Puzzled

Au départ, c’est une méthode de travail. Une façon de structurer la pensée acquise sans doute plus en fac scientifique qu’en école de communication. Un fonctionnement qui s’est insinué au-delà de mon environnement professionnel, dans un mode assez inattendu.

Un puzzle mental qui finit par s’imbriquer d’un coup

Quand une problématique doit être résolue, hormis en situation de crise où la rapidité n’est pas une option, un processus itératif me fait passer dans un laps de temps que je ne maîtrise jamais assez  de la situation où “je n’ai aucune idée” à celle où “je déroule une note de recommandation en 10 minutes”. Entre les deux, je consulte de nombreuses sources, j’échange avec des spécialistes et des néophytes, je vais au cinéma ou me promène dans Paris, je me nourris des morceaux de vie de mes proches… Je constitue un puzzle mental constitué d’un ensemble désorganisé de convictions, d’idées et de mécaniques qui finissent par s’imbriquer le plus souvent un matin au réveil, sans que j’ai eu l’impression d’y réfléchir toute la nuit.

Une méthode professionnelle involontaire

Cette méthode involontaire s’est appliquée naturellement à la rédaction de billets pour le blog ou Le Plus avec un angle qui apparaît longtemps après que j’ai tourné autour d’un thème ou d’un sujet que je voulais traiter. Elle s’impose à tous mes projets professionnels qui nécessitent de structurer la pensée. Ce qui s’avère au final aussi incontrôlable que confortable pour moi et aussi peu gérable qu’agréable pour mon entourage qui me trouve souvent soudainement absent des conversations. “Tu es ailleurs”.

Ce fonctionnement me détourne de la fulgurance dont j’aurais tant aimé être doté et que j’admire tellement chez les autres. J’arrive parfois à compenser et gagner en rapidité grâce à une intuition nourrie d’années d’expérience qui peuvent faire illusion mais ne suffisent pas à me satisfaire pleinement.

Lorsque tout à coup “tout s’éclaire” dans ma vie personnelle

Depuis quelques années, j’ai développé dans ma vie personnelle, sans doute en partie par voie de conséquence à mon attention fluctuante, un processus similaire mais encore moins maîtrisé. Après que de nombreux signaux aient été émis par des voies diverses, sans que je n’y ai prêté une attention suffisante ou alors que ça m’arrangeait de ne pas les voir, un détail fait tout basculer. Un mot, une intonation, un regard fuyant peuvent tout déclencher. En un millième de secondes, ce qui n’était que des bribes éclatées d’informations s’alignent pour constituer une réalité évidente, pleine de sens mais souvent beaucoup plus désagréable que d’orchestrer une solution face à un enjeu de communication.

Ça m’est arrivé lorsque 2 mots de trop, anodins en apparence, m’ont fait réaliser que j’étais victime depuis des mois d’un énorme mensonge multi couches fabriqué par un cerveau occupé par plusieurs personnalités. Alors que des amis m’avaient mis en garde et que tellement d’éléments auraient pu me permettre de le déceler en quelques jours.

Une autre fois, de nombreux signaux de burn out s’étaient manifestés sans que je ne les repère. C’est dans le regard d’un inconnu dans le métro un lundi matin en allant au bureau que j’ai réalisé mon état pour m’amener à me débrancher immédiatement de toute pression professionnelle et sociale.

Pour tenter d’imager, je ressens dans ces moments là quelque chose de très proche de ce que “vit” Bruce Willis à la fin de Sixième Sens. Certes, en beaucoup moins dramatique. J’aimerais que ce phénomène s’efface avec le temps, ça n’en prend pas le chemin puisque je l’ai expérimenté plusieurs fois depuis juillet, en dînant avec des amis ou en échangeant avec ma famille. C’est sans doute le signe d’un éparpillement qui m’amène à me reconcentrer sur moins de projets et aborder la rentrer avec plus de focus et moins de puzzles.

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