Proud blogueur

Ce week-end, trois discussions aux périmètres très différents m’ont amené évoquer mon blog. J’ai eu besoin à chaque fois de m’y référer pour expliquer une réaction, un fait intime, un bout de mon histoire. Alors que, évidemment, personne ne me le demandait. Un peu comme si, tout à coup, ignorer que j’avais un blog revenait à ignorer une part importante de qui j’étais… je suis.

Pourtant, pendant 10 ans, je n’en ai pas parlé dans la vraie vie, de mon blog. Jamais un mot sur son contenu. J’y ai juste écrit plus qu’aujourd’hui. Au quotidien, jusqu’à deux fois par jour.

Ainsi au final, c’est noyé dans un océan d’anecdotique que subsiste ce que j’y ai révélé des expériences personnelles qui m’ont terrassé ou construit ou -le plus souvent- les deux successivement.

Ceux que j’ai aimé, ceux que j’ai perdu, ceux que j’ai raté y sont, les rares fois où j’ai perdu pied aussi. Quasiment jamais dans l’émotion du moment mais en gardant les quelques semaines ou années d’écart… et de protection. Je suis assez tranquille aujourd’hui pour dire que tout y est, personne n’aura la force de se taper des centaines de billets pour s’y retrouver, le mystère restera bien gardé.

N’empêche, à force de répondre à des questions bizarres mais pas si nouvelles (Pourquoi tu écrivais toutes ces choses sur toi en public ? Tu savais que plein de proches te lisaient ? Pourquoi ne pas garder vraiment intime ce journal ?…), tous mes faisceaux de réponse m’ont dirigé dans la même direction.

Mon blog m’a donc “sauvé” de cet autre acte totalement égocentré qu’est une bonne thérapie. Je ne suis pas en mesure d’en comparer le processus. Je sais juste que parler des heures à un inconnu n’est pas dans ma nature, je ne peux pas m’y sentir bien. Mais l’objet semble consister à à mieux se connaître, apprendre à faire avec ses parts d’ombre, comprendre que pour que la récolte de ce que l’on sème soit agréable, il faut apprendre à mieux semer. Pas si loin que ça de l’objet d’un blog, donc.

Il est en fait de moins en moins nécessaire de lire mon blog pour me connaître. M’y référer aujourd’hui ne sert à rien d’autre que de lui témoigner toute ma reconnaissance. Il m’a tellement aidé à construire ce chemin de vie tracé depuis une dizaine d’années. Et il m’a aussi finalement apporté quelques-uns de mes amis les plus précieux.

Et pourtant, j’ai oublié de lui fêter son dizième anniversaire en août dernier. Twitter, Facebook, Instagram et d’autres peuvent en être la cause. Mais j’y reviendrai toujours, comme on revient toujours vers son meilleur ami.

7 Replies to “Proud blogueur”

  1. Oui Fabisounours, faut juste que je trouve la teuf électro qui va avec l’anniversaire de mon blog /o/
    On reconnait les vrais qui commentent encore dans les commentaires de blogs 🙂

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