Mutation des entreprises media socialisées : les modèles de réussite

En lisant le très bon (et assez courageux) billet de Laurent, je me suis interrogé sur les freins à l’évolution rapide de la pensée dans les entreprises. Est-ce que la raison se trouve dans le déficit de confiance que les annonceurs portent à des consultants externes qui manquent trop souvent d’humilité, de crédibilité et surtout de compétences marketing suffisantes pour intégrer les enjeux des media sociaux dans les disciplines fondamentales ? Ce déficit conduirait-il à s’intéresser de façon obsessionnelle à un sujet secondaire : le ROI ?

J’ai commencé il y a quelques mois un travail d’analyse des bonnes pratiques en matière de change management induit par l’atterrissage du digital dans les organisations. Au départ pour en tirer un livre que je n’écrirai sans doute jamais, les exemples dont je connais le mieux les contours se situant dans l’écosystème de mes clients (dont je ne parle jamais par principe). Et à ce stade, c’est sans conteste aux Etats-Unis et en Asie que je serais allé puisé les meilleurs modèles qui m’auraient amené à une conclusion un peu différente de celle de Laurent. Tout ça m’a donné l’envie d’un petit rebond.

Voici donc en exclusivité le plan du livre « Mutation des entreprises media socialisées : idées reçues et modèles de réussite » que je n’écrirai pas. De toute façon, ce titre aurait été beaucoup trop long, personne n’aurait acheté ça.

– Le modèle top -down a de l’avenir

Les media sociaux seraient donc le royaume du collaboratif, de l’échange, de la conversation ? Oui, sauf au moment où il s’agit d’impulser la mise en place de l’organisation qui va avec. Le frein numéro 1 à l’évolution des structures est l’absence d’implication d’une direction générale qui doit aligner les décideurs de l’entreprises autour d’un plan stratégique et opérationnel absolument top down, marketé autant que possible et intégré . J’en parlais début 2009 dans différentes conférences (voir slide 29) :

La bonne nouvelle est que les grands patrons comprennent très vite les enjeux et la posture à prendre dès lors que le sujet passe en haut de la pile de leurs urgences. La mauvaise est que ça se produit souvent pour de mauvaises raisons : une crise… Dans les deux cas, l’accompagnement externe requiert un niveau d’expérience que les experts des media sociaux n’ont pas toujours, en cela je rejoins le point de Laurent.

– La fonction media social internalisée et séniorisée

Pour piloter un plan media social voulu par la direction générale, laisser les clés à un consultant extérieur n’est forcément pas une bonne idée. Et considérer qu’un plan stratégique sera implémenté par un community manager, même malin, est un non sens. Les exemples cités dans la présentation ci-dessus sont des entreprises qui se sont toutes dotées d’une fonction stratégique : le responsable des media sociaux (Social Media Manager), senior, légitime, membre du codir, respecté des autres managers fonctionnels. La plupart du temps, il se sera entouré de spécialistes externes et aura constitué avec eux une équipe opérationnelle internalisée. Scott Monty chez Ford en est un excellent exemple. L’enjeu de la gouvernance du déploiement stratégique des medias sociaux est clé mais elle n’exclut ni les consultants, ni la collaboration et elle se joue bien au-delà du marketing.

– Une culture transmedia et du test permanent

Pour comprendre pourquoi la culture media social ne peut se vivre en silo mais doit irriguer toute l’entreprise par le haut, le meilleur exemple dont je peux parler n’est pas corporate mais politique. Lorsqu’on rencontre l’équipe qui a piloté la campagne d’Obama en 2008, on comprend très vite que le vrai succès de la démarche reconnue par tous comme un modèle ne réside pas dans la capacité donnée aux medias sociaux à mobiliser et lever des fonds comme on l’a lu un peu partout. Le vrai succès résidait dans la capacité à intégrer les réseaux sociaux dans une démarche transmédia qui prolongeait un mailing sur Facebook, mobilisait par email pour renvoyer dans la vraie vie. La même équipe explique que la deuxième innovation qui leur sert aujourd’hui de modèle mis au service d’entreprises est la culture de test permanent qui consiste à accélérer le déploiement d’une idée, quitte à la faire évoluer voire à l’annuler si elle ne fonctionne pas autant qu’escompté. Seule une fonction stratégique transversale peut imposer un tel bouleversement culturel dans la rapidité de mise en oeuvre décomplexée.

– Le ROI n’est jamais une mauvaise question

La question du retour sur investissement est complexe puisqu’elle s’est toujours basée sur des indicateurs plus ou moins légitimes mais acceptés par tous comme preuve de réussite. Les indicateurs n’existent pas dans les médias sociaux, pas plus qu’ils n’existent en matière d’influence. Mais il n’y a aucune raison pour que la complexité de la réponse aboutisse à une négation de l’intérêt de la question. Choisir d’investir stratégiquement dans les media sociaux répond forcément à un enjeu de ROI finalement pas si difficile à évaluer à un niveau macro. Il « suffit » de répondre aux questions qui fondent les enjeux de l’entreprise : les medias sociaux me permettent-ils de recruter de nouvelles typologies de consommateurs ? Ma présence sur les media sociaux me protège-t-elle en cas de crise ? Ma relation avec mes clients est-elle effective partout où mes clients se trouvent, y compris sur les medias sociaux ? Suis-je une entreprise attractive auprès de haut potentiels très actifs sur les media sociaux ? Evidemment, lorsqu’on considère le ROI par action tactique indépendamment d’un enjeu stratégique, le ROI est toujours plus complexe à déterminer, sauf à décréter à quel objectif il contribue et à préciser de quelle façon.

– Faire émerger les bonnes pratiques des erreurs : la calamité du « bad buzz »

Au cours de ces derniers mois, la méthode des experts a consisté à s’abreuver de ce qu’ils considèrent comme des ratages qu’ils aiment appeler des bad buzz au premier soubresaut. Evidemment, la presse s’en délecte, toujours plus émue par ce qui rate que ce qui réussit. Je m’étais exprimé sur le cas Gap un peu à contre-courant, je pourrais faire la même chose avec le cas Veet. Une marque tente des choses sur le web, ça ne marche pas : encourageons là à tenter d’autres choses plutôt que de l’envoyer à l’échafaud pour une production discutable qui au final divise d’ailleurs plus qu’elle ne provoque un rejet généralisé (voir les commentaires des articles). Chaque fois qu’une marque ose, elle prend un risque. Si une marque ne prend pas de risque, elle meurt. J’attends des experts qui guident qu’ils en tirent les bons enseignements constructifs. Je ne suis probablement pas le seul.

Si quelqu’un veut compléter, débattre et écrire le livre qui va avec, je laisse ce plan en creative commons 🙂

Ma canitie

C’est un processus normal, rien de grave. Le blanchissement de cheveux est l’un des cadeaux qui arrivent avec l’avancée dans l’âge. J’aime bien celui-là, vraiment.

Mon patrimoine génétique me prédestinait à garder des cheveux longtemps et des cheveux grisonnants relativement tôt. J’y étais préparé et l’attendais presque. Je me souviens d’ailleurs de mon pote de fac qui faisait des ravages malgré la précocité de ses cheveux blancs. Je me souviens aussi que dans les années 90, s’offrir un effet poivre et sel dans un salon de coiffure coutait à peu près un rein. Et voilà que la nature me conduit vers ça, gratos.

Jouer le patriarche sur Twitter dissimule forcément une passion toute relative pour l’avancée dans l’âge. Déjà en 2007, ça me travaillait. Alors je surjoue. Et plutôt que d’attendre transi le moment où mes cheveux blancs ne seront un avantage que professionnel, celui que les américains appelle le « Grey hair factor », je rappelle tous les jours à George Clooney qu’il n’a qu’à bien se tenir : j’arrive.

Concerts entre amis avec Cocoon et Zazie

C’est visiblement une tendance : la proximité décontractée et souriante d’artistes sur scène. Un peu comme une soirée entre amis où on sortirait la guitare pour passer une bonne soirée. Je viens de vivre l’expérience deux fois coup sur coup.

Vous sinon, vous me voyez, là, derrière mes potes ?

Cocoon à l’Olympia

Mardi soir, j’avais rendez-vous avec Cocoon à l’Olympia. Des places réservées à 2 presque sur un coup de tête, je n’en attendais pas grand chose d’autre qu’un moment dans le cocon enveloppant d’une musique que j’aime écouter chez moi un peu tard pour déconnecter. Le groupe, en particulier les chanteurs Morgane et Mark, ont servi beaucoup mieux, mais alors beaucoup mieux, que ça : une vraie interaction avec le public, des blagues potaches comme on les fait entre potes en guise d’enchaînement, de belles idées de mises en scène dans la simplicité, une belle performance vocale.

Dans l’euphorie, j’ai soudain eu très envie de devenir ami avec cette équipe là qui semble, sur scène et en coulisse, très soudée. Pour finir les soirées en chanson autrement qu’avec un iPod et offrir quelques cours sur Dance Central à Mark qui chante sublimement et fait des merveilles avec sa guitare mais bouge avec un peu moins d’aisance.

Cocoon, je vous kiffe.

Zazie en tournée et bientôt à l’Olympia

Zazie sur scène, je l’ai déjà vue en province, à la Cigale, au Bataclan et à Bercy même, avec les Enfoirés. Ah oui, au fait, je suis super fan de Zazie. Après avoir suivi de près les tribulations de son dernier album (un de ses meilleurs, que le concept et les étranges choix de singles ont pourtant un peu desservi), impossible de rater la tournée qui va avec. Mieux, j’étais invité mercredi soir à la première à Courbevoie. Si je l’ai souvent appréciée dans des salles plutôt petites, avec la spontanéité qui la caractérise, jamais la proximité n’avait été jouée à ce point : dans une mise en scène dépouillée et en très petite formation de 4 musiciens, la salle un peu calme au début n’a pas pu résister aux occasions de chanter sur les tubes alternés avec les nouveaux titres. C’est donc debout et dans une salle éclairée comme entre chaque chanson que nous avons vu à quelques mètres Zazie se promener dans les rangées, accessible, souriante, drôle, comme on l’imagine en vrai. Et visiblement touchée d’avoir réussi à emporter une salle pas exactement acquise d’avance (les abonnements fonctionnent visiblement bien à Courbevoie).

Bien sûr, j’ai regretté quelques choix de titres issus du dernier album : interpréter Pas que beau et ne pas chanter Amour dollar est à peine pardonnable. Et j’aurais aimé une entrée plus percutante. Mais j’ai chanté d’un début à l’autre et comme 100% de la salle, je suis persuadé qu’il y a un moment où elle m’a souri.

Pour les fans, la playlist qui bougera peut-etre à l’occasion de ses concerts parisien à l’Olympia (du 11 au 21 mai) : FM Air, Gomme, Des rails, Les pieds nus, J’étais là, Aux armes citoyennes, Le dimanche, La la la, Zen, Je vous aime, Pas que beau, Cheese, Etre et avoir, Chanson d’amour, A copier 100 fois, L’addition, Rodée, Avant l’amour, Les poupées Zarbie, Rue de la paix, Sur toi, Je suis un homme et 3 p’tits tours.

Ma semaine en images

Le printemps, c’est aussi la saison du retour des événements à Paris. Illustration avec une semaine prise au hasard : la dernière.

Xanadu (Arte)

Arte investit le champ de la création française en matière de série avec Xanadu (ce que j’ai pensé de la série ici). L’occasion de découvrir les 2 premiers épisodes en bonne compagnie dans le confort de la salle de projection d’Arte.

Miko et Carman ne foutent rien (Comédie!)

Au départ, si je vais découvrir la série qui arrive sur Comédie! le 19 mai, c’est pour faire plaisir à des gens que j’aime bien et qui me font rire sur Twitter (plus que chez Cauet). A l’arrivée, je suis assez bluffé par la qualité de la production, et le principe du pastiche d’émissions télé d’aujourd’hui me parle. Découvrir un épisode complet sur le lieu du tournage avec les 2 protagonistes et l’équipe de production était un vrai plaisir, je serai forcément branché sur Comédie le 19 mai.

Concept-Store Puma

Un magasin modernisé boulevard Sebastopol, une appli pour customiser ses sneakers, du beau monde, Laurent Guyot aux manettes.

Copyright http://jet-society.com/

LG fait son cinéma 3D au Grand Palais

Mon agence s’est occupé des RP, pas de l’événement dont je peux donc dire tranquille que c’était l’un des plus impressionnants de ces dernières années. Au programme : la projection en 3D de Rio sur écran géant, des records du Monde, des lunettes fashion, beaucoup de stars dont Sophie Marceau.

Lancement du livre des bobos
Le même soir que l’événement précédent, donc sans moi à mon grand regret, les bobos de merde Benoit et Bixente lançaient leur livre. C’est ma prochaine lecture, ça devrait me parler.
Soirée de lancement du livre Bobos de merde
Vu cette semaine : The killing sur AMC et le nouveau Vodkaster
Découvert 3 semaines après son lancement, je suis tombé raide dingue de la nouvelle série d’AMC The Killing. IN-RA-TABLE.

Découvert aujourd’hui, quelques jours après avoir raté l’info, le Vodkaster tout nouveau tout communautairement beau est arrive. Foncez voir et micro-critiquer.
Et enfin, coup de coeur ciné pour Et soudain tout le monde me manque (dont j’ai participé à la promo) et Source Code qui a le mérite de nourrir toutes les envies créées par la bande-annonce.
Et vivement la semaine prochaine alors.

PERSISTANCE, le mot de la semaine

Lorsque j’ai commencé à bloguer il y a près de 6 ans, l’objet n’était pas de faire de ce lieu un espace de référence traitant de ce qui allait devenir les médias sociaux mais juste d’en être un acteur parmi les autres. Pour autant, l’envie de m’exprimer librement sur ce qui m’intéresse -en évitant les marchés de mes clients- m’a naturellement amené à écrire beaucoup sur les blogs, sur l’évolution des réseaux sociaux, en particulier Twitter, tel que je le vivais de l’intérieur. Et je n’ai jamais arrêté de lire consciencieusement et avec intérêt de nombreux billets sur le sujet, en français et en anglais, ne serait-ce que pour nourrir mes présentations pros.

Seulement voilà, depuis quelques mois, j’ai le sentiment de ne plus rien lire de nouveau et d’en apprendre beaucoup plus en participant à des jurys d’awards qui récompensent les meilleures campagnes sur les réseaux sociaux -souvent très tactiques- qu’en lisant les experts du web. Donc je les lis de moins en moins. Mais j’admire sincèrement leur persistance et leur énergie sans cesse renouvelée à répéter inlassablement les mêmes choses face à une route qui reste longue.

Donc résumons ce qu’on sait maintenant depuis longtemps dans l’espace temps media social :

Un développement d’entreprise ou de marque sur les media sociaux nécessite une stratégie d’engagement sur le long terme, nourrie par des actions tactiques de préférence créatives, des espaces de référence détenus par la marque et des conversations menées partout où les cibles se trouvent, en associant temps réel et traces laissées sur le long terme. Elle doit être pilotée par un système de gouvernance qui implique toutes les parties prenantes de l’entreprise et elle intègre des indicateurs de performance qui rappellent à tout moment à quoi contribue cette stratégie.

On pourrait penser que tout le monde a compris mais à l’arrivée, on en est à une course aux fans sur Facebook, peu de stratégie en place dans les entreprises, une résistance de la part d’organisation en silo, des avancées que se font plus sur la base de coups marketing joués sur les media sociaux que de projet sur le long terme… C’est donc bien que quelque chose ne passe pas. De ce fait, la tentation de rappeler encore et toujours les fondamentaux à coup de graphiques, études, vidéos, slideshows ou infographies est grande, on le comprend. Ces présentations sont nouvelles sur la forme mais totalement redondantes sur le fond.

Qu’on ne se méprenne pas, je pense que ces rappels systématiques sont nécessaires, ils structurent même les formations que nous sommes tous amenés à organiser pour nos clients. Mais j’aimerais lire plus de nouveaux enseignements, tirer des bests practices internationales de nouvelles convictions. Et trouver la même énergie que mes collègues consultants blogueurs à écrire sur le sujet pour participer à faire atterrir les bonnes pratiques.

Si j’étais plus persistant, sans doute aurai-je élaboré ici un discours sur les vertus du test permanent qui doit devenir un état d’esprit pour les marques, de la prise en compte d’espaces sociaux ignorés de tous que sont les commentaires associés aux articles sur les medias online, sur l’accélération de la chute des « leaders d’opinion » qui forgent désormais leurs idées sur l’opinion publique, souvent en retard.

Je retourne donc à mes légèretés sur mon espace social qui va encore s’agrandir dans quelques semaines pour continuer à apprendre de l’intérieur, en admettant qu’il s’agisse d’une autre forme de persistance louable.

Goldorak, go

Vendredi soir, nous avons parlé du temps d’avant. Parmi les références, Goldorak a été cité, ce qui m’a donné envie de m’envoyer quelques épisodes dorénavant intégralement disponibles sur le web.

Si vous n’étiez pas un enfant en 1978, vous ne pouvez pas mesurer à quel point Goldorak a été un phénomène. Quand le premier épisode a été diffusé dans Récré A2 sur Antenne 2, j’étais devant ma télé et j’ai découvert ça (épisode intégral en qualité VHS qui a trop tourné) :

Le mot « manga » n’existait pas dans mon univers, je découvrais juste des dessins d’une qualité incroyable pour la télé de l’époque, des personnages auxquels je me suis attaché immédiatement. Le lendemain, à l’école, tous les garçons ne parlaient que de ça. Au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire, égrennée au fil d’épisodes unitaires, les filles s’y sont mises. Fulguropoint, Astérohache et autres Planitrons régnaient en maîtres absolus dans les cours d’école.

En parlant de l’histoire, elle avait l’exigence des séries des années 2000 : des épisodes unitaires, des arcs, un enjeu en fil continu et des évolutions majeures des personnages. Ce  qui m’a marqué en particulier, c’est que certains des épisodes étaient absolument clés dans la compréhension de l’histoire, de la transformation de chacun des jeunes fermiers en pilotes d’engins combatifs complémentaires du très fort mais pas invincible Goldorak, la révélation de l’amour de Venusia pour Actarus, l’arrivée de la soeur Phénicia, la mort de la première génération de méchants…

Le succès était tel que les profs nous en parlaient, les parents en débattaient, les objets dérivés sous forme de figurines, stickers et BD pullulaient… Une fausse version cinéma, qui n’était en fait qu’un montage de plusieurs épisodes, m’a même conduit à forcer mon père à m’accompagner (le pauvre). La musique de générique faisait un tel systématique carton qu’on a eu droit à de multiples versions, les plus connues étant celle de Noam, des Goldies (c’est dire!) et de Lionel Leroy alias Yves Martin, devenu depuis mari de Sheila, spécialisé dans les génériques de série des années 70 et 80 (L’amour du risque, Dallas, Wonder Woman, Ulysse 31…).

Si on compte les génériques de fin, il en existerait plus d’une trentaine et il semble que je sois capable de tous les chanter par coeur. J’ignorais alors que le premier générique était l’adaptation fidèle de la version japonaise.

Au jeu des voix, j’étais très fan de celle de Venusia, interprétée par Jeanne Val. La doubleuse a un jour été invitée dans Récré A2. Je me souviens du choc en découvrant cette dame née en 1930 (elle avait donc à peine 50 ans et m’en paraissait 90) révélant qu’elle était également la voix de la peste Nelly Olson dans la Petite Maison dans la Prairie. Toutes les autres voix sont restées dans ma mémoire: le Professeur avait ainsi le timbre de Charles Ingalls (avant de devenir plus tard l’Inspecteur Derrick). Actarus sera le Docteur Banner de l’Incroyable Hulk, Phénicia sera la Daphné de Scoubidou, Alcor sera Alistair dans la série concurrente de l’époque…

Parce que si violence il y avait, c’était dans les clans Goldorak contre Candy. Officiellement, les garçons d’un côté, les filles de l’autre. Au final, même si elle nous énervait, on regardait aussi les mésaventures de Candy sans qu’elle ne créé la même onde de choc chez nous.

Evidemment, 33 ans plus tard, je découvre à l’occasion de ce billet les multiples procès liés à l’argent que brassait cette série qui serait le seul programme à avoir atteint un 100% de parts de marché depuis l’apparition des mesures d’audiences (selon un article de Paris Match datant de 1979).

Je préfère mesurer à quel point la série a plutôt bien vieilli et mériterait sans doute une rediffusion (la dernière était en 1990 en France). Evidemment, dans la multitude de productions existantes, plus aucun enfant ne vivra le choc que nous avons vécu devant un Ovni qui nous sortait du l’univers cotonné de Casimir, le manège enchanté et Aglaé & Sidonie.

La valeur de l’information passée au crible de l’Info Lab par L’Express

Avec Info Lab, l’Express lance un grand projet de réflexion portant sur le rôle de l’information dans la socio-culture française. Au centre : une étude sur les tendances de consommation de l’info, réalisée avec Iligo sur une base quanti et quali, qui a le mérite de rationnaliser et mettre du sens derrière de nouveaux enjeux pour tous. En gimmick, une expérience de « privation de l’information » malheureusement étendue à tout type de média, moins riche mais plus ludique notamment pour les participants, étudiants sur-connectés de Sciences po et du Celsa. Le tout est disponible sur une plateforme qui égrennera de nouvelles informations et permettra de prolonger le débat tout au long des prochaines semaines.

Without information, are we nothing ?

Les grands enseignements de l’étude cristallisent des éléments que tous les acteurs de la communication et des médias ont pu constater sans toujours les objectiver. C’est désormais chose faite, au moins en partie.

Etude sur les tendances de consommation des Français par L’Express – Infolab J’ai choisi de n’en retenir ici que quelques éléments saillants qui me semblent les plus signifiants.

L’information joue une rôle de lien social, y compris d’intégration sociale, absolument clé. Mais le volume d’information et la multiplicité des voies d’accès a créé une spirale pas si simple à comprendre : la tendance lourde de la consommation de type « fast news », tout au long de la journée, en temps réel impliquant une uniformisation, sans l’exposition claire des faits ni l’analyse qui va avec, provoquent contre toute attente une augmentation subtancielle de l’exigence du consommateur.

Pour qui a déjà passé une journée à lire les commentaires du Figaro.fr ou d’autres grands médias en ligne sur des sujets d’actualité, cette « altérité qui permettrait de mieux qualifier l’information » devient un évidence : le lecteur attend qu’on lui donne les clés pour comprendre avant de débattre des points de vue. C’est une exigence que la presse sur le web ou en application mobile a du mal à relever, peut-être parce qu’elle se marie relativement difficilement avec le « marketing de l’information », par ailleurs assez bien traité dans l’étude.

La vraie question serait donc peut-être : With too much information, are we nothing ?

L’engagement, nouvel enjeu des marques média ?

C’est l’une des conclusions de l’étude qui précise les chiffres d’autres cabinets d’étude -type Forrester : l’activation de l’information est pilotée en ligne par des « producteurs » (32%) et « commentateurs » (46%), en majorité des hommes de plus de 35 ans. On note au passage que, contrairement à une idée reçue,  l’urgence de l’information est davantage ancrée chez les plus de 35ans que chez les « digital native ».

Ces acteurs participatifs fondent une « économie de l’attention » dont la mesure d’impact ne relève plus du temps passé sur un média mais de l’engagement d’un individu avec celui-ci. Ce qui exige sans doute que le média accepte de s’engager en retour, par exemple, en faisant « vivre un article », en prenant acte des commentaires dans un format rebond. Ce qu’on constate objectivement assez peu à un moment où une info en chasse une autre devant des lecteurs commentateurs qui demandent qu’on les entende plus, en vain.

L’une des voix proposée par l’étude est de structurer -et sans doute assumer- l’info telling comme nouvelle approche de l’information qui va mériter un approfondissement… et sans doute une confrontation de points de vue.

Pour progresser : débattre et s’engager

A entendre une partie de l’équipe en charge -Françoise Fassin, Directrice Marketing et Laurent François, Responsable Marketing et Développement- commenter l’étude, la volonté de lancer une réflexion commune pour redonner à l’information une valeur qui a tendance à se perdre, apparaît comme une volonté farouche, sans ambiguité. Leur enjeu est de replacer la fonction des médias au service des marques. Commencer par replacer la fonction de l’information dans la société est une bonne idée, ambitieuse, qui doit être suivie par d’autres pour aboutir à des évolutions concrètes.

Chacun peut participer donc profitons : il suffit de visiter le blog, de commenter, approter sa pierre à l’edifice, oser le débat constructif pour combler une consommation d’information dont la rapidité ne doit pas cacher l’exigence.

Le brand content : une nouveauté créée en 1937…

Il est toujours étonnant de lire ou entendre que les marques font face à un nouvel enjeu qu’elles ont pourtant très bien résolu il y a plus de 70 ans. Le brand content – ou branded content ou encore brand entertainement- serait ainsi une nouvelle exigence imposée par le net aux marques qui doivent offrir à leur public des contenus divertissants, sans mise en avant systématique des produits. Un bouleversement pour les marketeurs du monde entier qui feraient face à l’une des plus grandes mutations d’un monde publicitaire qui ne séduit plus en format 30 secondes et bannière.

Pourtant, ces mêmes marketeurs ont tous appris à l’école ce que les lessiviers ont inventé entre les deux guerres pour réunir et rendre captif leurs consommateurs autour de « nouveaux » médias. Avec une agilité qui leur a permis de fidéliser un public de plusieurs millions de femmes au foyer – leur coeur de cible – pendant des décennies.

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Dans le public de Danse avec les stars

Franchement je ne croyais pas 2 secondes en la capacité de TF1 d’importer l’énorme carton d’abc Dancing with the stars en France. France 2 avait d’ailleurs échoué en 2006 avec le Dancing Show présenté par Anthony Kavanah à faire d’un programme de danse une réussite. Le format jury de la Star Academy et de la Nouvelle Star n’a pas résisté à la nouvelle décennie. Qu’est-ce qui pourrait bien faire que des célébrités executant des danses de salon devant un jury et un présentateur quasi inconnus remporte l’adhésion du public ?

En regardant la première émission de Danse avec les stars, j’ai été immédiatement convaincu du potentiel populaire du programme, sans vraiment savoir pourquoi, j’ai eu l’impression de retrouver un vrai grand spectacle populaire comme la télévision n’en avait pas servi depuis très longtemps. En assistant à l’émission dans le public ce soir, j’ai mieux compris.

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Message d’attente

Tellement de choses à dire concernant l’avance de l’opinion publique sur les leaders d’opinion, les excès de zèle des médias qui finissent par les rendre complaisants au mieux, faussement polémiques plus souvent.

Rien que je ne puisse dire maintenant. Mais il y aura forcément un moment où il y aura prescription. #Tremblez

Et je dédie ce message à Olivier, il sait pourquoi.