Idées et Politique

“Comment gouverner les démocraties s’il faut être populaire pour être élu et impopulaire pour réformer ?”. C’est une vraie question dont on voit assez bien les effets en France depuis quelques années. Mais d’un point de vue citoyen, je continue à m’étonner de la capacité de l’acte politique à niveler par le bas voir effacer les débats d’idées au profit d’attaques politiciennes droite/gauche d’un autre âge. Les idées comptent tellement peu à côté des jeux d’alliances, d’influences et de réseaux.

A ce jeu là, tout le monde ne gagne pas. C’est ainsi qu’on a vu des types brillants se révéler piètres politiciens. L’exemple qui me paraît immédiatement évident est celui de Luc Ferry, improbable ministre de l’Education Nationale de 2002 à 2004, dont l’analyse du monde qui nous entoure m’a pourtant toujours semblé pertinente, jusqu’en 2002 et après 2004… Pas toujours en accord avec ses idées, loin de là, je pense qu’il propose en tant qu’auteur et éditorialiste 1. un point de vue 2. sorti des sentiers battus 3.accessoirement moins conservateur que la plupart des politiciens de gauche 4. beaucoup plus ancré dans le concret de notre environnement immédiat que d’autres philosophes contemporains. Je l’ai découvert il y a une dizaine d’années avec son essai en commun avec Alain Renaut, La Pensée 68 , sur l’antihumanisme contemporain, écrit à une époque (1985) où critiquer Mai 68 n’était pas à proprement parlé un gage de popularité. Quelques ouvrages, éditoriaux (L’Express, Le Point…) et réflexions télévisuelles plus tard, hors de son action ministérielle, la pertinence de ses analyses ne fléchit pas et donne tout son relief à la question première dont il se trouve être l’auteur. Au jeu politique, tout le monde ne gagne pas, Luc Ferry a perdu, les citoyens que nous sommes aussi.

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