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Je te vois

9 juillet 2015 · Humeur · 2 Commentaires

Toi que mon indépendance blesse,
Toi qui voudrais que je donne moins,
Toi qui profite de mes faiblesses,
Toi qui n’attend plus rien.

Toi qui conseille avec tendresse,
Toi qui préfère rester témoin,
Toi qui pense qu’en âge on progresse,
Toi qui me trouve bien loin.

Toi qui reste sans que l’amour cesse,
Toi qui m’en veux de rire sans fin,
Toi qui me pense dans d’autres stress,
Toi qui me crois serein.

Toi qui voudrais tant que je reste,
Toi qui  me montre ce chemin,
Toi qui me dis que le temps presse,
Toi qui pense que je vais bien.

Je sais.

Je sais, j’en ai pas l’air
Mais sache que je te vois.

Back to the (TV) show

9 juin 2015 · Séries · Laisser un Commentaire

J’ai raconté que je m’étais désintoxiqué des séries. Sur un ton très « Moi Christiane F… ». C’est ce qui me permet d’y revenir de façon très organisée. Avec une pré-sélection serrée basée sur les recommandations de mes petits camarades qui ne me veulent que du bien. L’été 2015 marquera donc mon retour aux séries télé.

Wayward Pines

Cette série marque le retour de Matt Dillon, Juliette Lewis et irradie la signature de M. Night Shyamalan (Monsieur Sixième Sens). C’est la seule nouveauté que j’ai déjà attaqué et je suis accro après 4 épisodes. Pas une originalité folle mais un petit goût du Prisonnier modernisé qui me plaît. Avec une petite touche supplémentaire que je ne peux pas révéler sans spoiler. Seule l’issue de cette mini série de 10 épisodes nous dira si ça valait vraiment la peine…

Dans la catégorie pas encore vu :

Grace and Frankie

Daredevil

Empire

Mr Robot

Unreal

Supergirl

Et les 2 retours que j’attends avec impatience :

Orange is the new black (Saison 3 le 12 juin)

True Detective (Saison 2 le 21 juin)

Je manquerai sans doute de temps pour tout voir. S’il faut resserrer la sélection, j’attends vos conseils !

Personnalité multiple egotrip

12 mai 2015 · Humeur · 3 Commentaires

Je me souviens d’une vieille conversation avec mes parents qui me racontaient la succession de surprises que leurs avaient réservés les échanges avec le corps professoral tout au long de ma scolarité. Elève plutôt bon sans être notablement brillant,  je passais de l’ « enfant dangereusement isolé » -qui avait probablement fait craindre un risque d’autisme à ma maitresse en maternelle- au « leader du groupe » dans le spectacle de fin d’année au collège, de la « discrétion attentive » qui faisait de moi le chouchou en CM2 au « petit rigolo » qui faisait marrer (et dissipait) les filles au lycée. Même si chaque commentaire sur mon caractère se révélait surprenant, mes parents ont sans doute pensé que j’avais tout simplement évolué en grandissant, bien que ce ne soit pas forcément très visible dans mon comportement en famille où j’ai toujours démontré un caractère fort mais plutôt discret.

Je ne pense pourtant pas avoir changé et me reconnais aussi bien dans l’enfant isolé que dans le petit rigolo chef de bande (Et là je me bats très fort pour ne pas citer du Céline Dion hein). Il m’a fallu du temps pour comprendre qu’une personnalité aussi multiple n’était pas la norme. Et pouvait déstabiliser autour de moi.

Je ne peux qu’imaginer la diversité et la contradiction des adjectifs qui me décriraient le mieux en fonction de mon environnement. Ca donnerait sans doute à peu près :

Au travail en France : distant et respecté. Austère et exigent. Plutôt grande gueule. Lunatique et sous contrôle.

Au travail à l’étranger : réservé mais sympa. Fiable et contradicteur. Intrigant.

Avec mes relations pro et contacts ponctuels : sympa et accessible. Drôle et attentif. Superficiel et léger. Trop secret.

Avec mes amis, selon les amis et les groupes :

  • Joueur, leader, indépendant, égocentré, lunatique
  • Suiveur, à l’écoute, discret, peu investi, dans le groupe mais à l’écart
  • Bon public et réservé, de bon conseil
  • Bavard et déconneur, bon confident, sociable, fêtard mais parfois absent
  • Effacé pour mieux mettre en avant les autres, peu partageur mais connecteur, casanier

Cette diversité catégorisée transparait sur les réseaux sociaux où je suis tour à tour pro et déconneur (sur Twitter), dépressif et égocentré (sur mon blog), éparpillé (sur Facebook), exposé (sur Instagram)…

Ceux qui me connaissent dans une catégorie m’imaginent en général avec difficulté dans une autre, J’ai longtemps eu du mal à réunir et mélanger mes amis, sans doute incapable de trouver le meilleur dénominateur commun. Et n’ai réalisé que très récemment la complexité pour les autres, plus que pour moi, de cette diversité de traits de caractère.

Facebook, j’ai un truc à te dire.

30 mars 2015 · Communautés · Communication · Humeur · 23 Commentaires

Seuls deux ou trois détails m’empêchent de te quitter, Facebook (et l’intégralité des médias sociaux au passage mais je peux pas parler à tout le monde en même temps, Twitter et Instagram, prenez le aussi pour vous, ça ira plus vite).

Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque (régulièrement) de te plaquer là comme ça, d’un coup, sans dire un mot, après 8 ans de vie commune. Tu sais déjà pourquoi, mais puisqu’il faut être explicite, allons-y. Ce ne sera plus à faire le jour où je me serai affranchi de ces quelques détails qui me retiennent.

D’abord, tu me fais croire toute la journée, à coup de likes et signaux de fumée, que plein de gens m’aiment, s’intéressent à tout ce qui se passe dans ma vie. Une vie dont je ne montre évidemment que le plus réjouissant. Comme tous mes petits camarades le font. Au point d’ailleurs de finir par penser, ensemble, qu’un bon moment de vie ne vaut vraiment que s’il a été partagé sur Facebook.

Je crois prendre de vraies nouvelles en parcourant les statuts de mes « contacts », je sors d’ailleurs du petit tour du lundi matin qui me fait penser qu’ils se sont tous sacrément éclatés ce week-end. Moi aussi j’ai passé un super week-end mais je ne l’ai pas dit sur Facebook, ça doit cacher quelque chose. Mais comment honnêtement cacher le plaisir que je prends à parcourir vos instants de vie ?

Pire, tu me laisses imaginer artificiellement que je donne des nouvelles aux gens que j’aime en commentant leurs statuts. Ca m’éviterait quasiment de décrocher mon téléphone. La facilité dans ce qu’elle a de pire en somme. Moi qui essaie chaque jour un peu plus de dire aux gens que j’aime que je les aime, comment un coeur sous un statut ou un « bon anniversaire » en public pourrait y suffire ?

Facebook, tu n’es évidemment pas la cause des maux, seulement le cristallisateur de l’exercice permanent de nos propres dérives. Il en faut une force de caractère pour ne pas nourrir ce pic d’intérêt en likes et commentaires que mes amis m’octroient au premier selfie venu. Je ne comprends pas moi-même cette tendance que j’ai à liker  les selfies de mes amis. On s’entraîne mutuellement à nous exposer, jusqu’à l’overdose. De quoi transformer nos images numériques en représentation « sublimée » de soi-même. Être vu n’était pas un moteur quotidien, ça le devient, malgré nous (ok, ton copain Instagram a un peu accéléré le processus mais tu l’as racheté, c’est dire).

Dans les moments moins joyeux, le nombre de notifications que tu fais clignoter sur mon téléphone devient un masque à oxygène toxique, un fil barbelé qui retient mal à la vie sociale. En m’indiquant bien à quel point, si je disparais un peu, je suis oublié à une vitesse record.

Alors Facebook, je veux que tu saches que si je ne te quitte pas, c’est parce que mon travail m’oblige à être là. Ce qui fait tout de même un gros détail.

Je n’oublie pas les bénéfices collatéraux. Les quelques amis éloignés que j’aurais perdu de vue sans toi. Les petits miracles de vrais échanges ponctuels que nous n’aurions jamais eu sans toi. La facilité que tu offres pour rentrer en contacts avec un auteur que j’ai aimé lire ou un anthropologue que je rêve de rencontrer (Et Madonna aussi hein même si je suis pas sûr à 100% que ce soit elle qui me réponde ahah).

Je n’oublie pas non plus que je déteste ce que tu fais de moi, ce que tu fais de nous.

Ma wishlist 2015

17 mars 2015 · Humeur · 1 Commentaire

Alors que ça a toujours très bien marché pour moi, cette année, j’ai commis l’irréparable en ne formalisant pas mes voeux pour l’année. 2015 tiendra donc en une seule image faites de destinations voyage et de rencontres espérées. Facile.

La Thaïlande, on dirait que tout le monde autour de moi connait. Sauf moi. A chaque fois que j’ai prévu d’y aller, il y a eu un imprévu. Pour cette année, j’y crois !

Le Japon ne m’attire pas mais Miami non plus ne m’attirait pas et j’ai adoré. OK, c’est un peu 2 salles, 2 ambiances, j’avoue. On doit y aller depuis tellement longtemps, ce serait bien que ça se concrétise maintenant.

Je n’ai jamais tellement rêvé de croiser les personnalités que j’admire. J’ai trop souvent été déçu (Le Festival de Cannes a été meurtrier dans ma vie). Je fais donc une exception de taille en espérant croiser 2 actrices belles, talentueuses et reconnues (Julianne Moore et Robin Wright) et un acteur beau, talentueux et pas encore assez reconnu (Matt Bomer).

Evidemment, si on part en road trip de la Thaïlande au Japon avec Robin, Julianne et Matt, ça fera un peu un strike. Mais d’un coup, j’ai peur de mettre la barre un peu haut.

Verdict en 2016 sur cette technique infaillible qui continue à n’aider personne à m’offrir des cadeaux à Noël (au pire, je dirai pas non à une journée dans un SPA de rêve hein si vraiment vous cherchez).

Proud blogueur

23 février 2015 · Humeur · 7 Commentaires

Ce week-end, trois discussions aux périmètres très différents m’ont amené évoquer mon blog. J’ai eu besoin à chaque fois de m’y référer pour expliquer une réaction, un fait intime, un bout de mon histoire. Alors que, évidemment, personne ne me le demandait. Un peu comme si, tout à coup, ignorer que j’avais un blog revenait à ignorer une part importante de qui j’étais… je suis.

Pourtant, pendant 10 ans, je n’en ai pas parlé dans la vraie vie, de mon blog. Jamais un mot sur son contenu. J’y ai juste écrit plus qu’aujourd’hui. Au quotidien, jusqu’à deux fois par jour.

Ainsi au final, c’est noyé dans un océan d’anecdotique que subsiste ce que j’y ai révélé des expériences personnelles qui m’ont terrassé ou construit ou -le plus souvent- les deux successivement.

Ceux que j’ai aimé, ceux que j’ai perdu, ceux que j’ai raté y sont, les rares fois où j’ai perdu pied aussi. Quasiment jamais dans l’émotion du moment mais en gardant les quelques semaines ou années d’écart… et de protection. Je suis assez tranquille aujourd’hui pour dire que tout y est, personne n’aura la force de se taper des centaines de billets pour s’y retrouver, le mystère restera bien gardé.

N’empêche, à force de répondre à des questions bizarres mais pas si nouvelles (Pourquoi tu écrivais toutes ces choses sur toi en public ? Tu savais que plein de proches te lisaient ? Pourquoi ne pas garder vraiment intime ce journal ?…), tous mes faisceaux de réponse m’ont dirigé dans la même direction.

Mon blog m’a donc « sauvé » de cet autre acte totalement égocentré qu’est une bonne thérapie. Je ne suis pas en mesure d’en comparer le processus. Je sais juste que parler des heures à un inconnu n’est pas dans ma nature, je ne peux pas m’y sentir bien. Mais l’objet semble consister à à mieux se connaître, apprendre à faire avec ses parts d’ombre, comprendre que pour que la récolte de ce que l’on sème soit agréable, il faut apprendre à mieux semer. Pas si loin que ça de l’objet d’un blog, donc.

Il est en fait de moins en moins nécessaire de lire mon blog pour me connaître. M’y référer aujourd’hui ne sert à rien d’autre que de lui témoigner toute ma reconnaissance. Il m’a tellement aidé à construire ce chemin de vie tracé depuis une dizaine d’années. Et il m’a aussi finalement apporté quelques-uns de mes amis les plus précieux.

Et pourtant, j’ai oublié de lui fêter son dizième anniversaire en août dernier. Twitter, Facebook, Instagram et d’autres peuvent en être la cause. Mais j’y reviendrai toujours, comme on revient toujours vers son meilleur ami.

Je vais bien, ne t’en fais pas

13 janvier 2015 · Non classé · Laisser un Commentaire

Ce n’est pas parce que je n’écris plus qu’il faut s’inquiéter. A ma décharge, les événements de la semaine dernière ont un petit peu percuté nos vies d’êtres humains. L’émotion est remontée à fleur de peau, les yeux se sont souvent embrumés, d’abord de tristesse, puis de rage, puis d’espoir et de fierté. Ecrire sous le coup de l’émotion n’était pas raisonnable, il valait mieux se taire. Sans compter que se souhaiter une bonne année est devenu un exercice difficile pour tous, on a abandonné l’idée.

A l’arrivée, ça fait donc environ 6 jours à pleurer beaucoup. L’année a assez mal commencé, on peut dire. Mais tout ça est derrière maintenant, il ne reste plus qu’ouvrir le chapitre où-la-vie-reprend-ses-droits-mais-en-entretenant-méthodiquement-la-flamme-de-la-saine-indignation.

C’est donc une semaine totalement normale qui a débuté.

Tiens, par exemple, depuis ce matin j’ai réussi à regarder un journal télévisé en ne pleurant que deux fois (la radio continue à m’emporter mais j’y travaille). Je me contente de sourire bêtement quand je croise un CRS ou un agent de proximité de la RATP mais je résiste super bien à l’idée de les prendre dans mes bras, ce qui n’est pas une petite victoire. J’ai enfin pu répondre un à un à tous les collègues et amis d’autres pays du monde qui se sont inquiété pour moi, pour nous, pour nous tous, en nous envoyant des témoignages de soutien et d’amitié souvent bouleversants. Je compte aussi arrêter de serrer (beaucoup trop) fort (et trop longtemps) dans mes bras ceux que j’aime, au fur et à mesure que je les revois (ce qui devrait les soulager).

Je n’ai pas encore réussi à gérer l’intégralité des réactions émotionnelles de mes amis qui  comptaient sur moi parce qu’ils se sentaient fébriles, inquiets, perdus… étant moi-même un peu fébrile, inquiet et perdu jusqu’à il y a peu. Mais là, franchement, ça va, j’arrive.

Bien sûr, je continue à ronger mon frein devant une chaîne info quand j’en vois une, au loin. En attendant d’écrire le billet « mesuré » qui va avec la façon dont ces chaînes se sont comporté. Je prévois de revenir bientôt sur Twitter après des jours de consultation sporadique à des moments bien choisis, débranchant la plupart du temps, ulcéré par une réaction ou meurtri sans raison par une autre. Je m’emporte encore dans des conversations de comptoir où je ne laisse plus passer le moindre point de désaccord sur l’impact politique, sociologique et émotionnel des événements de ces derniers jours. Mais à chaque fois que j’ai un petit coup de mou, je file à la salle de sport où je me défoule pendant 2 heures.

Pour la suite, j’hésite encore entre partir me battre pour une cause utile qui me rendra fier de me lever chaque matin, me lancer sur le tard dans une carrière de mannequin sénior pour une marque de catalogue adéquate qui profitera sûrement de mon  trop plein de sport, débrancher tout 6 mois pour m’initier à l’hindouisme dans une tribu reculée.

On en est tous un peu là dans nos réflexions. Mais on va bien, que personne ne s’en fasse. Et on s’aime en plus.

Etre utile

27 décembre 2014 · Humeur · Laisser un Commentaire

Les images qui marquent le triste anniversaire de 10 ans du tsunami défilent et alternent avec le voyage avec son père d’un enfant atteint d’une maladie incurable, une femme américaine accouchée dans le métro par 2 policiers, les dégâts d’un chauffard dans une ville française, un pape qui bouscule les apparats amidonnés du Vatican, un fils américain qui rembourse le crédit de ses parents…


Le tout dans une période déconnectée qui est surtout devenue l’occasion de penser à ceux qui ne sont plus là, plus que de profiter des yeux émerveillés d’enfants, mais toujours entouré de ceux que j’aime et que je ne vois pas assez tout au long de l’année.

Ma tendance naturelle à facilement pleurer devant un écran s’en trouve décuplée. Un peu comme si la distance avec le rythme parisien trépident et le monde au repos reconnectait toutes mes fibres émotionnelles. Ce break de Noël 2014 aura donc été fait de regard souvent embrouillé, voire même de yeux rougis.

L’émotion est aussi provoquée par ce repli égoïste qui s’installe avec les années. « Parce qu’on travaille trop tout le reste de l’année ». Tu parles…

J’ai du coup eu plein d’occasions de me souvenir de ces soirées anciennes de maraude pour aider les SDF la nuit dans Paris, de ces réveillons passés à servir des repas chauds à ceux qui en ont besoin, de ces visites à l’hôpital. Ces moments dont on ne parle que lorsqu’on culpabilise de s’en être détourné. Presque 20 ans plus tard.

Trop longtemps que je ne me suis pas senti vraiment utile dans les yeux de quelqu’un. Ce Noël n’aura donc pas été complètement vain. Je veux que Noël prochain soit l’occasion de me souvenir de toutes les fois où j’aurai fait des choses dont je suis fier.

Maurane ouvre les coulisses de son dernier album

23 novembre 2014 · Actu · People · Laisser un Commentaire

Je ne suis pas près d’oublier le 11 juillet 2014. Une ambiance Bruxelloise automnale en plein été, quelques jours entre amis mais surtout, un privilège dont je n’aurais jamais osé ne serait-ce que rêver. Rentrer dans les coulisses de l’enregistrement d’un disque en studio. Et pas n’importe quel studio, le mythique ICP.  Et pas n’importe quel disque, celui de l’une de mes voix préférées : Maurane.

En arrivant, totalement ignorant, j’imaginais une ambiance coulisse du cinéma : beaucoup d’attente pour assez peu de travail, dans un environnement probablement industrialisé pour rentabiliser. D’emblée, j’ai compris que je me trompais.

Si comme moi on est assez peu sensible à la force d’un lieu et aux « esprits qui l’habitent », le Studio ICP est un remède puissant. Les disques d’or et de diamant accrochés aux murs de brique rouge, affichant les plus grandes stars françaises et internationales passées par là, n’y sont sans doute pour rien.

En faisant le tour des trophées qui défilent quelques-uns des plus grands succès des dernières décennies, je m’arrête forcément sur l’album de l’artiste du jour et de l’album qui m’a fait aimer ses chansons autant que sa voix.

En haut des escaliers s’échappent déjà des notes de musique : Louis, Philippe et Jean-Christophe sont au travail. Pas pour répéter comme on l’imaginerait mais plutôt pour créer, inventer, chercher des nouveaux accords, des harmonies pour des choeurs. On se sent accueillis de la meilleure façon possible : avec bienveillance…. avant d’oublier totalement notre présence.

On est donc vraiment dans les coulisses lorsque Maurane arrive, accélérant encore – par un sourire, un bon mot et son franc-parler légendaire – cette atmosphère familiale qui se dégageait déjà. Un déjeuner tous ensemble plus tard, il est temps d’assister aux prises de voix pour les choeurs de l’un des titres de l’album. Le titre du jour est « A part être » qui apparaîtra en duo avec Yseult de Nouvelle Star sur l’album. Entendre chanter Maurane en prise de voix dans son bocal, faire partie des quelques privilégiés qui peuvent profiter de la magie de l’instant : j’en ai d’ailleurs tellement profité que je n’ai plus pris de photo. Plus une seule.

L’un des meilleurs moments de la journée a été celui de l’écoute du disque dans son intégralité, dans une version quasi-finale (alors que l’équipe continuait à travailler). Je ne savais rien des titres : ni leurs auteurs/compositeurs, ni leur place dans l’album. J’ai tout de suite eu le plaisir de découvrir des morceaux efficaces au potentiel de tubes dont manquait son dernier album, alternés avec des titres plus jazzy comme elle seule sait les rendre accessibles au plus grand nombre. Une première impression en écoute quasi religieuse que je n’oublierai pas de sitôt.

« Ouvre » est maintenant sorti depuis une semaine, j’ai pu voyager avec l’album en boucle dans mes oreilles tout ce temps, sans rien savoir de plus sur ces titres, mais confirmant ma première impression. Ce n’est qu’aujourd’hui, pour écrire ce billet, que je me plonge dans le livret pour lire les paroles, découvrir les auteurs et compositeurs.

Le premier titre efficace et engagé est celui qui a été choisi en lead pour porter la sortie de l’album : « Trop forte » a été composé par Daran à l’origine des quelques-unes de mes plus belles émotions dans la catégorie chanson française (« Dernier voyage » avec -déjà- Maurane ou « L’eau » avec Florent Pagny en particulier). Il est à l’origine du titre éponyme et surtout d’une très belle chanson en hommage à Annie Girardot, sublimé par la voix grave de Bernard Lavilliers.

En découvrant les auteurs/compositeurs de mes titres préférés, pas de surprise : Miossec et Stanislas pour « Où  vont les hommes », Peter Lorne pour « Ensemble » (depuis « Ca casse », je vénère Peter Lorne) et surtout les historiques Lebert et Verhees qui reviennent pour un titre qui ferait un très bon second extrait de l’album (si on me demande…) :  »Sous ces yeux-là ».

Enfin, un peu à part dans l’album mais voué à un très beau parcours en troisième single (mais on on me demandera toujours pas), le titre « Toi c’est différent » profite de toute l’efficacité du duo Lionel Florence et Pascal Obispo.

La chanson très touchante qu’elle adresse à sa fille figure parmi les 5 titres composés par Maurane qui nous rappelle au passage qu’elle n’est pas qu’une interprète.

Pour ce voyage unique, je remercie chaleureusement Pauline, Ludovic et William, ça va devenir compliqué de me faire de plus beaux cadeaux que ça. Et je remercie Maurane que je suspecte d’être aussi, en plus de l’interprète que j’aime tant, une belle personne.

Ces nouvelles unités de mesure…

1 octobre 2014 · Non classé · 1 Commentaire

Parmi tous les bouleversements que l’industrie de l’entertainement a connu, celui de la mesure de succès est l’une des expressions les plus évidentes.

Je me souviens du pavé dans la mare qu’avait été le Top 50 à la création de Canal +. On allait enfin apprendre quels étaient les vrais vendeurs de disques. Pas ceux qu’on voyait chaque semaine dans les shows des Carpentier, mais ceux qui pouvaient réellement revendiquer un succès populaire qui passe par l’achat de disques. Au revoir Mireille Mathieu, bonjour Peter et Sloane.

Une révolution de l’industrie musicale plus tard, à l’heure des ventes de disques réduites à quelques exceptions notables, la mesure de succès se fonde de nouveau sur un acte totalement gratuit pour le consommateur : un clic sur une vidéo. Le nombre de vues sur YouTube est le mètre étalon de la popularité des années 2010, une unité de mesure qui se vérifie tous les jours. Par exemple ces deux derniers jours :

Côté télévision, au moment du Top 50, les mesures d’audiences par des instituts tels que Nielsen révélaient qui était vraiment devant son poste de télévision, constituant une audience captive pour les spots publicitaires des marques qui y trouvaient un espace de massification sans comparaison. Avec sa capacité à toucher jusqu’à plus de 10 millions de personnes au même moment, ça reste vrai aujourd’hui. Ceci dit, la délinéarisation de la consommation, ce nouveau graal qu’est l’engagement et le court-circuitage aussi violent qu’illégal de la chronologie des médias pratiqué au quotidien par la génération des moins de 30 ans ont tout balayé sur leur passage.

La télévision américaine bénéficie dorénavant pour ses ventes à l’international de ce critère de popularité qui donne de la valeur au produit et aide à lui assurer plusieurs saisons même en cas d’audiences moyennes : le téléchargement illégal ! « Game of throne » en a particulièrement bénéficié lors de ses premières saisons, d’autres prennent la relève.

Sans réouvrir le débat de la pertinence de la Social TV en 2014, la télévision tend à s’intéresser davantage à son « audience sociale » autant qu’à son « audience tout court », à y investir en tout cas suffisamment d’énergie pour qu’on pense que ça compte, sans vraiment savoir ce que ça rapporte. Là encore, l’unité de mesure s’affranchit de toute rationalité business, confondant « succès commercial » et « popularité ».

Le cinéma joue beaucoup sur le nombre de vues d’une bande-annonce, un spectacle sur le succès du hashtag associé lors de la Première, on attend la révolution du côté du livre. Pas sûr pourtant que ces unités de mesure nouvelle génération collent au plus près d’un indicateur de succès au sens rentable du termes pour une industrie qui, vu d’ici, semble un peu perdue.