Le Monde daté du 15 octobre a publié une très bonne tribune libre de Philippe Cherel, directeur général de l’agence Edelman Paris, sur le blogs et les marques, tribune déjà signalée par Gilles Klein dans Pointblog. Si le contenu est excellent, le titre (La pub et le blog) et l’exergue (La réalité servie par des numéros surtaxés n’a rien à voir avec l’authenticité. Sans contenu, point de salut) ne lui rendent pas vraiment justice et semblent avoir échappé à l’auteur (un choix de la rédaction ?). Le papier offre pourtant nettement mieux à se mettre sous la dent.
Morceaux choisis :
"Les entreprises doivent mieux gérer le bouche-à-oreille, avec juste davantage de bouches et d’oreilles."
"…[les marques, comme les entreprises] seront discutées, évaluées voire interpellées. Autant donc s’afficher clairement dans le débat. A condition que ce débat soit régi par des principes parmi lesquels authenticité, intégrité, transparence, qualité, consistance…"
"… les blogs de marque ne peuvent plus faire l’économie de l’apprentissage des principes de base pour conquérir leur crédibilité"
D’accord sur tout. Manque peut-être une mention de la vraie menace, nouvelle, que les blogs font planer sur les entreprises et leurs marques : le risque de se faire confisquer leur propre communication par des blogueurs. Une motivation supplémentaire pour s’intéresser rapidement au sujet et en comprendre les règles du jeu avant de se lancer.
Un professionnel des RP peut-il s’engager vis à vis de son client ou de son employeur, au-delà des moyens mis en oeuvre, sur les résultats ? Le débat n’est pas nouveau et il n’a surtout pas attendu l’apparition d’agences de relations publiques / relations presse pratiquant sans détour la rémunération aux résultats pour émerger. Bien sûr, la proposition faite par certains acteurs du secteur -toucher une rétribution en fonction du nombre d’articles parus suite à une campagne ou selon un objectif d’articles clairement identifiés en amont- met de l’huile sur le feu, mais elle a l’avantage de soulever clairement la question. Il est peu probable qu’un attaché de presse, responsable des relations publiques, consultant RP en agence ou même dircom ne soit pas confronté un jour ou l’autre à une difficulté spécifique à leur discipline (parmi les métiers de la communication et du marketing) : l’interdiction déontologique de s’engager sur des résultats. Et surtout, il est probable qu’il se sente quelque peu désarmé pour défendre une posture professionnelle quand la pression se fait trop forte.
Les associations et syndicats professionnels se sont pourtant tous prononcés en adoptant un discours clair sur le sujet :
Ces positions s’appuient sur un cadre moral (déontologique) mais aussi légal, dans un environnement français, mais aussi Européen :
- Le code Européen de déontologie professionnelle des Relations Publiques, dit "Code de Lisbonne" date de 1978, modifié en 1989, et précise dans son chapitre 3 article 11 : "Pour ses services, le professionnel des Relations Publiques ne peut accepter de rémunérations que sous la forme de salaires ou d’honoraires : il lui est interdit d’accepter tous paiements ou autres compensations matérielles qui seraient automatiquement liés à des résultats professionnels quantitatifs."
- Le cadre légal est fixé dans un arrêté ministériel du 23 octobre 1964 signé Alain Peyrffitte (page 4 de ce pdf) dans son article 4 : "Ces activités sont rémunérées exclusivement par les honoraires ou le traitement alloués…"
- Devant la justice, la rémunération aux résultat dans le cadre d’actions en Relations Presse a été jugée illégale par la Cour d’Appel de Paris en décembre 1995 : un juge a tranché en faveur d’une agence qui était attaquée par une entreprise pour n’avoir pas rempli ses objectifs de résultat.
Le cadre est donc solide et pourtant ne suffit pas toujours face à des pressions qui peuvent aller jusqu’à mettre en péril un budget voir son propre job. Pour asseoir leur position, les professionnels des RP auraient besoin de l’appui de ceux qui sont également impliqués au premier rang : je pense aux journalistes. Je suis surpris de leur absence sur le sujet, voire choqué lorsqu’ils acceptent d’écrire (de façon neutre ou positive) sur des agences qui pratiquent la rémunération aux résultats. Ne sont-ils pas embarassés par la position qu’on veut leur donner ? Si la rédaction d’un article génère une rémunération, est-ce que ça ne met pas en péril leur indépendance ? Leur prise de position mettrait sans doute fin au débat mais on l’attend toujours.
Ce qui m’a marqué dans la promo à l’occasion du lancement du iTélé sur la TNT (disponible gratuitement depuis hier), c’est la façon dont les équipes et la Directrice Général Valérie Lecasble ont été amenés à défendre la chaînes d’être ancrée à gauche (dans le Point ou dans + Clair ce midi par exemple).
Ce qui est acceptable en presse écrite (Libé à gauche, Le Figaro à droite…) ne le serait donc pas en télé ? Peut-être, mais dans ce cas, ne doit-on pas au moins autant s’émouvoir de Canal + et iTélé à gauche que de TF1 et LCI à droite ? On sait que le CSA joue un rôle majeur dans ce souci de neutralité mais cela interdit-il des chaînes thématiques portant ouvertement un message politique comme l’Huma en presse écrite ? Quel rôle joue la gratuité dans cette pression sur la neutralité ? Est-ce un signe de démocratie ou une hypocrisie totale ? Bref, plein de questions, pas trop de réponses…
Parmi toutes les séries américaines qui déferlent sur nos écrans, on retient souvent les plus trendy dont j’ai déjà eu l’occasion de parler ici ou là, ou celles qui présentent un intérêt très limité mais dont la popularité a participé à la réputation médiocre de la catégorie (je pense à ça ou ça par exemple). On cite rarement des séries qui ont été sous-estimées de façon injuste, ignorées des cérémonies de recompenses. Je pense par exemple aux séries de Josh Whedon dont la prochaine production, Serenity, L’ultime rébellion, débarque sur nos écrans (au cinéma) le 19 octobre. Parmi les productions télévisuelles de ce fan de Shakespeare un peu déjanté, une série qui aura été considérée injustement pendant 7 ans comme un vague sitcom pour ado : Buffy contre les vampires (OK, quelque chose me dit que je vais entendre parler de ça au moins autant que de ma note sur Marie Laforêt : pas grave, j’assume !).
Si la première saison déclinait effectivement sur un ton léger type BD un concept qui semblait voué à trouver très vite ses limites (une jeune fille dotée de super pouvoir débite du vampire à longueur d’épisode en balançant des vannes acides pour faire marrer sa bande de potes surnommée le ScoobyGang), les choses ont changé dès le début de la fin de la première saison. Le bascule s’est notamment joué avec l’un des plus grands retournements de situation qu’une série nous ait offert : l’amoureux secret et néanmoins ténébreux de la blondinette se révèle faire partie de la grande famille des vampires que la belle avait pris jusque là tant de plaisir à faire voler en poussière (Angel a une âme mais quand même).
A partir de ce moment, Joss Whedon n’aura eu de cesse que de construire une mythologie qui repose sur une alliance entre une thématique forte par saison et des situations politiquement incorrects qui font de Buffy une héroïne pour adulte. Parmi les thèmes explorés, on peut retenir celui de la saison 6 qui déclinait la dépendance sous toutes ses formes : à l’amour, à l’amitié, au mal ou même à la sorcellerie qui permettait un parallèle clair avec l’addiction aux drogues dures (manque, descente, sevrage…). Pour ce qui est du politiquement incorrect, Whedon aura fait de l’une de ses héroïnes une lesbienne tellement amoureuse qu’elle sera prête à tuer quand elle la perdra, de Buffy une esclave du sexe prête à tout pour s’abandonner à des ébats torrides avec un vampire pourtant viscéralement méchant, d’Angel une ignoble bête cruelle en lui retirant son âme, de ses personnages secondaires des anti-héros totallement allumés et pervers (Drusilla ou Spike). Qu’on me dise encore que Buffy s’adresse au 13-18… Au passage, Whedon offrira à Buffy un destin tragique, marqué par une mort bouleversante avant de revenir à jamais meurtrie de son passage par l’au-delà (encore une fois pour des raisons inattendues).
Non content de construire une solide mythologie digne des séries cultes et de scotcher sur leurs fauteuils tous les ados peu habitués à se faire bousculer par leur série préférée, le génie de Whedon a montré tout son potentiel en créant des épisodes qui a eux seuls valent le détour. Il suffit de revoir l’épisode intégralement traité en comédie musicale ou celui, quasiment muet, revisitant l’univers de Tim Burton, pour s’en convaincre.
A ce stade, n’ayant plus peur de rien, je dirais que parmi les séries qui ont réussi à surpasser le génie de "Buffy the Vampire Slayer", au moins ponctuellement, il y a sans doute l’autre série phare de Whedon : Angel, dont certains épisodes sont de vrais morceaux d’anthologie, même si les saisons ont souffert d’une qualité inégale. J’y reviendrai.
Le challenge d’une présentation didactique sur les nouveaux médias incluant les blogs, le RSS et le Podcasting, réside dans sa mise à jour qui représente un travail quotidien sans lequel le contenu est périmé au bout d’une semaine. Tous les jours de nouveaux chiffres, lancements, cas d’écoles, acteurs, débats sont à intégrer dans la réflexion. Les contenus mis à disposition sur les blogs m’aident tous les jours, je propose en retour ma contribution en pdf.
En conviant la presse le 12 octobre dans la région de San Francisco sans rien révéler du contenu de l’annonce, Apple a réussi à créer une véritable vague de spéculations qui convergeaient vers l’annonce d’un iPod vidéo (dont toute la presse et la blogosphère ont parlé générant ainsi un des buzz de l’année). En dépassant les spéculations et proposant une solution vidéo complète même si seuls les studios Disney ont signé à ce jour, Apple réussit à ne pas décevoir. Le produit fait rêver, les applications possibles laissent présager un nouveau bouleversement et la communication est maîtrisée de main de maître. Ca ressemble à un cas d’école.
Pour ceux qui souhaitent suivre les coulisses de l’édition d’un roman, Thomas Clément vient d’ouvrir un blog qui promet de révéler " toutes les étapes que vit un aspirant auteur" en revenant sur l’origine de son livre en 2004 et en couvrant toutes les étapes jusqu’à la promo lors de la sortie en février 2006. Thomas, qui anime par ailleurs le blog de Campus, nous promet dans sa première note des détails croustillants, à suivre…
Samedi prochain 15 octobre, à la veille de la journée mondiale de l’alimentation, Action contre la Faim organise pour la 3ème année son opération symbolisant la faim dans le monde : l"Horloge de la Faim". Des silouhettes en bois tomberont toutes les 4 secondes pour recouvrir au final la photo d’un visage, 4 secondes étant le rythme auquel on meurt encore de faim aujourd’hui.
Le lancement de l’opération se déroulera à partir de 10h00 samedi devant le Centre Pompidou, c’est le moment de prouver notre soutien.
Pour la première fois depuis longtemps, j’ai vu hier une émission politique citoyenne à la télévision proposant une vraie approche didactique et intelligente de l’ensemble des participants et franchement, ça fait du bien. France Europe Express était pourtant consacré à un sujet lourd : la santé. La première moitié de l’émission a vraiment permis de mieux comprendre le contexte de la grippe aviaire et a été à mon sens exemplaire sur le fond et la forme.
L’intervention mesurée des journalistes, qui posent les bonnes questions et laissent leurs interlocuteurs répondre (!), les reportages réellement didactiques et surtout la volonté des participants (politiques, économiste, médecin) d’informer ont participé à un niveau de qualité auquel on n’est plus réellement habitués. Bien sûr, la deuxième partie, portant sur la Sécurité Sociale, a offert quelques dérapages de débats politiciens (qui font habituellement la norme de ce type d’émission) en attaques personnelles stériles mais globalement a permis de mieux comprendre l’état des lieux et les enjeux de la Sécu pour les années qui viennent.
Le tout avec une Christine Ockrent visiblement atteinte d’une bonne… grippe ! Pour info, l’émission devrait être mise en ligne dans la journée.
Il fallait bien que ça arrive. Après avoir créé des stars éphémères vite retombées dans l’indifférence générale en générant au passage d’inévitables dégâts humains, après la déferlante des peoples has been dans les émissions de télé-réalité, qui a fini par lasser (exit la ferme), la boucle se devait d’être bouclée. Qui de mieux placé qu’Endemol pour y penser ?
Ainsi, société de production de Stars Académie réfléchirait avec M6 à faire mieux que ressusciter Loft Story : réunir les anciens, ceux qui sont restés dans l’inconscient collectif, des ex-stars de la télé-réalité. Jean-Edouard et Loana (et leur piscine ?), Laure et Fabrice, Christophe et Julie (et leur bébé ?), Aziz et Kenza, bourriquet (sans Steevy occupé chez Ruquier ?) attireraient probablement des téléspectateurs avides de découvrir jusqu’à quelles profondeurs des « humains de laboratoires » peuvent descendre.
Et un succès lancerait probablement une série de concepts sur le même modèle : un « super star académie » mettant en compétition les finalistes de l’ensemble des saisons précédentes, un « Nice Colocataires Story » mettant en présence les participants les plus marquants de plusieurs émissions, un « Laurent et les millionnaires » qui verrait Marjolaine et Greg monter un ménage à 3 avec l’Incroyable Fiancé de l’été, une super Nanny relookée par les Queers tout juste revenus du pensionnat de Sarla ou d’ailleurs … Un jack pot déclinable pendant quelques saisons, jusqu’à épuisement des stocks, ou lassitude.