Pocket Zeitgeist, mon coup de coeur de l’année

Pour la première fois depuis longtemps, mon coup de coeur annuel pour un blog ne me vient pas de Twitter, je ne sais d’ailleurs même pas si l’auteur Louis Morales-Chanard y est présent. Pour la première fois, c’est un blog qui utilise assez peu le « je » et n’impressionne pas exactement par la fréquence de ses billets qui a retenu mon attention.

Créé en 2009, je ne l’ai découvert qu’il y a quelques mois, au moment de son changement de nom. Ce qui m’a plus immédiatement dans Pocket Zeitgeist, c’est la volonté assumée d’éviter l’usage de moyens racoleurs pour attirer du trafic à tout prix. Louis affirme bloguer « avant tout pour son plaisir et pour aiguiser son esprit critique ». Un sorte de retour au source de l’intérêt de bloguer. A l’arrivée, à quelques mots près, les thématiques traitées ne dépareilleraient pas dans la plupart des blogs marketing et tendance. La structure de la réflexion en plus.

Si les sujets tendances dont tout le monde parle (ou devrait parler) sont traités, c’est avec un angle, un regard, du recul et un ton qui évitent la noyade dans la masse. Le style est percutant dans un format le plus souvent court, une pointe d’humour sans tomber dans le LOL systématique. Tout ce que j’aime.

Que ce soit pour l’oeil neuf porté sur un thème déjà trop traité ou le désenfouissement d’un sujet presque anecdotique mais toujours basé sur un fait d’actu ou la publication d’un article, aucun billet, lu dès publication, ne m’a déçu jusque là. Si vous voulez tenter l’expérience, sans trop déranger le monsieur qui ne veut pas faire trop de bruit, je vous invite à caler Pocket Zeitgeist dans votre lecteur de flux RSS parce que les billets arrivent sans crier gare, parfois à 3 semaines d’intervalle, parfois à 2 jours.

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Lancement de la V2 de Wizee

Wizee est un site qui permet de rentrer dans le quotidien de personnalités du monde des médias, de la musique, du sport et du cinéma. Quelques semaines après son lancement, Wizee lance aujourd’hui sa V2 à découvrir dès maintenant : http://wizee.fr/

Plutôt que de vous le raconter, j’ai demandé à Mikaël Oumezguine, l’un des deux co-fondateurs, de nous emmener à la découverte des nouveautés de cette nouvelle version.

Mikael est sur Twitter et tient un blog sur Wizee.

Jury du millénaire – Le temps presse : mon vote

C’est en 1994. il y a 17 ans. Un court-métrage de moins de 5 minutes m’avait marqué par sa capacité à construire une histoire et faire avancer les mentalités. Réalisé par Tonie Marshall, avec un jeune acteur débutant qui m’a immédiatement bluffé (Matthieu Kassovitz), le film avait remporté un concours de scénario. Je ne l’ai jamais revu mais me souviens de chaque image, de la façon dont la dernière séquence m’avait cueilli. Je ne suis pas sûr que ça marcherait encore dans un monde où parler de préservatif et séropositivité est un tabou moins violent. Quoique. (Réponse en fin de billet)

La semaine dernière, j’étais invité par Ulike et Danone Communities à choisir mon trio de tête parmi 16 courts-métrages conçu pour soutenir un cause, en tant que membre du Jury du Millénaire. Les raisons de répondre présent sont nombreuses.

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Trop ?

Il y a deux ans, j’avais été ébranlé par un discours élaboré par des planneurs qui relevaient de nombreux éléments bloquants dans le web. Ils pointaient du doigt une contre productivité relevée en particulier dans les processus d’achats, ralentis par la profusion de choix qui complexifie l’acte décisionnel. Certes, pas de la même façon sur toutes les génération mais quand même, incontestable. J’étais dubitatif.

Deux ans plus tard, je continue mon propre laboratoire auto centré sur mon blog, mon Twitter, mon Facebook, mon YouTube, mon FlickR, mon Posterous, mon Figaro.fr mais aussi mon DailyBooth, mon Quora et tous les prochains services web à venir… Si je fais un petit bilan de 6 ans d’ultra connexion, le mot qui me vient à l’esprit est TROP et semble deux ans plus tard rejoindre le point de vue des planneurs que j’avais tancé peut-être un peu vite.

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Quoi de neuf en 2011 ?

J’avais pensé vous proposer mon petit calendrier des grandes tendances qui se profilent pour 2011. Le problème, c’est que le web en pullule depuis 10 jours, on n’en peut plus, donc je m’abstiens.

J’étais donc sur le point de me rabattre sur ce qui nous attend en matière de séries pour la rentrée de janvier après celle de septembre qui n’aura pas marqué les annales, à l’exception de Boardwalk Empire et dans une moindre mesure The walking dead. Problème : Allo ciné vient de faire le boulot très bien.

Ce que j’en retiens à découvrir dès leur lancement (attention ça commence dès demain) :

  • The cape sur NBC le 9 janvier qui était annoncé pour octobre 2010
  • Off the map sur ABC le 12 janvier
  • Harry’s law (David E Kelley avec Kathy Bates !) sur NBC le 17 janvier
  • Perfect couples sur NBC le 20 janvier
  • Gods of the arena, prequel de Spartacus sur Starz le 21 janvier
  • Portlandia sur IFC le 21 janvier
  • Mr Sunshine (annoncé en 2010) sur NBC le 9 février
  • The killing US sur AMC en mars
  • Body of proof sur ABC le 29 mars
  • The Borgias sur Showtime au second trimestre
  • Games of thrones sur HBO en avril
  • Mildred Pierce (mini série avec Kate Winslet) sur HBO en avril
  • Happy ending sur ABC le 13 avril
  • Enlightened sur HBO premier semestre
  • Je passe un peu vite sur la production française mais ne peut m’empêcher de m’arrêter sur l’inénarrable retour d’Hélène et ses garçons dans Les mystères de l’amour sur TMC.

    Bref, confisqué de mes deux sujets de rentrée, je me vois contraint de me complaire dans l’écume des choses avec quelques phénomènes peut-être aussi éphémères que bruyants dans mon monde cette semaine :

    • Comment créer un mouvement de foule vers un service qui capitalise sur l’intelligence collective en permettant des débats d’opinion par le biais de questions – réponses ? En jouant sur un faux système d’accès sur invitation pour la V2 (en fait disponible très facilement) et en modérant ardemment les questions posées pour en assurer la précision et la pertinence -en anglais, Quora réussit un bon coup et entraîne tout Twitter dans son sillage.  Reste à espérer une abondance de réponses, de points de vue, de débats qui se font un peu attendre sur les thèmes qui m’intéressent.
    • Rien de neuf derrière la capacité à diffuser en temps réel sa vidéo sur le web, le livestream est déjà adopté par les ados du monde entier. La particularité de Twitcam est son processus de connexion et son système de chat qui se font via Twitter et ouvre donc le livestream à des publics plus bigarrés. Si l’ensemble a été lancé en 2009, c’est assez récemment que j’ai vu ma timeline s’enflammer pour des programmes en direct qui exposent les membres de Twitter à leurs followers et leurs questions. J’ai peu participé et pas du tout animé ma propre Twitcam, l’exercice me paraissant quelque peu exposant. Mais il y a un je ne sais quoi qui me dit qu’en tant que marketeur, il y a forcément des choses à faire, par exemple pour annonce rune nouveauté à quelques happy fews et répondre à leurs questions. Wait and see.

    La semaine prochaine réserve deux actus qui me plaisent bien et dont je reparlerai forcément. D’abord le lancement de Off TV mardi prochain, un nouveau format de communication pour Universal ambitieux, qualitatif et ultra connecté comme le montre la version béta d’ores et déjà disponible sur simple demande sur le site. Ensuite, on me dit que la V2 de Wizee, plateforme de blogs pour personnalités de tous horizons garanti sans fake, arriverait en milieu de semaine prochaine, on vérifiera auprès de Cyril Paglino, l’un de ses deux co-fondateurs.

    Enfin, hors catégorie, mon nouvel exercice est de tenter de chanter juste et en rythme dans mon iPhone, sur fond d’effets de voix en harmonie, sur les titres de Glee. Avec Smule Glee, Le résultat est assez bluffant après des efforts aussi denses que pour les chorégraphies de Dance Central sur Kinect. Je vous tiendrai au courant de mes progrès si ceux qui chargent l’application (pour 0,79 Euros) se dénoncent.

    Ma deuxième Web TV

    Il y a un an, ma première expérience de Web TV avait connu son petit succès d’estime malgré quelques légères faiblesses techniques évidentes. Cette année, fini l’amateurisme : armé de ma caméra Kodak PlaySport fièrement gagnée au Web’10 et de mon tout nouveau MacBook Pro équipé de iMovie, c’est carrément un programme que je lance sur Internet. Partager 24 heures de mon intimité, ça vend forcément du rêve : face à « 24 heures avec PRland », « Rendez-vous en terre inconnue » n’a qu’à bien se tenir et Twittcam est déjà dépassé. J’ai essayé de garder présent l’esprit de Noël : plaisir d’offrir, partager sans rien attendre en retour.

    Les plus attentifs (et les plus courageux qui tiendront jusqu’au bout) remarqueront que je n’ai pas hésité à tester les capacités waterproof de ma caméra. Ils n’auront sans doute que quelques jours pour le faire puisque j’avoue profiter honteusement de la trêve des confiseurs pour me ridiculiser publiquement, à la rentrée, tout ça sera probablement détruit.

    #Pardon (une pensée pour les danseurs qui se reconnaitront)

    Mot d’excuse

    Depuis deux semaines, il m’arrive des aventures dont je ne peux pas parler. Parce qu’elles sont professionnellement confidentielles ou personnellement trop… personnelles. Or, dans les deux cas, elles sont passionnantes, suffisamment en tout cas pour rendre tous les sujets que j’aurais la liberté de traiter sur ce blog terriblement fades.

    Certes, j’aurais pu élaborer à partir de sujets moins implicants, raconter par le menu ma nouvelle condition d’Appleman depuis que je suis équipé d’un MacBook Pro que j’apprivoise peu à peu, faire mon débrief d’un Web’10 particulièrement vivifiant ou du Monitoring Social Media 2010 qui a compté dans son casting d’intervenants le bluffant Brian Solis, raconter mon coup de coeur inattendu pour Raiponce de Disney ou -avec 2 ans de retard et dans un tout autre genre- la série The Sarah Connor Chronicles, saluer la drôlerie talentueuse des Craypion d’Or qui rappelle que l’humour vit mieux quand il est supporté par un vrai boulot, relever mes petits moments de bonheur devant la sensualité du déhanché de Shakira ou l’érotisme nerveux du Sacre du Printemps par Pina Bausch à l’Opéra Garnier, tester sous la douche ou, mieux mais moins simple, à la piscine la caméra waterproof Kodak PlaySport gagnée sur le Web’10…

    Je ne l’ai pas fait. Par manque de temps. Et d’envie, donc (sauf la vidéo sous la douche évidemment).

    Je sais que je ne suis pas le seul. J’ai eu l’occasion d’entendre plusieurs fois depuis le 1er décembre une réponse systématique de ceux que je m’étonnais de moins voir sur les réseaux sociaux : « depuis que je vis des choses passionnantes, je ne peux plus bloguer« . Et je sais déjà que 2011 sera encore plus excitant pour moi, toujours plus ancré dans une vraie vie qui m’empêchera d’en dire trop ici. Evidemment, je ne le regrette pas puisque je le conduis, mais je réalise plus que jamais que l’écriture est un exercice vital lorsqu’il est partagé. Je trouverai d’autres moyens.

    Je me suis contenté de livrer quelques instantanés de vie sur  Twitter. L’endroit où je m’autorise futilité, absence de recul, vingtième degré, débats de cour d’école, relais de mes moments parmi les moins passionnants (breaks télé) et extraits de vie qui en révèlent peu à chaque fois et beaucoup au total. En écrivant moins sur ce blog et en jouant le jeu de la rareté sur lefigaro.fr, mon fil Twitter est devenu avec Facebook le hub central de mon identité en ligne. Celui dont on me parle inlassablement. Celui qui me donne quelques frissons chaque fois qu’un client me révèle -malicieux- qu’il s’y est abonné, ce qui provoque systématiquement des excuses que je présente pour tant de légèreté.

    Alors voilà, je présente des excuses que personne n’attend pour avoir quelque peu laissé en jachère ce lieu virtuel pourtant important pour moi. Il s’habituera avec moi à un rythme différent, imposé par de bonnes raisons : de plus en plus de sujets qui m’intéressent croisent ma vie, je crois que c’est une bonne nouvelle.

    Ceci était donc mon 1000ème billet sur PRland.

    Philosophie

    Lorsque j’ai commencé mon métier et jusqu’à très récemment, les viviers de consultants en communication se trouvaient dans les grandes écoles, HEC, Sciences Po, les écoles de commerce ou les formations plus « classiques » Celsa ou Efap. D’ailleurs, étudiant, j’avais bien senti qu’avec mon bagage en Sciences de la vie option biochimie, ça ne suffirait pas.

    Depuis plus récemment, tout un ensemble de nouveaux métiers sont entrés dans le périmètre, créant de nouvelles voies royales pour . Parfois inattendus, tels que Anthropologue, Sociologue, Historiens… J’en ai intégré un nouveau cette semaine avec la conviction qui va avec : un jour, j’embaucherai un philosophe !

    Lorsque j’ai accepté d’animer un cours sur le développement durable, la citoyenneté et Internet à la Faculté de Philosophie Lyon III dans le cadre du module communication du Master 2 Ethique et DD, pour être honnête, c’était pour faire plaisir à une amie. Au final, j’ai eu le plaisir d’échanger pendant 3 heures avec des personnalités très diverses, en primo formation ou en formation continue donc de tous horizons, qui ont soulevé des questions qu’aucun des dirigeants d’entreprise n’avait soulevé. La conversation s’est révélée parmi les plus riches de ces dernières années, un vrai choc nourri de débats, toujours de constructifs, avec un point de vue documenté.

    En plus de me donner envie de retourner user ma culotte sur les bancs d’une fac, j’ai repris conscience de la valeur que des points de vue issus d’autres horizons peuvent apporter à tous ceux qui comme moi se croient ouverts sur le monde et sont totalement enfermés dans leur bulle.

    Merci et à eux, et le rendez-vous est déjà pris l’année prochaine, pour mon plaisir.

    Champagne !

    En 1996, la magazine CB News fêtait ses 10 ans. Cette semaine, 14 ans plus tard, CB News fêtait sa liquidation judiciaire. On est probablement assez peu nombreux à avoir participé aux 2 évènements.

    Il y a beaucoup de raisons de penser que la fin de CB News ferme un chapitre alors qu’un un nouveau cycle s’est déjà ouvert. Ce que j’en retiens est beaucoup plus personnel : la mutation de mon environnement direct, un arrière-goût amère qui m’a fait passer à côté de l’esprit festif de la version 2010 du rendez-vous.

    En 1996, je travaille depuis 3 ans et j’ai la chance de participer à la promotion d’une marque encore emblématique sur un secteur porteur. Chez Kodak, les moyens mis en oeuvre sont encore massifs pour assurer la visibilité d’innovations de transition -qui se souvient de l’APS ?- alors que les premiers appareils numériques sont un peu enterrés et que la technologie OLED est carrément enfouie. J’organise des voyages de presse aux quatre coins du monde, participe au Festival de Cannes, à la Photokina, au CES de Las Vegas, aux festivals photo d’Arles et de Perpignan… Les Kodakettes de Jean-Paul Goude sont à leur apogée et constituent une saga publicitaire emblématique qui rafle des dizaines de prix.

    Mais lorsque je suis invité en tant qu’annonceur aux 10 ans de CB News, je m’apprête à plonger vraiment pour la première fois dans le monde de la pub qui m’a tant fait rêver. Une passion venue en grande partie de Culture Pub que j’avais au départ découvert comme tout le monde en prétextant un intérêt soudain pour la publicité alors que j’attendais surtout le film coquin du dimanche soir sur M6. Christian Blachas et Anne Magnin ont démocratisé les métiers de la communication en France et m’en ont donné envie. Rien de moins.

    Approcher le patron suffisait à me rendre le rendez-vous séduisant mais arrivé dans le mythique Palace, c’est toute la grandiloquence des années d’or de la pub qui me saute au visage : espace immense entièrement redécoré, alcool qui coule à flot (l’immense machine à gin tonic est gravée dans ma mémoire aussi fort que le mal de crâne du lendemain), buffet gargantuesque, confiseries et glaces à profusion, cigarettes distribuées à volonté (je n’ai pas vu passer d’autres substances)…. Cette fête là surpassait tout ce que j’avais connu, même au Festival de Cannes.

    On était longtemps après le faste des années 80 mais cette débauche de moyens n’avait rien de très choquant pour personne. Comme un dernier soubresaut. Je profitais simplement de la fête avec quelques amis de mon âge et entouré de professionnels beaucoup plus âgés et riches que moi. Je ne connaissais quasiment personne et j’ai débattu une bonne partie de la soirée avec des inconnus. Je me souviens avoir tout juste eu le temps de passer prendre une douche avant de rejoindre le bureau en me demandant si les quadras seraient autant que moi en état de passer au bureau une journée post-nuit blanche alcoolisée.

    Cette semaine, CB News ne m’a pas invité au VIP Room en tant que patron d’agence. Mais en tant que « blogueur », j’ai eu 100 occasions d’atterrir sur la liste des guests. Et j’ai surtout privilégié une invitation du maître des RP du lieu, Laurent Guyot, qui est un ami depuis plusieurs années. C’est donc en qualité de VIP et dans le confort que je suis venu célébrer la fin d’un magazine qui aura marqué l’intégralité des 17 années ma vie professionnelle. Et je dois bien avouer que, malgré l’amitié que je porte à quelques membres de la rédaction, j’en veux un peu aux responsables de n’avoir pas su trouver la façon de se démarquer suffisamment de ce que les blogs proposent gratuitement sur Internet : des papiers de fond trop rares, peu d’exploitation rémunératrice de la marque CB News comme a réussi à le développer son concurrent Stratégies, une ligne éditoriale pas suffisamment forte, peu de réaction face à de nouvelles concurrences gratuites telles que Doc News et Influencia, la version online de Culture Pub -qui continue- jouant un rôle à part. C’est le manque de rigueur pour maintenir un équilibre financier qui est pointé du doigt. Le manque d’utilité de CB News est à peine un sujet, malheureusement.

    Dans l’espace privé bondé, je connaissais de près ou de loin toutes les têtes qui m’entouraient : les autres patrons d’agence, les blogueurs qui avaient eu la chance de tomber sur un bracelet de la bonne couleur, les membres de la rédaction. Et je n’ai vraiment échangé avec personne. Le champagne coulait à flot pour notre groupe de privilégiés, à la fois trop pour fêter une liquidation judiciaire et modestement comparé à la version 1996. Les temps ont changé et le monde que j’avais rejoint n’existe plus.

    En regardant l’équipe derrière Blachas sur scène, juste avant que les gogo danceuses ne viennent se trémousser sur le podium dans des t-shirts définitivement trop petits, je me suis souvenu. J’ai passé en revue les longs débats avec des membres de la rédaction de CB News mais aussi Stratégies, il y a quelques années, alors que je travaillais dans un autre grand groupe côté agence, DDB, et que je regrettais ouvertement le manque de hauteur des dossiers traitant des grands enjeux marketing pour le futur. Je continue à penser qu’ils sont trop rares, dans Stratégies également, j’ai arrêté de débattre il y a bien longtemps.  J’ai croisé du regard celle à qui j’en veux tant de m’avoir appelé il y a quelques semaines avec une démarche et un ton guidés par l’émotionnel plutôt que par la volonté d’analyse qui devrait présider au travail de tout journaliste tel que je le conçois, ajoutant encore de la confusion au mélange des genres journaliste – blogueur.

    N’ayant pas exactement le goût de danser sur les tombes, c’est le malaise qui l’a emporté chez moi. Parce que je suis surtout triste pour mes amis qui perdent leur travail. Dans son dernier édito, Blachas explique que c’est la volonté d’indépendance qui a coûté la vie à CB News. C’est sans doute en grande partie vrai. Mais c’est à l’arrivée une certaine idée de la presse professionnelle que j’aime (même si elle me complique la vie parfois dans mon métier) pour oser écrire ou même dénoncer des pratiques qu’elle connait de l’intérieur, challenger les acteurs de son marché…

    Pour être franc, je ne me souviens plus de ce qui était écrit dans CB News il y a 16 ans, je me souviens en revanche de l’envie exprimée par tous de faire la fête à un métier pour longtemps en lui donnant du sens. Cette semaine, on a fait la fête mais je ne suis pas sûr d’avoir compris le sens. Et je suis passé du côté des quadras.

    J’espère que la marque reviendra plus forte, mieux armée pour investir sur un territoire peut-être plus spécifique mais plus ambitieux qu’une newsletter. Au moment où notre métier a besoin, plus que dans les années 80, d’éclairage pour comprendre l’univers qui nous entoure, on ne peut qu’espérer une presse professionnelle forte et utile.