en tout) qui sont toujours autant perdues face aux blogs, podcasting et autres Wikis. C’est un exercice que j’aime bien peut-être parce que je ne vends rien et que le public est assez naturellement captif (parce que je ne lui vends rien?), ce qui est de toute façon assez gratifiant. Il est rare de capter à ce point l’attention sur un sujet touchant aux RP. Et je peux sans problème partager largement une présentation qui me prend pas mal de temps à tenir à jour, justement parce qu’elle se périme à peu près tous les jours : nouveaux chiffres, nouveaux cas, nouveaux “nouveaux médias”, nouveaux blogs et blogueurs qui comptent… 

L’organisation de ces présentations fait en général suite à 2 types de demandes : un nouveau client hésite à “ouvrir un blog parce qu’une de ses agences vient de lui proposer de se lancer” ou une entreprise arrive (par hasard ?) sur mon poste pour savoir si on “sait lancer des blogs de marque ou d’entreprise”. Evidemment ce n’est pas notre business et ne le sera jamais. Mais j’ai jusqu’à présent traité chaque demande par la pédagogie qui de toute évidence manquait en amont d’une proposition commerciale : 1. connaître l’environnement avant de s’y plonger 2. se poser les bonnes questions. Franchement, j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi les agences (web agencies, com globale, marketing…) sont aussi peu nombreuses à éduquer avant de vendre. Sur le terrain des blogs, c’est pour le moins casse-gueule. Il faut que je travaille vraiment maintenant à répondre à la demande qui suit : qui vous nous conseillez pour nous accompagner dans la conception des outils et l’administration ? Réponse compliquée pour plein de raisons, il y a mon groupe, il y a ceux que je connais et que j’aime bien mais il y a aussi ceux que je ne connais pas, une chose est sûre, on me demande de me mouiller sur des partenaires fiables et il va falloir que je trouve un moyen de gérer ça.  

L’une des raisons d’être de ce blog était à l’orgine de m’assurer le minimum de crédibilité, pouvoir répondre “oui” à la question inévitable “et toi, tu as un blog ?” : étonnamment, lorsque la question tombe, je n’y réponds plus vraiment, je n’en ressens plus le besoin et je ne tiens pas à inviter sur ce blog plus perso que professionnel dans ce contexte.

Mercredi

Je décide de faire un tour sur les stats de mon blog, ce qui m’arrive très rarement, je n’y ai jamais été vraiment accro. C’est sans doute une erreur puisque c’est grâce à ça que je m’aperçois d’un fort pic de visite sur mon blog : un message qui parlait de Thierry Amiel est cité sur des forums de fans ici et ici. Je m’y fais d’ailleurs copieusement allumer parce que j’ai été moyen sympa avec Jonathan Cerrada (voilà j’ai des scrupules maintenant, c’est malin). A tout ceux qui doutent de la vivacité des forums (au moment où on ne parle plus que des blogs), attendez de vous faire “forumiser”, je n’ai jamais eu autant de visites…

Parmi plein d’autres choses, je reçois un appel d’un blogueur que j’aime bien pour déjeuner pendant son séjour à Paris la semaine prochaine. C’est con mais je trouve ça vraiment touchant.

Veronica Mars est comme prévu enregistré quand je rentre, en VF, c’est nul.

Jeudi

Entre 2 présentations gratos sur les nouveaux médias et mon blog à gérer, j’ai accessoirement 2 ou 3 responsabilités dans une agence de RP (celle que je me suis interdit de citer sur ce blog pour pas tout mélanger). Aujourd’hui est un moment important dans la vie de l’agence avec la quatrième édition de ses journées portes ouvertes qui chaque année prend de plus d’importance. Les équipes sont spontanément mobilisées tôt le matin et tard le soir (pour certains depuis plusieurs jours) pour que tout fonctionne, leur engagement est bien illustré par Thibault. Clients (18 marques représentées) et journalistes (une centaine quand même) sont fidèles au rendez-vous. Une conférence-débat est organisée sur l’abondance de l’information avec un beau plateau et un public très actif, faisant prendre tout son sens au mot débat.

Pour autant, cette édition-là est vraiment différente des autres éditions pour moi. J’ai eu envie il y a 2 semaines de convier des blogueurs que je lis depuis des mois mais que, pour la plupart, je ne connais pas encore. Simplement guidé par le plaisir égoiste et irréflechi de saisir une opportunité de rencontrer des gens que j’aime bien sans les connaître (dont la grande majorité n’est d’ailleurs jamais passée par ce blog), simplement leur dire que j’aime ce qu’ils font. Un peu comme un fan. Je me suis fixé une seule vraie contrainte : ne pas inviter les concurrents directs sur le marché des RP (pourtant il y en a beaucoup que je lis et que j’aime), moins vis à vis de nos clients ou de mes boss que des journalistes qui auraient peut-être pas bien compris. Je pense notamment à Christophe, Damdam, Ekzit, Bernard, Guillaume, Thomas et trois autres qui m’en voudraient de révéler ici qu’ils travaillent pour une agence de RP. Je n’ai pas intégré non plus ceux qui ne sont pas à Paris qui auraient sans doute trouvé ça frustrant.

La date approchant, les réponses positives de blogueurs “influents” se multipliant, j’ai fini par me convaincre mercredi soir que je venais de décrocher le prix de la moins bonne idée de l’année. Forcément, parmi ceux que je lis, il y a ceux que tout le monde lit donc les “influents” et leur détracteurs, forcément, un blogueur qui parle de son quotidien y fera potentiellement référence sur son blog, forcément je vais vexer certains que je n’invite pas (ou qui ne recevront jamais mon mail d’invitation parce que j’ai parfois un peu galéré quand même à retrouver les mails “actifs” de certains), forcément, le sujet généraliste de la conférence-débat risque de leur paraître bien fade, forcément, ça peut ressembler à une opération marketing uniquement destinée à faire parler de l’agence, forcément, quelques journalistes peuvent ne pas appécier la démarche qui finalement renforce encore plus l’éternel débat blogueurs vs journalistes (qui avaient jusque là l’exclusivité de produits présentés en avant-première), forcément, le lien direct entre mon blog et l’agence va devenir extrêmement visible. Forcément, la blogosphère expose avec un ton nouveau et de façon peu maîtrisable, tu parles d’une révélation, c’est ce que je raconte à mes clients toute la journée.

Au final, je ne regrette pas. Même si j’ai manqué de temps pour vraiment échanger avec chacun, même si ceux qui en parlent le font, comme anticipé un peu tard, avec leur ton décalé, même si les légitimes suspiscions de démarche marketing sont là. Ce sont les blogueurs qui ont principalement transformé la conférence en débat, ce sont eux qui se sont montrés les moins blasés, les plus curieux des nouveautés présentées, ce sont encore eux qui ont séduit la quasi-totalité de l’agence par leur pertinence et leur sourire. Pas sûr que dans mon groupe, tout le monde appréciera de la même façon. Pas grave, suite à son message, j’ai écrit à Fred que je me sentais finalement plus blogueur que “corporate” sur ce coup là.

C’est sans doute pour fêter ça que je me suis retrouvé à minuit dans les locaux à pratiquer une danse irlandaise très approximative. Le raccourci est un peu rapide mais on sera quelques-uns à comprendre. Pour rassurer tout le monde, les photos et vidéos de ce prolongement d’événement valent tellement cher qu’elles resteront introuvables sur ce blog à jamais.

Vendredi

Nuit courte et journée de Media Training la plus embrumée de tous les temps. Heureusement, l’équipe était là pour remonter mon niveau.

Samedi

Malgré toutes les recommandations pendant le Journée Porte Ouverte par mon client spécialisé dans l’audition, je vais passer une soirée en boîte avec beaucoup trop de décibels, entre autre… Après, j’arrête.

Mon conseil du jour pour décrocher un job dans les RP

Si vous recherchez un emploi dans les Relations Presse et que lors d’un entretien, on vous demande ce que vous appréciez le moins dans les RP, évitez de répondre “faire des relances”. Même en minimisant, à la lueur du regard abasourdi de votre interlocuteur, par un “enfin, j’en fais quand même parce qu’il faut bien…”. Si votre objectif est vraiment de décrocher un job, évitez. C’est le genre de remarque qui peut me faire stopper un entretien au bout de 5 minutes. Vraiment. Ou alors, éventuellement, développez en précisant que “vous détestez faire des relances au kilomètre” mais que vous adorez “construire un relationnel avec les journalistes en les contactant avec systématiquement 2 ou 3 idées de sujets ou d’angles construits méthodiquement en fonction de l’info, de grandes tendances identifiées et des centres d’intérêt du journaliste parce que vous lisez scrupuleusement tous ses derniers papiers avant de l’appeler”. C’est un peu long mais ça peut séduire.

J’ai un scoop pour la totalité des candidats -tout droit sortis de l’école- que j’ai rencontré récemment pour des postes junior : faire des relations presse, ça consiste en premier lieu à appeler des journalistes ! Inutile de penser à “faire de la stratégie”, “construire des dispositifs stratégiques” ou ”concevoir la stratégie de la stratégie” si vous ne connaissez pas vos cibles, leur contraintes, leurs centres d’intérêt du moment.

Alors oubliez le traumatisme de stages où on vous a demandé de contacter une liste de 500 journalistes “pour vérifier qu’ils ont bien reçu le communiqué de presse” et apprenez à aimer les “relances” (on a toujours pas trouvé de mot plus adapté).

Rendez-vous pour le prochain conseil du jour qui s’intéressera aux raisons pour lesquelles lire la presse, écouter la radio, regarder la télévision (et pas que la Star Ac), surfer sur Internet c’est utile pour faire des Relations Presse…

RP 2.0 ?

A force d’entendre parler du Web 2.0, j’ai eu ce matin une idée stupide : essayer de comprendre ce à quoi cette nouvelle terminologie correspond exactement… Je suis donc parti à la recherche d’informations : de l’article fondateur de Tim O’Reilly  (traduit ici, merci JB) à ceux du SOA Web Services Journal et en particulier de Dion Hinchcliffe. J’ai compilé les multiples façons dont le Web 2.0 a été schématisé. J’ai vraiment passé une journée merveilleuse (…).

Ma première réaction serait de penser que le web est un territoire où des petits malins assez doués markètent une évolution (du statique au dynamique) en révolution et réussissent, malgré le flou artistique qui règne autour d’un concept assez peu cadré à en faire parler à peu près partout.

Si révolution il y a, elle est sans doute au moins autant liée à l’évolution du web qu’à la transformation profonde des citoyens et consomateurs qui ont pris les choses en main pour s’exprimer, faire entendre leur voix dans la société et auprès des marques qu’ils “utilisent”. Passer du statut de spectateur à acteur, de (sur)consommateur (Generation Y) à créateur de contenu (Generation C), décidés à échanger en communauté plutôt que de recevoir l’information d’une source quasi unique. Et si le Web 2.0 n’était qu’un élément facilitateur de cette mutation ?

Comme on ne se refait pas, c’est encore une fois l’impact sur le traitement de l’information que je retiens de cette mutation. Sébastien Bailly dans un post récent résume bien le nouveau contexte dans lequel nous sommes “tous des leaders d’opinion” en puissance. Avec, selon nos centres d’intérêt, la capacité à capter, analyser faire évoluer puis diffuser à notre propre communauté une information. Un émetteur est donc condamné à passer par le prisme de multiples caisses de raisonnance pour faire entendre sa voix et, dans la plupart des cas, il ne le sait pas encore.

En terme de RP, les médias traditionnels continuent de constituer une caisse de raisonnance plus puissante que d’autres relais d’opinion. Mais l’équilibre change, d’autres groupes augmentent leur part de voie, les communautés au sens large deviennent incontournables, les flux d’information semblent durablement bouleversés. Faute d’avoir trouvé le schéma qui synthétiserait ce qui fonderait un modèle RP 2.0, c’est donc armé d’un powerpoint et d’un talent très discutable pour le graphisme que je m’y suis collé.

Des RP 1.0…

RP 1.0

… aux RP 2.0

RP 2.0

  MAJ (9 mars 06) : voir les 7 principes marketing 2.0 selon Google vu par Jean-François Ruiz

 

Dircom mieux payés que les Directeurs Marketing ?

A mon avis, cette étude sort juste pour contredire ce que je racontais ici : CB News relaie l’enquête menée par Maesina International Search en association avec Hewitt. Les conclusions ? Une embellie pour les fonctions marketing en interne (avec une hausse d’environ 5% sur tous les postes en 1 an), un salaire de plus en plus indexé sur un variable (sauf pour les dircoms "faute de pouvoir mesurer aussi précisémment la performance" – au secours !). Mais surtout le Directeur de la Communication mieux rémunéré que le Directeur Marketing.

Les salaires médians en K€ bruts annuels sont les suivants :

  • Directeur Marketing : 110 (+ 5,2% vs 2004)
  • Directeur de la Communication : 113 (+ 6,9% vs 2004)
  • Responsable des Relations Publiques : 76 (+ 4,8%)

L’histoire (en tout cas CB News) ne dit pas si cette position n’est pas au prix d’une fonction de moins en moins internalisée voire cumulée Directeur Marketing / Dircom. Evidemment, l’étude ne prend pas en compte les salaires en agence.

RP et paradoxes

Le marché des RP est étonnant et recouvre un certain nombre de paradoxes, en particulier en France. Je ne connais pas d’acteurs du marché pour lequels ces paradoxes n’impactent pas leur vie professionnelle et personnelle. S’il fallait les résumer en quelques points (et ne pas produire une note indigeste de 60 pages), je dirais pour décrire les RP qu’elles constituent une discipline :

Incontournable et contournée

Que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons, les RP sont devenues un passage obligé pour les entreprises et les marques. Les mauvaises raisons peuvent être de plusieurs ordres, la pire étant probablement : "pour cause de limitation budgétaire qui ne permet pas d’investir dans une campagne de pub, on fait des RP". Il n’en reste pas moins qu’elles restent le plus souvent mal considérées au sein des organisations, entre la dernière roue du carosse et l’activité fun qu’on prend en charge pour se faire plaisir. Bien sûr les choses changent, doucement.

Sur-évaluée et sous-évaluée

Selon les cas, on attend des RP qu’elles veillent à la réputation de la marque, de l’entreprise, qu’elles fassent vendre, qu’elles résolvent des situations de crise, qu’elles définissent la stratégie visible de l’entreprise, qu’elles constituent un effet levier pour faire passer des lois ou qu’elles investissent tous les champs de la communication interne. Or, si elles y participent, elles ne font certainement pas tout. Dans le même temps, il est communément acquis que les RP ne coûtent pas cher comparées à d’autres disciplines. Certains pays sont en la matière plus mal lotis que d’autres, la France se situe au niveau de la moyenne basse européenne. L’impact se fait sur les budgets en interne, dédiés aux agences et évidemment les salaires. Je trouverais assez normal de rémunérer des professionnels des RP de haut niveaux au moins autant que des experts marketing, ce n’est malheureusement pas le cas.

Marquée par la professionalisation et l’improvisation

Les techniques liées aux RP existent mais l’activité repose globalement sur quelques aptitudes (être vendeur, bon rédacteur, aimer communiquer…) et beaucoup de bon sens. La dérive qui va avec se révèle dans la typologie des professionnels des RP dont le niveau s’étend du professionnalisme le plus pointu (années d’expérience terrain et stratégiques à l’appui) à l’amateurisme le plus total (enfermé dans le placard doré de l’entreprise). Mais sur ce point, par le biais de la multiplication des écoles, des programmes de formation continue, de la montée en puissance des agences, les choses changent, vite.

Mal comprise et perçue comme une évidence

Combien d’entre-nous ont définitivement abandonné l’idée de faire comprendre à leur famille ce en quoi consistait leur métier ? Mes parents continueront longtemps à penser que je fais de la pub, c’est bien comme ça. Dans la vie de l’entreprise, c’est plus compliqué : la situation la plus banale est de devoir expliquer à un patron ou un client un métier qu’il croit connaître (forcément, il lit l’Express et son cousin est le beau-frère d’un journaliste) mais comprend mal (forcément…).

Multiple et unique

Qu’on parle de Relations Publiques ou Relations Presse, de stratégies d’influence ou de bureau de presse, de lobbying auprès de cibles sensibles ou de carnet d’adresse de journalistes ou VIP, d’initiateur de tendances ou d’intégrateur dans les sujets hype du moment, d’événement ou de conférences de presse, on parle de RP. On admettra qu’il s’agit de métiers complémentaires mais différents, somme toute d’un métier mal défini et à géométrie variable. A tel point que chacun défend sa définition des RP, participant ainsi au flou ambiant.

Une sous-représentation dans les médias en France

Influencia_1

Là où des supports tels que Holmes Report et des rubriques consacrées au sujet dans le FT ou le WSJ démontrent à quel point le marché est considéré dans les pays anglo-saxons, les médias français traitent peu le sujet. La PQN ignore (confondant pub et RP), CB News et Stratégies font du service minimum (un supplément annuel toujours très controversé et des newletters qui jouent les passe-plats). Seules exceptions, notables, le magazine Influencia et la newsletter associée qui constituent le seul rendez-vous régulier intelligent sur le métier, avec en prime une clarté, un niveau d’analyse et un décryptage des tendances uniques sur le marché. Si on regarde du côté des prix (dont j’ai déjà parlé ici), des associations (évoquées ) et des événements (dont je parlerai forcément à jour), le constat est encore plus accablant.

Pour être clair, ces paradoxes font aussi le sel de ce métier qui recouvre en plus des aptitudes déjà citées une bonne dose de sens de la pédagogie. On fait pas tous les jours un métier facile mais tellement passionnant qu’on y passerait ses week-ends. D’ailleurs, là, j’y retourne, c’était juste ma pause déjeuner…