“The handmaid’s tale” a encore frappé

J’avais foi dans la capacité de ma série coup de coeur de 2017 à tenir le niveau en saison 2. A l’heure du bilan, quelques jours après la diffusion du dernier épisode de la nouvelle saison de “The handmaid’s tale”,  le choc reste intact. Le final confirme la qualité d’une écriture qui a su s’affranchir de Margaret Atwood, auteur du roman dystopique dont était adapté la saison 1, pour en tirer le fil encore plus loin.

Comme d’habitude, j’essaie de limiter au maximum les spoilers tout en parcourant quelques-unes des raisons de mon enthousiasme.

En resserrant autour de quelques protagonistes de Gilead, cette saison ne fait pas plus de compromis qu’avant pour créer du confort au spectateur mais réussit à dresser des portraits parfois en quelques coups de crayon (Nick, Janine, Eden, Tante Lydia…), parfois à coup de flashbacks qui éclairent différemment le présent. Les histoires avant-Gilead d’Emily et Moira sont ainsi révélées, chacune bouleversante dans son dénouement. Mais le personnage le plus intéressant de la saison est pourtant ailleurs et inattendu : Serena révèle de multiples facettes, supportée par l’interprétation parfaite d’Yvonne Strahovski. Ses face à face avec l’héroïne June font l’objet de scènes d’anthologie dans lesquelles Elisabeth Moss continue à bluffer.

La saison 3 devrait sans doute donner enfin plus de densité aux maris (Luke Bankole et Fred Waterford) et je parie sur le potentiel de Rita et surtout du mystérieux Commandant Lawrence qui interpelle en quelques scènes majeures dans les 3 épisodes finaux.

Je lis ici ou là des articles qui commencent à craindre que la série ne joue plus avec le malheur des femmes qu’elle ne les condamne, point de vue très bien résumé dans cet article des Inrocks qui spoile à mort au passage (donc ne cliquer ici que si vous avez vu les 2 saisons). J’y vois surtout l’envie du public d’un peu de répit, un peu de douceur, une lueur durable. Je rêve donc que la série n’atteigne jamais son “jump the shark” et continue à creuser son sillon dur, inconfortable, désagréable mais tellement utile.

“The handmaid’s tale” est disponible en France sur le replay de OCS Max.

Ma consommation série reprend, je reviens vite avec un point de vue sur deux autres coups de coeur : “Gods of America” et “Pose”.

“The Assassination of Gianni Versace” : une escroquerie… pour le meilleur

En débutant le premier épisode avec l’assassinat de Gianni Versace et ses conséquences immédiates, la seconde saison de l’anthologique “American Crime Story” inquiète : la série réussira-t-elle vraiment à nous passionner plusieurs heures autour de la recherche du meurtrier et de l’enquête policière qui va avec ?

Par chance, l’énorme promotion qui a entouré la préparation puis la diffusion des 9 épisodes a tout mis en place pour nous induire en erreur. “The Assassination of Giannu Versace” vaut beaucoup mieux, mais vraiment beaucoup mieux, que ce qu’on a pu en imaginer. Ca a été mon deuxième coup de coeur de ce début d’année, malgré la diffusion chaotique par Canal +.

Couverture d’Entertainment

Contrairement à son titre, la série s’intéresse beaucoup moins à Versace qu’à son tueur.  Dans un format antéchronologique qui injecte le supplément d’épaisseur nécessaire à la qualité de la série.  Ainsi, du 15 juillet 1997 à l’année 1957, les 8 premiers épisodes remontent le temps, complétant le puzzle d’une personnalité complexe avec les principales pièces manquantes, avant de revenir en dernière heure du show aux événements qui ont suivi le meurtre. En toile de fond sociale, cette remontée dans un temps pas si éloigné rappelle les nombreux dommages collatéraux d’une homosexualité honteuse, dont même Versace a du se cacher longtemps pour protéger ses affaires.

Si la promotion a beaucoup reposé sur la performance d’un trio d’acteurs très attendu (Penelope Cruz, Edgar Ramirez et Ricky Martin) surtout visibles dans les premier et dernier épisodes, la série s’appuie sur des guests très marquants (mention spéciale à Judith Light) et repose surtout sur les épaules de Darren Criss, véritable révélation dans la peau du serial killer Andrew Cunanan.

Après quelques apparitions, Darren Criss avait explosé en 2010 à 23 ans en rejoignant le casting de la série du moment, “Glee”, dans le rôle d’un étudiant ouvertement gay. Il s’est au même moment lancé dans une carrière musicale qui continue d’ailleurs à bien fonctionner aux Etats-Unis. Mais c’est en 2015 que j’ai découvert le potentiel de Darren Criss. Dans la comédie musicale “Hedwig and the angry inch”, vue à Broadway, je voulais profiter de Michael C Hall dans le rôle titre. Darren Criss venait de prendre le relais et il était tout simplement exceptionnel dans le rôle d’une chanteuse de rock transexuelle. Visage d’ange qui sait se fissurer, capacité à jouer avec son corps, Darren Criss est le casting idéal pour incarner Cunanan. “The assassination of Versace” lui doit beaucoup. Si tout va bien, le cinéma ne devrait pas ignorer Darren Criss encore très longtemps.

Une dernière note pour Canal + qui a diffusé la série un peu n’importe comment, avec un premier épisode quelques longues semaines avant la suite et un dernier épisode indisponible en replay au point que nombreux sont ceux qui pensent que la série ne compte que 8 épisodes. Je milite pour payer des chaînes plutôt que télécharger, encorefaudrait-il que les chaînes ne fassent pas n’importe quoi…

 

Ici et maintenant

Depuis quelques mois, je vis dans un monde parallèle assez déstabilisant. Mon goût pour la culture populaire est tout chamboulé, sans qu’aucune cause ne puisse se dégager avec évidence. Ce que tout le monde aime ne m’emballe pas, ce qui semble décevoir tout autour de moi m’emporte littéralement. Soit je détiens le goût populaire ultime, celui qui n’appartient qu’à moi, soit j’ai définitivement perdu le mojo. Je ne suis pas sûr d’attendre la réponse avec impatience… Et plutôt que de m’arrêter longuement sur mes déceptions, j’ai choisi de défendre mon coup de coeur.

Redouter avec impatience le retour d’Alan Ball

Difficile de ne pas s’inquiéter de la possibilité d’une énorme désillusion quand le créateur vénéré de sa série préférée promet (enfin) un retour aux sources. Alan Ball est celui qui a pensé, écrit, parfois réalisé et toujours inspiré, jusqu’à devenir l’âme de la série, “Six Feet Under” produite entre 2001 et 2005 et diffusée par HBO. Très injustement réduite avec le temps au programme ayant le mieux réussi sa sortie alors qu’il était culte dès sa première saison et multi récompensé. J‘en ai suivi sa diffusion scrupuleusement dans une époque où l’accès aux séries américaines ressemblait pourtant à un parcours du combattant.

A Los Angeles, très loin des paillettes d’Hollywood, la vie d’une famille à la tête d’une entreprise de pompe funèbre se craquèle à la disparition du père. Avec une mécanique récurrente, d’ailleurs copiée de nombreuse fois depuis : un décès en début d’épisode puis sa gestion par la famille Fisher. Un prétexte pour scanner les peurs et failles des américains de l’époque, au travers de scénarios ciselés, teintés d’humour noir. L’entrée par la loupe grossissante que constitue la confrontation au décès permet de traiter frontalement des sujets alors largement enfouis dans l’Amérique de George W. Bush : famille, adultère, drogue, solitude, folie, homosexualité, adolescence…

A la sublime fin de la série, difficile pour HBO de laisser s’échapper son créateur. En s’engouffrant dans le mythe alors très à la mode des vampires pour le transformer en allégorie du sida, sujet encore brulant dans l’Amérique en pleine transformation de l’ère Obama, le deuxième bébé d’Alan Ball m’aura pourtant perdu en cours de route. “True Blood” était ambitieux, cérébral, animal et exigeant avant de devenir après une vingtaine d’épisode une caricature de son sujet qui aura pourtant tenu sous perfusion 7 saisons jusqu’en 2014.

Here and now, l’incompris ?

La famille selon Alan Ball version 2018

Dix sept ans se sont écoulés depuis le lancement de “Six feet under”. Dans l’Amérique de Trump, Alan Ball décide de radiographier une famille multiraciale progressiste pour traiter de sujets de société qu’on peut désormais adresser frontalement, sans faux-semblants. S’il y est toujours question de famille, adultère, couple, drogue ou homosexualité, c’est dans une normalité désormais augmentée au prisme des religions omniprésentes, de sexualité devenues plus ou moins fluides, de précarité parfois cachée, d’éducation vacillante, de racisme larvé ou de dictature de l’image égocentrée. La réalité des Bayer-Boatwright est marquée par le choix des parents intellectuels d’adopter 4 enfants issus de toutes les régions du monde, aujourd’hui devenus grands. Sur le papier, on peut craindre une politique de quotas de couleurs de peau presque ridicule. Le pilote ne rassurait d’ailleurs pas complètement sur ce point.

J’ai choisi, comme toujours quand j’attends une nouvelle série avec impatience, de ne pas plonger tout de suite, de patienter jusqu’à ce que quelques épisodes permettent de fonder un point de vue éclairé. Assez pour décoder la mécanique devenue beaucoup moins linéaire, comprendre la façon dont la psychologie des personnages sera déployée, pénétrer un univers forcément déstabilisant. Et ce n’est qu’après avoir dévoré, plus exactement binge watché en mode obsessionnel absorbé, les 6 premiers épisodes que j’ai découvert les critiques assassines. Des attaques assez bien condensées dans le papier de Pierre Serisier sur son blog hébergé par Le Monde. Morceaux choisis : “Alan Ball propose une histoire qui refoule son public“, “on s’en fiche un peu de ce couple, Greg (Tim Robbins) et Audrey (Holly Hunter) … / … leur démarche tourne à vide comme une roue dépourvue d’engrenage“, “Ball a réuni tellement de clichés en un épisode, il semble aimer si peu ses personnages qu’on suffoque dans cet aquarium familial“. Certes, le papier a été écrit sur la base du seul épisode pilote mais quand même, on en retrouve la substance de ce qui s’est globalement écrit aux Etats-Unis et en France sur le sujet.

Comment une série qui a réussi à ce point à atteindre les sommets d’intelligence et de modernité que j’en attendais peut-elle provoquer un tel rejet ? Quand j’y vois une analyse pointue de nos sociétés dont les cartes sont sans cesse rebattues, dans un format qui croiserait le meilleur de “Six feet under” avec le regard authentique de “Big little lies”, les autres regrettent un produit ennuyeux et prétentieux.  Serais-je trop indulgent, trop acquis à la cause, trop concerné ? Je n’ai pas encore trouvé les critiques qui me rassurent mais je les attends avec impatience tant le futur de la série y est forcément conditionné.

Mes déceptions à la chaîne

Dans le même temps, j’ai donc vécu à plusieurs reprise ce moment où l’engouement généralisé pour un film ressemble à un mystère sans réponse. J’ai à chaque fois une raison très précise que je vais tenter de résumer en une phrase. Mais j’y reviendrai sans doute.

J’ai aimé le rôle central des femmes, pas la façon dont la culture africaine était mise en scène de façon caricaturale (je sais que je suis le seul)
Si l’ambiance italienne donne envie d’y passer une semaine de vacances, cette histoire d’amour ne m’a pas touché. Les parents Amira Casar et Michael Stuhlbarg m’ont beaucoup plus convaincu que Armie Hammer et surtout Timothée Chalamet.
Frances McDormand a mérité son Oscar mais le manichéisme de l’ensemble est tellement extrême ça ne marche pas sur moi.

Mon bilan série 2017

Après une année 2016 très riche, je m’attendais à une cuvée 2017 un peu décevante au rayon des nouveautés. Ca n’a pas été le cas. Mais tout le monde a déjà raconté ses coups de coeur de l’année, multi-récompensés. Voici donc un classement un peu plus resserré.  Une trilogie très concentrée sur la condition des femmes confrontées à une violence omniprésente (un peu le thème 2017 donc). Et plein de catégories spéciales pour sortir des sentiers battus.

Top 3 nouveauté de l’année :

1.  The Handmaid’s tale

C’est mon coup de coeur absolu, je ne suis pas le seul. Depuis Top of the lake, je sais qu’Elisabeth Moss est une actrice exceptionnelle. Depuis Black Mirror, je sais que les dystopies fonctionnent sur moi. Je connaissais l’histoire de “La Servante Ecarlate” mais je ne m’attendais pas à un tel choc après mise en image. Un univers visuel très puissant au service d’une histoire glaçante, cela créé un malaise dont on ne peut pas se détacher. La façon dont le tout résonne dans la société contemporaine participe à la dimension terrifiante de l’oeuvre. La saison 2 est attendue en avril, j’ai foi dans sa capacité à tenir le niveau.

2. 13 reasons why

Voici une série à laquelle je ne croyais pas. Selena Gomez productrice d’une série sur le suicide d’une ado dont les premiers épisodes sont quasi primesautiers, ça partait mal. J’adore les séries mécaniques, dont chaque épisode suit une construction similaire pour mieux la casser ponctuellement. J’adore quand le ton bascule, quand le drame s’invite, quand la dimension “d’utilité publique” apparaît. J’avoue que j’ai des doutes sur la saison 2, 13 reasons why a tous les attributs d’une série faite pour donner le meilleur en une saison. Wait and see.

3. Big little lies

Un “Desperate housewives” revu par celui qui m’a fait aimer les séries, David E. Kelley, et mon réalisateur canadien préféré, Jean-Marc Vallée : tout était réuni pour le coup de coeur. Seul le casting pouvait gâcher le plaisir : si ma passion pour Nicole Kidman reste intacte au gré de ses chirurgie esthétique, Reese Witherspoon et Laura Dern font partie des 2 actrices qui m’agacent le plus au monde. Et pourtant, à l’arrivée, c’est mon binge watching de l’année (grâce à OCS Max <3), tellement loin du Desperate Housevices (que je déguste de nouveau le samedi matin sur M6 quand même hein).

Catégorie nouveauté dont on n’a pas assez parlé :  “The good place”

Cette série diffusée sur Netflix en France est un OVNI. Un format sitcom plein d’originalité : des effets spéciaux, des twists totalement improbables, une saison 2 qui rebat les cartes, encore meilleure que la saison 1… “The good place” reste totalement sous le radar : il me semble que personne n’en parle, personne ne la récompense, personne ne regarde… Et ça me parait très injuste. Je ne pouvais pas ne pas l’intégrer parmi mes coups de coeur de l’année (avec le plaisir en bonus de retrouver Veronica Mars).

Catégorie série française injustement traitée : “Paris etc”

J’aime Zabou Breitman, c’est pas nouveau. La série de Canal qu’elle a porté a bénéficié d’une promotion massive. L’attente était forte. Les retours des téléspectateurs ont été mitigés. J’ai trouvé que la promotion ne sonnait pas très juste et que les commentaires des vrais téléspectateurs flottaient face à cette fausse promesse. L’histoire de “Paris etc” a des faiblesses avec un temps de mise en place trop long, un enjeu sur un des personnages (celui de Zabou justement) qui rythme le scénario mais arrive trop tard et ne tient pas vraiment la route. Mais ces histoires de femmes de 5 générations qui se croisent plus que ne le laissait présager la promo m’a emporté, par son rythme et surtout sa mise en scène. Chaque plan est inventif, unique, jubilatoire, je me suis régalé. Merci Zabou Breitman de ne jamais me décevoir.

Catégorie “une série prend fin, je suis désespéré” : “The Leftovers”

Cette série aura eu un destin particulier : une saison 1 compliquée suivi d’une saison 2 incroyable laissait beaucoup d’interrogations sur la saison 3. Des audiences faible et même pas de nominations au Golden Globes pour une saison 3 qui entre au panthéon de mes saisons préférées, aux côté de la saison 5 de “Breaking Bad”. Entre poésie et réalisme, linéarité et défragmentation, désespoir et noirceur. Justin Théroux est le mec le plus hot de l’univers depuis qu’il a plus de 40 ans, ça le rend particulièrement attachant. Beaucoup de raisons à ma tristesse de devoir dire au revoir à The Leftovers.

Catégorie “Guilty Pleasure” : “Dynasty”

J’ai toujours eu des passions inavouables pour des séries soit incomprises (Buffy, Arrow), soit franchement moyennes mais agréables pour se vider la tête (Revenge, Dallas). Celle-ci a une saveur particulière puisqu’elle trouve son intérêt surtout dans le travail incroyable fait sur la dimension reboot : l’histoire suit la trame de l’original que je regardais enfant mais embarque des torsions très étonnantes avec une fluidité culturelle très assumée. La cousine Sammy Jo (Heather Locklear) devient un homme gay mexicain, la famille rivale est black, tout en conservant les arcs sénaristiques de la série diffusée par France 3 il y a 30 ans. Alexis Carrington se fait attendre et on a très envie de voir quel twist sera inventé. Can’t wait !

Catégorie pas vu !

Elles sont sur ma liste mais toujours pas vu, l’honnêteté me force à l’avouer. “Mindhunter”, “Dark”, “Will & Grace” et “Legion” sont prévues très bientôt. Peut-être auraient-elles rejoint le haut de ma liste ou gagné leur catégorie spéciale.

Ah, et sinon, je ne suis toujours pas sensible aux charmes de Stranger Things, Game of thrones et The Walking Dead. On me juge beaucoup pour ça mais j’assume.

J’ai raté d’autres choses ?

[EDIT Janvier 2018] Evidemment que j’ai oublié quelque chose : “Alias Grace” (“Captive” en français), dans la droite ligne de “The Handmaid’s tale” qui réussit à créer un trouble déstabilisant en 6 petits épisodes. Somptueux.

Bilan séries 2015

En 2015, je n’ai pas abordé les séries comme les 10 années qui ont précédé. Par manque de temps ou de disponibilité, j’ai décidé de choisir plus, d’abandonner plus vite des nouveautés décevantes, de me laisser conseiller plus par le bouche oreille.

A l’arrivée, forcément, mon classement manque de surprise, il est court mais particulièrement jubilatoire côté nouveautés. En plein dans l’air du temps : des mini-séries ne dépassant pas 12 épisodes, pas mal de surnaturel, des inspirations très visibles qui font plaisir, des atmosphères globalement pesantes, des surprises permanentes comme j’aime.

J’ai vu peu de nouveautés mais je les ai toutes aimées (à une demi réserve près).

Sense8

En contradiction totale avec ce qui précède et le temps qui m’a manqué, j’ai regardé 2 fois les 12 épisodes de Sense8. Entre les 2, il y a eu le documentaire sur le tournage “Sense8 : la création du monde” qui révèle des secrets de tournage suffisamment intrigants pour donner envie de revivre l’expérience avec un oeil nouveau. Je confirme mon impression en cours de route : la mise en place souffre d’un épisode de trop, seule critique que je trouve à une série qui m’a littéralement transporté et subjugué. Un coup de coeur qui place cette création dans le Top 5 de mes séries préférées de tous les temps.

M. Robot 

Je pense que j’ai été envouté sur ce coup là. Entrer pendant 10 épisodes dans la tête d’un personnage aussi instable qu’autiste constitue une expérience qui ne laisse pas indemne. Le twist est attendu, mais citer le film auquel il fait immédiatement penser en dirait trop sur l’histoire. Le personnage central, Elliott, est sans doute la plus belle création de cette dernière décennie et je n’ai pu m’empêcher de penser que, si j’avais été acteur, c’est lui que j’aurais aimé interpréter.

UnREAL

Je n’attendais rien de cette série. Le pitch sur les coulisses d’un reality show m’a intéressé et je me suis laissé séduire dès les 10 premières minutes. J’y ai reconnu ce que je sais des dessous de ces programmes et j’avais envie du guilty pleasure d’une série un peu facile, au moins en apparence. Au final, j’ai aimé au point que ça m’a motivé pour écrire un billet sur le Plus de l’Obs. C’est dire. J’ai un truc pour les anti-héroïnes, c’est évident.

Wayward Pines

C’est le retour du maître du twist : l’auteur du 6ème sens créé une mini série qui se cherche parfois, qui déçoit un peu mais qui a l’atout de marquer suffisamment les esprits pour y faire repenser souvent. Son inspiration “Le prisonnier” et sa façon de faire disparaître des personnages centraux n’y est sans doute pas étrangère. J’aurais aimé que ça reste un unitaire, pas sûr de regarder la saison 2 qui a finalement été confirmée. Pourtant, je n’ai pas réussi à classer Wayward Pines parmi les déceptions de l’année, j’aurais regretté de ne pas l’avoir vu.

The Leftovers

Je sais, ce n’est pas une nouveauté. Je n’avais pas particulièrement aimé la saison 1 et j’ai donc décidé de regarder (sous la pression de tous ceux qui parlaient de chef d’oeuvre) comme une nouvelle série. Aidé par le choix d’une nouvelle dynamique, de nouveaux personnages, un nouvel endroit. Au final, la saison 2 de The Leftovers est une pépite, un moment de grâce exigeant, douloureux, pessimiste. Une allégorie qui pose des questions pretextes auxquelles on n’attend pas de réponse, le créateur de Lost a réussi cet exploit. La réalisation au plus près des visages capte les regards d’acteurs habités. Si on considère que la saison 1 n’a pas existé, The Leftovers est la série qui entre tout simplement en tête du classement de mes séries favorites, devant Six Feet Under et Breaking Bad.

Il y a encore pas mal de série que je n’ai pas pris le temps de regarder. Celles que tout le monde semble aimer : Better Call Saul (trop peur de la déception d’après “Breaking Bad”), Jessica Jones, Daredevil, American Crime, Master of None, Limitless… Il y a aussi Quantico, The honorable woman, Vicious, Zoo, Blindpost que je ne prendrai probablement pas le temps de regarder alors que je sens un vrai potentiel.

Il y a aussi les séries que tout le monde aime et pas moi. Je pense en particulier à Empire que j’ai essayé 2 fois et qui m’a définitivement ennuyé.

Parmi les retours, je continue à ne pas lâcher Arrow en saison 4 et Scandal en saison 5. Et je mets une mention spéciale à How to get away with murder dont j’ai adoré la saison 2 alors que je m’attendais à une déception majeure.

Et enfin, le départ que je regrette cette année est celui de Downton Abbey dont je suis en train de déguster tranquillement la dernière saison jusqu’au final qui vient d’être diffusé à Noël.

Comment fêter dignement l’annonce d’une saison 2 pour Sense8 ?

Ce n’était pas gagné mais j’aime Sense8, la série-événement-annoncé des Wachowski. Je l’aime beaucoup et encore un peu plus chaque jour.

J’ai regretté la mise en place un peu longue (1 épisode de trop) puis je me suis laissé embarquer. Je sais déjà que quelques scènes resteront parmi mes moments de série préférés pour la vie. Le concert figure aux côtés des dernières minutes du final de “Six feet under”, de la mort de Joyce Summers dans “Buffy” et du face à face entre Walt et son beau frère dans “Breaking Bad”. C’est dire.

C’est aussi la série qui m’a fait craquer pour la plupart des membres du casting, filles, garçons… ou même trans.

La sublime et lumineuse Tena Desae est indienne mais aussi mannequin (tu penses), on a instantanément envie de la prendre dans ses bras quand elle déboule, ce que ne se prive pas de faire Max Riemelt, l’allemand de la série (qu’on aime aussi)

La bombe du mois s’intitule Miguel Angel Silvestre rien que pour nous faire penser à un gros minet, il est espagnol et sait donner très très envie de voyager du côté de Madrid (presque autant que son collègue Alfonso Herrera)

La surprise de l’année est une célèbre transsexuelle américaine, Jamie Clayton, qui a accessoirement la voix la plus craquante de l’univers et du coup tout le monde l’aime

Sympas, les scénaristes ont choisi de ne pas cacher grand chose de leur anatomie, en particulier dans la scène d’orgie de l’épisode 6 qui a fait son petit effet cet été (elle est sur YouTube mais je vais pas faire du racolage en vous l’insérant ici hein).

Mais je n’ai pas envie d’écrire sur #Sense8 : tout le monde l’a fait et tout le monde aime, du coup c’est lassant.

Ce qui me donne envie d’écrire, c’est plutôt la façon dont la chaîne a permis hier  à l’équipe de la série de partager avec ses fans la joie de revenir en saison 2.

Tout a commencé le 8 août avec une journée spéciale anniversaire (tous les personnages sont nés le même jour)

 

Qui a basculé vers une grande annonce à 17h

Prolongé par quelques caméos des acteurs sur leurs comptes Instagram/Twitter/Facebook 

 

On est donc quelques-uns à être bien contents que la saison 2 arrive. Et on attend d’autres innovations vestimentaires que le combo boxer-une-chaussette-une-chaussure

Pour patienter, tous ceux qui ont vu Sense8 ne doivent pas rater le documentaire “La création du monde” qui donne envie de revoir immédiatement l’intégralité de la saison 1. J’y retourne.

Back to the (TV) show

J’ai raconté que je m’étais désintoxiqué des séries. Sur un ton très “Moi Christiane F…”. C’est ce qui me permet d’y revenir de façon très organisée. Avec une pré-sélection serrée basée sur les recommandations de mes petits camarades qui ne me veulent que du bien. L’été 2015 marquera donc mon retour aux séries télé.

Wayward Pines

Cette série marque le retour de Matt Dillon, Juliette Lewis et irradie la signature de M. Night Shyamalan (Monsieur Sixième Sens). C’est la seule nouveauté que j’ai déjà attaqué et je suis accro après 4 épisodes. Pas une originalité folle mais un petit goût du Prisonnier modernisé qui me plaît. Avec une petite touche supplémentaire que je ne peux pas révéler sans spoiler. Seule l’issue de cette mini série de 10 épisodes nous dira si ça valait vraiment la peine…

Dans la catégorie pas encore vu :

Grace and Frankie

Daredevil

Empire

Mr Robot

Unreal

Supergirl

Et les 2 retours que j’attends avec impatience :

Orange is the new black (Saison 3 le 12 juin)

True Detective (Saison 2 le 21 juin)

Je manquerai sans doute de temps pour tout voir. S’il faut resserrer la sélection, j’attends vos conseils !

Morts en série : spoiler alert

Depuis le mois de mars, une tendance a balayé un grand nombre de séries américaines en supprimant par décès l’un de ses personnages centraux. Selon la puissance de la scène, c’est juste une façon de redistribuer les cartes mais avec le potentiel de colorer la façon dont la série s’inscrira dans la mémoire collective. Quelques règles de base pour que le moment fonctionne : un effet de surprise, une scène choc, un numéro d’acteur marquant. Pas forcément de larmes (mais quand même). C’est parfois l’occasion de s’attacher vraiment à un personnage dont on croyait qu’il ne comptait pas tant que ça.

Impossible de faire un tour d’horizon des décès récents qui m’ont le plus marqué sans risquer le spoiler violent. J’ai donc décidé de citer les séries concernées en 2014 sans donner de détail. Et de me concentrer sur 15 ans de disparitions soudaines que je n’ai pas oublié, en tentant un classement.

TOP 10 : Billy Thomas – Ally Mac Beal (2000)
Dans une série décalée comme Ally Mac Beal, jouant plus sur le registre de l’humour que de l’émotion, la mort de Billy Thomas dans l’épisode 16 de la saison 3 est une vraie claque. L’avocat qui n’a jamais cessé d’aimer Ally est foudroyé par une hémorragie cérébrale en plein procès. La mort de Billy sera exploitée comme il se doit avec une cérémonie et un discours d’Ally qui démontrent que le ton décalé n’interdit pas l’émotion. J’aurais en revanche tendance à penser que cette épisode correspond au Jump the shark d’Ally Mac Beal qui ne retrouvera plus jamais ce fragile équilibre par la suite.

Ally Mc Beal

TOP 9 : Boone Carlyle – Lost (2004)

C’est au 20ème épisode de la première saison que la série dont tous les personnages vont mourir les uns après les autres subit sa première disparition majeure. Le personnage interprété par Ian Somerhalder est apprécié, assez riche, on peut penser qu’il en a encore sous le pied. C’est une mort un peu bête, pas de phrase choc, pas de numéro d’acteur notable mais une disparition qui laisse immédiatement penser que tout pourra arriver par la suite.

Lost

TOP 8 : Rita – Dexter (2009)

La mort de Rita littéralement dans un bain de sang marque un climax de la série. Elle ne reviendra jamais à son niveau de départ. Avec la disparition du personnage féminin de premier plan, c’est l’un des rares points d’équilibre du héros psychopathe qui disparait. A la fin de cette saison, on sait immédiatement que rien ne sera plus comme avant, malheureusement pas pour le meilleur.

Dexter

TOP 7 : Lexie – Grey’s anatomy (2011)

Bien sûr, avant, il y a eu George, ensuite, il y en aura d’autre, mais la mort de la soeur de l’héroïne est longue, douloureuse, pénible sur le moment, elle marque les esprits un peu plus que les autres. C’est un des personnages auxquels je me suis attaché au moment de sa disparition et l’épisode dans son ensemble est suffisamment éprouvant pour qu’on ne l’oublie pas…

Grey's Anatomy

TOP 6 : Sybil et Matthew – Downton Abbey

Ex-aequo mais dans des registres différents, deux personnages d’une même série sont effacés après une assez longue agonie pour la plus jeunes des filles Crawley, de façon brutale pour le mari de l’aînée. Pour la première, on regrette le personnage contradicteur au sein de sa famille bourgeoise, on souffre avec elle, on la pleure. Pour le deuxième, on mesure le cataclysme induit dans la série. Dans les deux cas, c’est un choc.

Downton Abbey

TOP 5 : Brody – Homeland (2012)

On ne veut pas que ça arrive, on sait que ça va arriver malgré tout. L’exécution du “héros” sous les yeux de celle qui l’a aimée, relation autour de laquelle se sont construites les 3 premières saisons de Homeland, est assez réussie considérant que l’effet surprise est assez faible. Et deux acteurs au top, évidemment.

Homeland

TOP 4 : Hank – Breaking Bad (2013)

C’est le personnage second rôle de la série qu’on se surprend à aimer, celui dont on pense qu’il survivra à la mort inévitable du héros. Il est achevé hors caméra et pourtant la violence est inouïe, après un face à face glaçant avec son beau-frère qui s’est révélé être le bad guy qu’il pourchassait et qui l’aimait pourtant. Complexe, torturé, brillant, à l’image de  la série dans son ensemble.

Breaking Bad

TOP 3 : Terri Bauer – 24 heures Chrono (2002)
Le coup de théâtre est gigantesque. On arrive à l’issue de la journée qui a déjà confirmé la prédiction de Jack Bauer : c’est la pire de sa vie… A quelques secondes de la fin du 24ème et ultime épisode de la saison 1 de 24 heures Chrono, on s’attend forcément à un happy end pour se remettre, se quitter sur une bonne impression jusqu’à la saison 2. Or les scénaristes ont choisi de faire mourrir l’un des personnages les plus populaires, la femme du héros Terri qui était enfin tirée d’affaire après une saison enlevée et traquée avec sa fille.
La série, qui fait son retour cette année, a malheureusement fait ensuite de la disparition de ses figures emblématiques un argument marketing encore plus fort que celui de Lost. Enervant à la longue. La question est : qui va mourrir dans cet épisode ? L’hécatombe est tellement violente que de l’équipe de la première saison, on déplore 6 décès (Nina Myers, Sherry Palmer, George Mason, President Palmer et Tony Almeida en plus de Terri). Jamais aussi efficace que la mort à laquelle on ne s’attendait pas.

24 heures Chrono

TOP 2 : Lucy Knight – ER / Urgences (2000)
La série médicale est forcément prédisposée à gérer des décès. Avant de décimer le corps médical avec le Romano puis Mark Greene puis Gallant, c’est la jeune interne Lucie qui fait les frais avec le docteur Carter d’un déséquilibré qui les poignardes. Il s’en sortira, elle pas, après nous avoir laissé espéré une fin heureuse. Le fait qu’elle soit médecin et comprenne tout ce qui lui arrive alors que les médecins du Country Hospital essaient de la sauver rend les scènes encore plus dures émotionnellement.

Urgences

TOP 1 : Joyce Summers – Buffy contre les vampire (2001)

Rarement on aura vu à ce point la mort en gros plan, yeux ouverts, froideur cadavérique visible, d’un personnage clé dans une série. La mère de notre héroïne décède des suite d’une tumeur dont on la croyait pourtant sauvée et le créateur Joss Whedon terrifie toute une génération avec une scène très longue, sans une seconde de musique, marquée par la performance de l’actrice qui joue une morte incroyablement crédible. L’occasion également d’une performance pour Sarah Michelle Gellar de la découverte de sa mère morte à la gestion du choc émotionnel.

Buffy contre les vampires

Pour mieux réaliser l’ambiance, quelques images de mauvaises qualité, je n’ai pas trouvé mieux…

 

J’ai mis hors concours “Game of thrones” qui est très -trop?- structuré autour des “décès surprises” ou “The walking dead” qui en a également fait sa marque de fabrique. J’avais envie de m’arrêter sur la disparition de Nate dans “Six feet under”, l’une de mes séries préférées de tous les temps mais c’est la scène finale qui offre les plus belles disparitions dans un flash forward très puissant et surtout, c’est moins le décès du personnage que le reste de la série qui marque.

Six feet under

Et enfin, je ne me suis pas arrêté sur les morts de ce début d’année dans Scandal, Teen Wolf, House of cards, The Good Wife et surtout Arrow dont l’épisode de la semaine rentre direct dans mon TOP 10. Mais je n’en dit pas plus.

 

Vu cette semaine

Entre les journées de travail bien dynamiques et les nuits à courir sur un tapis, j’ai eu la chance cette semaine de caler quelques rendez-vous suffisamment sympas pour les partager ici.

Disco 

La salle des Folies Bergères a revêtu sa plus belle boule à facette géante pour accueillir à partir du 10 octobre la comédie musicale Disco. Si cette présentation à la presse ne montrait que 20 mn des 2 heures du spectacle, le ton est donné. Une histoire sert de prétexte pour servir les plus grands titres des années disco dans des tableaux tout en paillettes, la fête est sur la scène mais aussi dans la salle, les voix sont en place, les chorégraphies encore un peu hésitantes mais l’envie de l’équipe (la même que Salut les copains) est très communicative. Et réussir à faire se lever une salle de journaliste est un challenge que le casting a relevé. On ira tous danser au Folies Bergères avant la fin de l’année, c’est sûr !

En solitaire en Dolby Atmos

Le film séduira sans doute les passionnés de voile et de mer. Mais si j’ai passé un aussi bon moment au Pathé Wepler cette semaine, c’est clairement grâce au son Dolby Atmos qui offre une immersion auditive telle qu’on sort avec l’impression d’avoir réellement vécu un tour du monde par l’Océan.

Damart

Le thermolactyl a 60 ans. L’équipe qui s’en occupe est jeune et dynamique, j’avais envie de mettre un visage sur leur profil de twittos. Je ne suis pas déçu : Damart a rajeuni et en plus d’avoir une équipe sympa, les nouvelles gammes peuvent s’assumer ailleurs que planquées sous un pull.

Hostages sur myTF1 VOD

Ca fait longtemps que je remercie TF1 d’innover pour que les séries US soient disponibles légalement en temps quasi réel en France. Parmi les nouveautés qui seront bientôt disponibles sur l’une des chaînes du groupe, la très attendues Hostages dont la chaîne a eu la bonne idée de projeter en avant-première mondiale le premier épisode.

Avec un casting haut de gamme, la production toujours efficace de Jerry Bruckheimer, beaucoup de mystère autour du pitch, l’impatience était grande. A l’arrivée, un pilote dense (trop peut-être), un potentiel évident de très grande série “à la 24”, un Dylan McDermott surprenant et une Toni Colette un peu sous-exploitée, mais une très forte envie de découvrir la suite savamment spoilée à la fin de la projection. On saura dans 4 ou 5 épisodes si la série tient toutes ses promesses, pas avant.

Jay Brannan

Ca fait longtemps que j’écoute sur Spotify celui qui donne envie de sortir la guitare au coin du feu et de chanter. J’avais raté toutes ses visites annuelles à Paris, pas cette fois. Je suis donc allé voir Jay Brannan au Sentier des Halles et j’ai pu découvrir un type un peu barré qui ne vieillit pas, vous transporte avec sa voix, convoque ses talents de comédiens pour de petites impros entre chaque titre.

Le Royal Monceau

A part le Park Hyatt Paris Vendôme que j’aime bien, je n’ai pas une passion particulière pour les Palaces. J’ai vraiment découvert le Royal Monceau cette semaine et j’ai été assez scotché. Le bar et son équipe souriante, le coin fumeur rouge où on passerait la soirée, les suites design avec les détails qui comptent (smarties, tagada et dragibus dans le mini-bar…) et le SPA blanc et traversé par la plus grande piscine existante dans un Palace parisien. Je vais débuter une campagne de lobbying pour me faire offrir une journée dans ce SPA en rappelant ma date d’anniversaire aussi souvent que possible !

J’en ai profité aussi pour continuer à profiter de Paris aussi souvent que possible, chaque départ parmi mes amis me rappelant que moi aussi, un jour, je quitterai sûrement cette ville que j’aime tant pour découvrir d’autres cultures.

La (mini) série immanquable du moment : Top of the lake

Mon dernier vrai coup de coeur pour une série était Homeland. Qui en est déjà à sa saison 2. Après Downtown Abbey dont la saison 3 ne m’a pas lassé. Je mets de côté Arrow, guilty pleasure assumé et House of cards, moins bluffant que prévu. Il me reste à découvrir Rectify et Hannibal dont tout le monde me dit que je vais aimer. Mais je dois m’arrêter sur Top of the lake.

J’ai pris une semaine pour déguster la pépite dont j’attendais beaucoup : Jane Campion aux commandes, Sundance Channel et la BBC Two à la production, Elisabeth Moss en leading role, les retrouvailles de Campion avec Holly Hunter, Arte sur les rangs pour la diffusion en France. Et un succès critique et public sur Metacritic qui trompe rarement.

Et j’ai pris deux semaines supplémentaires pour digérer, mesurer la trace laissée avant d’en parler ici et de laisser entrer Top of the lake au panthéon des séries qui m’ont marqué pour longtemps.

L’intrigue de Top of the lake s’articule autour de la disparition d’une petite fille de 12 ans, enceinte de 5 mois lors de sa disparition. L’inspecteur Robin Griffin, venue de Sydney, va transformer son enquête en véritable obsession qui va réouvrir des blessures du passé. Elle est entourée d’une galerie de personnages, certains réalistes, d’autres oniriques.

Top of the lake est une série noire. Très noire. Souvent comparée à The Killing pour son atmosphère, elle utilise également parmi ses multiples symboles l’eau, non pas sous forme de pluie, mais dans un lac qui joue le rôle à la fois de danger de mort et de purification. Beaucoup de thèmes traversent les 7 épisodes, la guerre des sexes étant le plus prégnant.

La série emprunte les chemins de la lenteur des grandes séries de ces 3 dernières années, dans un nombre d’épisodes réduits, autour d’une héroïne écorchée, dissimulant ses failles sous une apparente force de caractère. Il n’y a pas de héros, le bien et le mal s’enlacent dans chaque personnage. La comparaison avec Homeland est inévitable. L’originalité du format n’est pas la question.

Top of the lake réunit tout ce que j’aime : la lenteur laisse une vraie place à tous les caractères mais ne fait aucune concession à l’efficacité du scénario et à un rythme enivrant. Tout est mis en place pour que les 2 derniers épisodes atteignent un climax riche en révélation et rebondissements. La qualité des dialogues atteint la quasi perfection. Et le format mini série qui nous épargne une saison 2 moins bien est sans doute une bonne idée, même si on en aurait voulu plus.

Le casting est aussi bon que prévu. Elizabeth Moss vaut à elle seule le détour par cette série. Elle a pu exercer avec Peggy Olson de Mad Men la femme forte et ambitieuse pleine de failles. Holly Hunter campe un gourou qui, par sa capacité terrifiante à dire la vérité sans filtre, vaut les quelques rares moments d’humour du programme. Parmi leur partenaire, Thomas M. Wright est l’acteur australien dont on entendra parler. Il est déjà devenu une star dans son pays, le reste du monde devrait suivre.

S’il fallait trouver un seul défaut à Top of the lake, ce serait sans doute les accents Neo Zelandais et Australiens qui rendent la compréhension compliquée sans les sous-titres.

Pour tout le reste, il ne me tarde qu’une chose : revoir la série dans son intégralité dans les semaines qui viennent. Aucune autre série ne m’avait donné cette envie là auparavant.