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Marie chante Laforêt

14 septembre 2005 · Vie Quotidienne · 6 Commentaires

Marie_chante_lafort_1 Hier soir était le grand soir, 36 ans que j’attendais ça. Pour une raison un peu étrange, moi qui n’ai pas l’âme d’un grand fan, le nom de Marie Laforêt a toujours résonné de façon particulière, émotionnelle, un peu bouleversante, aussi loin que je m’en souvienne.

Ce nom est définitivement associé dans ma mémoire à une cassette rouge usée que mes parents ont sans doute longtemps regretté d’avoir acheté et qui a tourné en boucle dans la voiture familiale pendant des années (au point de les dégouter à vie de tout ce qui rapproche de près ou de loin aux chanteuses aux yeux d’or). "Prière pour aller au paradis", "Demain Moby Dick", "la cavale" et "Pegao" étaient mes préférées. Ce nom évoque immanquablement une soirée entière à pleurer (bon, je sais, j’avais 6 ans…) alors que Plein Soleil passait à la télé un jeudi soir et que j’étais au lit pour cause d’école le lendemain.

Il me rappelle le plus beau cadeau de Noël de tous les temps, par ma soeur, un 33 tours multidiffusé sur la platine familiale qui faisait sortir pour la première fois de la voiture "ma" chanteuse, surjouant pour l’occasion le divorce de ses parents dans le titre "Viens, Viens". Puis, au fil d’une production dense dans les années 70, quelques inoubliables pourtant oubliés du grand public : "la légende de Thomas", "J’ai le coeur gros du temps présent", "lettre de France", "la voix du silence"… Puis, la dame se faisant rare, la découverte de titres antérieurs couvrant les années 60, de préférence les moins connus : "la ballade de clérembart", "la tour de babel", "je n’ai rien appris"…. Longtemps je me souviendrai de la tête de mes parents m’entendant abasourdi fredonner avec l’innocence de mes 7 ans "Fais moi l’amour comme à 16 ans", ils auraient sans doute préféré me voir béa d’admiration devant les guignoleries de Chantal Goya. Pour moi, Marie Laforêt signifie aussi dans le désordre grosse émotion théatrale avec Master Class, grands moments d’humour déjanté lors d’interviews légèrement surréaliste (un must avec Philippe Gildas à l’époque des Nuls), la découverte d’autres cultures à travers des films (Tangos l’exil de Gardel) et des voyages au long cours discographiques, un personnage étonnant jusque dans ses révélations sur sa vie privée, la surprise de rencontres pendant mes études à Paris des fans tellement inconditionnels que certains en écrivaient des livres, moi qui me croyais être un ovni….

Alors forcément, la voir chanter sur scène, exploit inespéré après 33 ans d’absence, était un événement attendu, pas un concert de plus.

Je m’attendais très sérieusement à une ambiance de récital type Frédéric François, Franck Michaël ou Pascal Sevran, calme tendance grisonnant, c’est au milieu de salle de concert très agitée et composée principalement de trentenaires scandant "Marie on t’aime", qu’on s’est retrouvés. Paradoxalement, j’ai regretté les grisonnants calmes, on était tellement à partager la même émotion que j’en ai été jaloux (je pensais être un ovni, j’aurais aimé continuer à le penser).

Pour le reste, c’était comme annoncé et plus : simple, drôle, interpreté de façon magistrale, léger, les titres incontournables et les autres. J’ai vécu près de 2h00 dans une émotion indescriptible repassant la voiture familiale sur "Pegao", le vieux vinyl rayé sur "une petite ville", ceux que j’aime qui ne sont plus là, chantant "des larmes plein les yeux" mais joyeux. Le temps m’a paru court, j’aurais voulu les 275 chansons de son répertoire, j’aurais aimé certaines de mes préférées plutôt que les classiques (je n’ai jamais aimé "les vendanges de l’amour"). Mais ma chanson préférée y était (Genève… ou bien) tout droit sortie de son dernier album studio injustement ignoré il y a 12 ans : rien qu’avec ça je me serais levé à la fin pour de longs rappels qui ne se seraient jamais terminés.

Je pourrai dire que j’y étais et garderai longtemps encore cette émotion là. En vrai, je suis un peu un ovni quand même, non ?

MAJ 15/09 : je sens que ça devient branché d’aimer Marie Laforêt, il y a que des bonnes critiques, merde comment je vais gérer ça moi ?

MAJ 23/09 : merci à Stéphane pour les photos du spectacle du 17/09

Un docu-fiction de qualité

13 septembre 2005 · Télévision · Laisser un Commentaire

Je ne suis pas d’accord avec les critiques acerbes émises à l’encontre du docu-fiction "les révoltés du vol 93" diffusé hier soir sur France 3. Bien sûr, la coproduction américaine a sans doute imposé son lot de patriotisme parfois lourdingue (et encore, on aurait pu s’attendre à pire) mais le film évite l’écueil principal de cette catégorie : la limite entre la réalité et la fiction est ici extrêment clairement dessinée, les interpretations développées sur la base de supposition sont soulignées. Même si on a déjà lu mille fois l’histoire des passagés qui ont réussi au péril de leur vie à stopper la route d’Al-Qaida vers le Capitol, la force des images et des reconstitutions donne forcément un éclairage différent. Ce n’est en rien un gage de qualité (ça se saurait) mais c’est en prime un beau succès d’audience.

Le carton Desperate Housewives

13 septembre 2005 · Séries · Télévision · 2 Commentaires

1,2 millions de téléspectateurs, sur Canal + un jeudi soir en crypté, c’est autant que les matchs de foot les plus attendus et d’autant plus exceptionnel que la série est multidiffusée. L’audience est restée stable toute la soirée, alors qu’on relève habituellement une érosion de l’audience à chaque nouvel épisode (3 diffusés à la suite ce soir là). Bref, un bon carton, je le savais !

Entreprise – Marque : la grande confusion

11 septembre 2005 · Entreprises et marques · 3 Commentaires

Si elle n’est pas nouvelle, la confusion entre l’entreprise et la marque tend à s’intensifier. En communication, cette confusion se traduit par une approche mal calibrée voire une mauvaise compréhension des différences entre une démarche corporate (pour institutionnelle) et une démarche marketing. Elle impacte les organisations en entreprise et en agence, mais se trouve surtout à la source de messages confusants pour tous les publics.

Que ce soit auprès de collègues, clients, fournisseurs ou encore candidats lors de recrutement, le point est régulièrement soulevé sans pour autant trouver l’écho qu’il mérite à mon sens. Encore une fois, sur le papier, il ne s’agit que de bon sens, dans la réalité, la formalisation des différences entre communications corporate et marketing s’avère utile avant de s’engager dans un dispositif lourd (organisation, stratégie de com…). Elle passe par l’identification de ce que sont l’entreprise et la marque.

A la base, l’entreprise est une unité économique, juridiquement autonome, organisée pour produire des biens ou des services pour le marché. Ses fonctions essentielles, détaillées par Wikipedia, sont de servir sont marché, réaliser des bénéfices financiers et atirer des investisseurs, générer de la trésorerie, maximiser le profit ou atteindre un but technique. De son côté, la marque, toujours selon Wikipedia, est un signe distinctif lié à une offre produit ou service, permettant de faire connaître ou reconnaître un ensemble de caractéritiques liées au propriétaire, fabricant, à la qualité réelle ou suposée, à un moyen de fabrication… Selon Al et Laura Ries, la marque est un nom propre pouvant se substituer à un nom commun, c’est une association d’idées suffisamment ancrée dans l’esprit du consommateur, pour qu’il lui reconnaisse une identité propre. Une marque reconnue comme telle parvient à « prévendre» le produit ou le service auxquels elle est associée.

Les définitions sont nombreuses, si elles varient dans leur expression, elles mettent systématiquement en opposition une organisation face à un nom propre. Ceci semble relever de l’évidence et pourtant… Si tel est le cas, comment se peut-il que la marque conçoive, fabrique, commercialise, innove, mette en ligne ou encore entende à longueur de sites, de blogs et d’articles ?

Référence absolue en matière de marque en France notamment grâce à son modèle Brand Identity Prism, Jean-Noël Kapferer pointe la différence en utilisant un autre prisme : là où la marque s’adresse à des consommateurs, l’entreprise vise des investisseurs. C’est sans doute le résumé le plus percutant de la différence fondamentale entre l’une et l’autre.

Bien sûr, de nombreuses raisons participent à cette confusion : nombreuses sont les noms d’entreprise identique à celui de leur marque, l’enreprise bénéficie d’une image de marque, elle se manage par la marque alors que la marque profite d’une valeur financière de telle sorte que, au final, l’interdépendance entre la marque et l’entreprise est une évidence : l’une donne du pouvoir et créé de la valeur à l’autre. Si l’entreprise profite d’une marque institutionnelle, porteuse d’une identité et de valeurs qui bénéficient à l’offre, comme le démontre la stratégie des groupe Henkel, Unilever ou PPR, elle reste une entité avant d’être une marque. Une transition d’une communication corporate au produit peut s’opérer intelligemment, telle que l’illustre le cas Fleury Michon, commenté ici par Jean-Noël Kaferer. Quelle que soit la clarté de la communication, au final, les approximations subsistent : si Kodak est une marque du groupe Eastman Kodak Company, même une encyclopédie libre de référence s’y trompe.

Au final, il me semble qu’une marque ne peut pas être une filiale, même si le doute s’installe quand on parcourt le site de grands groupe. J’aimerais mieux comprendre ce à quoi la terminologie "site institutionnel d’une marque" peut bien faire référence. De plus et contrairement à une idée souvent rencontrée (il n’y a quà voir l’organisation des agences de com), il n’y a aucune raison pour que la marque soit réservée au grand public et ne s’adapte parfaitement aux marchés BtoB.

Autant de contradictions aboutissent à une confusion des valeurs, une brouillage de l’identité de l’émetteur et une différenciation dans l’approche corporate et Brand pas suffisamment marquée. S’il fallait s’en convaincre, je vous invite à relever le nombre de fois où le boilerplate (à propos de…) d’un communiqué de presse pratique allègrement la confusion des genres.

Même lorsque les territoires paraissent particulièrement bien définis, je cite souvent l’exemple de Danone dont le site est d’une clarté absolue en la matière, la posture de communication est affichée de façon surprenante lorsqu’une agence affirme être en charge du "budget institutionnel de la marque Danone".

Aussi surprenant que celà puisse paraître, je n’ai pas trouvé de texte de référence lié à l’entreprise, la marque et leur interdépendance, si il existe, je suis preneur.

RV raté

7 septembre 2005 · Humeur · Laisser un Commentaire

Encore en train de rater la réunion Paris Carnet notée en super gros dans mon Palm qui me hurle aux oreilles depuis 1 h00 que je suis en train de planter un "rendez-vous". JE SAIS !!! Paske y a foot à la télé ? Que nenni… J’aurais donc retrouvé le chemin de la salle de sport ? Euh non, non plus…

Trop de taf, pas le temps, attendu à la maison, moi dégouté, c’est le troisième mois consécutif que je manque l’occasion de relier leurs blogs avec des gens RDLVV (la traduction est quelque part chez  Laurent). Je vais encore me taper un trajet de nuit en vélo, pour me venger, j’envoie une photo de Paris la nuit super nulle sur mon moblog dès ce soir. C’est violent, je sais, mais c’est à la hauteur de mon désespoir. Bon, le mois prochain, c’est sûr…

La Tribune et Les Echos sur la même longueur de blog

7 septembre 2005 · Entreprises et marques · Presse · 2 Commentaires

L’intérêt médiatique est tel que que les 2 quotidiens économiques frontalement concurrents en France publient le même jour un papier sur les enjeux business des blogs pour les marques. Avec les marques tentent de s’immiscer dans l’univers des blogs, Sandrine Lherminier opère dans La Tribune un focus sur l’utlisation des blogs par les entreprises. Sophie Péters élargit l’analyse aux nouveaux médias tels que le RSS, le podcasting ou le WiKi dans Les Echos en s’intéressant aux Marques face aux enjeux du numérique (merci à Laeti de me l’avoir signalé, tu es un peu mon lecteur RSS perso). L’article des Echos me cite ? (ton détaché) Ah bon ? (faussement blasé) J’ai pas remarqué je vais le regarder ça quand j’aurai 2 mn…

Libération analyse l’Internet 2.0

6 septembre 2005 · Blogs · Presse · Laisser un Commentaire

Alors que l’intérêt autour des blogs ne faiblit pas dans la presse française (on ne compte plus le nombre de papiers publiés tous les jours) et que la télé s’y met (M6 annonce Blog 6), très bon papier ce jour dans Libération par Christophe Alix qui s’est plongé au coeur de la Silicon Valley pour prendre la température et analyser Le second souffle de l’Internet. L’article a le mérite de prendre de la hauteur par rapport aux blogs en s’intéressant plus globalement aux réseaux sociaux type Flickr ou MySpace, aux énormes enjeux des moteurs de recherche et l’apparition de moteurs "verticaux", au Podcasting, qualifié de "radio libre à la portée de toutes les bouches", et à la nouvelle configuration du e-commerce en revenant notamment sur l’effet "Longue Queue" observé sur les marchés culturels et déjà largement commenté par Loïc.

Mon Blog Day à moi

5 septembre 2005 · Blogueurs que j'aime · Humeur · Laisser un Commentaire

Véritable aventurier des temps moderne, j’ose me révolter contre la blogosphère en lançant mon BlogDay à moi tout seul, après celui qui a connu son petit succès le 31 août dernier (rapport à « 31/08″ qu’on dirait que c’est écrit « Blog » enfin quand on a quand même un sérieux problème rétinien). C’est une démarche un poil personnelle que je lance en ce 5 septembre, même si 0509 ça ressemble à rien d’autre que… 0509. Bon, Nir Ofir, l’inventeur de la chose originelle, il aurait certainement trouvé une analogie percutante, décalée, inattendue, désopilante voire émouvante mais là j’ai pas trop son numéro sous la main alors je fais avec les moyens du bord.

Ce laborieux préambule juste pour signaler que depuis quelque temps, je dévore lit dès publication grâce à mon lecteur RSS quitte à laisser tomber tout le reste assez régulièrement et toujours en dehors des heures de bureau les divagations textes de Vinvin, jeune homme complètement marbré bien sous tout rapport qui cumule les avantages de bénéficier d’un lectorat déjà conséquent, d’avoir créé son blog depuis très longtemps, de n’avoir absolument pas besoin de moi pour afficher des audiences records et de faire des phrases courtes qu’on a envie de lire jusqu’au bout quand c’est lui qui les écrit -euh, je sais même pas pourquoi je dis ça… A mon avis, il fume des trucs, avec un talent pareil, ce garçon est en train de passer à côté d’une grande carrière de comique et il mériterait une médaille pour « service rendu à mon entourage proche » qui a vu l’état de mon humeur nettement s’améliorer depuis que j’ai découvert son blog, je sais même plus comment.

C’est bon de se révolter parfois, c’est ça aussi les blogs…

Note de bas de page : si j’ai réussi à convaincre une seule personne d’aller découvrir ce blog (par exemple un pauvre malheureux arrivé ici par hasard et prêt à cliquer sur le premier lien venu pour sortir de cet enfer), je lui conseille la mention légale Obligatoire qui a conduit à la dépression la quasi totalité des postiers finlandais assez peu habitués à une telle densité de lettres d’insultes en dehors du mois de décembre.

La béatitude selon Le Parisien Economie

5 septembre 2005 · Presse · 2 Commentaires

Pour tout ceux qui ont le moral en berne, ne manquez pas aujourd’hui le premier supplément économie du parisien. La couv’ révèle que "les français aiment leur patron", leur "entente cordiale" est développée à travers un sondage exclusif dans la rubrique le fait de la semaine. Les autres rubriques ont chaussé les mêmes lunettes roses, des pages économie aux pages pratique en passant par la saga de la semaine, votre argent ou les entreprises en Ile-de-France. Quelques morceaux choisis parmi les titres : "Recrutement des cadres : enfin l’embellie", Les pôles de compétitivités "Une grande chance pour les spécialistes", "Bourse : Des perspectives favorables", "le CNE peut profiter à tous les salariés"… Elle est pas belle la vie ?

La révélation Katrina

5 septembre 2005 · Médias · Laisser un Commentaire

Les images chocs évoquent inévitablement un pays parmi les plus pauvres de la planète, Haïti ou le Niger, alors qu’elles nous arrivent de l’un des plus riches d’entre tous. Quelle révélation ! L’amérique flamboyante souffrirait d’une pauvreté cachée et allègrement ignorée par son Président tout occupé à entretenir son ranch ? On sait que c’est la règle : les médias s’intéressent aux évidences lorsqu’elles se trouvent sous les feux de l’actualité, de préférence lorsqu’il y a des images. Il y a juste des moments où ça devient encore plus insupportable que d’habitude. On feint de découvrir le pays du quart-monde, les 45,8 milions d’américains qui sont privés d’assurance maladie, le racisme anti-black jusqu’au plus haut niveau… Pourtant on le sait depuis toujours. Ce qu’on savait moins, c’est que l’ouragan avait été annoncé, que les dégâts auraient pu être anticipés. Je rêve aujourd’hui d’une presse qui n’attendrait pas un ouragan aux US ou une série d’incendies dévastateurs à Paris pour relater, un peu hébétée, des réalités très largement ignorées au quotidien. Quelle actualité fournira suffisamment d’images pour "découvrir" les horreurs quotidiennes au Tibet ? Les associations font pourtant leur boulot, les médias ne suivent pas, il est temps de se bouger dans les rédactions.