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J’ai lu Gala

17 août 2013 · Presse · Laisser un Commentaire

Je ne remercierai jamais assez ma salle de sport préférée de m’avoir offert Gala aujourd’hui. La souffrance musculaire m’a presque paru légère devant tant de détente. En notant au passage la densité du contenu people glam’. Comme je suis bon esprit, je partage ma lecture, suffisamment pour donner envie de plonger, pas trop pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte aux lecteurs assidus de Gala que vous êtes probablement.

En couverture, après m’être demandé à quel point la photo d’Elodie Gossuin a été photoshopée, c’est l’annonce d’une Roselyne Bachelot à la plage qui attire mon attention. Mais je résiste à aller directement combler ma curiosité, je commence par le début.

Je passe vite sur l’avis de Marc Jolivet concernant la médaille de commandeur des Arts et lettres de Bono parce que globalement, on s’en tape un peu de son avis à Marc.

C’est un BHL alangui au bord d’une piscine, chemise blanche ouverte, qui nous accueille pour le sommaire. J’hésite entre le rire et l’exaspération, du coup je ne lis pas le sommaire et continue sur le sommaire mode qui m’annonce que j’ai enfin bon goût : le bleu indigo que j’aime (enfin j’aime surtout le bleu klein) est à la mode, je saurai tout dans 70 pages !

Je reviens de Belgique, je ne peux pas ne pas lire intégralement cet article sur la naissance d’un couple royal dont j’ignorais tout : Philippe et Mathilde de Belgique, après l’abdication d’Albert II. Seule ombre au tableau de la photo de famille « affichant son bonheur » : la petite Eléonore, 5 ans, a raté son sourire et son mouvement de salutation de la main pour les transformer en crispation généralisée, laissant redouter une sévère gastro. Sinon, à part ça, ils ont l’air cool.

La page « flash express » nous sert une Mariah Carey tout en élégance (ahah) qui a su harmonieusement assortir son attelle -au bras- à sa robe. TRES joli (mouahahah). On découvre aussi que Louis Ducruet, fils de Steph de Monac et Daniel, a 20 ans et fait de la boxe comme papa. Hier à peine, il avait 2 ans, Louis, c’est dingue. Sans transition, Florence Cassez est qualifiée de « jeune lilloise de 38 ans », on relève aussi une petite faute d’orthographe (oublié les affres du passé ») mais je ne jetterai pas la première pierre hein.

La page suivante nous révèle les 5 raisons de penser que Jennifer Aniston est (enfin) enceinte, alors que, franchement, la photo d’illustration fait tout le boulot : main sur un ventre clairement rebondi. Moi je trouve qu’on aurait pu gagner du temps mais bon…

Page 18, encore des flashs express, et là, c’est le choc : on est en train de perdre Johnny Depp qui s’est mis au vernis à ongle. Gala et moi, on sait pas trop quoi en faire, donc on joue l’effarement. Et on préfère le travail réalisé sur Helena Bonham Carter pour la transformer en Liz Taylor. En revanche, la petite photo d’Helena au naturel en médaillon n’est pas trop bon esprit, attention, l’esprit Voici nous guette…

La page 20 m’apprend ce qu’est un « crop top ». Si vous savez pas non plus, allez voir (mais c’est pas beau hein, si je peux donner mon avis d’expert vite fait).

Enfin sur le premier gros sujet : Elodie Gossuin attend ENCORE des jumeaux, « une grossesse désirée qu’elle vit comme un miracle », mais on sait pas trop pourquoi. Elodie, elle aime bien montrer son ventre à la Une de Gala, c’est son truc quoi. En attendant, c’est drôle de revoir Bertrand qui avait participé à Opérations séduction sur M6 il y a 10 ans, ce que ne rappelle pas Gala, heureusement que je suis là…

Du mariage de Tina Turner, à 73 ans, on retient qu’il a eu lieu dans la propriété des nouveaux époux, à Küsnacht en Suisse. Voilà. Hum. Voilà voilà.

Des 2 pages sur Marie Gillain, on retient qu’elle a 38 ans, j’avais oublié qu’elle avait vieilli depuis « Mon père, ce héros ». Et on se moque gentiment de la photo en équilibre visiblement instable dans une tenue peu appropriée. Mais gentiment on a dit.

On passe vite sur la rencontre de Norbert avec sa femme (manque juste l’avis de Marc Jolivet pour qu’on s’en tape intégralement) et on s’arrête sur Sharon Stone qui, à 55 ans, a « enfin choisi un homme mûr ». Le précédent sérieux, Phil Bronstein, n’était pas de première jeunesse si on se souvient bien mais faut bien trouver un titre vendeur…

En découvrant la photo qui illustre l’article sur Nicolas Sirkis, je pense immédiatement aux Inconnus et à « Isabelle a les yeux bleus ». Déconcentration ultime. Je passe, du coup.

Si la comparaison entre Rihanna avec Liz Taylor semble sortie de nulle part, l’article finit par convaincre.

Olympe a été élevé par ses grands-parents, ok, mais 24h avec BHL nous attendent. L’occasion de se souvenir que Bernard vouvoie toujours Arielle, après 20 ans de mariage. On a beau le savoir, ça intrigue toujours. Mais Bernard « n’aime pas parler de sa vie privée » nous dit-il. On prend bonne note.

Le capitaine de l’équipe de rugby Thierry Dusautoir nous présente sa femme. Où l’on apprend que le mariage est un défi. Bien intéressant tout ça…

Pour nous prouver qu’il est « loin d’être parfait », Hugh Jackman nous explique dans l’interview qui suit que les cheveux dans son tshirt chez le coiffeur le contrarient énormément. On relit. Non non, il aurait vraiment dit ça. Priceless.

Un autre « Hugues » prend le relais pour nous révéler son histoire d’amour impossible avec Edith Piaf, décrite plus que jamais comme une chaudasse mangeuse d’hommes.

Enfin, page 60, Roselyne Bachelot nous invite à la plage, à Biarritz. Mention à la tenue bariolée de la page suivante, il semblerait que les stylistes de D8 l’aient lâché pour l’été, Roselyne. Vivement la rentrée.

Les 4 pages suivantes permettent à Catherine Allegret d’en remettre une couche sur « les actes » de Montant sur lesquels Signoret aurait fermé les yeux. Plus personne n’est là pour se défendre hein.

Une heure plus tard, nous n’en sommes qu’à la moitié du magazine. Quelques courts-circuit sur les pages mode s’imposent donc : en feuilletant sur le bleu et en notant le mannequin qui multiplie les duck faces, on tombe sur une Shakira méconnaissable qui nous annonce le lancement d’une eau de toilette à son nom. Misère.

Déco, cuisine et jeux précèdent « les soirées de Gala » avec plein de gens dont on ne sait plus ce qu’ils font d’autre, que des soirées…

Je vous laisse les découvrir. Si j’ai bien fait mon boulot, normalement, une envie irrépressible de foncer acheter Gala vous a envahi depuis quelques minutes. Bonne lecture.

Zen

20 juillet 2013 · Humeur · Laisser un Commentaire

Je reviens d’une semaine de formation qui a été l’occasion, dans un joli oasis au coeur de l’atlas marocain, de nouvelles introspections pour tenter de me mettre toujours mieux au service des autres. Comme à chaque fois, j’ai compris des choses sur mon comportement, accepté de nouvelles contradictions, intégré une réalité objective qui devrait me rendre un peu meilleur. Mais ma vraie découverte de la semaine a fait l’objet de de séances quotidiennes, le matin tôt et le soir à la tombée de la nuit. Une découverte que je redoutais un peu, tant la possibilité d’atteindre la plénitude absolue en quelques minutes me paraissait hors de portée. Je suis revenu convaincu et intrigué.

D’abord, un bénéfice collatéral de la pratique du Yoga avec une coach anglaise est l’apprentissage d’un nouveau vocabulaire qui passe par les différentes parties du corps et les variations autour de la respiration.

Le challenge linguistique dépassé, il suffit de quelques minutes pour réaliser la puissance d’inspirations et expirations bien contrôlées. Dans notre groupe de débutants, nous avons passé en revue l’ensemble des positions fondamentales, à commencer par celle du chien tête en bas qui invente un nouveau type de courbatures entre les omoplates en mettant en contribution des muscles peu utilisés dans la vie quotidienne. En une semaine, nous nous sommes tous surpris à réaliser des postures à priori inatteignables pour nous, par la seule force du souffle.

Alors que la séance pré-breakfast était dédiée à aligner le corps et l’esprit dans une dynamique commune injectant de l’énergie à tous les endroits clés du corps, celle du soir avait un objectif purement relaxant. C’est celle qui m’a le plus surpris en m’offrant de multiples moments, habituellement tellement rares, de plénitude, l’esprit entièrement dégagé du corps et des pressions de la journée. Le premier soir, lorsque la coach nous a invité à redevenir pleinement présents, j’ai réalisé à quel point je ne l’étais plus, sans que mes pensées ne vagabondent mais sans penser à rien. Dans un état proche du sommeil sans pour autant l’atteindre.

Etrangement, c’est lors de l’avant-dernière séance que j’ai vraiment réalisé qu’un petit miracle se produisait chaque jour mais qu’il n’était en rien garanti. Alors qu’aucune raison de stress supplémentaire apparente ne me préparait à une mauvaise séance, je suis totalement passé à côté de ma relaxation. Ce qui me paraissait plaisant la veille devenait lourd et ennuyeux, tout était trop long, inconfortable, presque ridicule. Mais la sensation la plus forte s’apparentait à une frustration extrême. Je n’en ai jamais eu l’explication mais c’est ce qui m’a donné envie d’y retourner, de pratiquer encore.

Au final, il n’est pas impossible que je réserve quelques minutes au bureau à la relaxation avant un rendez-vous important ou une intervention stressante. Il va juste falloir que je trouve un endroit à l’abri pour n’effrayer personne…

Voyages

7 juillet 2013 · Voyages · 1 Commentaire

Je n’écris plus ici. Je voyage, je peux pas tout faire. Et j’exauce au passage les voeux de ma wish list de l’année.

Après Tel-Aviv fin avril, le Festival de Cannes en mai, j’enchaîne pour le travail Londres (souvent), Tunis, Los Angelès, l’Atlas marocain. Et pour le plaisir un week-end à Besançon (ma maison), à Bordeaux (une belle découverte) et enfin à Monaco et son Festival de télé dont je rêvais depuis si longtemps.

J’ai donc rencontré une bonne cinquantaine d’acteurs qui m’ont fait vibrer devant mon écran dans mon enfance (Linda Gray aka Sue Ellen !!) ou depuis 10 ans que je me suis laissé emporter par les séries télé contemporaines. Mais j’ai aussi croisé des producteurs, scénaristes, showrunners qui m’ont appris plein de choses dont j’ai pris bonne note et partagé la vie quotidienne avec mes amis de la presse télé qui m’ont guidé pendant 5 jours. Un énorme moment de plaisir.

Plus de temps dans la vraie vie, moins sur les réseaux sociaux. Ca me plait bien, on va essayer de tenir le rythme. (j’en ai d’ailleurs profité pour passer en privé sur Twitter, ce qui explique le cadre vide en bas à droite sur cette page)(mais c’est tendance de s’effacer un peu sur Twitter)

 

Les mystères de larmes

2 juin 2013 · Buzz · 2 Commentaires

Cette semaine, quelques amis des réseaux sociaux ont attiré mon attention sur une expérience qui date de plus de 3 ans, relayée récemment par le Daily Geek Show. Du 14 mars au 31 mai 2010, l’artiste serbe Marina Abramovic a proposé une rétrospective de son oeuvre Musée d’Art Moderne de New York. Fidèle à la recherche de dépassement de soi qui caractérise son oeuvre, elle a proposé aux visiteurs une expérience hors norme : « The artist is present« , un face à face silencieux, au plus profond des émotions. Pendant plus de 700 heures en 3 mois, Marina a ainsi plongé près de 1.500 interlocuteurs dans un voyage intérieur mené par le seul regard, sans un mot, sans un mouvement.

Plus encore que les vidéos, les visuels de cette initiatives, regroupés dans le TumblR « Marina Abramovic made me cry » sont bouleversants, révélant la beauté de regards brouillés par les larmes.

A l’époque, des célébrités telles que Lady Gaga ou James Franco sont venues tenter l’expérience qui a depuis été retracée dans un documentaire produit par HBO et largement primé en 2012.

L’un des billets dont on m’a le plus parlé en 8 ans de blog est celui où je parlais de mes larmes de plus en plus faciles. Sans doute parce que le sujet reste un peu tabou. Un garçon ne pleure pas, ou ne l’avoue pas en tout cas. Plus de 4 ans après avoir écrit ce billet, je peux dire que rarement une journée ne passe sans que les larmes ne me montent aux yeux. Je fais de moins en moins d’efforts pour les retenir, même si une arme secrète me permet de le dissimuler assez bien*. Elles me font sentir vivant, encore plus qu’un éclat de rire (que j’essaie de pratiquer quotidiennement également).

Si j’avais repéré l’initiative de Marina il y a 3 ans, je pense que j’aurais tout fait pour faire le voyage. Les photos me donnent terriblement envie de me laisser guider par l’émotion de Marina. Je ne manquerai pas son prochain projet.

* Ce voyage, je l’aurais fait avec des lunettes, les lentilles absorbant particulièrement bien les larmes qui montent aux yeux…

La (mini) série immanquable du moment : Top of the lake

7 mai 2013 · Séries · 7 Commentaires

Mon dernier vrai coup de coeur pour une série était Homeland. Qui en est déjà à sa saison 2. Après Downtown Abbey dont la saison 3 ne m’a pas lassé. Je mets de côté Arrow, guilty pleasure assumé et House of cards, moins bluffant que prévu. Il me reste à découvrir Rectify et Hannibal dont tout le monde me dit que je vais aimer. Mais je dois m’arrêter sur Top of the lake.

J’ai pris une semaine pour déguster la pépite dont j’attendais beaucoup : Jane Campion aux commandes, Sundance Channel et la BBC Two à la production, Elisabeth Moss en leading role, les retrouvailles de Campion avec Holly Hunter, Arte sur les rangs pour la diffusion en France. Et un succès critique et public sur Metacritic qui trompe rarement.

Et j’ai pris deux semaines supplémentaires pour digérer, mesurer la trace laissée avant d’en parler ici et de laisser entrer Top of the lake au panthéon des séries qui m’ont marqué pour longtemps.

L’intrigue de Top of the lake s’articule autour de la disparition d’une petite fille de 12 ans, enceinte de 5 mois lors de sa disparition. L’inspecteur Robin Griffin, venue de Sydney, va transformer son enquête en véritable obsession qui va réouvrir des blessures du passé. Elle est entourée d’une galerie de personnages, certains réalistes, d’autres oniriques.

Top of the lake est une série noire. Très noire. Souvent comparée à The Killing pour son atmosphère, elle utilise également parmi ses multiples symboles l’eau, non pas sous forme de pluie, mais dans un lac qui joue le rôle à la fois de danger de mort et de purification. Beaucoup de thèmes traversent les 7 épisodes, la guerre des sexes étant le plus prégnant.

La série emprunte les chemins de la lenteur des grandes séries de ces 3 dernières années, dans un nombre d’épisodes réduits, autour d’une héroïne écorchée, dissimulant ses failles sous une apparente force de caractère. Il n’y a pas de héros, le bien et le mal s’enlacent dans chaque personnage. La comparaison avec Homeland est inévitable. L’originalité du format n’est pas la question.

Top of the lake réunit tout ce que j’aime : la lenteur laisse une vraie place à tous les caractères mais ne fait aucune concession à l’efficacité du scénario et à un rythme enivrant. Tout est mis en place pour que les 2 derniers épisodes atteignent un climax riche en révélation et rebondissements. La qualité des dialogues atteint la quasi perfection. Et le format mini série qui nous épargne une saison 2 moins bien est sans doute une bonne idée, même si on en aurait voulu plus.

Le casting est aussi bon que prévu. Elizabeth Moss vaut à elle seule le détour par cette série. Elle a pu exercer avec Peggy Olson de Mad Men la femme forte et ambitieuse pleine de failles. Holly Hunter campe un gourou qui, par sa capacité terrifiante à dire la vérité sans filtre, vaut les quelques rares moments d’humour du programme. Parmi leur partenaire, Thomas M. Wright est l’acteur australien dont on entendra parler. Il est déjà devenu une star dans son pays, le reste du monde devrait suivre.

S’il fallait trouver un seul défaut à Top of the lake, ce serait sans doute les accents Neo Zelandais et Australiens qui rendent la compréhension compliquée sans les sous-titres.

Pour tout le reste, il ne me tarde qu’une chose : revoir la série dans son intégralité dans les semaines qui viennent. Aucune autre série ne m’avait donné cette envie là auparavant.

 

Réglage émotionnel

1 mai 2013 · Humeur · 10 Commentaires

J’ai été mal réglé à la naissance. Un déséquilibre de poids émotionnel, beaucoup trop faible à l’oral, beaucoup trop fort à l’écrit. J’ai ça depuis toujours. J’ai tenté des expériences, qui continuent encore pour la plupart, pour tenter de corriger ce défaut d’origine. Je n’y parviens que par petites touches, la route reste longue. Quelque chose me dit que ce billet ne va pas aider…

the baby in the arms of father shot

Captiver une audience: ce talent qui s’apprend… juste un peu

Après le théâtre, ma thérapie pour m’exprimer mieux devant une audience, qu’elle soit d’une ou de 300 personnes, a consisté à choisir un métier dans la communication, plus exactement les RP. Un métier qui, dans les années 90, s’exerçait principalement au téléphone, le medium thérapeutique par excellence. Celui qui oblige à exagérer les émotions pour les faire passer. Si on veut avoir l’air sympa au téléphone, on sourit, si on veut avoir l’air amusé, on éclate de rire. On force les émotions, justement tout ce que je ne savais pas faire.

Au fur et à mesure des années, j’ai appris quelques astuces qui m’ont au moins permis de « vendre » une histoire. J’ai progressé. L’ironie du sort est que je donne aujourd’hui des cours de « storytelling au quotidien » à des élèves qui s’améliorent je crois sous mes conseils, apprennent à distiller des détails, à faire monter la tension, orchestrer un début, un milieu, une fin, intégrer un enjeu, dans tous leurs sujets de conversation… Parler à la part émotionnelle de notre cerveau pour permettre à sa part rationnelle de prendre des décisions, selon la fameuse théorie défendue par le neuroscientifique Damasio dès le siècle dernier.

J’ai progressé, mais je m’ennuie toujours en parlant de moi. Ou, pire, je perds le contrôle de mes émotions. Hors il n’y a pas de bon storytelling à l’oral sans se livrer un minimum. Les gens disent poliment me trouver pudique mais la réalité est moins glorieuse : captiver une audience en m’exprimant devant elle reste un challenge qui nécessite un travail, un effort, une tension parfois douloureuse, rarement agréable en tout cas.

Se protéger derrière des mots écrits: pas si simple

On a sans doute tous un mode d’expression de prédilection. Le mien est depuis toujours l’écrit. Ado, j’écrivais de longues lettres à mes ami(e)s. Aujourd’hui encore, je leur envoie plus facilement un email que je ne leur passe un coup de fil. Dans une mécanique exactement opposée à ma relation au langage parlé, m’exposer par écrit, me dévoiler sans filtre est un acte absolument naturel. C’est dire à quel point le blog a immédiatement constitué un mode d’expression confortable pour moi.

Pour autant, cette facilité ne m’a pas exempté d’efforts. Assez vite, j’ai compris qu’il fallait que je me protège. J’ai bien senti par les réactions provoquées que la perception de mes textes dépassait mon intention : alors que je pensais ne parler que pour quelques proches et moi, des inconnus commentaient, m’écrivaient, me renvoyaient une charge émotionnelle au niveau de la mienne, supposée, dont je n’avais absolument pas conscience. Je me livrais beaucoup, quasiment par inadvertance. Je me souviens, à l’époque où j’écrivais sur lepost.fr sur les séries télé (!), de cette lectrice fidèle qui me racontait au quotidien le calvaire qu’elle vivait à la maison avec son mari. « Parce que je la comprendrais mieux que personne ». Je n’avais pas les clés pour réduire le poids de l’émotion distillée que je continue d’ailleurs à avoir du mal à réaliser aujourd’hui.

Avec l’arrivée de twitter, j’ai donc décidé que je n’y serais que léger. C’est en 140 caractères, des dizaines de milliers de fois, que j’ai répandu de la légèreté à la limite de la superficialité. Mes acolytes ont alors commencé à me renvoyer quelque chose de simple et souvent drôle. Je m’emploie à me déconnecter si je ne me sens pas d’humeur. Et je garde la plupart de mes textes pour moi : de mes publications quotidiennes sur ce blog et dans quelques médias, il n’en reste qu’un ou deux par mois. De plus en plus rarement sur mes expériences. Quand j’en écris, je tends à ne pas publier.

On fait quoi maintenant ?

Lorsque finalement, je me décide à publier un texte comme celui-ci, je suis toujours étonné qu’il puisse être lu, ne serait-ce que par une seule personne. Je ne comprends pas le processus qui fait traverser la zone des émotions d’un cerveau de lecteur potentiel. Et puis, je me pense à l’abri : qui pourrait bien s’envoyer des mots au kilomètre sur un écran d’ordinateur en 2013 ?

Mais c’est peut-être ça le secret : ne pas chercher à séduire, posture plus simple à défendre à l’écrit que dans la vie, aiderait un interlocuteur à se projeter et à créer de la proximité ? Je me demande ce qu’en aurait dit Damasio… Dans le doute et sans réponse, je me relis attentivement avant de publier pour supprimer ce qui dirait trop sur moi.

Au final, je n’ai effacé qu’un seul paragraphe de ce texte, toujours aussi peu capable de discerner ce qui relève de l’expérience partagée de ce qui frôle l’impudeur. Et je compte sur mes amis pour m’alerter quand je ne me protège pas assez. La touche « delete » n’est jamais très loin.

Nicolas Beytout lance L’opinion

30 avril 2013 · Médias · 1 Commentaire

Un nouveau quotidien national ne se lance pas tous les jours en France, le dernier, c’était il y a une vingtaine d’années. Autant dire un autre siècle. Après des années marquées par les initiatives purement digitales (Slate, Rue 89…), c’est Nicolas Beytout qui se lance dans l’aventure d’un « média quotidien numérique avec une extension papier ». Le site ouvrira le 14 mai à 18h. Sa première parution papier sera disponible en kiosque dès le lendemain matin puis chaque jour du lundi au vendredi.

L’évènement est suffisamment important pour que les autres médias se soient déjà largement intéressés à ce projet défendant une ligne éditoriale axée « libéral, pro-business et européen ». Sa vocation est de « se concentrer sur les domaines de l’influences : politique, économie et international ». Ce qui, en creux, exclut ce qui relève des l’info géné, rubrique qui a vu sa part de voix exploser dans la presse quotidienne et sur le web, en plus de la culture et du sport, « sauf s’ils deviennent des sujets politiques ou économiques ».

En pro des médias après 25 ans de carrière, Nicolas Beytout a réfléchi un produit bi-média justifié par « le numérique qui constitue l’innovation et le print qui conserve la puissance d’influence », en particulier auprès des cibles dirigeants d’entreprise, cadres supérieurs, français à l’étranger, investisseurs et politiques.

Celui qui se présente désormais comme un « entrepreneur en charge d’une start-up dont il est le premier actionnaire » présente ainsi une série de points de différenciation, dans un environnement clairement fragilisé depuis 5 ans :

  • L’investissement porte sur l’éditorial avec une trentaine de journalistes, la plupart expérimentés tels que Muriel Motte (Les Echos), Jean-Dominique Merchet (Marianne), Irène Inchauspé (Challenges), Raphaël Legendre (La correspondance Economique) ou encore le dernier annoncé Luc de Barochet (Lefigaro.fr), rejoints par de jeunes journalistes tels que Raphaël Proust. Si un chef d’édition est déjà au travail, il n’y aura pas de secrétaires de rédaction pour alléger les coûts.
  • Le retour en Une des éditos est une tendance, pas seulement en France : L’Opinion accueillera en première page et en premier article un Edito
  • L’information sera payante avant de devenir gratuite 48h plus tard, sauf les vidéos destinées à attirer des internautes et intégrées dans une programmation quotidienne proche d’une chaîne de télé (l’interview du matin avec un invité politique, des éditorialistes, un journal de fin de journée…)
  • Le choix du prix unique a été fait pour l’accès web, le quotidien papier, l’alerting, les newsletters, la datavisualisation chaque jour de la semaine à 14h et les versions mobiles (d’abord iOs puis Android avant l’été)
  • Le format papier sera dans un format berlinois assez classique mais plus ramassé (8 à 12 pages) et sans rubriquage, « construit comme un journal télé en fonction de l’actu », sur 4 colonnes par page.
Sur la cible, les objectifs sont assez ambitieux : 50.000 exemplaires quotidiens dans 3 ans et 1 million de visiteurs uniques. Le lancement est orchestré de façon assez moderne avec notamment un Tumblr qui emmène dans les coulisses de la création d’un journal. Un nouveau quotidien national, qui en plus parle d’opinion et d’influence. Je suis déjà sur le rang des futurs abonnés.

Retour en image à Tel Aviv

28 avril 2013 · Voyages · 1 Commentaire

C’était la dernière ville dont je rêvais depuis longtemps et qu’il me restait à découvrir. Donc après New York, Sydney, San Francisco, Barcelone, Rio et Hong Kong, je suis parti une semaine à Tel Aviv en Israël. Le point commun de ces villes au bord de la mer ? Une énergie bien particulière, un tourbillon permanent traversé de bulles de plénitude. Mieux que des mots, j’ai pensé à des images pour garder une trace.

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Tous unis pour l’égalité

18 mars 2013 · Humeur · 6 Commentaires

Mise à jour 22 avril

Le mariage qui s’est tenu la semaine dernière. Couvert par LCP, LCI, 20 minutes et beaucoup d’autres…

Mise à jour 22 mars

Le premier mariage a eu lieu en live hier soir. Une grosse émotion en coulisse. Voici les meilleurs moments du mariage de Jacques et Pierre.

C’est une situation inédite qui se présente à moi. Parce que j’ai pris l’habitude depuis 8 ans de ne pas évoquer ici ou sur les réseaux sociaux les sujets sur lesquels je travaille. Par souci d’objectivité d’abord, pour éviter les conflits d’intérêt ensuite.

Mais cette fois est très différente : non seulement mon intervention n’est conditionnée par aucune rémunération, elle est en plus engagée. Je serai donc subjectif  dans les jours qui viennent. Mais de façon très assumée.

Je vous inviterai à partager les vidéos de Tous unis pour l’égalité si vous soutenez les principes d’égalité du Mariage pour tous. Votre partage comptera pour un soutien, nous les comptabiliserons et les espérons nombreux. Les autres modes de soutien seront les bienvenus également.

Pourquoi se mobiliser maintenant pour défendre les principes d’égalité du Mariage pour tous, alors que beaucoup semblent penser que la loi est quasiment passée, que le combat est ailleurs ?

Beaucoup de raisons. De natures très différentes en ce qui me concerne.

Pour ces interrogations sur la France, pays des droits de l’homme, de mes collègues dans le monde qui ont vu passer la loi il y a bien longtemps dans leur pays. Pour ces discussions nourries sur le web pendant les débats avec la sensation d’un grand retour en arrière inquiétant. Pour ce sentiment visiblement très partagé que les dés sont jetés alors que la mobilisation du côté des antis reste très organisée et très professionnelle je dois dire. Pour n’en citer que 3.

Je ne suis pas particulièrement pour le mariage qu’il soit pour des personnes de même sexe ou non. Je suis pour l’égalité jusqu’à ce qu’on me prouve qu’elle entrave celle de quelqu’un d’autre.

En travaillant sur l’organisation du lancement, on m’a parfois dit : pourquoi ne pas tout simplement faire témoigner des gens qui veulent se marier ? Publier des portraits de gens normaux dans la presse, loin de la caricature faite par les opposants. A ceux-là, j’ai répondu qu’il y en avait déjà et que ça ne marquerait jamais autant les esprits que la capacité des opposants à créer la polémique dans un registre très puissant pour les médias. Qu’il fallait structurer plus, mais en gardant le principe de portraits sincères.

Ce sera donc au travers de mariages symboliques, sur Internet, en direct, que ces portraits existeront. Avec l’engagement d’un maire belge où le mariage entre personnes du même sexe est légal depuis 10 ans déjà. Ce sera bien sûr l’occasion de s’intéresser à tous les protagonistes, mariés, maire, témoins… Le premier mariage se déroulera jeudi prochain, 21 mars, à 20h.

Vous pouvez donc vous abonner à la chaîne YouTube, suivre la page Google+ pour commenter en live le hangout, adopter le Twibbon mais surtout, partager dès maintenant sur Facebook, Twitter, Google + ou partout où vous le souhaitez cette vidéo invitation au premier mariage. Cette vidéo sera incluse dans la comptabilisation des partages.

A propos du collectif Tous Unis Pour l’Egalité

Initié par Vincent Viollain, le collectif Tous Unis Pour l’Egalité est un collectif apolitique qui réunit des personnalités pour le déploiement d’une mobilisation autour du mariage pour tous. Il est notamment composé de Emmanuelle Campo de l’association Animafac, Gilbert Branchet du Reald, Louis-Georges Tin du Comité IDAHO, Nicolas Noguier du Refuge, Catherine Tripon de L’Autre Cercle, Guillaume Allenet du Caelif, Catherine Michaud de GayLib, François Rico de l’ADFH, Arnaud Sanchez, Thibault Poutrel et Philippe Chauliaguet.

Le collectif organise un mariage symbolique en vidéo sur Internet entre deux personnes du même sexe à compter du 21 mars.

Retrouvez toutes les informations et les actus sur www.tousunispourlegalite.com

J’aimerais aussi en profiter pour remercier ceux de mon équipe qui ont levé la main pour donner de leur temps, sur la base du bénévolat. Merci en particulier à Marie, Servane, Trang, Aurélien, Charles-Antoine et Charles pour leur temps précieux depuis 1 semaine.

 

The place beyond the pines

17 mars 2013 · Cinéma · 7 Commentaires

Ce billet ne va presque pas parler du film de Cianfrance que j’ai vu cette semaine. Mais comme je ne comprends pas ce titre (qui serait lié à la ville où l’histoire se déroule), je me suis dit qu’il pouvait très bien s’adapter à ce qu’il a provoqué chez moi, dans ce processus assez rare qui m’étonne toujours.

Il y a 3 grandes catégories de films qu’on aime beaucoup.

Il y a ceux qu’on aime tout de suite et pour longtemps. Ceux qui vous marquent toute une vie. Ils sont heureusement nombreux. Dans la catégorie, pour ne pas citer que des films évidents, il y aurait pour moi la plupart des films d’Alan Parker (Birdy, Angel Heart…) et de Tim Burton (Big Fish !), la plupart des films de la bonne époque d’Adjani (L’année prochaine si tout va bien, L’été meurtrier, Camille Claudel…), la grande époque de Lelouch (de Partir, Revenir à La belle histoire), Shining, L’armée des 12 singes, La bûche, Le silence des agneaux, Fight Club, Nikita, Titanic, les sagas Alien et Terminator, Benjamin Button… (il y en a des centaines que je regretterai de ne pas avoir cité ici)

Il y a ceux qu’on aime et qu’on oublie assez vite. Je classerais ici dans mon cas Gladiator, Amélie Poulain, Avatar, Subway, Taxi Driver, tous les films de Woody Allen, Kill Bill et tous ceux que j’ai donc vraiment oublié…

Et il y a enfin la catégorie de ceux qu’on déteste en sortant de la salle de cinéma avant de finir par les aimer, plus ou moins vite, pour différentes raisons. Etrangement, ce sont souvent des films qui m’ont d’abord prodigieusement agacé. Il y a ici à peu près tous les films de Lars von Trier (Breaking the waves, Dancer in the dark…). Les lois de l’attraction ou Kaboom m’ont ainsi tous les deux parus prétentieux et faussement intellectuels à première vue. Mais je me souviens encore de chaque scène plusieurs années plus tard. Dans un autre genre, District 9 m’avait semblé aussi ridicule que ce à quoi je m’attendais avant d’entrer dans la salle. J’ai fini par être marqué par ce film.

C’est donc exactement ce qu’il vient de m’arriver avec The place beyond the pines.

En sortant, j’étais très agacé par la longueur du film, par les 3 séquences très inégales, les quelques personnages ratés, la noirceur désespérée, des moments inutiles comme pour équilibrer les 3 séquences, un maquilleur qu’il faudrait mettre en prison pour avoir aussi mal vieilli les acteurs et infligé des tatouages aussi ridicules à Gosling et la participation à ce pari incroyable que semble s’être lancé tout Hollywood : comment se rapprocher de 3 heures de films plutôt que 1h30 ? (à qui il faut écrire pour faire stopper immédiatement cette tendance ??).

Oui mais voilà, dès le lendemain, notamment en croisant les affiches placardées dans Paris, j’ai repensé au très beau et long plan séquence d’ouverture, à la BO enivrante, au climax de la fin de première séquence, à Bradley Cooper finalement pas si mauvais que ça dans certaines scènes, à Eva Mendes belle même enlaidie et à la puissance émotionnelle de quelques moments clés.

Et il y a Ryan Gosling. Ce type qui a tendance à jouer toujours le même rôle (retrouvez le après Blue Valentine et Drive…), qui semble capable d’une seule expression faciale, qui compose avec un physique pas simple en surgonflant ses muscles et blondissant ses cheveux. Mais c’est celui qui au final réussit à rendre attachant des personnages complexes, à pleurer mieux que n’importe quel autre acteur masculin à l’écran, à jouer d’un charisme hallucinant malgré son regard a priori vide et sans âme. Il est celui qui m’a finalement fait comprendre que je devrai revoir ce film, dans quelques mois, quand l’été sera passé.