Elodie Frégé, La fille de l’après-midi

Le 4 octobre prochain sortira le nouvel album d’Elodie Frégé, la Fille de l’après-midi. Depuis 4 ans, plein de choses se sont passées entre Elodie et moi : un album qui m’a retourné en 2007, un concert qui m’a emballé en 2008, une pause dans notre “relation” en 2009 avant de nous croiser par surprise et de découvrir en avant-première son album en 2010.

Grâce à Mathilde (merci merci), j’ai pu cette semaine non seulement assister au showcase d’Elodie mais aussi participer à une interview-concept en duo.  Voici donc un extrait de l’un de mes titres préférés de l’album (Heures inertes) et la fameuse interview, pas aussi décalée que prévue notamment parce que réalisée sous l’objectif de la caméra de 100% Mag qui tournait les coulisses, mais un moment hors du temps.


Eric et Mathilde : Bonjour Elodie. On a écouté ton album mais on n’en sait rien de plus. Qui se cache derrière les titres ?

Elodie Frégé : j’ai presque tout écrit et composé sauf une chanson de Florent Marchet, un texte d’un écrivain qui s’appelle Grégoire Louis et trois chansons co-écrites ou co-composées avec Benjamin Tesquet qui est l’arrangeur des morceaux avec moi avant que Jean-Philippe Verdin prenne le bébé et réalise le disque. Il a apporté sa touche sur des chansons déjà arrangées pour les sublimer.  La disparition de certaines personnes autour de moi qui n’avaient pas le temps de travailler avec moi m’a forcé à me mettre dans un nouveau costume et je suis ravie, même si je retravaillerai évidemment avec Benjamin Biolay, en tout cas j’espère. Mais là, ça a été une chance d’avoir le champs libre.

Mathilde : Tu touches donc désormais à l’arrangement ?

Elodie Frégé : j’ai essayé oui, c’était une première expérience avec l’arrangement de 8 morceaux. C’était très enrichissant, j’ai pu y mettre beaucoup de moi, de mes influences : Benjamin Biolay, Serge Gainsbourg – Mélodie Nelson surtout pour les cordes, Portishead, Sia et des trucs un peu trip hop, y a même carrément du Massive Attack même si je n’écoute jamais les albums en entier mais par touches.

Eric : quelle est la genèse de cet album aux airs d’album concept ?

Elodie Frégé : c’est pas vraiment concept parce que j’ai écrit la plupart des chansons sans penser à une histoire en continu, elles se sont écrites au fil des moments en deux ans et demi. Je n’en ai pas écrit beaucoup plus que le nombre de chansons qu’il y a sur le disque parce que je suis extrêmement lente et j’ai besoin de mûrir les choses. Et c’est après que je me suis rendue compte qu’elles parlaient toutes un peu des mêmes choses, très banales, mais avec un ton très particulier.

Eric : et sur scène, comment l’album sera transposé ?

Sur scène, ça ressemble au disque mais je ne peux pas avoir toutes les cordes donc il y aura ma violoncelliste Mathilde, ensuite Vincent mon guitariste et Benjamin qui est aussi mon bassiste, mon batteur Christophe et David au clavier. Il y aura des titres de l’album précédent, la ceinture, la fidélité…

Mathilde : on t’a vu sur scène avec Yann Destal et Vincent Baguian, avec qui d’autre aimerais-tu faire un duo ?

Elodie Frégé : (elle réfléchit) j’aimerais bien chanter… avec… Damien Rice, Ludéal et sinon, des gens morts en général !

Eric : ce serait quoi le titre de l’article rêvé de l’article sur ton album, le plus beau compliment qu’on pourrait te faire sur l’album ?

Elodie Frégé : l’album du sièce ! (elle rit). C’est dur, faut que je réfléchisse (et elle réfléchit).

Mathilde : qu’est-ce que tu aimerais que les gens pensent ?

Elodie Frégé : En fait j’aimerais que les gens soient troublés, qu’ils ressentent toutes les nuances qu’on a essayé de mettre dans chaque chanson, que chacune soit comme une nouvelle ou un petit film. Le disque entier raconte l’histoire d’une fille qui pourrait être l’héroïne d’un film sur les années 50 – 60. C’est un peu une Cléo de 5 à 7, une Belle de Jour. J’aimerais que les gens se disent que je me suis livrée et abandonnée à quelque chose de plus précieux que ce que j’avais pu livrer avant. J’ai envie qu’ils soient surpris par toutes les nuances et par les choix Folk trip hop, ce mélange de grandiloquence tout en étant parfois juste seule. J’ai voulu que ce soit vivant et encore plus vibrant, plus dans l’abandon et le plaisir. Avec l’apprentissage de soi aussi.

Eric : et où en es-tu avec le cinéma ?

Elodie Frégé :  J’ai juste une petite apparition dans un film de François Ozon, Potiche. Le film est vraiment génial, je vous conseille d’aller le voir mais je ne suis pas encore Marion Cotillard ou Catheirne Deneuve. J’aimerais beaucoup mais je suis curieuse de plein de choses. J’aimerais apprendre la poterie, la peinture, à jouer du piano, me remettre à la danse… Le cinéma fait partie de ces envies, c’est une manière d’exulter, de se mettre dans le costume de quelqu’un d’autre, un peu comme une thérapie. Je sors de mes gongs assez irrégulièrement mais c’est très fort, jouer pourrait m’aider à canaliser. D’ailleurs, La fille de l’après-midi est plusieurs filles en fait.

Mathilde : ton album m’a vraiment troublée et j’ai trouvé en particulier que ta voix avait changé

Elodie Frégé : oui… je l’ai perdue ! Enfin à un moment, elle s’est cassée, je l’ai perdue à l’été 2008, vraiment très longtemps, pour des raisons que je ne citerai pas, un truc con, j’étais très malade… Mais du coup maintenant, j’aime bien ma voix maintenant parce qu’elle est plus usée et elle a plus de vie et de densité en fait. J’ai baissé d’une tonalité. Et c’est pas plus mal. Ca va avec qui je suis. Parce que je n’ai ni le physique, ni la voix, ni le regard de qui je suis. Ca induit beaucoup les gens en erreur. Je vais pas dire que j’ai une vie dépravée mais j’ai beaucoup plus d’aspérité qu’il n’y parait.

Eric : est-ce que le prochain single après La fille de l’après-midi est choisi ?

Elodie Frégé : en fait, il n’était pas sur la première version de l’album le prochain single. Il y a une version pour la Fnac avec des titres en plus dont La belle et la bête que j’ai écrit et composé avec mon bassiste Benjamin Tesquet. Elle est assez catchy, il y a du chien dans cette chanson et du coup ça allait assez bien avec l’album et elle sera sur la version définitive. Mais vous ne l’avez encore jamais entendue.

Mathilde et Eric : merci beaucoup Elodie

Bon là, on lui a fait plein de compliments parce qu’on est des fans de base. Parce qu’elle est sublime et lumineuse aussi. On a filmé toute l’interview mais on garde ça rien que pour nous, comme un bijou tellement précieux qu’on ne veut pas le sortir.

Mon seul regret est que l’interview ait eu lieu avant le showcase qui nous a montré à quel point Elodie se lance avec plaisir dans l’explication de texte, le sens plus ou moins caché de chacun de ses titres. Du coup, il y a plein de questions que je n’ai pas osé poser sur l’album dont je ne me serais pas privé si j’avais su.

J’attends donc notre rendez-vous de 2011 pour ça, avoir la chance d’un backstage pendant un concert serait une belle évolution dans nos rencontres.

Week-end musical rythmé par la StarAc

Avec l’association des thématiques Musique et Star Ac, on peut craindre le pire. Et pourtant, il y a quelques bons moments dans ce week-end…

La troisième saison de la Star Academy est la seule que j’ai suivi vraiment, intégralement. J’étais passé complètement à côté de la première saison, j’avais vaguement suivi la deuxième pour Nolwenn et par intermitence toutes les autres. Sauf la troisième donc. Y compris les quotidiennes, en profitant des rediffusions nocturnes. Presque par devoir professionnel, au début, avec ennui. Puis petit à petit en me prenant au jeu. Cette année là, ma favorite était incontestablement Sofia, son vibrato, sa beauté, ses qualités de danseuse, son caractère bien trempé. Je n’avais absolument rien compris à la victoire d’Elodie Frégé. Je la trouvais aussi charismatique qu’un ectoplasme, l’oeil éteint, la voix fragile, ayant fait oeuvre d’une et une seule bonne prestation (sur l’Aigle Noir) en 4 mois.  

A sa sortie, j’ai donc soigneusement rangé son premier album, reçu d’un ami attaché de presse, dans le range disque sans même l’écouter. Ce n’est qu’à la vue du clip de Catherine Breillat sur le titre Je te dis non que mon intérêt a débuté. Parce que bien loin des titres polissés auxquels les gagnants de la StarAc nous ont habitués sur leur premier album. Parce que composé par Elodie Frégé elle-même.

En 2006, à la sortie de l’album Le Jeu des 7 erreurs, j’ai été immédiatement scotché par le titre fer de lance, La ceinture, de Benjamin Biolay. J’ai donc chargé l’album sur mon iPod et suis tombé sous le charme de la quasi totalité de l’album. Avec quelques titres qui se détachent : Chez moi, Douce Vie, Fous de rien. Je n’ai découvert que plus tard qu’ils étaient tous composés et écrits par Elodie. Mais aussi La fidélité écrite par Lanzman et Le velours de vierges de Gainsbourg. Les critiques ont été bonnes sans plus, les ventes aussi (disque d’or quand même). Un succès en demi-teinte donc.

Elodie Frege La Nouvelle Eve

Hier soir, j’ai enfin eu la chance de voir Elodie en concert et j’y ai passé un excellent moment, pas l’ombre d’un début de déception. Vraie proximité aidée par la taille de la salle, une voix impeccablement juste, un violoncelle magique. En prime, sa reprise des bêtises dont j’avais beaucoup entendu parler mais encore jamais entendu. Une seule déception, le titre Chez moi est malheureusement passé à la trappe. En plus d’une première partie de qualité (c’est Mathilde qui en parle le mieux), j’ai eu la surprise d’y revoir Vincent Baguian, aphone mais égal à lui-même, pour le même titre que je l’avais vu pratiquer avec Zazie au Bataclan, également présent sur son excellent dernier album

Pour rester sur la Star Ac deux minutes, j’en ai vu ce soir pour la première fois l’intégralité d’un prime de cette cuvée. Ca ressemble à s’y méprendre aux éditions précédentes. Mais l’émission valait quand même le détour ne serait-ce que pour la visite du fameux groupe allemand Tokio Hotel dont on sait qu’il fait fureur auprès des jeunes… mais quand même, il faut le voir pour le croire.

Tokio Hotel

Une horde d’adolescentes en larme, déguisées en andogyne avec une coupe qui devrait être passible de peine de prison, hurlant avec le groupe sur des paroles en allemand dont on connait la musicalité, ça m’a fait ma soirée.

Ah oui, pour boucler mon week-end, j’ai aussi chargé l’album de Jenifer dont le premier single me parait assez prometteur, l’écoute sera pour demain. Suis pas sûr de mon coup mais là encore, je pense que les choix sont un peu moins formatés qu’à l’habitude.

En cadeau, les bêtises revues et corrigées.