PRland par Eric Maillard header image 1

Petit guide à l’usage des candidats de Koh Lanta

15 décembre 2012 · Télévision · 6 Commentaires

Peu de concepts télé résistent à l’usure du temps, même après rafraichissement. Le retour la semaine dernière de la Star Ac sur NRJ 12 en a fait une nouvelle démonstration. Koh Lanta est le seul programme télé pour lequel je garde un indéfectible attachement malgré les années qui passent. Et avant lui, Survivor, le format américain qui l’a inspiré et termine actuellement sa 25ème saison. Si le principe de confronter des individus à la survie face à des épreuves, à l’absence de nourriture et à la vie en communautés est le même, la différence de formats des 2 émissions dit beaucoup sur la différence culturelle qui nous sépare des américains.

Hier soir, l’un des meilleurs épisodes de Koh Lanta toutes saisons confondues a été diffusé. Le suivre en direct sur les réseaux sociaux en disait long sur la popularité des candidats, souvent indépendante de leurs performances sportives ou de leur force de caractère, ce qui se vérifie dans les classements réalisés par les internautes.

Il m’a donné plein d’idées sur ce que j’essaierais de projeter si j’étais candidat, même si je ne doute pas qu’en 40 jours dans ces conditions, le naturel quel qu’il soit revient forcément au galop.

Privilégier l’humain avant la stratégie

Sur ce premier point, je me dois de développer un peu. En effet, en premier lieu, si je participais à Koh Lanta je me souviendrais que je ne participe pas à Survivor qui célèbre la capacité à mener les meilleures stratégies, sans grande considération des rapports humains, avec un appât du gain non dissimulé. Aux Etats-Unis, les « bad guys » qui bâtissent des plans machiavéliques sont au moins aussi acclamés par le public que les « good people ». A tel point que Jeff Probst (producteur et présentateur) a décidé il y a 2 ans de créer une édition « Heroes vs. Villains » qui dit beaucoup sur le charisme de ces stratèges manipulateurs (big up Russell, mon préféré).

En France, si les « bisounours » sont raillés par leurs petits camarades de jeu, ils n’en demeurent pas moins les chouchous du public. A y regarder de plus près, on compte pas mal de gagnants dans la liste des gentils qui ont marqué les esprits (Christina, Clémence, Jade, Grégoire, Amel…). A noter que pour certains, la mise en retrait pendant tout le programme et des performances moyennes mais constantes les ont conduits à une victoire peu flamboyante mais de 100.000 Euros quand même.

Alors que quelques « méchants », qui ne le sont pourtant jamais vraiment restés jusqu’au bout, n’ont jamais réussi à remporter le conseil final même s’ils y parvenaient. Pire, à l’instar du mythique stratège belge Maxime, quelques-uns ont à peine atteint la réunification.

Signe de cet atout de bonté désintéressée pour avoir une chance de gagner Koh Lanta : quelques stratèges autoritaires ont eu droit à une rédemption dans laquelle ils ont joué la carte de l’humilité et de la gentillesse qui les a rapproché de la victoire et du coeur du public. Le militaire Bertrand a même fini par gagner la revanche des héros après avoir perdu une édition précédente malgré ses qualités sportives impressionnantes.

Ceci dit, l’histoire ne dit jamais complètement à quel point le montage favorise le côté stratège d’un candidat ou bisounours d’un autre.

Arrêter de fumer quelques mois plus tôt

Ne pas manger n’est pas un problème pour moi, dommage de gâcher cet avantage par un manque de nicotine forcément crispant pendant 40 jours

 M’entraîner… un peu

Il y aura toujours plus fort que moi donc autant m’assurer le niveau moyen qui me permet de n’être craint par personne sans être un boulet sur les épreuves en équipes. (En revanche, j’apprendrais à nager si je ne savais pas, chaque année, un candidat réussit l’exploit d’oublier ce détail).

Me sacrifier pour mes camarades pendant l’émission

Anthony, en se faisant éliminer pour ne pas avoir sacrifié l’un de ses co-équipiers au péril de sa vie dans le jeu est passé en quelques minutes de boulet caractériel à héros des temps modernes auprès des autres candidats et des téléspectateurs. Il est parti sans même avoir la chance de rejoindre le conseil final mais fier comme un coq et avec un nouveau papa adoptif. J’adore. En même temps, j’essaierais de trouver un sacrifice moins excluant. Donner mon collier d’immunité (que j’aurai forcément trouvé) à un petit camarade ?

Se préparer pour la diffusion de l’émission

Quelle que soit l’issue, j’utiliserais les quelques mois qui séparent l’enregistrement de la diffusion pour préparer le terrain sur les réseaux sociaux, m’y faire des amis si je n’en avais pas. Parce que le risque de se faire désosser sur Twitter et Facebook pendant les commentaires en live ressemble à une charge très violente pour les candidats qui y assistent impuissants. Hier soir, Javier en a fait les frais. Jugé trop manipulateur au destin d’arroseur arrosé, il a quitté l’aventure tout de suite après sa camarade Marie, sous les applaudissements d’un public heureux de le détester. Et pourtant, il a l’air drôle et sympa sur Twitter, Javier. Mais sans doute arrivé trop tard sur les réseaux sociaux pour pouvoir compter sur une communauté d’alliés pour le défendre et pas encore assez habile pour retourner tous les attaquants d’un petit twitt drôle et bien senti. Il a juste commis l’erreur de penser que Koh Lanta, en France, était un jeu de stratégie. Il m’a fait de la peine Javier sur Twitter en vrai. Du coup, juste après, j’ai décidé d’aider Brice, qui pourrait être le prochain sur la liste, à faire monter le nombre de ses followers sur Twitter : @BriceKL2012 et Facebook : Brice Martinet. Suivez le, il a l’air plus sympa que ce qu’en montre la télé. Si je croise Catherine, je ferai pareil, elle m’a fait rire hier soir.

Et enfin, je me préparerais à amener mon sens de l’auto dérision à son maximum. Notamment pour encaisser les hilarants débriefs de Daniel Andreyev sur Le Plus du Nouvel Obs qui semble avoir complètement craqué sur Namadia hier soir. La lecture de ses papiers constitue jusqu’à nouvel ordre mon meilleur moment post Koh Lanta 2012, chaque samedi. Pas sûr que ça me fera autant rire quand je serai candidat (en 2013 donc, forcément).

La préface que je n’écrirai pas

2 décembre 2012 · Humeur · Laisser un Commentaire

Pour la première fois, j’ai du me résigner : je ne pourrais pas tenir mon engagement. En tout cas pas en diletante donc pas dans les temps. Pourtant, le sujet me semblait important mais pas tellement plus complexe que les préfaces de livres ou de mémoires sur les thèmes de communication classiques pour lesquels on me sollicite habituellement. Je me suis trompé.

Le postulat de départ était simple : si le rapport à l’image est l’une des composantes de mon métier, conditionne-t-il les capacités d’un communicant ? Et notamment, la beauté fabrique-t-elle de bons communicants et inversement ?

L’étudiante ayant choisi de scanner la problématique largement, socialement autant que professionnellement, je m’étais engagé à une préface illustrée de témoignages d’hommes et de femmes sur leur façon de gérer voire jouer de leur physique dans leurs relations au quotidien.

Après avoir eu instinctivement la bonne idée d’éviter d’interroger des proches sur le sujet, j’ai sollicité au hasard de rencontres des gens qui avaient pour seul point commun un goût évident pour la communication interpersonnelle. Le premier niveau de réponse se révélant aussi creux qu’inexploitable, balayé d’un revers de trait d’humour, j’ai compris qu’il faudrait prendre le temps de creuser un sujet qui ne se survole pas. J’ai donc fixé des entretiens avec un garçon qui jouait de toute évidence de son physique disgracieux avec abus d’excentricité, une très joie fille qui semblait l’ignorer, un ex-mannequin d’Abercrombie en quête de reconversion et une demoiselle grande gueule qui me paraissait défendre son droit à l’indifférence physique.

En 4 entretiens, j’ai réalisé que mes questions entraient au plus profond de l’intimité de l’humain. Des douleurs d’enfance aux combats quotidiens de l’adulte, tout y passait. Avec des révoltes, du sentiment d’injustice, des larmes même. Je me retrouvais assez vite dans la position du psy de comptoir que je déteste. Contre toute attente, la beauté semblait un poids au moins aussi lourd à porter que la disgrace. « Un enfant laid le restera toute sa vie, je ne comprends pas les regards qui se posent sur moi avant de mettre en doute mon honnêteté quand je m’en étonne. J’ai cultivé mon fort caractère pour qu’il compte plus que ce qu’on voit, ce n’est pas une coquetterie« . « Mon excentricité était mon dernier rempart avant le désespoir, elle n’est pas que physique, elle a fait de moi un leader naturel dans un groupe, une posture souvent prise pour une facilité à communiquer. » … Signe à mes yeux de la pire attitude possible pour un intervieweur, je ne pouvais m’empêcher de m’identifier à mes interlocuteurs et de projeter sur moi certaines des situations qu’ils décrivaient et n’avaient pourtant jamais occupé mes pensées.

L’un des bénéfices de l’engagement auprès d’étudiants ou jeunes auteurs est de traiter des problématiques qu’on n’aurait jamais abordé spontanément. Je continue aujourd’hui à en profiter. Dans ce cas, j’ai senti que le sujet m’échappait, m’emmenait trop loin, au-delà de thèmes techniques dans lesquels l’émotionnel ne compte presque pas. J’y reviendrai un jour, peut-être. Désolé pour cette fois.

Guilty pleasure

11 novembre 2012 · Séries · 2 Commentaires

Depuis que je suis accro aux séries télé, parmi l’abondance de l’offre, j’ai l’habitude de faire des choix basés sur l’exigence. En premier lieu, une histoire forte composée d’épisodes unitaires, d’arcs narratifs évoluant sur plusieurs semaines et de fils conducteurs par saison. Ensuite, dans le désordre, la qualité de la réalisation, la puissance des dialogues, la complexité des personnages que seule une série peut creuser sur plusieurs heures, la perfection du casting…

Et puis, il y a toujours eu une catégorie à part. Une catégorie composée de séries pleines de défauts évidents, une incohérence généralisée, des dialogues inégaux… Tout est en place pour que je les laisse rapidement de côté. Et pourtant, je suis capable de leur rester fidèle pendant près d’une décennie. Parce que je me suis attaché aux personnages dont le destin m’importe ou par la simple force de l’habitude réconfortante. Elles constituent mes « guilty pleasures », que j’assume toujours très publiquement, quitte à perdre le peu de hype qu’il me reste.

La dernière entrée dans la catégorie en cette rentrée télé 2012 risque cependant de créer la surprise. Arrow en a sous le pied plus que prévu.

Buffy contre les vampires est sans doute le premier digne représentant de la catégorie.

A la même époque, le Caméléon m’a tenu en haleine malgré la baisse permanente de qualité au fil des saisons.

Je dois être un des rares garçons à ne pas avoir raté un seul épisode de Desperate Housewives.

Mais chaque saison, je trouve une nouvelle série dont je sais qu’elle deviendra un nouveau Guilty pleasure.  L’année dernière, c’était Revenge.

Cette année, j’ai compris très vite qu’Arrow allait devenir la nouvelle série compliquée à défendre dans les dîners en ville : un super héros, des effets spéciaux vite fait, un casting super joli à regarder mais pas forcément Actors Studio, sans doute des incohérences dans tous les sens à venir, une chaîne qui s’y connait en Guilty Pleasure (CW). Et pourtant, après 5 épisodes, il faut se rendre à l’évidence : Arrow pourrait bien créer la surprise en créant une mythologie qui n’a pas tant que ça à rougir de Lost (oui, j’ai bien dit Lost).

Le verdict pourra réellement tomber à la fin de la saison mais en attendant, c’est un réel plaisir de découvrir les méandres d’une histoire pas si monolithique qu’on aurait pu le craindre. La série bénéficie d’ailleurs d’excellentes critiques avec la belle note de 72/100 chez Metacritique, il manquerait plus qu’elle soit nommée aux prochains Emmys et je me verrais contraint de la sortir de ma catégorie fétiche.

La révélation Joseph Gordon-Levitt

4 novembre 2012 · Cinéma · Laisser un Commentaire

Cette semaine, j’ai découvert au cinéma un acteur dans l’excellent thriller SF Looper. Dans l’évolution de l’adolescent au physique quasi ingrat de Troisième Planète sous le soleil jusqu’au « jeune Bruce Willis » du film de la semaine, j’ai de toute évidence raté plein d’étapes. Entre de grands rôles dans des films que je n’ai pas vus et des grands films où je ne l’ai pas réellement identifié, je suis passé complètement à côté. Vu de loin mais en m’y intéressant de plus près, il semble que ce nouvel incontournable du cinéma dissimule une personnalité riche, complexe, forcément à suivre. Essayons de rattraper le retard.

Après quelques rôles à la télé dès l’âge de 7 ans en 1988, il incarne un extra terrestre mature dans le corps d’un ado dans la sitcom « Troisième planète après le soleil ». Au côté de caractères forts, Tommy/Joe ne marque de mon point de vue pas d’une empreinte indélébile la série hilarante, malgré quelques scènes marquantes.

En 2000, il retrouve les bancs de l’école en intégrant un cursus histoire, littérature… et poésie française à l’Université de Columbia. Il en reste aujourd’hui une francophilie aigüe et un français parfait (Joe, si tu nous lis…) dont il nous fera profiter plus tard, notamment en forme de clin d’oeil dans Looper.

De retour au cinéma en 2004, il enchaîne des rôles complexes en interprétant notamment un jeune prostitué gay abusé dans son enfance dans « Mysterious Skin » ou un étudiant plongé dans le monde de la drogue dans « Brick ». C’est à partir de la fin des années 2000 qu’il s’impose dans des films à succès où je ne l’ai pourtant pas vu passer (« Inception », « The Dark Knight Rises »). J’ai malheureusement raté « 50/50″ dans lequel il compose un jeune homme révélant son cancer à ses proches avec une prestation remarquée par les critiques.

Entre temps, il est devenu réalisateur de moyens métrages (« Sparks » et « The Zeppelin Zoo ») mais il s’est surtout lancé dans un projet artistique en lançant en 2004 hitRECord, label indépendant qui invite les réalisateurs, auteurs, musiciens, dessinateurs, photographes à proposer leurs oeuvres. Dans ce cadre, il a notamment produit RECollection qui réunit court-métrage, poésies, photographies, illustrations… dans les formats DVD, CD et livre. Il a également lancé en 2011 un livre d’histoires courtes dont le deuxième volume vient de sortir et lui donne une nouvelle fois l’occasion de démontrer son agilité avec les codes de communication modernes.

Mais l’acteur n’est pas à une surprise près : par exemple, lorsqu’il participe pour la deuxième fois au célèbre show comique américain Saturday Night Live, il termine le traditionnel monologue d’introduction par un strip tease torride en hommage au succès de Magic Mike.

Autre exemple, en tant que guitariste et chanteur, il réalise sur scène des covers de Lady Gaga (Bad Romance) et… Jacques Brel, en français dans le texte !

Dans les mois qui viennent, RegularJOE (très actif sur Twitter) va laisser de nouveau la place au passionné de cinéma avec un rôle majeur dans le prochain Spielberg, Lincoln, dans les salles en France début 2013. Il faudra patienter jusqu’à la fin de l’année pour le découvrir dans Don Jon’s addiction qu’il a également écrit et réalisé. Et cette fois, plus question de contourner un acteur devenu incontournable.

Je n’aime pas James Bond (mini spoilers SKYFALL).

28 octobre 2012 · Cinéma · 4 Commentaires

Les gadgets à outrance, les placements produits intrusifs, les belles plantes qui ne servent à rien, les scènes d’action ininterrompues pendant 2 heures, l’humour flegmatique hors contexte et surtout la crédibilité totalement accessoirisée… ce n’est pas exactement mon truc au cinéma. La dernière fois que j’ai vu un James Bond dans une salle, c’était Die another day en 2002 avec Pierce Brosnan. La fois d’avant, c’était Rien que pour vos yeux en 1981 avec Roger Moore. J’avais prévu de bien respecter mon rythme en « dégustant » mon prochain James Bond en 2023.

Une invitation (dans la très belle salle de projection du Royal Monceau) et un ami (fan absolu de la saga) plus tard, je me suis retrouvé vendredi devant SKYFALL et là ça a été un choc. Dès la scène d’ouverture, je comprends que l’ambiance n’est plus aux gadgets. Dès le générique, je réalise qu’il peut se passer n’importe quoi dans les deux heures qui suivent, j’aurai connu les frissons du mariage parfait entre un excellent titre (d’Adèle) et la créativité des images. Jamais un générique ne m’aura autant bouleversé.

Il se trouve que les deux heures qui ont suivi m’ont scotché au siège devant un héros qui sait montrer ses faiblesses, comme j’aime, une réalisation de haute voltige par Sam Mendes qui sait définitivement diriger des acteurs, un Daniel Craig qui semble allier mieux que personne la force (muscles saillants) et les failles (yeux rougis, visage marqué), une James Bond girl française Bérénice Marlohe sculpturale, bouleversante dans une scène qui la voit basculer en un dixième de seconde de la force tranquille à la proie traquée, un méchant Javier Bardem peroxydé jamais ridicule et c’était pas gagné. Il y a ce talent de nous cueillir à chaque fois sur la façon dont le héros va se sortir de situations dont on ne peut pas se sortir.

Il reste bien sûr quelques scènes absolument non crédibles (avec notamment un métro dedans), des moments juste sublimement réalisés qui ne servent à rien dans l’intrigue (je pense en particulier à cette tour de Shanghaï à l’ambiance bleutée), des clins d’oeil aux fans de James Bond (sans doute un peu perturbés) que même un résistant comme moi voit passer en mode un peu lourdingue.

Sans être sensible à la mythologie James Bond, j’ai été embarqué tout en me demandant comment les accros pouvaient réagir devant un film aussi différent mais central dans la saga. A lire William et Cyrille, je comprends que les avis varient et que tout le monde s’accorde sur des longueurs que je n’ai pas vu. Mais moi, j’ai envie de remercier Mendès de m’avoir un jour fait plonger dans l’univers d’un héros qui m’avait jusque là tenu à distance.

Turbulences

18 octobre 2012 · Humeur · 4 Commentaires

J’ai peur en avion. C’est pas un scoop et c’est aussi irrationnel qu’incontrôlable. Et ça ne va pas exactement en s’arrangeant, je l’ai encore vérifié cette semaine.

Tout avait pourtant bien commencé : lundi, j’étais dans le train en direction de Lyon pour donner un cours à la Faculté de Philosophie Université Jean Moulin Lyon 3, Master Ethique et Développement Durable, Module communication, même pas peur. Pas peur du train je veux dire parce que parler communication à des philosophes branchés éthique ressemble un peu à proposer un Double BigMac à un végétarien militant, ça nécessite un peu de courage, pas mal de certitudes et une forte capacité à réinterroger ses propres fondamentaux. Mais dans le train du retour, j’étais détendu devant mon Croque Monsieur SNCF, prétentieusement persuadé d’avoir contribué à faire avancer la pensée.

Mardi, une journée à Paris avec un déplacement qui ne m’emmenait pas plus loin que La Cantine dans le centre de Paris, j’étais super détendu du transport en commun. Je pensais être crispé à l’idée de parler de moi en tant que marque sur Twitter et dans ma vie pro pour le Social Media Club France mais les photos que j’ai vu passer ressemblent plus à un type qui se la raconte tranquillement qu’à une boule de nerf angoissée.

J’en aurais presque oublié que le lendemain matin, je devais impérativement être à Londres pour une réunion à 9h à Canary Wharf. Et quand on ne peut partir que le matin même pour être à Canary Wharf à 9h, il faut se résoudre à une triste réalité : l’Eurostar matinal suivi d’une traversée de Londres à une heure de pointe ne fera pas l’affaire. J’allais donc prendre l’avion. (brrr)

Mercredi : le réveil sonne à 5 heures, c’est inutile, je suis réveillé depuis 2 heures parce que ma seule phobie plus intense que l’avion est de rater l’avion. A 6 heures, je suis dans le taxi, à 7 heures, à Orly, prêt à embarquer. Nous sommes une petite dizaine de passagers, je trouve ça presque sympa. Jusqu’à ce que je comprenne que l’avion qui nous transporte ne contient pas beaucoup plus.

Quand je vois les 2 ventilateurs accrochés aux ailes de l’avion, je me rassure en découvrant sur Google que CityJet est une filiale d’Air France, la seule compagnie qui, pour une raison absolument inconnue, me rassure. Ca se gâte assez rapidement lorsque le stewart me change de place « pour équilibrer l’avion qui est petit et pas plein, c’est juste pour le stabiliser ». Je n’ai pas d’échappatoire : prendre un lexomil n’est pas une bonne option lorsqu’on doit assurer en réunion 2 heures plus tard, demander à mon voisin de me masser la main n’est pas le meilleur garant de ma réputation dans l’avion. Je décide donc de me souvenir que je suis courageux. Tout en découvrant l’avion de Barbie version Foresti qui va me transporter jusqu’à mon rendez-vous.

Dès le décollage, je comprends que ça va pas être facile : malgré la météo parfaitement calme, la traversée des nuages ressemble à Space Mountain, dure l’intégralité du voyage (genre on vole à hauteur des perturbations) et c’est un « Windy London » qui nous attend alors que les deux roues microscopiques s’extirpent péniblement de notre avion miniature pour tenter un atterrissage.

Je ne sais plus à partir de quel trou d’air j’ai vu ma vie défiler mais je me suis bien rappelé qu’il y avait 2 ou 3 trucs bien auxquels je tenais. Parmi ceux-ci, il y avait la saison 2 d’Homeland dans laquelle j’ai aussitôt décidé que je me replongerais (épisode 3) à l’occasion du trajet retour quelques heures plus tard. Peine perdue : c’est un Space Mountain sous amphétamine qui m’attendait, l’iPad menaçant de venir s’encastrer dans ma boite crânienne dès le (très long) générique de ma série préférée (qui doit quand même confirmer son potentiel en saison 2, soit dit en passant).

Voilà, vous pouvez vous moquer : j’ai peur en avion.

Mon métier n’a pas changé

23 septembre 2012 · Communication · Entreprises et marques · RP · 2 Commentaires

Tout a changé, plus rien n’est comme avant… A longueur de journée, j’entends dans des conférence et je lis dans la presse cette vérité absolue qui joue paradoxalement un rôle presque rassurant. Vous êtes perdus ? Ne vous inquiétez pas, c’est normal : tout a changé !

Amis professionnels des Relations Publiques, ne croyez pas tout ce qu’on vous dit : notre métier n’a pas changé. Depuis toujours, il consiste à gérer la réputation d’une marque, d’une entreprise, d’une institution, d’un pays ou d’une personnalité. Une réputation portée par le bouche à oreille lui-même initié ou accéléré par des relais influents, indépendants, non rémunérés mais légitimes et crédibles. Fondamentalement, ce n’est pas près d’évoluer.

Bien sûr, les moyens d’opérer les stratégies RP ont été percutés par les media sociaux qui accélèrent le cycle de vie d’une information, positionnent différemment les media traditionnels et propulsent des nouveaux influenceurs en quelques heures en faisant de chaque citoyen consommateur un contributeur potentiellement majeur de ce bouche à oreille, en positif comme en négatif.
Evidemment, l’espace public n’est plus le même qu’il y a 10 ans. Mais l’agilité des professionnels de RP continue à s’inscrire dans la capacité à éclairer l’information dans cet espace, non seulement de façon attractive mais également empoignable par des tierces parties, par ailleurs sur-sollicitées de toutes parts. L’expertise d’un professionnel des RP réside également et depuis toujours dans la capacité à traiter une crise, un emballement imprévu et négatif qui nécessite réactivité, calme, courage et bon sens. Rien de plus technique, rien de moins émotionnel.
Ce qui a fondamentalement changé, c’est la pression exercée sur tous les autres métiers de la communication : ils doivent désormais intégrer dans leur équation ces intermédiaires non maîtrisables qui peuvent à tout moment s’emparer d’une campagne publicitaire pour en en accélérer l’impact ou la rejeter violemment, interférer un dispositif CRM en s’adressant publiquement à l’entreprise dont ils sont clients, s’exprimer en temps réel pendant un évènement de marque qu’il soit destiné aux clients, aux prospects ou au grand public…
J’ai donc envie de souhaiter la bienvenue à tous ces marketeurs qui découvrent les joies d’un dispositif qu’on ne peut techniquement pas maîtriser du début à la fin, de programmes qui doivent mettre l’ensemble des cibles en action plutôt qu’en audience, de time to market qui se comptent en heures plutôt qu’en mois… Et à mes collègues des RP, j’ai envie de rappeler que l’enjeu des indicateurs de performance de notre discipline lié à la mesure des résultats n’a toujours pas été proprement résolu depuis plus de 150 ans.
Rien n’a changé : il n’a toujours pas été établi un indicateur de performance RP meilleur que l’équivalence publicitaire des retombées presse. Voici un meilleur angle pour faire progresser notre métier.

Le mystère Breaking Bad

6 août 2012 · Actu · Séries · 12 Commentaires

Après plus de 300 articles réalisés sur les séries télé depuis 4 ans pour ce blog d’abord, puis Le (Huffington) Post puis Lefigaro.fr puis Le Plus du Nouvel Obs, je n’ai jamais écrit sur ma série préférée. Jamais, à part pour illustrer toute l’admiration que je voue à la chaîne AMC qui la produit. Cet acte manqué est un mystère absolu. Dont je n’ai pris conscience qu’en découvrant l’article de Rolling Stone publié il y a quelques jours et en profitant de vacances pour regarder de nouveau et en Blu Ray la saison 1.

Lorsque la série est arrivée début 2008, j’avoue avoir fait l’effort de la regarder pour comprendre ce que la chaîne qui avait lancé Mad Men l’année précédente pouvait nous proposer de différent. Parce que le pitch ne m’inspirait pas vraiment : un prof de chimie au coeur du nouveau Mexique, atteint d’un cancer, se lance dans la production de Crystal Meth pour gagner l’argent nécessaire à son traitement et subvenir aux besoins de sa famille. Et le casting qui laissait semblait jouer avec des clichés mal à propos, avec un quinqua au physique de loser et un jeune associé junkie beau gosse yeux bleus-dents blanches, n’ajoutait rien à l’envie.

Breaking Bad a immédiatement confirmé une réalité qui n’a cessé de se confirmer depuis : AMC a mieux compris que HBO ou Showtime que son statut de « chaîne cablée » lui permettait mieux que le politiquement incorrect de façade associant avec un systématisme stupide sexe et violence (Spartacus, Games of thrones, Rome…). Breaking Bad est amoral parce qu’il nous fait adhérer aux mauvais choix d’un personnage sans rien cacher des désastres qu’ils entrainent et en éteignant une à une toutes les circonstances atténuantes qui pouvaient les légitimer.

Mais surtout, Breaking Bad propose mieux que de découvrir les dessous du monde de la drogue, pourtant détaillé par le menu dans toute son horreur. La série a d’ailleurs été accusée de montrer de façon un peu trop explicite comment produire et consommer de la métamphétamine. La véritable promesse est de nous faire croire en l’improbable transformation d’un homme, par petite touche, chaque saison, au travers de scènes anodines ou de liaisons qui font monter un palier au personnage. Entouré d’une poignée de caractères jamais sous-traités, il nous impose de plonger avec lui et malgré eux dans une spirale infernale et irréversible.

Le numéro d’acteur exceptionnel que nous sert Bryan Cranston a déjà été mutli récompensé. Mais son acolyte mérite autant de louange, Aaron Paul nous offrant notamment l’une des scènes les plus émotionnelles de la série à la fin de la saison 2. Anna Gunn qui interprète la femme du « héros » est rayonnante de force et lumineuse même dans le désespoir, leur fils est interprété par RJ Mitte qui souffre tout comme son personnage d’infirmité motrice cérébrale et improvise des scènes de façon absolument incroyable. Dean Morris suit une autre spirale en tant qu’agent de la Drug Enforcement Administration avec une sensibilité inversement proportionnelle à son physique de cow boy mal dégrossi, pendant que sa femme dans la série, interprétée par Betsy Brandt, vacille de hauts en bas entre cleptomanie et gestion de son entourage qui s’effondre.

L’homme à vénérer pour ce bijou télévisuel est Vince Gilligan, créateur, producteur et ponctuellement scénariste de Breaking Bad. Principalement connu pour son rôle majeur de scénariste pour X Files, il y a puisé une inspiration qu’on retrouve dans certains épisodes, l’homme à la cigarette ayant même inspiré quelques scènes. Il avoue lui-même qu’AMC lui a permis de développer exactement la série qu’il avait en tête. Cet homme là est un génie.

Si vous avez la chance de ne pas avoir encore découvert Breaking Bad (diffusé en France sur Arte et disponible en DVD et Blu Ray surAmazon), vous arrivez au moment où la première partie de la 5ème et dernière saison est en cours de diffusion, la deuxième partie étant promise pour l’été prochain. Sachez que le véritable miracle de Breaking Bad est de proposer chaque année une saison meilleure que la précédente. Et à en croire Metacritique, la saison 5 est proche de la perfection en atteignant la note exceptionnelle de 98 sur 100 pour les critiques américains, juste devant… la saison 4. En ce qui me concerne, comme chaque année, j’attends la diffusion de tous les épisodes pour pouvoir en profiter d’un bloc, en un week-end, à la fin de l’été. Et ce fameux week-end, je ne serai là pour personne.

Je n’avais jamais écrit sur Breaking Bad parce que c’est une pépite à laquelle il est de toute évidence difficile de s’attaquer. Je savais que je ne ferais pas mieux que les autres mais j’espère participer à créer l’envie de ceux qui hésitent encore à plonger.

La crise des 7 ans

29 juillet 2012 · Humeur · Weblogs · 4 Commentaires

Tout a commencé en août 2005. Tu as immédiatement pris une place unique dans ma vie. Tout était fait de nouvelles découvertes, surprises, étonnements. Chaque jour nous nous retrouvions avec le même bonheur, une fraîcheur toujours intacte, pendant les 3 premières années. Ensemble, nous étions fusionnels, magnétiques, seuls au monde. Puis d’autres sont arrivés, plus jeunes, attractifs, rassurants pour mon égo. J’ai commencé à papillonner mais j’ai aussi commencé à partager avec toi des choses que je ne donnais à personne d’autre.

Aujourd’hui, tu connais mes failles, mes faiblesses, mes passions inavouables. Je te les ai montrées plus que mes certitudes. On a vieilli ensemble, tu sais tout de moi, je ne t’ai rien caché. Au point que je ne peux plus rien te dire de futile ou anecdotique. On se voit donc moins souvent mais la force de notre attachement est intacte. Je sais que reviendrai toujours et que tu seras là.

Si tu me cherches, je suis sur Twitter toujours, Google+ souvent, Facebook plus rarement. Mais je reste gravé ici.

PRland, je t’ai créé il y a 7 ans, ça fait une jolie crise.

Madonna : la révélation en exclu

15 juillet 2012 · Evénement · Musique · 1 Commentaire

Hier soir, j’ai vu Madonna au Stade de France. J’ai aimé. Beaucoup même, alors que je déteste vraiment son dernier opus MDNA. Mais mon premier grand concert (au Parc de Sceaux en 1987 avec 130.000 personnes), c’était elle. On a quasi vieilli ensemble. Ca créé des liens, je lui pardonne de nous en avoir imposé 8 titres.

Ce que je retiens en revanche, ce sont des arrangements 5 étoiles de ses standards, les chorégraphies défendues par des danseurs inventifs et quelques tableaux à couper le souffle dont Gang Bang et le tableau final Celebration.

Pour les autres spectateurs français, à les lire sur les réseaux sociaux, il y a ceux qui sont déçus, ceux qui sont bluffés, ceux qui sont déçus mais qui seront bluffés en y repensant. Et puis, il y a toutes les chaînes de télé et les médias qui ont couvert l’événement pour parler dans le désordre de son sein, son âge, Marine Le Pen, son âge, ses fesses, son groupe basque, sa performance…. pour son âge. Et de playback aussi. Parce que c’est l’un des grands mythes des temps modernes : Madonna aurait lancé le playback dans les concerts, inspirant ainsi Britney Spears qui ne se contente plus que de bouger vaguement sur ses disques pendant 1h30.

J’ai donc une révélation à vous faire : Madonna chante tellement (faux) en live dans ses concerts qu’on préférerait souvent qu’elle nous passe un disque ! N’importe quelle personne ayant assisté un jour à un concert de Madonna ne peut conserver le moindre doute. Alors d’où vient cette rumeur ?

D’abord, elle a été la première a interpréter un titre en total playback dans un concert, allant jusqu’à donner elle même le disque (vinyle) au DJ, dans le Blond Ambition Tour en 1990. C’était pour un duo virtuel avec Warren Beatty, issu du film Dick Tracy, avec un playback pendant lequel elle performait une danse d’époque.

Mais surtout, avec l’apparition des écrans géants sur scène, elle a lancé le principe des vidéos clip pour animer le temps d’attente pendant ses changements de costumes. Elle n’est pas sur scène, aucun doute n’est laissé sur le fait qu’ils ne sont pas chantés en live, mais il y en a 3 ou 4, ce que certains trouvent un peu dense dans des concerts qui durent parfois à peine plus d’1h30. N’empêche, on ne peut pas exactement parler de playback.

Ces clips contribuent souvent à la qualité du spectacle. Et à la polémique puisqu’ils sont l’occasion de passer des messages sur la liberté d’expression dans son style très personnel. C’est d’ailleurs l’un deux qui a fait le plus parler puisque des personnalités dont Marine Le Pen y sont associées à une croix gammée. Voici donc le clip que nous avons tous vu défiler hier soir pendant que les danseurs continuaient à animer la scène.