La dernière fois que j’avais vu passer des casques audio accessoires de mode, ça ne me parlait pas vraiment. On ne peut d’ailleurs pas dire que le succès ait été retentissant. Pourtant, il suffit d’observer les ados le matin dans le métro, armés d’un casque informe vissé à leur tête, pour se convaincre de la réalité d’un marché pour des produits fashion tendance streetwear pour les 13 – 25 ans.
C’est ce qu’a du penser Emmannel de Solal en initiant un projet qu’il a développé pendant près d’un an avec une équipe interne d’Universal music, pour lancer les casques « Audio clothing » IN2 (prononcer Innetwo).
Pour la dimension « accessoire de mode », les photos parlent d’elles-même (à noter deux cordons jacks qui jouent avec les deux couleurs du casque) :
Côté technique, la restitution est aussi rigoureuse dans les basses que les medium-hautes fréquences de 20 à 20000 Hz (je passe sur l’impédance qui l’air super à 32 ohm +/- 15%) avec un confort d’écoute qui fait ses preuves en extérieur. L’ergonomie a été également travaillée pour épouser la forme du visage et faciliter le rangement (grace à des écouteurs qui se replient).
Mais l’atout ultime du casque IN2 se trouve dans sa dimension communautaire puisqu’il dispose de deux entrées pour assurer la sortie audio avec deux cordons livrés avec le casque (l’un permet de parler avec son smartphone) pour écouter la musique à deux sans perte de son.
Dernière touche très Universal Music, des artistes maison se sont prêté au jeu du port du casque, parmi eux : Irfane, le chanteur de Outlines (Silverleather), Micky Green (Denim Addict) et Matt, chanteur de Skip the use (Allblack).
Les casques audio IN2 seront disponibles dès la fin du mois d’octobre dans des points de vente tels que Citadium ou Virgin au prix indicatif de 99 Euros.
Tout était prêt : la liste de mes envies sur la base des castings, bandes-annonce, premiers bouche à oreille… Mais voilà, le mois de septembre m’a réservé un emploi du temps dévastateur qui ne laisse même plus de place à la découverte nocturne des nouveautés de l’année et de nouvelles saisons de quelques vieilleries que je n’ai toujours pas lâché (comment rater le dernier tour de piste des Desperate housewives ?).
En plus de missions professionnelles aussi inspirantes qu’aspirantes, voici la liste des « responsables ».
Des vacances en Italie : je reste subjugué par la méconnaissance des français de la Côte Amalfitaine, ses maisons accrochées dans le vide au milieux de falaises vertigineuses, l’Ile de Capri qui ajoute aux atouts de la Corse un charme quasi Fellinien très années 50, ses antipastis inoubliables. Une semaine hors du temps.
Des fêtes anniversaire de rentrée : alors que Direct Star fêtait son premier anniversaire 2 jours avant l’annonce de son rachat par Canal +, Paris Première fêtait en grande pompe avec le tout Paris son 25ème anniversaire au Grand Palais. J’avais déjà fait les 20 ans. Paris Première, c’est ma chaîne préférée : manger des gaufres et des barbapapas avec quelques amis journalistes et les stars de la chaîne en revisitant quelques-uns de ses grands moments m’a entraîné très tard dans la nuit. Plus inattendu dans la catégorie anniversaire, l’Efap fêtait ses 50 ans, l’occasion de croiser des anciens célèbres, des anciens qui sont devenus des amis, des anciens de ma promo 20 ans plus tard.
Le trophées de femmes en or à Nice : pour la 19ème fois, les femmes les plus remarquables dans des catégories très différentes (des médias à la recherche) étaient récompensées à Nice dans une ambiance très people, choyés pendant 3 jours dans un Palace local avec au programme activités détente, transat, dîner et déjeuner avec Adriana Karembeu, Mimie Mathy, Irma, Patrick Sabatier, Charlotte le Bon, Didier Gustin, Louis Bertignac, Michèle Bernier… Témoin privilégié avec quelques amis journalistes, on n’a pas évité de prolonger la nuit dans un Casino et très tard sur la piste de danse.
Avant-première cinéma : parmi les nouveautés, j’ai pu assister à l’avant-première de « The Artist » avec une belle idée de moderniser le film muet qui ne tient selon moi pas toutes ses promesses. Si le casting est impeccable, j’avoue avoir été d’avantage emporté par Bérénice Bejo dont on parle peu que par Jean Dujardin que j’aime pourtant bien. Une mention spéciale va au chien, pour lequel un César spécial devrait être créé.
Avant-première télé : assister dans la salle à l’enregistrement de Sing-Off fait prendre la mesure de l’émotion qui se dégage de voix a capella, en harmonie et en liberté. Un format de télé crochet qui évite la tension de la télé réalité pour se concentrer sur le plaisir. 90% passe à l’écran lors des diffusions le samedi soir. Pendant toutes la semaine, les journalistes media qui avaient soutenus mollement le programme ont regretté la faible audience de la première édition de très bonne facture. Bonne nouvelle, l’émission est désormais disponible sur Pluzz en replay donc, rattrapez votre retard et faites la fête à Sing-Off. Et espérons que les magazines télé oseront donner la couv’ aux programmes qu’ils défendent plutôt qu’à ceux qui font de l’audience.
Rencontre : dans une catégorie moins festive mais sans doute plus utile, déjeuner avec l’équipe dirigeante de l’ICANN venu présenter le principe des nouveaux noms de domaines pour les grandes organisations. Adieux .com et .fr, bonjour .prland (dès que ce sera une grande organisation). Les avis dans la salle sont contrastés mais l’impression de rencontrer avec les vrais maîtres de l’Internet dont personne ne parle est bien réelle. Comprendre comment ça marche demande un effort nécessaire dès maintenant, les échéances sont proches, cliquez sur le lien ci-dessus.
J’anticipe un mois d’octobre un peu plus calme (à part un voyage à Hong-Kong quand même…) qui devrait me permettre de découvrir enfin les séries les plus excitantes. Mais il va me falloir un guide pour gagner du temps et faire les bons choix.
Donc osons la question : c’est quoi les nouveautés série aux US à ne pas rater ?
Aujourd’hui, j’ai vu la Planète de singes les origines dont je savais que la bande-annonce montrait beaucoup trop. Pas de regret : aucun français de ma génération ne peut rater ça. Parce que le film de 1968 nous a traumatisé pour longtemps. Alors voilà, pour tous ceux qui n’avaient pas la chance d’être là…
En 1975, la première diffusion du film à la télévision était un événement national que s’était offert une émission mythique : les dossiers de l’écran. Diffusée un mardi soir sur deux, le fameux soir où on pouvait veiller, nous les enfants, pour cause de grasse matinée le lendemain. J’avais 6 ans, mes parents m’avaient prévenu : ça risque de faire un petit peu peur. Et j’étais prié de ne pas poser 3 questions minutes rapport aux passages que je comprendrais pas sous peine d’aller me coucher.
Gonflé à bloc, je me souviens que la speakerine explique qu’un nouveau présentateur, Alain Jérôme, remplace désormais le présentateur historique, Joseph Pasteur. Jusque là, ça va : même pas peur. Elle croit bon de préciser que « certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des jeunes téléspectateurs ». J’ai envie de pleurer (déjà) mais je vais leur montrer que je suis un homme, je ne bronche pas.
Et c’est pile à ce moment là qu’arrive cette musique (avec « La Planète des singes » affiché en gros hein) :
Je suis officiellement terrorisé à la dixième seconde. Autant dire que je n’entends pas le nouveau présentateur nous expliquer quel débat hautement sociologique suivra la diffusion du film de ce soir, je ne veux plus rien entendre, jamais.
J’ai gardé la main sur les yeux pendant la première demi-heure du film, placé stratégiquement de façon à ce que mes parents ne le voient pas, avant d’oser regarder. Jusqu’à ce que j’entende la voix familière de Marion Cunningham de Happy Days (ou de Titi de Titi et Grosminet au choix) qui doublait alors Madame le singe Dr Zira et m’a sauvé de l’arrêt cardiaque précoce. Ca devait être à peu près cette scène là.
Je pense que c’est l’un de mes premiers souvenirs d’enfant aussi long et précis. Je me rappelle parfaitement de la dernière scène du film qui est, dans ma mémoire, le meilleur twist de toute l’histoire du twist cinématographique. Evidemment, revoir le film aujourd’hui provoquerait probablement beaucoup de déception. J’ai donc préféré lire ce week-end le roman originel du français Pierre Boulle qui m’a paru assez assez différent de son adaptation.
Malheureusement, on ne saura probablement jamais pourquoi une émission qui proposait tous genres de films y compris comiques avait opté pour une musique que je continue à trouver terrifiante 34 ans plus tard.
J’ai eu quelques fois l’occasion de communiquer sur des produits qui représentaient plus que des objets de communication. Avec ses avantages statutaires et ses inconvénients émotionnels.
Aveuglé par l’envie de découvrir la création de JJ Abrams, ce n’est étrangement qu’en voyant le titre du film sur grand écran que j’ai réalisé que Super 8 allait me projeter près de 2 décennies en arrière et pas que pour ses nombreuses références appuyées aux films de l’époque de son producteur Spielberg.
De juin 1994 à novembre 1998, j’ai travaillé chez Kodak.
J’ai toujours essayé de ne pas mentir sur mon blog, de ne jamais en rajouter. Pas tellement par honnêteté, soyons sérieux. Plutôt par simple précaution : bloguer relevant déjà d’un égocentrisme à tendance paranoïaque tout juste supportable, ajouter le moindre soupçon de mythomanie aigüe risquait de rendre le lieu et le personnage qui va avec vraiment détestables. La précaution de la sobriété m’a semblé tellement importante qu’il m’est même arrivé de me censurer quand la réalité couchée sur le papier se révélait peu crédible.
J’ai donc failli ne jamais raconter l’histoire qui suit, quand soudain, j’ai eu une lueur : sur ce coup là, j’ai plein de témoins, ILS SAVENT ! Alors voilà.
Le 8 juin 2011, j’ai appris des choses sur la colère, pile au moment où elle m’a quasiment sauvé de ça :
Exterieur Jour – à la terrasse d’un café parisien bien abrité – il pleut comme un mois de juillet
- Pourquoi il est triste votre blog ?
La feuille de papier sur lequel la jeune étudiante a noté méthodiquement toutes ses questions est tremblotante. Le monsieur qui avait accepté l’entretien comme un exercice de routine vient de se faire cueillir dès la première question.
- Hein ? Mais il est pas triste mon blog. Nan mais rien à voir… Et on est sûr que ça va vous aider pour votre mémoire sur la gestion de crise pour les marques sur les réseaux sociaux comme question ?… Je sais pas. Et puis d’abord pourquoi vous dîtes qu’il est triste mon blog ?
- Je suis formelle, j’ai étudié vos 100 derniers billets et vos 100 derniers twitts, vous êtes aussi triste sur votre blog que vous êtes dingue sur Twitter.
La feuille ne tremble plus. Le monsieur manque de s’étouffer en allumant une cigarette.
- Mais comment ça « dingue sur Twitter » ? Mais je dis des choses sérieuses sur Twitter aussi !! Et dans les commentaires de mon blog, je suis drôle. DRÔLE VOUS ENTENDEZ ?
- Je suis trop franche et je vous agace, pardon
- Nan mais pas du tout du tout alors là pas du tout. Et puis « sérieux » ne veut pas dire « triste ». Pourquoi vous dîtes triste ? HEIN POURQUOI ?
- Ce que j’essaie de dire, c’est que je trouve ça surprenant mais vraiment intéressant cette double personnalité que vous avez réussir à construire. Très pro sérieux d’un côté et complètement délirant de l’autre. C’est ce que je voulais dire. En vrai, en revanche, vous avez l’air nerveux.
- Est-ce que vous avez des questions sur la gestion de crise ?
En répondant machinalement à quelques questions plus traditionnelles sur son métier, le monsieur se dit qu’il doit opérer un rééquilibrage urgent. Ou continuer comme avant en oubliant plus simplement le début de cette conversation pendant laquelle il pense avoir tenu un sang froid absolu.
Entre des vacances en format mousse party et des week-ends à la campagne, beaucoup d’événements parisiens depuis 1 mois. Beaucoup trop pour entrer dans les détails. Revue d’effectif en format instantanés, images légendées.
Terrasse Martini – 6 juin
Espace éphémère à 3 minutes du bureau, la terrasse Martini reprend les fondamentaux à laquelle la marque nous avait habitués à Paris ou à Cannes : luxe, calme, volupté, cocktails et vue d’exception.
Beginners – 7 juin
Mon seul coup de coeur ciné du mois pour un film sans prétention qui touche au coeur avec un Erwan McGregor tout simplement parfait. Mélanie Laurent s’en sort pas mal, mais Christopher Plummer forme le vrai duo avec l’acteur principal. A ne pas rater.
Vodkaster – 8 juin
Le réseau social du cinéma lance sa nouvelle version à la cinémathèque, tout à l’excitation de l’événement, j’en profite pour rattraper les 2 types qui m’ont piqué mon sac après 10 minutes de course poursuite dans le luxuriant parc de Bercy pas super bien famé la nuit. Tout va bien. Mais sinon, Vodkaster, je suis fan.
Laurent Baffie à l’Olympia – 20 juin
Quasiment le jour où Baffie annonce qu’il vient de se faire virer d’Europe 1 où il proposait tous les dimanches à 11h mon émission préférée, il se produit à l’Olympia pour la dernière de son spectacle devant un parterre VIP, un joyeux bordel organisé, je suis définitivement fan.
Trophée des femmes en or – 21 juin
Après de nombreuses années à Courchevel et un détour par Paris, les femmes en or se délocalisent à Nice en Septembre pour récompenser les femmes qui ont marqué l’année dans de nombreuses catégories business ou spectacle. Denise Fabre représente Estrosi à la conférence de presse qui réunit mes copines de la presse people dans un mood très festif. De quoi donner envie de partir profiter du spectacle avec elles sur place en septembre.
X Factor – 21 juin
M6 a innové cette année en ouvrant une twittroom pour assurer un livetwitt sur place. Une chouette initiative de Victoire et Freemantle, initiative dont j’ai profité autant que possible au point de me sentir comme à la maison chez X Factor.
Otello à l’Opéra Bastille – 23 juin
Je ne crois pas avoir déjà assisté à un spectacle à l’Opéra Bastille hors grève. C’est donc en « version concert » (sans décor ni mise en scène) que j’ai pu découvrir la grande Renée Fleming sur scène. Et étrangement, le sentiment d’être un chanceux a pris le dessus. Voici donc ce que je n’ai pas vu mais pas regretté :
Calogéro au Palais des sports – 27 juin
J’étais impatient de découvrir la version symphonique de Calogéro sur scène. Le plaisir a été gâché par une canicule qui a laissé une salle sur les genoux, utilisant tout ce qui lui passait sous la main en guise d’éventail.
The wall Live – Roger Waters – 30 juin
Mon album préféré avait généré l’un de mes films préférés. J’espérais donc forcément beaucoup de la version sur scène, j’ai eu plus encore, une claque énorme, une émotion que je n’avais encore jamais vécu en spectacle. Un beau cadeau, inoubliable.
Interview Maurane – 4 juillet
Un autre très beau cadeau : 1 heure pour interviewer une chanteuse dont la voix m’emporte depuis longtemps. C’est sur place que je découvre que l’interview sera filmée et réalisée dans les conditions du direct. Je ne panique pas, jusqu’à ce que les caméras s’éteignent, moment où je réalise que le seul moyen de s’en sortir aurait été de bosser comme un fou. Qu’interviewer est un métier mais pas le mien. Je ne respire plus en attendant de découvrir l’étendue des dégâts mais en attendant, je garde le souvenir d’un moment hors du temps, magique.
Josephine Ose – 5 juillet
J’avais eu droit quelques jours plus tôt à une autre surprise : un message très personnalisé de Joséphine Draï sur mon mur Facebook pour mon anniversaire. La découvrir sur scène était donc un moment particulier. Et un vrai coup de coeur inattendu pour la partie chantée (très belle voix) au delà du one woman show. La légende dit qu’elle serait la Joséphine de Osez Joséphine de Bashung, ce qui contribue à la rendre mythique.
Berger au Palais Royal
Au programme : anisette et pétanque au coeur des Jardins du Palais Royal pour la révélation du nouveau broc qui fait partie de la mythologie de la marque Berger. Devenu malin, l’Icebroc contient un bac à glaçon en plus de sa fonction pichet à eau. Décalé et réjouissant.
Aujourd’hui, c’était mon anniversaire. Un truc qui tombe tous les ans, rien de particulièrement marquant mais quand même : l’occasion pour moi comme pour tous de constater chaque année une activité plus ou moins record sur son profil Facebook.
Cette année, en plus des messages publics ou privés ou même des pokes (…), des twitts et DM, des SMS et des mails, j’ai profité de petits mots d’amitié géolocalisés sur FourSquare, musicaux sur Spotify et même VIP sur aSmallWorld, souvent drôles, parfois émouvants, ponctuellement faussement vachards sur mon âge qui n’a d’ailleurs jamais été aussi avancé. Autant de preuves d’amitié ou simples attentions qui font chaud au coeur.
Je ne les ai pas comptés, ne m’en suis surtout pas sur-délecté, j’ai juste pris la mesure de mon plaisir en lisant chacun des messages un à un, consciencieusement, pour ce qu’ils représentaient : au minimum, quelques secondes consacrées à me faire un petit signe, quelque fois de vrais petits chefs d’oeuvre de créativité.
Ca pourra au choix paraître ridicule ou pathétique mais j’ai profité. Vraiment, sans second degré, pour une raison simple mais sans doute un peu inattendue pour ceux qui me connaissent aujourd’hui.
Distance heureuse
Petit, j’étais solitaire, ma famille s’étonnait de me voir préférer 2 heures de lecture dans ma chambre plutôt qu’une boum entre copains. Je n’étais pas seul mais limitais les moments de socialisation, par goût.
En grandissant dans mon Besançon natal, je me suis constitué un entourage limité à quelques amis. Importants et précieux, ils acceptaient mon indépendance, je n’avais aucun effort à faire, on se voyait lorsque je l’avais décidé, j’entrais en hibernation à mon gré, ils étaient là à mon retour. Je ne cherchais surtout pas à étendre mon groupe d’amis et jetais un regard oblique à tous ceux qui tentaient par extraordinaire d’y entrer d’une façon qui me semblait toujours intrusive.
En arrivant à Paris pour terminer mes études, j’ai facilement reconstitué un cercle rapproché toujours limité en nombre, avec quelques étudiants de mon école et des bisontins exilés à Paris. J’ai perdu de vue mes anciens copains d’école restés en province, en laissant aller mon penchant naturel à mettre le moins d’énergie possible à maintenir la relation. L’armée m’a fait découvrir un nouveau monde d’amitiés solides entretenues à distance plusieurs années. A distance.
Puis les premiers jobs sont arrivés, les premières histoires sentimentales sérieuses aussi, alternant avec des périodes d’enfouissement dans le travail pendant que mes amis quittaient un à un Paris pour une vie provinciale plus paisible et familiale. Quelques collègues sont alors devenus mes plus proches relations, dépassant ponctuellement seulement le cadre du travail. Mais garder la distance me semblait le meilleur moyen de ne pas imposer mes écarts d’humeur relatifs à un autre de mes traits de caractère coloré : je suis lunatique. J’étais bien persuadé de faire preuve de bonté extrême en protégeant mes amis de mes pires moments de mauvaise humeur. Je devais certainement avoir quelques qualités mais la bonté n’en faisait pas exactement partie.
Et un jour j’ai levé la tête…
Détachement douloureux
A la veille d’organiser des vacances que je n’avais pas pris depuis très longtemps et qu’il m’aurait fait plaisir (pour une fois) de partager, j’ai mesuré à quel point le nombre de mes amis s’était réduit dans mon Filofax. Je devais me rendre à l’évidence : j’étais seul, pas par choix cette fois, et entouré de gens qui pensaient sans exception que je ne l’étais pas.
Structuré et rationnel comme un scientifique peut l’être, j’ai fait la liste de tout ce en quoi j’avais contribué à mon isolement, j’ai réalisé que je n’avais jamais vraiment dit à mes amis à quel point ils comptaient pour moi, tout simplement parce que je ne le savais pas. J’ai sans doute pris conscience à ce moment là que je ne pouvais pas exclure complètement que mon sale caractère ne faisait pas de moi un type bien.
J’ai passé les quelques mois qui ont suivi à constater que se faire des amis n’est jamais aussi compliqué que lorsqu’on en cherche.
J’ai détesté mon indépendance devenue contrainte. Je me suis étourdi dans le travail pour ne plus constater chaque jour à quel point j’étais seul, paradoxalement très entouré mais seul. Sans y être particulièrement destiné, j’ai mécaniquement progressé, recevant des promotions que je ne demandais même pas, sans doute pour récompenser mon dévouement absolu. Ce qui m’éloignait invariablement de mes collègues pourtant les plus proches au moment où je devenais leur manager. Une expérience qui m’a conduit à renforcer la distance que j’impose dans mes relations professionnelles, encore aujourd’hui, longtemps plus tard.
Contre nature réparateur
Redevenu célibataire après une quasi décennie de vie de couple, j’ai décidé que j’agirais contre nature. En chassant mon penchant pour une indépendance dont je mesurais désormais la dimension égoïste et en forçant le maintien des relations qui se créaient. Le tout à un moment où, incidemment, les réseaux sociaux déboulaient dans ma vie. Très vite, j’ai pris conscience que tenir un blog ne serait finalement pas un exercice isolé de plus et créerait des occasions de rencontres précieuses, dans la vraie vie, jusqu’à la transformer.
J’en ai profité, j’ai même fini par aimer ces moments de regroupements improvisés avec des gens que je ne connaissais que par leurs écrits. Même si la première entrée dans ces cercles d’initiés me coûtait toujours, je faisais l’effort. J’ai fini par rencontrer beaucoup de blogueurs qui, au gré des affinités, ont constitué un solide premier cercle d’amis et m’ont apporté de nombreux potes qui comptent.
Aujourd’hui, je ne cherche plus de nouveaux amis, j’essaie d’épargner autant que possible de mes pires traits de caractère ceux que j’ai et que j’aime, en cachant aussi bien que possible les efforts bien anecdotiques que ça me coûte de plus en plus rarement. Je n’hésite jamais à sacrifier un moment de solitude réparatrice pour un échange avec tous ceux qui comptent autour de moi. Je me suis même tellement habitué à connecter avec le monde qui m’entoure que je le fais sur les réseaux avec un comportement proche de l’excès.
Je sais que je ne suis pas parfait en amitié, on ne chasse jamais complètement le naturel. Et je ne peux qu’espérer que mes petits efforts ne soient pas trop visibles ni pesants.
Je sais aussi que tous ces signes de sympathie, concentrés le jour de mon anniversaire, de tous ceux qui comptent pour moi, me rappellent pourquoi ces efforts en valaient la peine. J’ai appris à donner toutes leur valeurs à de petits signes d’attention dont je n’ai réalisé l’importance que très tard.
Merci à tous ceux qui ont contribué à cette belle journée.
C’était l’un des thèmes de discussion de ma semaine de vacances. Mais c’est avant tout l’un des mots qui résume le mieux qui je suis : j’ai du me rendre à l’évidence il y a longtemps et accepter les paradoxes qui me caractérisent. Je l’ai mesuré très tôt quand, tout jeune, ma timidité maladive tendance introverti laissait parfois la place à des délires en public qui démontraient une fois de plus que le courage des grands timides existe. Du plus anecdotique au plus révélateur, voici donc la petite liste de mes 10 paradoxes.
Je suis un solitaire qui aime être entouré de gens
Je n’aime pas le fromage mais mes deux plats préférés sont la fondue savoyarde et la raclette
Je regarde très rarement la télé (rarement plus de 2 fois par semaine) mais j’en parle souvent
Je ne suis pas particulièrement courageux mais menace sans problème 2 jeunes types baraqués qui viennent de me voler mon sac en pleine nuit (et me le rendent du coup, mon sac…)
Je ne suis pas bavard et je fais un métier où je dois parler tout le temps
J’ai peur du vide (et de l’avion) mais j’adore les manèges qui simulent des chutes vertigineuses
Je n’aime pas la glace à la fraise ni la meringue mais j’adore le vacherin
Je suis hypocondriaque mais vais très rarement chez le médecin
Je pars en vacances au Club Med avec des amis tout en mettant en général pas mal d’énergie à ne pas socialiser
Et surtout, je déteste parler de moi dans la vie, on me reproche d’être trop secret mais j’écris ce genre de billets sur un blog depuis 6 ans et raconte ma vie sur Twitter
Mais je suis sûr que je n’ai pas l’exclusivité, on est tous probablement faits de paradoxes, non ? (je demande quand même pour être sûr).