La valeur de l’information passée au crible de l’Info Lab par L’Express

Avec Info Lab, l’Express lance un grand projet de réflexion portant sur le rôle de l’information dans la socio-culture française. Au centre : une étude sur les tendances de consommation de l’info, réalisée avec Iligo sur une base quanti et quali, qui a le mérite de rationnaliser et mettre du sens derrière de nouveaux enjeux pour tous. En gimmick, une expérience de “privation de l’information” malheureusement étendue à tout type de média, moins riche mais plus ludique notamment pour les participants, étudiants sur-connectés de Sciences po et du Celsa. Le tout est disponible sur une plateforme qui égrennera de nouvelles informations et permettra de prolonger le débat tout au long des prochaines semaines.

Without information, are we nothing ?

Les grands enseignements de l’étude cristallisent des éléments que tous les acteurs de la communication et des médias ont pu constater sans toujours les objectiver. C’est désormais chose faite, au moins en partie.

Etude sur les tendances de consommation des Français par L’Express – Infolab J’ai choisi de n’en retenir ici que quelques éléments saillants qui me semblent les plus signifiants.

L’information joue une rôle de lien social, y compris d’intégration sociale, absolument clé. Mais le volume d’information et la multiplicité des voies d’accès a créé une spirale pas si simple à comprendre : la tendance lourde de la consommation de type “fast news”, tout au long de la journée, en temps réel impliquant une uniformisation, sans l’exposition claire des faits ni l’analyse qui va avec, provoquent contre toute attente une augmentation subtancielle de l’exigence du consommateur.

Pour qui a déjà passé une journée à lire les commentaires du Figaro.fr ou d’autres grands médias en ligne sur des sujets d’actualité, cette “altérité qui permettrait de mieux qualifier l’information” devient un évidence : le lecteur attend qu’on lui donne les clés pour comprendre avant de débattre des points de vue. C’est une exigence que la presse sur le web ou en application mobile a du mal à relever, peut-être parce qu’elle se marie relativement difficilement avec le “marketing de l’information”, par ailleurs assez bien traité dans l’étude.

La vraie question serait donc peut-être : With too much information, are we nothing ?

L’engagement, nouvel enjeu des marques média ?

C’est l’une des conclusions de l’étude qui précise les chiffres d’autres cabinets d’étude -type Forrester : l’activation de l’information est pilotée en ligne par des “producteurs” (32%) et “commentateurs” (46%), en majorité des hommes de plus de 35 ans. On note au passage que, contrairement à une idée reçue,  l’urgence de l’information est davantage ancrée chez les plus de 35ans que chez les “digital native”.

Ces acteurs participatifs fondent une “économie de l’attention” dont la mesure d’impact ne relève plus du temps passé sur un média mais de l’engagement d’un individu avec celui-ci. Ce qui exige sans doute que le média accepte de s’engager en retour, par exemple, en faisant “vivre un article”, en prenant acte des commentaires dans un format rebond. Ce qu’on constate objectivement assez peu à un moment où une info en chasse une autre devant des lecteurs commentateurs qui demandent qu’on les entende plus, en vain.

L’une des voix proposée par l’étude est de structurer -et sans doute assumer- l’info telling comme nouvelle approche de l’information qui va mériter un approfondissement… et sans doute une confrontation de points de vue.

Pour progresser : débattre et s’engager

A entendre une partie de l’équipe en charge -Françoise Fassin, Directrice Marketing et Laurent François, Responsable Marketing et Développement- commenter l’étude, la volonté de lancer une réflexion commune pour redonner à l’information une valeur qui a tendance à se perdre, apparaît comme une volonté farouche, sans ambiguité. Leur enjeu est de replacer la fonction des médias au service des marques. Commencer par replacer la fonction de l’information dans la société est une bonne idée, ambitieuse, qui doit être suivie par d’autres pour aboutir à des évolutions concrètes.

Chacun peut participer donc profitons : il suffit de visiter le blog, de commenter, approter sa pierre à l’edifice, oser le débat constructif pour combler une consommation d’information dont la rapidité ne doit pas cacher l’exigence.

3 Replies to “La valeur de l’information passée au crible de l’Info Lab par L’Express”

  1. Je n’ai pas encore fini d’infuser les (bons) points montrés, appuyés, soulevés dans le doc du Lab de l’Express. Ca viendra.
    Mais c’est évident qu’on est devant un des grands enjeux de demain. La manière dont on va assumer, ou non, organiser, encadrer sans censurer le nouveau statut (et le pouvoir démentiel qui va avec) de l’information libre.
    Les rôles qu’on attendra que le grand public joue, celui des marques et ce qu’ils en attendront respectivement.

    Si je n’ai aucune réponse à graver dans le marbre aujourd’hui, aucune potion miracle ou boule de cristal pour entrevoir où nous en serons dans quelques années, je trouve cette effervescence passionnante. Le débat constructif, la co-réflexion c’est tout de même une des choses que nous (les Hommes) savons faire le mieux quand on se donne la peine…

  2. J’y ai passé 3 heures mais je n’ai pas encore tout décortiqué. C’est dense. Excitant oui, mais dense.

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