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Voyages

7 juillet 2013 · Voyages · 1 Commentaire

Je n’écris plus ici. Je voyage, je peux pas tout faire. Et j’exauce au passage les voeux de ma wish list de l’année.

Après Tel-Aviv fin avril, le Festival de Cannes en mai, j’enchaîne pour le travail Londres (souvent), Tunis, Los Angelès, l’Atlas marocain. Et pour le plaisir un week-end à Besançon (ma maison), à Bordeaux (une belle découverte) et enfin à Monaco et son Festival de télé dont je rêvais depuis si longtemps.

J’ai donc rencontré une bonne cinquantaine d’acteurs qui m’ont fait vibrer devant mon écran dans mon enfance (Linda Gray aka Sue Ellen !!) ou depuis 10 ans que je me suis laissé emporter par les séries télé contemporaines. Mais j’ai aussi croisé des producteurs, scénaristes, showrunners qui m’ont appris plein de choses dont j’ai pris bonne note et partagé la vie quotidienne avec mes amis de la presse télé qui m’ont guidé pendant 5 jours. Un énorme moment de plaisir.

Plus de temps dans la vraie vie, moins sur les réseaux sociaux. Ca me plait bien, on va essayer de tenir le rythme. (j’en ai d’ailleurs profité pour passer en privé sur Twitter, ce qui explique le cadre vide en bas à droite sur cette page)(mais c’est tendance de s’effacer un peu sur Twitter)

 

Les mystères de larmes

2 juin 2013 · Buzz · 2 Commentaires

Cette semaine, quelques amis des réseaux sociaux ont attiré mon attention sur une expérience qui date de plus de 3 ans, relayée récemment par le Daily Geek Show. Du 14 mars au 31 mai 2010, l’artiste serbe Marina Abramovic a proposé une rétrospective de son oeuvre Musée d’Art Moderne de New York. Fidèle à la recherche de dépassement de soi qui caractérise son oeuvre, elle a proposé aux visiteurs une expérience hors norme : « The artist is present« , un face à face silencieux, au plus profond des émotions. Pendant plus de 700 heures en 3 mois, Marina a ainsi plongé près de 1.500 interlocuteurs dans un voyage intérieur mené par le seul regard, sans un mot, sans un mouvement.

Plus encore que les vidéos, les visuels de cette initiatives, regroupés dans le TumblR « Marina Abramovic made me cry » sont bouleversants, révélant la beauté de regards brouillés par les larmes.

A l’époque, des célébrités telles que Lady Gaga ou James Franco sont venues tenter l’expérience qui a depuis été retracée dans un documentaire produit par HBO et largement primé en 2012.

L’un des billets dont on m’a le plus parlé en 8 ans de blog est celui où je parlais de mes larmes de plus en plus faciles. Sans doute parce que le sujet reste un peu tabou. Un garçon ne pleure pas, ou ne l’avoue pas en tout cas. Plus de 4 ans après avoir écrit ce billet, je peux dire que rarement une journée ne passe sans que les larmes ne me montent aux yeux. Je fais de moins en moins d’efforts pour les retenir, même si une arme secrète me permet de le dissimuler assez bien*. Elles me font sentir vivant, encore plus qu’un éclat de rire (que j’essaie de pratiquer quotidiennement également).

Si j’avais repéré l’initiative de Marina il y a 3 ans, je pense que j’aurais tout fait pour faire le voyage. Les photos me donnent terriblement envie de me laisser guider par l’émotion de Marina. Je ne manquerai pas son prochain projet.

* Ce voyage, je l’aurais fait avec des lunettes, les lentilles absorbant particulièrement bien les larmes qui montent aux yeux…

La (mini) série immanquable du moment : Top of the lake

7 mai 2013 · Séries · 7 Commentaires

Mon dernier vrai coup de coeur pour une série était Homeland. Qui en est déjà à sa saison 2. Après Downtown Abbey dont la saison 3 ne m’a pas lassé. Je mets de côté Arrow, guilty pleasure assumé et House of cards, moins bluffant que prévu. Il me reste à découvrir Rectify et Hannibal dont tout le monde me dit que je vais aimer. Mais je dois m’arrêter sur Top of the lake.

J’ai pris une semaine pour déguster la pépite dont j’attendais beaucoup : Jane Campion aux commandes, Sundance Channel et la BBC Two à la production, Elisabeth Moss en leading role, les retrouvailles de Campion avec Holly Hunter, Arte sur les rangs pour la diffusion en France. Et un succès critique et public sur Metacritic qui trompe rarement.

Et j’ai pris deux semaines supplémentaires pour digérer, mesurer la trace laissée avant d’en parler ici et de laisser entrer Top of the lake au panthéon des séries qui m’ont marqué pour longtemps.

L’intrigue de Top of the lake s’articule autour de la disparition d’une petite fille de 12 ans, enceinte de 5 mois lors de sa disparition. L’inspecteur Robin Griffin, venue de Sydney, va transformer son enquête en véritable obsession qui va réouvrir des blessures du passé. Elle est entourée d’une galerie de personnages, certains réalistes, d’autres oniriques.

Top of the lake est une série noire. Très noire. Souvent comparée à The Killing pour son atmosphère, elle utilise également parmi ses multiples symboles l’eau, non pas sous forme de pluie, mais dans un lac qui joue le rôle à la fois de danger de mort et de purification. Beaucoup de thèmes traversent les 7 épisodes, la guerre des sexes étant le plus prégnant.

La série emprunte les chemins de la lenteur des grandes séries de ces 3 dernières années, dans un nombre d’épisodes réduits, autour d’une héroïne écorchée, dissimulant ses failles sous une apparente force de caractère. Il n’y a pas de héros, le bien et le mal s’enlacent dans chaque personnage. La comparaison avec Homeland est inévitable. L’originalité du format n’est pas la question.

Top of the lake réunit tout ce que j’aime : la lenteur laisse une vraie place à tous les caractères mais ne fait aucune concession à l’efficacité du scénario et à un rythme enivrant. Tout est mis en place pour que les 2 derniers épisodes atteignent un climax riche en révélation et rebondissements. La qualité des dialogues atteint la quasi perfection. Et le format mini série qui nous épargne une saison 2 moins bien est sans doute une bonne idée, même si on en aurait voulu plus.

Le casting est aussi bon que prévu. Elizabeth Moss vaut à elle seule le détour par cette série. Elle a pu exercer avec Peggy Olson de Mad Men la femme forte et ambitieuse pleine de failles. Holly Hunter campe un gourou qui, par sa capacité terrifiante à dire la vérité sans filtre, vaut les quelques rares moments d’humour du programme. Parmi leur partenaire, Thomas M. Wright est l’acteur australien dont on entendra parler. Il est déjà devenu une star dans son pays, le reste du monde devrait suivre.

S’il fallait trouver un seul défaut à Top of the lake, ce serait sans doute les accents Neo Zelandais et Australiens qui rendent la compréhension compliquée sans les sous-titres.

Pour tout le reste, il ne me tarde qu’une chose : revoir la série dans son intégralité dans les semaines qui viennent. Aucune autre série ne m’avait donné cette envie là auparavant.

 

Réglage émotionnel

1 mai 2013 · Humeur · 10 Commentaires

J’ai été mal réglé à la naissance. Un déséquilibre de poids émotionnel, beaucoup trop faible à l’oral, beaucoup trop fort à l’écrit. J’ai ça depuis toujours. J’ai tenté des expériences, qui continuent encore pour la plupart, pour tenter de corriger ce défaut d’origine. Je n’y parviens que par petites touches, la route reste longue. Quelque chose me dit que ce billet ne va pas aider…

the baby in the arms of father shot

Captiver une audience: ce talent qui s’apprend… juste un peu

Après le théâtre, ma thérapie pour m’exprimer mieux devant une audience, qu’elle soit d’une ou de 300 personnes, a consisté à choisir un métier dans la communication, plus exactement les RP. Un métier qui, dans les années 90, s’exerçait principalement au téléphone, le medium thérapeutique par excellence. Celui qui oblige à exagérer les émotions pour les faire passer. Si on veut avoir l’air sympa au téléphone, on sourit, si on veut avoir l’air amusé, on éclate de rire. On force les émotions, justement tout ce que je ne savais pas faire.

Au fur et à mesure des années, j’ai appris quelques astuces qui m’ont au moins permis de « vendre » une histoire. J’ai progressé. L’ironie du sort est que je donne aujourd’hui des cours de « storytelling au quotidien » à des élèves qui s’améliorent je crois sous mes conseils, apprennent à distiller des détails, à faire monter la tension, orchestrer un début, un milieu, une fin, intégrer un enjeu, dans tous leurs sujets de conversation… Parler à la part émotionnelle de notre cerveau pour permettre à sa part rationnelle de prendre des décisions, selon la fameuse théorie défendue par le neuroscientifique Damasio dès le siècle dernier.

J’ai progressé, mais je m’ennuie toujours en parlant de moi. Ou, pire, je perds le contrôle de mes émotions. Hors il n’y a pas de bon storytelling à l’oral sans se livrer un minimum. Les gens disent poliment me trouver pudique mais la réalité est moins glorieuse : captiver une audience en m’exprimant devant elle reste un challenge qui nécessite un travail, un effort, une tension parfois douloureuse, rarement agréable en tout cas.

Se protéger derrière des mots écrits: pas si simple

On a sans doute tous un mode d’expression de prédilection. Le mien est depuis toujours l’écrit. Ado, j’écrivais de longues lettres à mes ami(e)s. Aujourd’hui encore, je leur envoie plus facilement un email que je ne leur passe un coup de fil. Dans une mécanique exactement opposée à ma relation au langage parlé, m’exposer par écrit, me dévoiler sans filtre est un acte absolument naturel. C’est dire à quel point le blog a immédiatement constitué un mode d’expression confortable pour moi.

Pour autant, cette facilité ne m’a pas exempté d’efforts. Assez vite, j’ai compris qu’il fallait que je me protège. J’ai bien senti par les réactions provoquées que la perception de mes textes dépassait mon intention : alors que je pensais ne parler que pour quelques proches et moi, des inconnus commentaient, m’écrivaient, me renvoyaient une charge émotionnelle au niveau de la mienne, supposée, dont je n’avais absolument pas conscience. Je me livrais beaucoup, quasiment par inadvertance. Je me souviens, à l’époque où j’écrivais sur lepost.fr sur les séries télé (!), de cette lectrice fidèle qui me racontait au quotidien le calvaire qu’elle vivait à la maison avec son mari. « Parce que je la comprendrais mieux que personne ». Je n’avais pas les clés pour réduire le poids de l’émotion distillée que je continue d’ailleurs à avoir du mal à réaliser aujourd’hui.

Avec l’arrivée de twitter, j’ai donc décidé que je n’y serais que léger. C’est en 140 caractères, des dizaines de milliers de fois, que j’ai répandu de la légèreté à la limite de la superficialité. Mes acolytes ont alors commencé à me renvoyer quelque chose de simple et souvent drôle. Je m’emploie à me déconnecter si je ne me sens pas d’humeur. Et je garde la plupart de mes textes pour moi : de mes publications quotidiennes sur ce blog et dans quelques médias, il n’en reste qu’un ou deux par mois. De plus en plus rarement sur mes expériences. Quand j’en écris, je tends à ne pas publier.

On fait quoi maintenant ?

Lorsque finalement, je me décide à publier un texte comme celui-ci, je suis toujours étonné qu’il puisse être lu, ne serait-ce que par une seule personne. Je ne comprends pas le processus qui fait traverser la zone des émotions d’un cerveau de lecteur potentiel. Et puis, je me pense à l’abri : qui pourrait bien s’envoyer des mots au kilomètre sur un écran d’ordinateur en 2013 ?

Mais c’est peut-être ça le secret : ne pas chercher à séduire, posture plus simple à défendre à l’écrit que dans la vie, aiderait un interlocuteur à se projeter et à créer de la proximité ? Je me demande ce qu’en aurait dit Damasio… Dans le doute et sans réponse, je me relis attentivement avant de publier pour supprimer ce qui dirait trop sur moi.

Au final, je n’ai effacé qu’un seul paragraphe de ce texte, toujours aussi peu capable de discerner ce qui relève de l’expérience partagée de ce qui frôle l’impudeur. Et je compte sur mes amis pour m’alerter quand je ne me protège pas assez. La touche « delete » n’est jamais très loin.

Nicolas Beytout lance L’opinion

30 avril 2013 · Médias · 1 Commentaire

Un nouveau quotidien national ne se lance pas tous les jours en France, le dernier, c’était il y a une vingtaine d’années. Autant dire un autre siècle. Après des années marquées par les initiatives purement digitales (Slate, Rue 89…), c’est Nicolas Beytout qui se lance dans l’aventure d’un « média quotidien numérique avec une extension papier ». Le site ouvrira le 14 mai à 18h. Sa première parution papier sera disponible en kiosque dès le lendemain matin puis chaque jour du lundi au vendredi.

L’évènement est suffisamment important pour que les autres médias se soient déjà largement intéressés à ce projet défendant une ligne éditoriale axée « libéral, pro-business et européen ». Sa vocation est de « se concentrer sur les domaines de l’influences : politique, économie et international ». Ce qui, en creux, exclut ce qui relève des l’info géné, rubrique qui a vu sa part de voix exploser dans la presse quotidienne et sur le web, en plus de la culture et du sport, « sauf s’ils deviennent des sujets politiques ou économiques ».

En pro des médias après 25 ans de carrière, Nicolas Beytout a réfléchi un produit bi-média justifié par « le numérique qui constitue l’innovation et le print qui conserve la puissance d’influence », en particulier auprès des cibles dirigeants d’entreprise, cadres supérieurs, français à l’étranger, investisseurs et politiques.

Celui qui se présente désormais comme un « entrepreneur en charge d’une start-up dont il est le premier actionnaire » présente ainsi une série de points de différenciation, dans un environnement clairement fragilisé depuis 5 ans :

  • L’investissement porte sur l’éditorial avec une trentaine de journalistes, la plupart expérimentés tels que Muriel Motte (Les Echos), Jean-Dominique Merchet (Marianne), Irène Inchauspé (Challenges), Raphaël Legendre (La correspondance Economique) ou encore le dernier annoncé Luc de Barochet (Lefigaro.fr), rejoints par de jeunes journalistes tels que Raphaël Proust. Si un chef d’édition est déjà au travail, il n’y aura pas de secrétaires de rédaction pour alléger les coûts.
  • Le retour en Une des éditos est une tendance, pas seulement en France : L’Opinion accueillera en première page et en premier article un Edito
  • L’information sera payante avant de devenir gratuite 48h plus tard, sauf les vidéos destinées à attirer des internautes et intégrées dans une programmation quotidienne proche d’une chaîne de télé (l’interview du matin avec un invité politique, des éditorialistes, un journal de fin de journée…)
  • Le choix du prix unique a été fait pour l’accès web, le quotidien papier, l’alerting, les newsletters, la datavisualisation chaque jour de la semaine à 14h et les versions mobiles (d’abord iOs puis Android avant l’été)
  • Le format papier sera dans un format berlinois assez classique mais plus ramassé (8 à 12 pages) et sans rubriquage, « construit comme un journal télé en fonction de l’actu », sur 4 colonnes par page.
Sur la cible, les objectifs sont assez ambitieux : 50.000 exemplaires quotidiens dans 3 ans et 1 million de visiteurs uniques. Le lancement est orchestré de façon assez moderne avec notamment un Tumblr qui emmène dans les coulisses de la création d’un journal. Un nouveau quotidien national, qui en plus parle d’opinion et d’influence. Je suis déjà sur le rang des futurs abonnés.

Retour en image à Tel Aviv

28 avril 2013 · Voyages · 1 Commentaire

C’était la dernière ville dont je rêvais depuis longtemps et qu’il me restait à découvrir. Donc après New York, Sydney, San Francisco, Barcelone, Rio et Hong Kong, je suis parti une semaine à Tel Aviv en Israël. Le point commun de ces villes au bord de la mer ? Une énergie bien particulière, un tourbillon permanent traversé de bulles de plénitude. Mieux que des mots, j’ai pensé à des images pour garder une trace.

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Tous unis pour l’égalité

18 mars 2013 · Humeur · 6 Commentaires

Mise à jour 22 avril

Le mariage qui s’est tenu la semaine dernière. Couvert par LCP, LCI, 20 minutes et beaucoup d’autres…

Mise à jour 22 mars

Le premier mariage a eu lieu en live hier soir. Une grosse émotion en coulisse. Voici les meilleurs moments du mariage de Jacques et Pierre.

C’est une situation inédite qui se présente à moi. Parce que j’ai pris l’habitude depuis 8 ans de ne pas évoquer ici ou sur les réseaux sociaux les sujets sur lesquels je travaille. Par souci d’objectivité d’abord, pour éviter les conflits d’intérêt ensuite.

Mais cette fois est très différente : non seulement mon intervention n’est conditionnée par aucune rémunération, elle est en plus engagée. Je serai donc subjectif  dans les jours qui viennent. Mais de façon très assumée.

Je vous inviterai à partager les vidéos de Tous unis pour l’égalité si vous soutenez les principes d’égalité du Mariage pour tous. Votre partage comptera pour un soutien, nous les comptabiliserons et les espérons nombreux. Les autres modes de soutien seront les bienvenus également.

Pourquoi se mobiliser maintenant pour défendre les principes d’égalité du Mariage pour tous, alors que beaucoup semblent penser que la loi est quasiment passée, que le combat est ailleurs ?

Beaucoup de raisons. De natures très différentes en ce qui me concerne.

Pour ces interrogations sur la France, pays des droits de l’homme, de mes collègues dans le monde qui ont vu passer la loi il y a bien longtemps dans leur pays. Pour ces discussions nourries sur le web pendant les débats avec la sensation d’un grand retour en arrière inquiétant. Pour ce sentiment visiblement très partagé que les dés sont jetés alors que la mobilisation du côté des antis reste très organisée et très professionnelle je dois dire. Pour n’en citer que 3.

Je ne suis pas particulièrement pour le mariage qu’il soit pour des personnes de même sexe ou non. Je suis pour l’égalité jusqu’à ce qu’on me prouve qu’elle entrave celle de quelqu’un d’autre.

En travaillant sur l’organisation du lancement, on m’a parfois dit : pourquoi ne pas tout simplement faire témoigner des gens qui veulent se marier ? Publier des portraits de gens normaux dans la presse, loin de la caricature faite par les opposants. A ceux-là, j’ai répondu qu’il y en avait déjà et que ça ne marquerait jamais autant les esprits que la capacité des opposants à créer la polémique dans un registre très puissant pour les médias. Qu’il fallait structurer plus, mais en gardant le principe de portraits sincères.

Ce sera donc au travers de mariages symboliques, sur Internet, en direct, que ces portraits existeront. Avec l’engagement d’un maire belge où le mariage entre personnes du même sexe est légal depuis 10 ans déjà. Ce sera bien sûr l’occasion de s’intéresser à tous les protagonistes, mariés, maire, témoins… Le premier mariage se déroulera jeudi prochain, 21 mars, à 20h.

Vous pouvez donc vous abonner à la chaîne YouTube, suivre la page Google+ pour commenter en live le hangout, adopter le Twibbon mais surtout, partager dès maintenant sur Facebook, Twitter, Google + ou partout où vous le souhaitez cette vidéo invitation au premier mariage. Cette vidéo sera incluse dans la comptabilisation des partages.

A propos du collectif Tous Unis Pour l’Egalité

Initié par Vincent Viollain, le collectif Tous Unis Pour l’Egalité est un collectif apolitique qui réunit des personnalités pour le déploiement d’une mobilisation autour du mariage pour tous. Il est notamment composé de Emmanuelle Campo de l’association Animafac, Gilbert Branchet du Reald, Louis-Georges Tin du Comité IDAHO, Nicolas Noguier du Refuge, Catherine Tripon de L’Autre Cercle, Guillaume Allenet du Caelif, Catherine Michaud de GayLib, François Rico de l’ADFH, Arnaud Sanchez, Thibault Poutrel et Philippe Chauliaguet.

Le collectif organise un mariage symbolique en vidéo sur Internet entre deux personnes du même sexe à compter du 21 mars.

Retrouvez toutes les informations et les actus sur www.tousunispourlegalite.com

J’aimerais aussi en profiter pour remercier ceux de mon équipe qui ont levé la main pour donner de leur temps, sur la base du bénévolat. Merci en particulier à Marie, Servane, Trang, Aurélien, Charles-Antoine et Charles pour leur temps précieux depuis 1 semaine.

 

The place beyond the pines

17 mars 2013 · Cinéma · 7 Commentaires

Ce billet ne va presque pas parler du film de Cianfrance que j’ai vu cette semaine. Mais comme je ne comprends pas ce titre (qui serait lié à la ville où l’histoire se déroule), je me suis dit qu’il pouvait très bien s’adapter à ce qu’il a provoqué chez moi, dans ce processus assez rare qui m’étonne toujours.

Il y a 3 grandes catégories de films qu’on aime beaucoup.

Il y a ceux qu’on aime tout de suite et pour longtemps. Ceux qui vous marquent toute une vie. Ils sont heureusement nombreux. Dans la catégorie, pour ne pas citer que des films évidents, il y aurait pour moi la plupart des films d’Alan Parker (Birdy, Angel Heart…) et de Tim Burton (Big Fish !), la plupart des films de la bonne époque d’Adjani (L’année prochaine si tout va bien, L’été meurtrier, Camille Claudel…), la grande époque de Lelouch (de Partir, Revenir à La belle histoire), Shining, L’armée des 12 singes, La bûche, Le silence des agneaux, Fight Club, Nikita, Titanic, les sagas Alien et Terminator, Benjamin Button… (il y en a des centaines que je regretterai de ne pas avoir cité ici)

Il y a ceux qu’on aime et qu’on oublie assez vite. Je classerais ici dans mon cas Gladiator, Amélie Poulain, Avatar, Subway, Taxi Driver, tous les films de Woody Allen, Kill Bill et tous ceux que j’ai donc vraiment oublié…

Et il y a enfin la catégorie de ceux qu’on déteste en sortant de la salle de cinéma avant de finir par les aimer, plus ou moins vite, pour différentes raisons. Etrangement, ce sont souvent des films qui m’ont d’abord prodigieusement agacé. Il y a ici à peu près tous les films de Lars von Trier (Breaking the waves, Dancer in the dark…). Les lois de l’attraction ou Kaboom m’ont ainsi tous les deux parus prétentieux et faussement intellectuels à première vue. Mais je me souviens encore de chaque scène plusieurs années plus tard. Dans un autre genre, District 9 m’avait semblé aussi ridicule que ce à quoi je m’attendais avant d’entrer dans la salle. J’ai fini par être marqué par ce film.

C’est donc exactement ce qu’il vient de m’arriver avec The place beyond the pines.

En sortant, j’étais très agacé par la longueur du film, par les 3 séquences très inégales, les quelques personnages ratés, la noirceur désespérée, des moments inutiles comme pour équilibrer les 3 séquences, un maquilleur qu’il faudrait mettre en prison pour avoir aussi mal vieilli les acteurs et infligé des tatouages aussi ridicules à Gosling et la participation à ce pari incroyable que semble s’être lancé tout Hollywood : comment se rapprocher de 3 heures de films plutôt que 1h30 ? (à qui il faut écrire pour faire stopper immédiatement cette tendance ??).

Oui mais voilà, dès le lendemain, notamment en croisant les affiches placardées dans Paris, j’ai repensé au très beau et long plan séquence d’ouverture, à la BO enivrante, au climax de la fin de première séquence, à Bradley Cooper finalement pas si mauvais que ça dans certaines scènes, à Eva Mendes belle même enlaidie et à la puissance émotionnelle de quelques moments clés.

Et il y a Ryan Gosling. Ce type qui a tendance à jouer toujours le même rôle (retrouvez le après Blue Valentine et Drive…), qui semble capable d’une seule expression faciale, qui compose avec un physique pas simple en surgonflant ses muscles et blondissant ses cheveux. Mais c’est celui qui au final réussit à rendre attachant des personnages complexes, à pleurer mieux que n’importe quel autre acteur masculin à l’écran, à jouer d’un charisme hallucinant malgré son regard a priori vide et sans âme. Il est celui qui m’a finalement fait comprendre que je devrai revoir ce film, dans quelques mois, quand l’été sera passé.

L’âge d’or

2 mars 2013 · Non classé · 4 Commentaires

J’ai eu la chance de commencer mon métier dans des conditions exceptionnelles, qui n’existeront probablement plus jamais. Au début des années 90, lorsque les budgets marketing s’intéressaient réellement aux RP, comme une activité qui devait être considérées financièrement avec sérieux.

Il ne s’agissait pas uniquement de proposer un voyage pour tester des appareils photo et pellicules sous le soleil ou dans des conditions extrêmes adaptées au pays. Il s’agissait de vivre des expériences. A 23, je n’avais jamais voyagé, à 28 ans, j’avais vécu une nuit sous la tente en plein désert, une randonnée dans la forêt de Muir Woods près de San Francisco, le Grand Canyon en hélicoptère, Saint Petersbourg par – 30° pendant le déplacement de la statue de Lénine, du ski sur le sable des dunes aux alentours de Dubaï… En tant qu’organisateur, j’étais forcément toujours partant pour toutes les expériences. Avec plaisir je dois avouer. Entouré de photographes, il en reste donc quelques traces…

Ca m’a donné durablement le goût des voyages, dont j’ai continué à profiter en Europe pendant 3 ans avec un rôle Européen qui m’a permis de traverser le continent puis, pour différents clients. Complété évidemment par des vacances tantôt natures, tantôt urbaines, tantôt festives.

Par chance, il me reste quelques pays que je rêve de découvrir, je les ai méthodiquement listés aujourd’hui grâce à Tripadvisor qui offre ce service (en marquant les endroits concernés en vert). Je suis super prêt.

 

 

J’ai fait l’armée je vous dis !

17 février 2013 · Humeur · 6 Commentaires

Après toutes ces années, je continue à voir les yeux de mes interlocuteurs s’arrondir quand je leur parle de mes « bons souvenirs au service militaire ». Pourtant, j’ai fait mon coming out sur ce blog il y a longtemps : non seulement j’ai fait l’armée mais en plus j’ai kiffé !

Il semble qu’on ne me croie pas plus qu’il y a 10 ans, je me vois donc dans l’obligation de sortir l’artillerie lourde : LA PHOTO (le dossier diront d’autres…). Déjà un téléphone à la main (un talkie walkie à l’époque hein), le brassard sécurité fièrement exposé, le FAMAS en bandoulière, tout y est. Et je ne résiste pas au plaisir de republier le détail de mes « exploits » militaires pour fêter le 20ème anniversaire de ma séparation avec l’armée.

En 1992, j’avais la possibilité de faire mon service militaire entre 2 années d’étude dans mon école de com. J’avais aussi au passage un accès confortable au SIRPA, en tant qu’aspirant au service de com des armées, histoire de me planquer pendant 10 mois et faire la fête tranquille à Paris. J’ai plutôt choisi le19ème Régiment du Génie de la Garnison de Besançon et ma famille à proximité, moi qui avais mis tant d’énergie à « monter à la capitale… ». Le prix à payer pour “faire l’armée” dans ma ville d’origine me paraissait alors de l’ordre du détail : 3 mois de classe et une affectation ultérieure indéterminée.

Les débuts m’ont fait l’effet d’une grande claque, une violente sortie de l’univers cotonné dans lequel je ne savais même pas que j’évoluais auparavant. La quasi totalité de la population française masculine était concernée et mélangée au hasard de mois de naissance concordants, sans considération de classe sociale, ce qui arrive finalement rarement dans le parcours d’une vie. Mes premiers jours de service militaire ont donc transformé un chiffre, auquel on s’est tellement habitué qu’on ne le voit plus, en réalité sociale. Notre pays compte plus de 10% d’analphabètes. Et au-delà de la capacité à lire ou écrire un texte simple, ce sont parfois des rudiments de vie quotidienne qui échappaient à mes conscrits. Se saluer le matin et le soir, prendre un douche tous les jours ou déjeuner assis à une table à heure fixe se révélaient pour certains une nouveauté à laquelle ils adhéraient avec plus ou moins de facilité.

Dès les premiers jours, des groupes se sont formés, certains tentant de prendre l’ascendant sur les autres. La nature humaine. A ce jeu là, je n’étais pas forcément le meilleur. Pas armé. Moi qui avais plutôt jusque là été habitué à être bien vu par mes profs, je devais me coltiner un sergent qui de toute évidence me détestait. Résultat : mes rangers n’étaient jamais assez cirées, mon tour venait assez souvent pour les corvées, j’étais toujours celui qui essuyait les plâtres pour les exercices… Il y avait aussi les “anciens” de plus de 3 mois bien décidés à en faire baver aux “bleus”, en mettant une grande énergie à nous compliquer la vie. Et enfin, l’idée des nuits passées dans un trou de combat peut se révéler ludique jusqu’à ce qu’elle se vive en plein mois d’octobre sous la pluie jurassienne.

N’ayant pas particulièrement l’intention d’expérimenter 90 jours en enfer ni de rejouer la petite fille aux allumettes, j’ai décidé qu’il y aurait les disciplines dans lesquelles je serais le meilleur et que ça m’aiderait : personne ne m’a jamais battu au concours de montage/démontage de FAMAS le plus rapide ni aux montées à la corde avec les bras. Je n’y ai gagné aucun respect mais de la fierté. Pour le respect, j’ai compris que je devais prendre un risque.

Un jour où le “chef “de ma chambrée, costaud type rugbyman et craint de tous, avait décidé que ridiculiser en public le plus faible d’entre-nous pourrait aider à faire passer le temps, j’ai vu une belle façon de prendre un risque. J’ai pris une énorme respiration, descendu ma voix de 2 tonalités (je ne fumais pas encore à l’époque), gonflé le torse et je me suis planté devant lui pour lui faire savoir sur un ton presque détaché que ça n’amusait que lui. Je ne saurai jamais ce qui l’a retenu de m’en coller une devant mes camarades partagés entre inquiétude et goût du sang, qui n’auraient de toute façon pas bougé, mais il s’est marré et a abandonné l’idée : j’y ai gagné une mâchoire intacte… et le respect de mes compatriotes. Et enfin, ma plus grande résolution a été de décréter que chaque moment désagréable deviendrait un film dont j’étais le héros. Lorsque que mon tour de garde arrivait dans mon trou de combat inondé, alors que je voyais quasiment la fenêtre de ma chambre dans la lunette de mon FAMAS, je tournais le long-métrage le plus drôle de l’histoire du cinéma.

A l’issue de trois premiers mois difficiles mais instructifs, le verdict est tombé : mon sergent préféré avait oeuvré pour que je reste 2ème classe quelques mois de plus. Avec à la clé des missions terrain caractéristiques du Génie : explosifs, tirs au revolver, parcours du combattant. Autant de punitions potentielles qui se sont transformées en partie de plaisir, une véritable superproduction hollywoodienne : tout devenait un jeu. Et ma “bonne résistance face à la pression que représente des armes réelles” m’a valu les compliments en public du Lieutenant pourtant réputé avare en la matière.

Un mois plus tard, je suis devenu “gradé”. Enfin “petit gradé” : Caporal-Chef. Suffisamment gradé pour prendre en même temps des responsabilité dans la sécurité et la tête d’une équipe de 4 gars que je ne connaissais pas. Deux de Marseille, un de Lille et le dernier de la banlieue de Lyon. Aucun du genre à se laisser diriger au sein d’une équipe, ni à éviter de rouler un pétard en pleine garde juste parce que je le leur demandais. Notre travail consistait à assurer la sécurité d’un site avec pour seule vraie contrainte des tours de garde quelque peu solitaires et ennuyeux en pleine nuit.

Un soir où je n’étais pas de garde et dormais, de violents coups de klaxon m’ont réveillé en sursaut. Le temps d’apercevoir les 4 lits autour de moi occupés, j’ai compris que l’un des deux marseillais avait jugé bon de se coucher plutôt que d’assurer sa mission de surveillance. C’est à ce moment que le Lieutenant avait décidé pour la première fois depuis des mois de venir visiter ses quartiers au beau milieu de la nuit. C’est donc ébouriffé et en vrac que j’ai couru ouvrir la barrière à plus de 3h00 du matin. Lorsque le Lieutenant est venu me demander des comptes, alors que je croyais les gars toujours en plein sommeil, je me suis entendu lui dire que c’était de ma faute et que je m’étais endormi à mon poste alors que c’était mon tour de garde. Sans autre conséquence qu’un grognement agacé du Lieutenant qui je crois m’aimais bien. Ce n’est que le lendemain, alors que je n’avais pas encore évoqué l’événement, que j’ai appris que mon équipe avait tout entendu et se sentait infiniment redevable de les avoir couverts. Ils me l’ont montré à leur façon, en partageant avec moi mon tout premier joint et en assurant l’intégralité de leur tour de garde jusqu’à la fin de mon service qui se terminait 2 mois plus tôt que le leur.

Le moment le plus marquant de cette période a eu lieu la dernière semaine : l’exercice du jour consistait à progresser en équipe dans un espace plongé dans la pénombre totale, le tout sans prononcer le moindre mot. Un peu Koh Lanta avant l’heure. Exercice réputé anxiogène, de façon parfois totalement irrationnelle. En plein milieu du parcours, j’ai commencé à me sentir oppressé, angoissé par le noir absolu. Alors que je m’apprêtais à demander de l’aide, j’ai senti une main attraper la mienne pour me guider dans la bonne direction, jusqu’à la sortie. C’était la main du marseillais qui avait raté son tour de garde quelques mois plus tôt. C’était devenu un ami avec lequel j’ai continué à correspondre pendant plusieurs années.

Mon service militaire m’a permis de mesurer à quel point il est stupide de considérer son environnement direct comme représentatif d’une population quelle qu’elle soit. Il m’a aidé à comprendre que gagner le respect nécessite parfois de s’exposer. Il m’a aussi donné quelques clés de management qui me sont utiles aujourd’hui encore. Et il m’a donné l’opportunité de vivre des expériences explosives que je ne vivrai jamais plus et m’a appris à prendre les moments difficiles comme un jeu.

Je continue à penser que la suppression du Service Militaire n’était pas une bonne idée, une évolution aurait fait plus de sens. Je suis sûr qu’on y reviendra.