L’inextricable mesure de l’influence

Sebastien, un ami d’enfance, m’a appelé hier soir en hurlant à la mort au téléphone “t’avais raiisooooon !!!“. D’emblée, j’ai bien sûr adoré l’idée.

Alors que chaque année, il m’appelle en septembre pour connaître la liste des nouvelles séries américaines qu’il faut selon moi surveiller, le tout enchaîné de débriefs dans les mois qui suivent, il garde tout au fond de lui cette petite réserve “je sais même pas pourquoi je te demande encore, toi t’es fan de Buffy. Ahah”.  S’il me fait une confiance quasi aveugle sur mes goûts en matière de série, il n’a jamais compris ma passion pour Buffy. Il partage ça avec Stéphanie, une amie commune, qui adore Les frères Scott que je déteste.

Je me suis laissé imposer la saison 6 ce week-end, la totale, en un week-end, tu te rends compte ? Ben c’est beaucoup moins superficiel que ça n’en a l’air. Je me suis laissé scotcher. Et la gamine shootée à la sorcellerie là, c’est énorme. Elle va m’entendre Steph avec ses conseils en bois.

S’il m’avait lu à l’époque sur lepost, il le saurait depuis longtemps mais passons… Je me contenté de sourire au téléphone en jouant la fausse modestie.

Je trouve ça chouette, en même temps, c’était pas très grave hein. En revanche, puisque j’apprends que tu as suivi les conseils de Steph plutôt que les miens sur le sujet, je propose qu’on la bute.

Pourquoi cette “sympathique” anecdote, maintenant, sur mon blog ? Parce que que mes lectures du matin me font mesurer à quel point cette quête de mesure de l’influence au service de la communication provoque un débat stérile sans fin, qui détourne des sujets importants. Le résultat de cette quête est sans doute voué au même tragique destin que la recherche d’une unité de mesure rationnelle pour les RP depuis 150 ans… qui a abouti à de la vulgaire équivalence publicitaire.

Je suis influent pour Sébastien en matière de série, c’est indéniable, sur une échelle de 1 à 10, je dois être à 9. Faut dire que j’en parle juste plus fort que plein d’autres sans doute beaucoup plus experts que moi autour de lui. Et puis on est ami. Mais quand d’autres facteurs entrent ligne de compte, tels que la réputation et le poids social autour d’une série comme Buffy, je ne le suis plus du tout et tombe à 0/10. Et notre copine Stephanie (qui va morfler d’ailleurs) monte à 9/10 sur ce sujet spécifiquement. La même Stéphanie ne considère d’ailleurs absolument pas mes avis sur les séries pertinents puisque nous n’avons pas les mêmes goûts. En cuisine en revanche, Sébastien est un maître absolu, c’est clairement lui qui m’influence (en me recommandant notamment à continuer à aller au resto plutôt que d’essayer de me lancer dans des grands plats, mais c’est un autre sujet), mais je reste le champion des meilleurs restos de notre région d’enfance.

Est-ce que je suis influent pour Sébastien ? : oui sur les séries sauf dans certains cas et pas pour la cuisine mais sur les restos dans certaines région indéniablement. Suis-je un influenceur tout court pour Sébastien ? La question n’a pas de sens. Et la réponse courte sera forcément fausse. Même tarif pour la question : Suis-je un influenceur sur les séries ?

Donc en posant sans fin la question des blogueurs influents, de la presse influente, des célébrités influentes, des experts influents, des lobbys influents… on tourne en rond. Soit on choisit un metrix dont on admettra l’imperfection mais qui rassurera, soit on accepte de faire du cas par cas, d’éviter les généralités, de mettre du sens derrière chaque choix. Je ne lancerai en tout cas pas le groupe de réflexion qui fera émerger une échelle de mesure de l’influence. Tant qu’à faire de l’approximatif, autant le globaliser avec la mesure d’impact de toute action de communication, qu’elle soit publicitaire, événementielle, RP, CRM…

Et c’est la dernière fois que je répète que Bufy était une bonne série, bordel ! (ça commence à vieillir là…).

11 Replies to “L’inextricable mesure de l’influence”

  1. Inextricable c’est un mot que j’aime beaucoup et on ne s’en sert pas assez. Merci ^^
    Quand à la mesure de l’influence, j’ai choisi mon camp, je fonctionne au cas par cas.
    Et aussi, je n’ai jamais aimé les heures passées dans le tarif médias pour accoucher des fameuses équivalences publicitaires…

  2. D’acc avec le boss et la voisine : l’influence, en soi, ne veut rien dire, sauf à être omnipotent. Qu’il y ait une “aura d’influence” autour de quelques personnes, certainement. Mais je n’ai jamais été à l’aise avec cette notion de “bloggueur influent” (influent sur quoi ? Influent pour qui ? Influent par rapport à qui ? Influent jusqu’où ?). C’est un peu le syndrome du chroniqueur, qui parle sur tout, tout en ne parlant de rien.

    Donc d’acc sur la notion d’influence au cas par cas, qualifiée, sériée !

    (Je mesure pleinement ton influence, puisque ton post m’a donné envie de faire le coucou qui va bien, via ce commentaire) ^^

  3. Ben moi par exemple, je sais que je suis super influent sur les flammekueche pour certains parisiens, ça compte ?

  4. Detroit 187 sur ABC, la seule nouvelle série qui vaut vraiment le détour cet automne. Sinon Modern Family est culte et un incontournable. Fringe s’améliore à chaque épisode mais seulement grâce à Walter Bishop. J’attends avec impatience qu’Olivia Dunham soit butée par un agent du monde parallèle. Virez-moi de là.
    Est-ce que je peux me considérer comme une influence maintenant?

    Concernant les équivalences pub, l’IPR a carrément rejeté son utilisation, et moi aussi! Reste à en convaincre la boite et les agences…

  5. ou l’art de l’exemple… j’aime beaucoup!

    est-ce que je rappelle ici qu’en qualité de mon 1er following twitter, tu restes de facto MON influenceur? Mais pas “tout court” hein, nan… mon préféré 😉

  6. Et personne n’a la moindre pensée pour la pauvre Stéphanie qui va morfler…
    Bon et Buffy oui, mais seulement la 1ère saison (après le maquillage me fait mourir de rire à chaque fois).
    Ah et tu oublies que tu es influenceur en choix de cocktails… Coco Mango, si tu nous regardes…

  7. Mathilde > Aaaahhh le tarif média…
    Todac > pour ne parler de rien, je suis le meilleur /o/ Sinon on essaiera de se faire coucou en vrai à l’occaz 🙂
    L-tz > tu commences même à être influent en fashion, c’est dire !
    Melissa > Super d’accord avec toi : Olivia doit disparaître ! (trop content d’avoir de tes nouvelles)
    imnotalone > ton influenceur préféré, j’adore 🙂
    Florian > ça me fait penser : je paye un Coco Mango à Steph la prochaine fois que je la vois !

  8. On ne peut que considérer comme influent quelqu’un qui considère que Buffy est un chef d’oeuvre. Comment ça mon argument est hyper bancal ? Il dit qu’il voit pas le rapport.

  9. je pense qu’il y a un outil de mesure indéniable : la capacité à faire boire le client pour lui faire contextuellement adhérer à la notion d’influence

    si si

    de toutes façons, c’est un problème pour les gens non influents, de devoir mesurer l’influence 😀

  10. Evidemment que Buffy est une série géniale (mais quand même les 2/3 dernières saisons étaient en deçà…) 😉
    (sinon je suis d’accord avec le fond de ton article aussi :))

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