Zen

Je reviens d’une semaine de formation qui a été l’occasion, dans un joli oasis au coeur de l’atlas marocain, de nouvelles introspections pour tenter de me mettre toujours mieux au service des autres. Comme à chaque fois, j’ai compris des choses sur mon comportement, accepté de nouvelles contradictions, intégré une réalité objective qui devrait me rendre un peu meilleur. Mais ma vraie découverte de la semaine a fait l’objet de de séances quotidiennes, le matin tôt et le soir à la tombée de la nuit. Une découverte que je redoutais un peu, tant la possibilité d’atteindre la plénitude absolue en quelques minutes me paraissait hors de portée. Je suis revenu convaincu et intrigué.

D’abord, un bénéfice collatéral de la pratique du Yoga avec une coach anglaise est l’apprentissage d’un nouveau vocabulaire qui passe par les différentes parties du corps et les variations autour de la respiration.

Le challenge linguistique dépassé, il suffit de quelques minutes pour réaliser la puissance d’inspirations et expirations bien contrôlées. Dans notre groupe de débutants, nous avons passé en revue l’ensemble des positions fondamentales, à commencer par celle du chien tête en bas qui invente un nouveau type de courbatures entre les omoplates en mettant en contribution des muscles peu utilisés dans la vie quotidienne. En une semaine, nous nous sommes tous surpris à réaliser des postures à priori inatteignables pour nous, par la seule force du souffle.

Alors que la séance pré-breakfast était dédiée à aligner le corps et l’esprit dans une dynamique commune injectant de l’énergie à tous les endroits clés du corps, celle du soir avait un objectif purement relaxant. C’est celle qui m’a le plus surpris en m’offrant de multiples moments, habituellement tellement rares, de plénitude, l’esprit entièrement dégagé du corps et des pressions de la journée. Le premier soir, lorsque la coach nous a invité à redevenir pleinement présents, j’ai réalisé à quel point je ne l’étais plus, sans que mes pensées ne vagabondent mais sans penser à rien. Dans un état proche du sommeil sans pour autant l’atteindre.

Etrangement, c’est lors de l’avant-dernière séance que j’ai vraiment réalisé qu’un petit miracle se produisait chaque jour mais qu’il n’était en rien garanti. Alors qu’aucune raison de stress supplémentaire apparente ne me préparait à une mauvaise séance, je suis totalement passé à côté de ma relaxation. Ce qui me paraissait plaisant la veille devenait lourd et ennuyeux, tout était trop long, inconfortable, presque ridicule. Mais la sensation la plus forte s’apparentait à une frustration extrême. Je n’en ai jamais eu l’explication mais c’est ce qui m’a donné envie d’y retourner, de pratiquer encore.

Au final, il n’est pas impossible que je réserve quelques minutes au bureau à la relaxation avant un rendez-vous important ou une intervention stressante. Il va juste falloir que je trouve un endroit à l’abri pour n’effrayer personne…

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