Mes Gay Games

Participer en tant que bénévole aux Gay Games Paris 2018 n’était pas exactement une façon anodine de démarrer un congé sabbatique de 11 mois. La dimension rassurante d’un agenda pas complètement vide est pourtant rapidement devenue une motivation anecdotique face à l’énergie d’un événement qui m’aura marqué pour longtemps, pour des raisons parfois inattendues.

Lorsque j’ai décidé qu’un break professionnel m’était nécessaire pour me ressourcer, ne pas perdre l’envie, continuer à progresser, c’était sans le moindre doute. Retrouver du temps pour moi et pour mes proches en constituait le bénéfice collatéral majeur, dans un programme très flexible entre voyages et projets personnels, sans réelles obligations. Mais il m’était impossible de démarrer avec une perspective unique de vacances à durée indéterminée.

Un simple précaution préalable

Redoutant quand même la possibilité d’un petit trou d’air après 25 années de travail connecté ininterrompues, j’ai identifié l’arrivée des Gay Games en plein mois d’août comme un excellent moyen d’occuper mes premières journées off à Paris de façon utile, au service d’une cause qui compte pour moi : la lutte contre toutes les discriminations à travers l’inclusion de toutes les diversités (âge, religion, genre, orientation sexuelle…) par le sport et la culture.

Si ma mobilisation devait se concentrer au départ sur les aspects communication, ce que je maîtrise forcément le mieux, j’ai dès le début de l’événement compris que mon accomplissement viendrait d’ailleurs. Tout n’était pas rôdé, parfois approximatif, mais l’envie de partage, d’échanges, de faire bien se sont révélés plus fort. J’ai donc choisi de m’investir en tant que simple bénévole appliqué à des missions d’exécutant sans autre velléité qu’aider, être utile.

Bénévole bon élève

Ma première intervention étant à l’accueil du village place de l’hôtel de ville la veille de l’inauguration, j’y ai assez vite trouvé un QG, un point de repère, un rendez-vous quotidien tôt le matin, tard le soir ou parfois les deux. En 8 jours, j’aurai donc participé à l’accueil des visiteurs au welcome desk, à l’entrée du village mais aussi à l’extérieur. Je n’aurai rien refusé : passer quelques heures à la consigne (en mode « animateur de l’endroit pas fun »), accueillir et brieffer des bénévoles retardataires (en mode « tour operator »), ranger le welcome desk, jouer les cobayes dans les activités sportives ou même organiser les files d’attente aux toilettes lors de la soirée de clôture. Le tout en m’éloignant de toute prise de responsabilité pour profiter à plein de mon rôle de contributeur bon élève. Bizarrement, j’ai retrouvé des sensations que j’avais connues à l’armée : aux côtés des exécutants, dans un esprit fraternel.

Multitasking

Mais je ne voulais pas m’enfermer dans la facilité d’un lieu conquis et d’une équipe connue. Chaque jour, je suis parti à la découverte de nouveaux environnements et missions toujours différentes. Ramasseur de notes du jury à la Danse sportive, remetteur de médailles à la natation, support vigilance sécurité au Festival de courts-métrages, accueil des athlètes au badminton font partie des missions qui se sont présentées à moi. Au sein de staffs mobilisés, inclusifs, souvent impressionnants d’investissement. J’ai pu y confirmer que le badminton est VRAIMENT un sport, qu’un tango entre 2 femmes peut être très touchant, que gagner une compétition de natation à plus de 70 ans créé une fierté énorme…

Bénéfices collatéraux

A l’issue de la grosse semaine de Gay Games, il me reste des moments d’émotion, beaucoup de rires, de danses, de fête, de partages. J’ai échangé avec des centaines de personnes, me suis attaché à quelques visiteurs / visiteuses régulier(e)s, fais plus de hugs à des inconnus en 8 jours que dans les 49 années qui ont précédé. J’ai rencontré quelques personnes qui resteront sans doute pas loin dans le futur. J’ai redécouvert des amis qui m’ont impressionné au travail. J’ai rencontré pas mal de mes instagrammeurs préférés qui m’ont accueilli avec un grand sourire à chaque fois. J’ai pleuré pendant la cérémonie de clôture, de fierté et de tristesse. Je n’étais pas le seul.

J’espère que ma prochaine aventure sera aussi incroyable mais la barre est haute.

“Pose”, le pari osé et réussi de Ryan Murphy

C’est sans conviction mais sous la pression d’un bouche à oreille positif que j’ai choisi d’entrer “Pose” dans le choix cette année très sélectif de séries estivales à découvrir.

En fin d’année dernière, le plus grand casting d’acteurs transgenres (pour la plupart amateurs) de l’histoire avait marqué les esprits.

Cet univers transgenre et ses codes me sont assez étrangers, ils peuvent m’amuser dans une version Drag Queen avec “Ru Paul Drag Race” mais ne garantissent pas sujet captivant pour une fiction. De plus, la patte du prolifique Ryan Murphy (au commande de la série) ne suffit pas toujours à me convaincre même si ses excès militants me dérangent rarement.

Au-delà de l’effet d’attente créé par la presse américaine, Il ne me restait que la promesse d’une diversité de sujets pour espérer trouver un intérêt autre que documentaire et historique à la création FX. Et 8 épisodes, c’est court.

S’il est parfois compliqué de partager un avis avec un éclairage nouveau sur une série ultra-commentée, je n’ai pas à me forcer ici puisque beaucoup d’articles me semblent avoir été écrits par des auteurs qui n’avaient pas vu la série mais s’étaient appuyés sur un dossier de presse œcuménique.

De quoi parle vraiment la série ?

Pose explore le New York de la fin des années 80 et se penche sur la vie de plusieurs personnages de mondes et cultures différentes. Elle aborde l’émergence de scène cuturelle et littéraire underground et queer comme la Ball culture, la vie des quartiers populaires et l’arrivée du monde du luxe à l’aube de l’ère Trump“. C’est le pitch sur la base duquel la série a été lancée, commentée, encensée. C’est aujourd’hui encore la trace qu’il en reste sur Wikipedia.

Dès le premier épisode, il apparaît clairement que le sujet central est bien l’univers Queer, au centre de tout, même s’il permet de croiser une multitude d’autres thèmes parmi lesquels la danse (pas que le voguing rendu mondialement célèbre par Madonna) et le Sida, inévitablement.

Ce premier épisode assume sa dimension didactique pour ceux qui, comme moi, ne connaîtraient rien à la Ball culture. Il faut découvrir un système qui dépasse largement le principe de battles thématisées et haute en couleur pour confronter des “Maisons” constituant un système communautaire d’entraide dans les populations  blacks et latinos de l’époque.

Le temps de réaliser qu’on s’est fait berné par une fausse promesse, c’est trop tard, on est déjà accro et on en veut plus !

Dès le deuxième épisode, les bases étant posées, ceux de ma génération penseront davantage à la célèbre série “Fame” (qui s’étendait de 1980 à 1986) dans une version Queer et militante qu’à un documentaire sur la culture Queer.

Tous les attributs d’une série populaire

Créer des personnages attachants dans des mondes et des situations extrêmes est sans doute ce que Ryan Murphy sait faire de mieux. Il y parvient ici de façon encore plus exceptionnelle qu’habituellement.

On se passionne instantanément pour des protagonistes sensibles ou détestables ou les deux à la fois. Transgenres et gays sont au centre, mais permettent de croiser le monde de la danse (une pensée pour la prof de “Fame” encore une fois) et percuter celui de la bourgeoisie new yorkaise flamboyante.

On pouvait redouter un casting amateur, il créé parfois une authenticité attachante et permet quelques révélations parmi des actrices inconnues (ici avec la réalisatrice transgenre de l’épisode 6). A gauche, Indya Moore dont la prestation a particulièrement été remarquée bien que MJ Rodriguez (à droite) tienne le rôle central de l’histoire.

La vraie révélation pour moi se trouve du côté du casting masculin avec un artiste très reconnu dans l’univers du musical : Billy Porter excelle dans tous les registres, du rire aux larmes.

La promo aura retenu les quelques acteurs déjà connus du grand public : Evan Peters (“American Horror Story” de Murphy déjà), Kate Mara (“House of cards”) et James Van Der Beek (“Dawson”). Tous dans des rôles courageux mais relégués au second plan.

Merci à Canal + qui vient de justifier mon abonnement en programmant la série en temps réel. En attendant la saison 2 qui vient d’être commandée par FX, il reste une furieuse envie de mieux découvrir cette culture avec un documentaire Kiki qui lui est dédié et, pourquoi pas, en visitant les quelques soirées qui lui sont dédiées à Paris.

“The handmaid’s tale” a encore frappé

J’avais foi dans la capacité de ma série coup de coeur de 2017 à tenir le niveau en saison 2. A l’heure du bilan, quelques jours après la diffusion du dernier épisode de la nouvelle saison de “The handmaid’s tale”,  le choc reste intact. Le final confirme la qualité d’une écriture qui a su s’affranchir de Margaret Atwood, auteur du roman dystopique dont était adapté la saison 1, pour en tirer le fil encore plus loin.

Comme d’habitude, j’essaie de limiter au maximum les spoilers tout en parcourant quelques-unes des raisons de mon enthousiasme.

En resserrant autour de quelques protagonistes de Gilead, cette saison ne fait pas plus de compromis qu’avant pour créer du confort au spectateur mais réussit à dresser des portraits parfois en quelques coups de crayon (Nick, Janine, Eden, Tante Lydia…), parfois à coup de flashbacks qui éclairent différemment le présent. Les histoires avant-Gilead d’Emily et Moira sont ainsi révélées, chacune bouleversante dans son dénouement. Mais le personnage le plus intéressant de la saison est pourtant ailleurs et inattendu : Serena révèle de multiples facettes, supportée par l’interprétation parfaite d’Yvonne Strahovski. Ses face à face avec l’héroïne June font l’objet de scènes d’anthologie dans lesquelles Elisabeth Moss continue à bluffer.

La saison 3 devrait sans doute donner enfin plus de densité aux maris (Luke Bankole et Fred Waterford) et je parie sur le potentiel de Rita et surtout du mystérieux Commandant Lawrence qui interpelle en quelques scènes majeures dans les 3 épisodes finaux.

Je lis ici ou là des articles qui commencent à craindre que la série ne joue plus avec le malheur des femmes qu’elle ne les condamne, point de vue très bien résumé dans cet article des Inrocks qui spoile à mort au passage (donc ne cliquer ici que si vous avez vu les 2 saisons). J’y vois surtout l’envie du public d’un peu de répit, un peu de douceur, une lueur durable. Je rêve donc que la série n’atteigne jamais son “jump the shark” et continue à creuser son sillon dur, inconfortable, désagréable mais tellement utile.

“The handmaid’s tale” est disponible en France sur le replay de OCS Max.

Ma consommation série reprend, je reviens vite avec un point de vue sur deux autres coups de coeur : “Gods of America” et “Pose”.

Maurane

Il y a une semaine, j’ai perdu un peu plus qu’une artiste dont la voix me transporte. J’ai perdu celle qui m’a permis de vivre des émotions inoubliables et avec laquelle je gardais un lien rare, précieux, toujours inattendu. Notre rencontre déjà avait été hors norme.

En 2011, alors que Maurane se lance dans la promotion de son onzième album studio “Fais moi une fleur”, je suis invité par mon ami qui travaille chez Universal à “la rencontrer pour lui poser 2 ou 3 questions”. Je prends ça comme un cadeau.

Ce n’est qu’en arrivant sur place avec mes quelques questions griffonnées sur un papier à propos de son dernier album que je comprends que tout est en place pour un entretien filmé d’une heure, sans montage, dans les conditions du direct. L’artiste pense sans doute avoir à faire à un intervieweur qualifié, cette rencontre va être un gâchis gigantesque, j’en suis sûr. Je réfléchis rapidement à une façon de m’en sortir, à un angle. Quelle autre solution que de revenir sur chaque moment de sa carrière ?

Je me souviens juste avoir commencé en disant exactement l’inverse de ce que je pensais (une heure, c’est beaucoup trop court) et en faisant comprendre d’emblée mon incompétence, pour créer une possibilité de stopper ce désastre avant qu’il ne commence vraiment (je suis un blogueur et on va donc parler de moi). Et ensuite, je ne sais plus ce qui se passe.

Je n’ai jamais eu le courage de regarder cette vidéo. Surtout pas lorsqu’elle a été mise en ligne. Je l’ai donc découverte ce matin.

Mon sentiment est en fait qu’avec un bon montage, ça pourrait presque faire le boulot qu’aucune chaîne de télévision française n’a daigné faire depuis sa disparition : revenir sur une carrière de très haut vol, pas suffisamment reconnue. Le plaisir de retrouver ce moment intact, brut, a été supérieur à la honte ou la tristesse. Jusqu’à la dernière minute qui a forcément créé un choc. Vous comprendrez forcément pourquoi en visionnant la vidéo.

Lorsque j’ai engueulé mon ami à la sortie de l’interview, il m’a dit 2 choses restées gravées dans ma mémoire : 1. Je savais que tu t’en sortirais 2. Tu te souviendras toute ta vie de l’émotion de ce moment.

Il avait raison pour le point 2. J’avais oublié les faits, je garde juste l’émotion intacte. Et je réalise aussi qu’avec n’importe quel autre artiste que Maurane, volubile, généreuse et aidante, ça aurait vraiment été un désastre.

La suite aura été constituée d’échanges sur Twitter sur des livetweets décoiffants, des petits signes de sympathie, des routes croisées sur des concerts ou ailleurs. Et d’une semaine passée à Bruxelles dans les coulisses de l’enregistrement d’un album. Rien que ça. Elle avait apprécié notre première rencontre. Contrairement à ce que cette vidéo montre, on avait même fini par se croiser sur le chemin de l’humour aussi (elle savait être tellement drôle).

Ce matin, je préfère être très fier de l’avoir connue que triste de l’avoir perdue.

“The Assassination of Gianni Versace” : une escroquerie… pour le meilleur

En débutant le premier épisode avec l’assassinat de Gianni Versace et ses conséquences immédiates, la seconde saison de l’anthologique “American Crime Story” inquiète : la série réussira-t-elle vraiment à nous passionner plusieurs heures autour de la recherche du meurtrier et de l’enquête policière qui va avec ?

Par chance, l’énorme promotion qui a entouré la préparation puis la diffusion des 9 épisodes a tout mis en place pour nous induire en erreur. “The Assassination of Giannu Versace” vaut beaucoup mieux, mais vraiment beaucoup mieux, que ce qu’on a pu en imaginer. Ca a été mon deuxième coup de coeur de ce début d’année, malgré la diffusion chaotique par Canal +.

Couverture d’Entertainment

Contrairement à son titre, la série s’intéresse beaucoup moins à Versace qu’à son tueur.  Dans un format antéchronologique qui injecte le supplément d’épaisseur nécessaire à la qualité de la série.  Ainsi, du 15 juillet 1997 à l’année 1957, les 8 premiers épisodes remontent le temps, complétant le puzzle d’une personnalité complexe avec les principales pièces manquantes, avant de revenir en dernière heure du show aux événements qui ont suivi le meurtre. En toile de fond sociale, cette remontée dans un temps pas si éloigné rappelle les nombreux dommages collatéraux d’une homosexualité honteuse, dont même Versace a du se cacher longtemps pour protéger ses affaires.

Si la promotion a beaucoup reposé sur la performance d’un trio d’acteurs très attendu (Penelope Cruz, Edgar Ramirez et Ricky Martin) surtout visibles dans les premier et dernier épisodes, la série s’appuie sur des guests très marquants (mention spéciale à Judith Light) et repose surtout sur les épaules de Darren Criss, véritable révélation dans la peau du serial killer Andrew Cunanan.

Après quelques apparitions, Darren Criss avait explosé en 2010 à 23 ans en rejoignant le casting de la série du moment, “Glee”, dans le rôle d’un étudiant ouvertement gay. Il s’est au même moment lancé dans une carrière musicale qui continue d’ailleurs à bien fonctionner aux Etats-Unis. Mais c’est en 2015 que j’ai découvert le potentiel de Darren Criss. Dans la comédie musicale “Hedwig and the angry inch”, vue à Broadway, je voulais profiter de Michael C Hall dans le rôle titre. Darren Criss venait de prendre le relais et il était tout simplement exceptionnel dans le rôle d’une chanteuse de rock transexuelle. Visage d’ange qui sait se fissurer, capacité à jouer avec son corps, Darren Criss est le casting idéal pour incarner Cunanan. “The assassination of Versace” lui doit beaucoup. Si tout va bien, le cinéma ne devrait pas ignorer Darren Criss encore très longtemps.

Une dernière note pour Canal + qui a diffusé la série un peu n’importe comment, avec un premier épisode quelques longues semaines avant la suite et un dernier épisode indisponible en replay au point que nombreux sont ceux qui pensent que la série ne compte que 8 épisodes. Je milite pour payer des chaînes plutôt que télécharger, encorefaudrait-il que les chaînes ne fassent pas n’importe quoi…

 

Ici et maintenant

Depuis quelques mois, je vis dans un monde parallèle assez déstabilisant. Mon goût pour la culture populaire est tout chamboulé, sans qu’aucune cause ne puisse se dégager avec évidence. Ce que tout le monde aime ne m’emballe pas, ce qui semble décevoir tout autour de moi m’emporte littéralement. Soit je détiens le goût populaire ultime, celui qui n’appartient qu’à moi, soit j’ai définitivement perdu le mojo. Je ne suis pas sûr d’attendre la réponse avec impatience… Et plutôt que de m’arrêter longuement sur mes déceptions, j’ai choisi de défendre mon coup de coeur.

Redouter avec impatience le retour d’Alan Ball

Difficile de ne pas s’inquiéter de la possibilité d’une énorme désillusion quand le créateur vénéré de sa série préférée promet (enfin) un retour aux sources. Alan Ball est celui qui a pensé, écrit, parfois réalisé et toujours inspiré, jusqu’à devenir l’âme de la série, “Six Feet Under” produite entre 2001 et 2005 et diffusée par HBO. Très injustement réduite avec le temps au programme ayant le mieux réussi sa sortie alors qu’il était culte dès sa première saison et multi récompensé. J‘en ai suivi sa diffusion scrupuleusement dans une époque où l’accès aux séries américaines ressemblait pourtant à un parcours du combattant.

A Los Angeles, très loin des paillettes d’Hollywood, la vie d’une famille à la tête d’une entreprise de pompe funèbre se craquèle à la disparition du père. Avec une mécanique récurrente, d’ailleurs copiée de nombreuse fois depuis : un décès en début d’épisode puis sa gestion par la famille Fisher. Un prétexte pour scanner les peurs et failles des américains de l’époque, au travers de scénarios ciselés, teintés d’humour noir. L’entrée par la loupe grossissante que constitue la confrontation au décès permet de traiter frontalement des sujets alors largement enfouis dans l’Amérique de George W. Bush : famille, adultère, drogue, solitude, folie, homosexualité, adolescence…

A la sublime fin de la série, difficile pour HBO de laisser s’échapper son créateur. En s’engouffrant dans le mythe alors très à la mode des vampires pour le transformer en allégorie du sida, sujet encore brulant dans l’Amérique en pleine transformation de l’ère Obama, le deuxième bébé d’Alan Ball m’aura pourtant perdu en cours de route. “True Blood” était ambitieux, cérébral, animal et exigeant avant de devenir après une vingtaine d’épisode une caricature de son sujet qui aura pourtant tenu sous perfusion 7 saisons jusqu’en 2014.

Here and now, l’incompris ?

La famille selon Alan Ball version 2018

Dix sept ans se sont écoulés depuis le lancement de “Six feet under”. Dans l’Amérique de Trump, Alan Ball décide de radiographier une famille multiraciale progressiste pour traiter de sujets de société qu’on peut désormais adresser frontalement, sans faux-semblants. S’il y est toujours question de famille, adultère, couple, drogue ou homosexualité, c’est dans une normalité désormais augmentée au prisme des religions omniprésentes, de sexualité devenues plus ou moins fluides, de précarité parfois cachée, d’éducation vacillante, de racisme larvé ou de dictature de l’image égocentrée. La réalité des Bayer-Boatwright est marquée par le choix des parents intellectuels d’adopter 4 enfants issus de toutes les régions du monde, aujourd’hui devenus grands. Sur le papier, on peut craindre une politique de quotas de couleurs de peau presque ridicule. Le pilote ne rassurait d’ailleurs pas complètement sur ce point.

J’ai choisi, comme toujours quand j’attends une nouvelle série avec impatience, de ne pas plonger tout de suite, de patienter jusqu’à ce que quelques épisodes permettent de fonder un point de vue éclairé. Assez pour décoder la mécanique devenue beaucoup moins linéaire, comprendre la façon dont la psychologie des personnages sera déployée, pénétrer un univers forcément déstabilisant. Et ce n’est qu’après avoir dévoré, plus exactement binge watché en mode obsessionnel absorbé, les 6 premiers épisodes que j’ai découvert les critiques assassines. Des attaques assez bien condensées dans le papier de Pierre Serisier sur son blog hébergé par Le Monde. Morceaux choisis : “Alan Ball propose une histoire qui refoule son public“, “on s’en fiche un peu de ce couple, Greg (Tim Robbins) et Audrey (Holly Hunter) … / … leur démarche tourne à vide comme une roue dépourvue d’engrenage“, “Ball a réuni tellement de clichés en un épisode, il semble aimer si peu ses personnages qu’on suffoque dans cet aquarium familial“. Certes, le papier a été écrit sur la base du seul épisode pilote mais quand même, on en retrouve la substance de ce qui s’est globalement écrit aux Etats-Unis et en France sur le sujet.

Comment une série qui a réussi à ce point à atteindre les sommets d’intelligence et de modernité que j’en attendais peut-elle provoquer un tel rejet ? Quand j’y vois une analyse pointue de nos sociétés dont les cartes sont sans cesse rebattues, dans un format qui croiserait le meilleur de “Six feet under” avec le regard authentique de “Big little lies”, les autres regrettent un produit ennuyeux et prétentieux.  Serais-je trop indulgent, trop acquis à la cause, trop concerné ? Je n’ai pas encore trouvé les critiques qui me rassurent mais je les attends avec impatience tant le futur de la série y est forcément conditionné.

Mes déceptions à la chaîne

Dans le même temps, j’ai donc vécu à plusieurs reprise ce moment où l’engouement généralisé pour un film ressemble à un mystère sans réponse. J’ai à chaque fois une raison très précise que je vais tenter de résumer en une phrase. Mais j’y reviendrai sans doute.

J’ai aimé le rôle central des femmes, pas la façon dont la culture africaine était mise en scène de façon caricaturale (je sais que je suis le seul)
Si l’ambiance italienne donne envie d’y passer une semaine de vacances, cette histoire d’amour ne m’a pas touché. Les parents Amira Casar et Michael Stuhlbarg m’ont beaucoup plus convaincu que Armie Hammer et surtout Timothée Chalamet.
Frances McDormand a mérité son Oscar mais le manichéisme de l’ensemble est tellement extrême ça ne marche pas sur moi.

Presbytie, capsulite et autres petits bonheurs

A force de jouer les dinosaures du web, les ancêtres de l’Internet, il fallait bien que ça arrive : je suis officiellement entré dans la très respectable catégorie des séniors. Cette nouvelle réalité s’est officiellement concretisée en entreprise le jour de mes 45 ans puis, dans la vraie vie et plus techniquement, avec les trucs de santé nouveaux qui viennent avec l’âge.

Evidemment, si on considère que je me situe dans la tranche des Hugh Jackman (48 ans), Shemar Moore (48 ans), Matthew McConaughey (49 ans) et bientôt celles des quinquas Daniel Craig (50 ans), Vincent Cassel (51 ans),  Patrick Dempsey (52 ans) et Brad Pitt (54 ans), tout va bien, ça a l’air cool.

On va bien rigoler

Mais j’ai bien peur que l’histoire de mon arrivée dans une nouvelle décennie ne ressemble plus sur le web au journal de nouveaux tracas qui passent par la santé. Un peu comme un nouveau positionnement éditorial autour du troisième âge quoi. J’ai pris de l’avance en débutant il y a 2 ans une capsulite rétractile dont j’ai déjà raconté tous les méandres au moment où j’en sortais.

Je vais essayer d’épargner les Internets de mes futurs dépistages gratuits du cancer colorectal, enjeux prostatiques et autres petits plaisirs en tous genres. On va donc plutôt s’intéresser à une vraie bonne nouvelle.

Fini les lunettes !

Quand on est myope comme une taupe depuis toujours et qu’on s’est affranchi des lunettes grâce aux lentilles depuis l’adolescence, l’arrivée de la presbytie est compliquée à gérer. Lentilles pour voir de loin, lunettes obligatoires pour voir de près mais qu’on pense jamais à prendre. Autant dire que la tentation de verres progressif est grande. La bonne nouvelle est que, contrairement à ce que mes divers ophtalmos m’ont toujours dit, les lentilles permettent de corriger tout ça.

C’est un opticien qui a trouvé la combinaison gagnante : un œil dominant à identifier équipé d’une lentille multifocale, l’autre œil corrigé pour la myopie uniquement, le cerveau intègre tout ça et permet une vie sans lunettes !

Ce problème réglé, la capsulite étant derrière moi, il me reste à grenouiller du côté des progrès en chirurgie plastique pour nourrir ma nouvelle ligne éditoriale. I’ll be right back !

 

L’excellente surprise “Gare au Garou”

Quand comme moi on est un peu nostalgique la grande époque des variétés à la télévision, celle des années 70, des Maritie et Gilbert Carpentier, on ne peut que regretter la quasi indifférence générale dans laquelle est passé “Gare au Garou”. Je vais tenter d’expliquer pourquoi. Il ne reste que quelques jours pour la voir en replay, foncez !

Annoncé dans la presse en s’intéressant surtout au nouveau rôle de présentateur confié au chanteur québécois, avant l’animation à venir de “Destination Eurovision”, le programme n’a pas vraiment bénéficié d’une promo digne de ce nom. La diffusion un jeudi soir dans un créneau réservé habituellement à l’information correspondait à l’esprit des fêtes qui se prolonge cette année jusqu’au 9 janvier, alors que les journalistes média ne sont pas vraiment revenu de vacances.

A l’arrivée, avec 2,1 millions de téléspectateurs et moins de 10% de part de marché, “Gare au Garou” a péniblement atteint la 4ème marche du podium des audiences, derrière 3 films.

L’esprit variété à la télévision enfin réinventé

Depuis les années 90, malgré de nombreuses tentatives, personne n’a réussi à retrouver la magie du grand succès des variétés à la télé, pas même Michel Drucker qui a fermé la marche avec Stars 90 lors de sa courte parenthèse TF1. Seul survivant qui réussit une fois par an à retrouver l’équation qui rime avec succès : “Les enfoirés”. Toutes les autres tentatives, avec ou sans présentateur, n’ont jamais fonctionné, réduisant depuis les années 2000 les chanteurs à des guests en fin de talk show ou à invités autour d’une table.

N’étant pas particulièrement fan des invités et encore moins de Garou, sans avoir vu passer le moindre avis, j’ai tenté le replay de “Gare au Garou” sans conviction en prévoyant de lâcher l’affaire au bout de 10 minutes. Tout au contraire, j’ai lâché mon téléphone, me suis assis devant la télé sans rien faire d’autre que la regarder, ce qui n’arrive plus que pour quelques séries.

La rencontre de la préparation et de l’impro

Alors que chaque moment montre que l’émission a été minutieusement préparée, répétée, c’est une subtile impression de spontanéité totale qui l’emporte, entre deux interventions très produites à l’image du générique ou de la séquence chantée en voiture sur les Champs-Elysées avec Patrick Fiory.

Ensuite, dans une ambiance totalement informelle, chaque invité est invité à chanter, seuls ou en groupe, des titres, qui ont marqué son année ou sa vie. Avec quelques moments suspendus.

Pour le fun, dans un rubriquage très produit, les artistes sont invités à s’amuser, par exemple dans un détournement casse gueule de “Ne me quitte pas” ou en délirant avec des ballons à l’hélium.

Même l’instant promo parvient à devenir réjouissant voire à mettre le feu quand vient le tour d’Amir.

On découvre au passage les très belles voix d’humoristes tels que Demaison et Commandeur.

J’attends donc avec impatience une deuxième édition pour “Gare au Garou” et une inspiration pour les prochaines tentatives variétés à la télévision.

Justin Baldoni, l’acteur bon samaritain ?

Tous ceux qui suivent avec attention les sujets de cristallisation dont raffolent les réseaux sociaux n’ont pu échapper au phénomène : le 4 décembre 2017, Justin Baldoni interrogeait les codes de la masculinité dans un TEDTalk, réalisé au cours d’un TEDWomen à la Nouvelle Orléans le 2 novembre, avant d’être partagé sur abondamment en vidéo dans le monde entier.

Ma première réaction avait alors été de me demander où j’avais déjà vu Justin Baldoni jusqu’à ce qu’il mentionne au début de son speech la télénovela modernisée et réjouissante de The CW, “Jane the virgin” (sur Téva puis M6 en France). Ma deuxième réaction avait consisté à mettre en doute l’honnêteté de son engagement. Sans raison autre que l’équation embarrassante formée par son aplomb, son physique d’alpha male sous stéroïde, l’illisibilité des motivations profondes de son combat et la date qui coïncidait avec les débats de l’affaire Weinstein depuis le 5 octobre.

Businessman opportuniste ou entrepreneur bon samaritain ?

Pour en avoir le coeur net, il me suffirait de creuser quelques minutes pour comprendre si cet engagement était récent et/ou s’il servait plus prosaïquement la promotion d’une activité lucrative…

Quelques minutes plus tard, j’étais définitivement perdu : entre multiples engagements, exposition outrancière de sa vie privée, nouveau show par sa société de production sur la masculinité, moments d’émotion visiblement sincères avec des ramifications commerciales, mise en scène de l’émotion distillée, charité business parfois frontale, de nombreuses causes défendues parfois plus spontanément… Quelques minutes n’y suffiraient donc pas. Reprenons depuis le début.

18 mn 30 de perfection selon TEDTalk

Justin Baldoni veut initier un dialogue avec les hommes sur la redéfinition de la masculinité pour trouver des façons de ne pas simplement être des hommes biens mais être de bons êtres humains” : c’est ainsi que TED a pitché l’intervention de celui qui est présenté comme “ouvertement féministe“.

Pour ceux qui n’aurait pas vu la vidéo, Baldoni rappelle d’abord qu’il est connu, pour des rôles à la virilité intense qui relève du machisme. Il révèle ensuite que l’image qu’il renvoie est loin de l’homme qu’il est, après un parcours de vie qui l’a amené à accepter sa sensibilité et autres qualités “féminines”.

Il réclame le droit de se montrer vulnérable auprès d’un public principalement féminin et conquis d’avance. Pour gagner une audience masculine engagée, il s’aventure sur le terrain lifestyle qui va bien (fitness et autres trucs de mecs), regrettant aussitôt de rentrer dans les vieux codes qu’il combat. C’est donc en lançant des défis aux hommes qu’il entend les interpeller : “êtes-vous assez courageux pour être vulnérable, pour faire appel à un autre homme quand vous avez besoin d’aide ?”, “assez pour vous lever quand vous entendez des histoires d’harcèlements sexuels“, “êtes-vous assez forts pour être sensible, pour pleurer quand vous êtes tristes ou heureux ?“…

Son discours se clôture sur les erreurs qu’il a commises dans ses comportements masculins, on le voit s’adresser aux femmes pour leur demander de l’excuser au nom des hommes qu’il faut aider à montrer leurs faiblesses. Il explique enfin le rôle que son père a joué dans son parcours, entre colère, pardon et reconnaissance.

Son aisance dans le registre des TEDTalk rend l’ensemble agréable à écouter, son attention à jouer du second degré -lorsque son combat contre les clichés (masculins) s’appuie sur d’autres clichés (féminins)- le protège d’une détestation immédiate. On a envie d’y croire.

Quand tout à coup on n’y croit plus du tout…

Plus d’1 million de fans le contemplent sur Instagram et Twitter dans l’exposition de ses émotions personnelles et familiales. On ne pourrait le juger que s’il était le seul mais c’est tellement fréquent… Alors où est le problème ? La société de production qu’il a créée, Wayfarer Entertainment, semble se nourrir beaucoup, beaucoup trop, de la vie de son créateur.

Sa demande en mariage en 2013 ultra scénarisée de 27 minutes atteint les 11 millions de vues ! :

Son mariage devient aussitôt un trailer (produit par une autre société de prod) :

La mise en scène continue chez Wayfarer avec l’arrivée de leur fille en 2015 et de leur fils en 2017 :

Mais quel business ?

En 2012, Baldoni a créé le web doc le plus vu de l’histoire avec “My Last Days” initialement produit par la boite de prod “SoulPancake” pour YouTube puis diffusé en saison 3 (2017) sur la chaîne cablée américaine The CW. Il faut dire que le premier épisode, sur un chanteur de rock américain, a été visionné plus de 14 millions de fois.

C’est sur la base de ces derniers jours d’hommes et de femmes condamnés que Wayfarer Entertainment a été créé. Et Warner Bros a annoncé récemment le développement d’un film sur Zach qui sera réalisé et produit par… Justin Baldoni.

En juillet 2017, il créé un talk show sur le web intitulé “Man enough“, très exactement sur le sujet de son TEDTalk 3 mois plus tard. On tient ici le sujet de la promo. Hum.

En parlant de promo, en décembre 2017, il s’invite dans le sujet de conversation publique le plus brûlant qu’Hollywood n’ait jamais connu en révélant avoir été victime de harcèlement sexuel. Couverture médiatique abondante assurée. Mais il a prévenu en se décrivant lui-même comme un storyteller dans sa bio Wayfarer. On n’est donc pas surpris.

Mais produire des histoires n’est pas son seul business puisque Baldoni à créé en 2013 “Shout the good“, une app qui score les forces de la personnalité, puis “Belly bump” pour les femmes enceintes. La première a disparu, la deuxième ne semble pas causer de ravages. Mais l’esprit d’entrepreneur est bien là.

Le doute s’installe

S’il y a opportunisme, il faut cependant y reconnaître une certaine consistance… et une efficacité redoutable.

Lorsqu’en 2014, Baldoni décide de fêter son 30ème anniversaire en réunissant des amis dans un quartier pauvre de Los Angelès, Skid Row, pour distribuer nourriture et habits à des sans-abris, il initie un mouvement qui deviendra “Le carnaval de l’amour“, réunissant chaque année plus de volontaires, jusqu’à 2.000 en 2017.

Pour soutenir ce mouvement, il créé “The Wayfarer foundation”, une ONG qui développe des initiatives au profit du “Skid Row Carnival Of Love”, ouvertement “inspirés par les contenus produits par Wayfar Entertainment”. On peut aussi le voir comme un moyen de financer un rendez-vous utile qui a pris une ampleur inattendue.

Ses engagements ne se limitent pas à quelques sujets positionnants, il sont plus diversifiés et souvent sans exploitation visible, à l’image de son post Instagram pendant la semaine de la prévention du suicide.

Dans une autre vidéo, témoin d’un accident de la circulation, il intervient visiblement bouleversé dans une vidéo qui dénonce la consommation d’alcool et le manque d’attention au volant.

Lorsque Baldoni doit justifier de la perfection de son corps, il le fait avec une mise en abyme qui devient vertigineuse. Il faut voir cette vidéo sur son Instagram.

Choisir de s’inspirer

Au final, difficile de statuer. L’opportunisme fait sans doute partie de l’histoire mais il semble aboutir à des projets concrets, ambitieux, destinés à aider.

Dans la saison 1 de “My Last Days”, Christopher Aiff est l’un des malades suivi. Il y prononce cette phrase qui a fini gravée sur le bras de Baldoni.

Dans sa bio “Man enough”, il se dit passionné par “la création de social change à travers des contenus innovants et inspirants“.  J’ai donc décidé qu’un homme qui marque dans son corps son engagement, même s’il est parfois de l’ordre de la posture, mérite le respect. Et qu’il vaut mieux s’en inspirer que s’en moquer.

The purpose of art and having a platform is to elevate human consciousness… if we’re not doing good with it, what are we really doing?“. Good question, Justin.

On a retrouvé Les Enfants de la télé

C’est la nouveauté la plus réjouissante de l’année à la télévision française. Je sais, c’est un peu surprenant de parler de nouveauté pour un programme qui a plus de 23 ans. Mais après de multiples errances sur TF1 sous la houlette d’Arthur qui tournait en boucle sur les mêmes invités chaque mois en prime, le retour au source par le vrai passionné de télé qu’est Laurent Ruquier fait mon bonheur.

Ainsi, depuis le 3 septembre, chaque dimanche en début d’après-midi, Ruquier reçoit 4 personnalités et régulièrement une icône de l’histoire de la télé. Ainsi, Denise Fabre, Danièle Gilbert, Christophe Dechavanne, Sylvie Vartan, Sheila, Dave, Marc-Olivier Fogiel ont précédé Evelyne Leclerq, Christian Morin, Annie Pujol, Sophie Favier, Marc Toesca et Dorothée lors du prime de ce jeudi soir.

L’enjeu réside moins dans les casseroles des invités que dans le plaisir de retrouver des madeleines de Proust télévisuelles. Ruquier semble avoir vécu la même enfance que moi (sur les mêmes programmes en tout cas) et c’est donc un vrai plaisir complice. On a donc retrouvé la tonalité des 2 premières années du programme sur Antenne 2 avec Arthur épaulé alors de Pierre “Magic” Tchernia qui apportait la caution “expert de la télé” dont Ruquier n’a pas besoin.

Je ne suis pas certain que ça puisse séduire un public de moins de 40 ans mais sur moi, ça marche vraiment bien. Et on est visiblement quelques-uns avec mes potes séniors à aimer ça : près de 1,5 millions de téléspectateurs en moyenne le dimanche, plus de 2,5 millions en prime, c’est un carton d’audience qui me fait croire encore un peu en l’humanité (je sur-réagis, je sais ^^).

Lors du prime de cette semaine, toujours dispo ici en replay ici, j’ai en bonus enfin pu retrouver les images que j’avais vues en direct de Récré A2 qui consistait à choisir un nom pour la nouvelle arrivante Isabelle.  C’est Zabou elle-même qui m’avait indiqué que je m’étais trompé sur le deuxième choix en 2006 dans ce billet. Mais je n’avais jamais réussi à retrouver les images. On est donc sur un vrai moment de plaisir régressif.

A noter également 2 chroniqueurs à l’énergie communicative, Jérémy Charbonnel et Jérémy James qu’il faut aller voir sur scène.

Vivement la rentrée des Enfants de la télé !