Une chanson vaut un long discours

C’est le mois des fiertés.

Dire que j’ai une relation au sujet compliquée est un euphémisme. Plutôt que parler de “fierté”, j’ai longtemps préféré revendiquer un droit à l’indifférence… que je ne me suis en fait jamais vraiment accordé à moi-même.

Comment combattre pour qu’une inclusion plus naturelle dans la société s’opère pour les générations qui suivent sans s’accepter et s’exposer, au moins un peu ?

La pression sociale, les postures homophobes visibles ou rampantes, les campagnes de dénigrement orchestrées à chaque progrès vers plus d’égalité et de normalisation (dépénalisation, PACS, Mariage pour tous…), les positions extrêmes des activistes aussi parfois et les combats intérieurs ont contribué à donner une couleur particulière à ma vie.

Pour décrire, et adresser d’une certaine façon, ce que je ressens, il y avait la possibilité de m’allonger sur un divan (je ne suis pas un bon client), d’échanger sans fin sur le sujet (mais j’ai besoin de nuances et ce n’est pas tendance, la nuance), d’écrire en format long (ce que j’ai fait mais ne publierai pas, pas tout de suite en tout cas).

La musique est le moyen le plus sûr que je connaisse pour partager mes émotions.

Alors il y a un titre des Pet Shop Boys qui m’a plu avant même que j’en comprenne complètement le sens. Lorsque j’ai suffisamment parlé anglais pour tout comprendre, il a résonné encore plus fort mais j’étais encore trop jeune pour comprendre vraiment pourquoi.

A 52 ans, c’est un bon moment pour prendre à mon compte chaque phrase de ce titre chanté récemment par Elton John au profit de sa fondation, en duo avec Years & Years. Le sentiment qui s’est construit, depuis l’école jusqu’à l’âge adulte, ce que j’ai combattu, le rapport à la religion, ce qu’il en reste aujourd’hui, tout y est, je ne pourrais pas mieux dire. Alors autant la chanter.

Je n’ai à convaincre de rien. Je n’ai rien choisi. J’ai fait avec, comme je pouvais. Je suis heureux à chaque coming-out que je lis ici ou là, d’autant plus lorsqu’ils s’accompagnent d’autant de légèreté que possible. La fierté, j’aimerais la vivre mais ce n’est pas le cas. J’ai peur qu’on soit quelques-uns dans mon cas à souffrir d’une situation qui s’est imposée, par étape, comme autant de claques dans la gueule.

La fierté, je vais donc essayer de la créer. Ca passera par un engagement pour que les générations d’avant et leurs combats ne soient pas oubliés.

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