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Maurane ouvre les coulisses de son dernier album

23 novembre 2014 · Actu · People · Laisser un Commentaire

Je ne suis pas près d’oublier le 11 juillet 2014. Une ambiance Bruxelloise automnale en plein été, quelques jours entre amis mais surtout, un privilège dont je n’aurais jamais osé ne serait-ce que rêver. Rentrer dans les coulisses de l’enregistrement d’un disque en studio. Et pas n’importe quel studio, le mythique ICP.  Et pas n’importe quel disque, celui de l’une de mes voix préférées : Maurane.

En arrivant, totalement ignorant, j’imaginais une ambiance coulisse du cinéma : beaucoup d’attente pour assez peu de travail, dans un environnement probablement industrialisé pour rentabiliser. D’emblée, j’ai compris que je me trompais.

Si comme moi on est assez peu sensible à la force d’un lieu et aux « esprits qui l’habitent », le Studio ICP est un remède puissant. Les disques d’or et de diamant accrochés aux murs de brique rouge, affichant les plus grandes stars françaises et internationales passées par là, n’y sont sans doute pour rien.

En faisant le tour des trophées qui défilent quelques-uns des plus grands succès des dernières décennies, je m’arrête forcément sur l’album de l’artiste du jour et de l’album qui m’a fait aimer ses chansons autant que sa voix.

En haut des escaliers s’échappent déjà des notes de musique : Louis, Philippe et Jean-Christophe sont au travail. Pas pour répéter comme on l’imaginerait mais plutôt pour créer, inventer, chercher des nouveaux accords, des harmonies pour des choeurs. On se sent accueillis de la meilleure façon possible : avec bienveillance…. avant d’oublier totalement notre présence.

On est donc vraiment dans les coulisses lorsque Maurane arrive, accélérant encore – par un sourire, un bon mot et son franc-parler légendaire – cette atmosphère familiale qui se dégageait déjà. Un déjeuner tous ensemble plus tard, il est temps d’assister aux prises de voix pour les choeurs de l’un des titres de l’album. Le titre du jour est « A part être » qui apparaîtra en duo avec Yseult de Nouvelle Star sur l’album. Entendre chanter Maurane en prise de voix dans son bocal, faire partie des quelques privilégiés qui peuvent profiter de la magie de l’instant : j’en ai d’ailleurs tellement profité que je n’ai plus pris de photo. Plus une seule.

L’un des meilleurs moments de la journée a été celui de l’écoute du disque dans son intégralité, dans une version quasi-finale (alors que l’équipe continuait à travailler). Je ne savais rien des titres : ni leurs auteurs/compositeurs, ni leur place dans l’album. J’ai tout de suite eu le plaisir de découvrir des morceaux efficaces au potentiel de tubes dont manquait son dernier album, alternés avec des titres plus jazzy comme elle seule sait les rendre accessibles au plus grand nombre. Une première impression en écoute quasi religieuse que je n’oublierai pas de sitôt.

« Ouvre » est maintenant sorti depuis une semaine, j’ai pu voyager avec l’album en boucle dans mes oreilles tout ce temps, sans rien savoir de plus sur ces titres, mais confirmant ma première impression. Ce n’est qu’aujourd’hui, pour écrire ce billet, que je me plonge dans le livret pour lire les paroles, découvrir les auteurs et compositeurs.

Le premier titre efficace et engagé est celui qui a été choisi en lead pour porter la sortie de l’album : « Trop forte » a été composé par Daran à l’origine des quelques-unes de mes plus belles émotions dans la catégorie chanson française (« Dernier voyage » avec -déjà- Maurane ou « L’eau » avec Florent Pagny en particulier). Il est à l’origine du titre éponyme et surtout d’une très belle chanson en hommage à Annie Girardot, sublimé par la voix grave de Bernard Lavilliers.

En découvrant les auteurs/compositeurs de mes titres préférés, pas de surprise : Miossec et Stanislas pour « Où  vont les hommes », Peter Lorne pour « Ensemble » (depuis « Ca casse », je vénère Peter Lorne) et surtout les historiques Lebert et Verhees qui reviennent pour un titre qui ferait un très bon second extrait de l’album (si on me demande…) :  »Sous ces yeux-là ».

Enfin, un peu à part dans l’album mais voué à un très beau parcours en troisième single (mais on on me demandera toujours pas), le titre « Toi c’est différent » profite de toute l’efficacité du duo Lionel Florence et Pascal Obispo.

La chanson très touchante qu’elle adresse à sa fille figure parmi les 5 titres composés par Maurane qui nous rappelle au passage qu’elle n’est pas qu’une interprète.

Pour ce voyage unique, je remercie chaleureusement Pauline, Ludovic et William, ça va devenir compliqué de me faire de plus beaux cadeaux que ça. Et je remercie Maurane que je suspecte d’être aussi, en plus de l’interprète que j’aime tant, une belle personne.

Ces nouvelles unités de mesure…

1 octobre 2014 · Non classé · 1 Commentaire

Parmi tous les bouleversements que l’industrie de l’entertainement a connu, celui de la mesure de succès est l’une des expressions les plus évidentes.

Je me souviens du pavé dans la mare qu’avait été le Top 50 à la création de Canal +. On allait enfin apprendre quels étaient les vrais vendeurs de disques. Pas ceux qu’on voyait chaque semaine dans les shows des Carpentier, mais ceux qui pouvaient réellement revendiquer un succès populaire qui passe par l’achat de disques. Au revoir Mireille Mathieu, bonjour Peter et Sloane.

Une révolution de l’industrie musicale plus tard, à l’heure des ventes de disques réduites à quelques exceptions notables, la mesure de succès se fonde de nouveau sur un acte totalement gratuit pour le consommateur : un clic sur une vidéo. Le nombre de vues sur YouTube est le mètre étalon de la popularité des années 2010, une unité de mesure qui se vérifie tous les jours. Par exemple ces deux derniers jours :

Côté télévision, au moment du Top 50, les mesures d’audiences par des instituts tels que Nielsen révélaient qui était vraiment devant son poste de télévision, constituant une audience captive pour les spots publicitaires des marques qui y trouvaient un espace de massification sans comparaison. Avec sa capacité à toucher jusqu’à plus de 10 millions de personnes au même moment, ça reste vrai aujourd’hui. Ceci dit, la délinéarisation de la consommation, ce nouveau graal qu’est l’engagement et le court-circuitage aussi violent qu’illégal de la chronologie des médias pratiqué au quotidien par la génération des moins de 30 ans ont tout balayé sur leur passage.

La télévision américaine bénéficie dorénavant pour ses ventes à l’international de ce critère de popularité qui donne de la valeur au produit et aide à lui assurer plusieurs saisons même en cas d’audiences moyennes : le téléchargement illégal ! « Game of throne » en a particulièrement bénéficié lors de ses premières saisons, d’autres prennent la relève.

Sans réouvrir le débat de la pertinence de la Social TV en 2014, la télévision tend à s’intéresser davantage à son « audience sociale » autant qu’à son « audience tout court », à y investir en tout cas suffisamment d’énergie pour qu’on pense que ça compte, sans vraiment savoir ce que ça rapporte. Là encore, l’unité de mesure s’affranchit de toute rationalité business, confondant « succès commercial » et « popularité ».

Le cinéma joue beaucoup sur le nombre de vues d’une bande-annonce, un spectacle sur le succès du hashtag associé lors de la Première, on attend la révolution du côté du livre. Pas sûr pourtant que ces unités de mesure nouvelle génération collent au plus près d’un indicateur de succès au sens rentable du termes pour une industrie qui, vu d’ici, semble un peu perdue.

Ma déception Social TV en France

21 juillet 2014 · Media sociaux · Social TV · Télévision · 9 Commentaires

Il y a quelques mois, je m’engageais dans un débat à distance à l’occasion de la quatrième édition du rendez-vous Communauté consacré à la Social TV. Dans un format Twitter forcément raccourci, j’y exprimais mon agacement devant un traitement auto-congratulant ronronnant d’une opportunité que les chaînes françaises me semblent prendre mollement. Les initiatives de la Social TV depuis 3 ans se sont multipliées, elles m’ont amusées sans me convaincre complètement, persuadé qu’elles devraient faire plus, autrement, dès maintenant. Je vais essayer de développer un peu plus les raisons de mon agacement.

 Un business model en question

Jusqu’à nouvel ordre, le business de la télévision privée est régi par une unité de mesure quasi unique : l’audience. Les chiffres de Mediametrie déterminent la valeur du spot publicitaire pour les annonceurs. Les programmes sont disponibles en replay sur des plateformes web ou des applications pilotées par les chaînes sans que leur d’audience ne pèse réellement dans la balance et en y recréant le modèle publicitaire de la télévision (avec des coupures publicitaires le plus souvent à la hache, au milieu d’une phrase).

Dans ce contexte, les chaînes investissent dans un community management propriétaire dont l’impact sur l’audience n’a jamais vraiment été démontré. Il suffit de comparer les cartons sur les médias sociaux (Les Anges de la Télé Réalité, Confessions Intimes, Secret Story…) et les audiences (sur les séries françaises et américaines notamment) pour mesurer le décalage. Audiences TV et social media se rejoignent sur les grands événements tels que la Coupe du Monde ou,en plus récurrent,  les quelques grandes marques qui proposent du direct qui créé l’événement telles que « The Voice » ou « Danse avec les stars. Faute de mieux, les chaînes expliquent sans grande conviction leur investissement -limité- par l’attachement à la marque que cela créé avec le téléspectateur. Ca ne suffira pas et il serait possible de faire tellement plus dès maintenant, aller au-delà d’un prétexte à promotion un peu vide de sens.

Des modèles internationaux inventifs peu appliqués en France

A regarder de plus près ce qui est pratiqué en Israël ou dans les pays scandinaves, on mesure combien la télévision française reste timide en matière de Social TV et on se demande comment est opéré le benchmark qui permettrait, faute d’innover complètement, de prendre les meilleures inspirations. Là où on se contente d’inviter les téléspectateurs à « réagir sur les médias sociaux » pour en faire au mieux un relais à l’antenne un peu excluant pour le téléspectateur et le plus souvent pour n’en faire absolument rien, des programmes ont intégré beaucoup plus fortement cette interaction dans l’éditorialisation et la valeur du programme.

Il suffit de regarder The Voice aux Etats-Unis pour mesurer combien d’autres vont déjà beaucoup plus loin pour donner un sens à cette interaction. Étonnamment, la valorisation de cette participation est d’ailleurs terriblement appauvrie dans les transpositions françaises. J’ai compilé dans une vidéo (qui ne passe pas pour raison de droits NBC, je comprends bien) quelques moments qui montrent comment l’interaction peut créer de la valeur intrinsèque au programme ou même dans un écosystème plus large : downloader un titre sur iTunes sert de vote (et créé au passage une nouvelle dynamique sur le marché de la musique en souffrance), les invitations au livetweet sont thématisées, il est possible de sauver des candidats en twittant… On aurait pu y intégrer ces moments où les coachs s’interpellent sur Twitter en incrustation écran, élaborant sur le choix d’un candidat ou jouant d’une complicité très inclusive pour le spectateur.

L’adaptation de Rising Star sur M6, qui n’a pas vraiment fait ses preuves à l’étranger, est annoncée comme une révolution en la matière. On attend de voir.

C’est donc en grand fan de télévision et de media sociaux que j’ai envie de voir les chaînes réinventer vraiment leur modèle et créer de la valeur autour de l’interaction. On peut penser que ça va arriver vite mais en attendant, je reste un peu sur ma faim.

Le talent que j’aurais aimé avoir

22 juin 2014 · Humeur · 2 Commentaires

On jouait à un jeu la semaine dernière qui consistait à se poser des questions entre amis, comme on le fait en fin de soirée bien arrosée quand on a envie de connaître mieux chacun des gens autour de la table. Des questions du genre : « Si tu avais pu ressembler à quelqu’un, ce serait qui ? », « Ton métier de rêve, ce serait quoi ? », « Qu’est-ce que tu penses que les gens disent de toi en général? »… Si j’aime assez la partie où on en apprend plus sur ceux qu’on croit pourtant bien connaître, je ne suis pas très à l’aise dans mes réponses parce qu’elles sont inévitablement un peu compliquées. Un mot ne suffit pas, jamais, développer ennuierait tout le monde, je donne donc des infos passe-partout pas complètement honnêtes. Avec parfois l’envie insupportable de renvoyer sur mon blog pour en savoir plus si quelqu’un demande de développer (mais je me censure hein) :

« Quel est l’adjectif qui te caractérise le mieux ? » : paradoxal (voir mon blog)

« Qu’est-ce qui surprend souvent les gens chez toi ? » : J’ai adoré faire l’armée (voir mon blog)

La semaine dernière donc, à la question « Quel est le talent que tu aurais aimé avoir ? », j’ai répondu sans aucune honnêteté « Etre un grand cuisinier » avec l’idée très précise en tête de la vraie réponse.

Mais j’ai bien senti que « Savoir gérer la mort de ceux qu’on aime » allait nécessiter d’en dire plus et surtout plomber durablement un moment sympathique. Et je n’avais aucun moyen de renvoyer vers mon blog, n’ayant jamais osé affronter le sujet ici. J’ai donc préféré prendre le risque de développer sur le boeuf bourguignon ou la blanquette de veau.

On a tous ce point commun d’être assez vite confronté à la disparition des gens qu’on aime. Enfant, on est généralement protégé des moments les plus compliqués par des parents attentionnés. En grandissant, il faut affronter diverses situations face auxquelles je suis d’une faiblesse à peine avouable. Garder la force de soutenir ceux qui restent tout en gérant sa douleur, trouver les mots justes dans les derniers instants, tout simplement rester debout.

En avançant dans l’âge, j’ai pu vérifier que ce talent là ne s’apprend pas tellement, je n’ai pas progressé. Je me souviens en particulier de la dernière visite à une proche en phase terminale d’un cancer qui l’a emporté en deux ans. Je savais que je ne la reverrais pas. Elle que j’aimais tant, avec laquelle on avait tellement ri et partagé, était prête à partir. Je n’étais que sous le choc de son physique transformé par la maladie, le souffle court, les larmes que je me battais tellement à retenir que ma gorge était en feu, le sentiment que la terre sous dérobait sous chacun de mes pas et que je tombais. Je ne savais pas quoi dire, il a fallu que sa fille prenne les rênes, me guide, m’amène à parler de nos bons souvenirs. Au moment de quitter la chambre, je n’ai pas eu le courage de dire autre chose que « je reviens vite te voir », en mentant pour ne protéger que moi, sans le courage de lui dire tout simplement que je l’aimais très fort.

Et j’ai du me rendre à l’évidence : ce talent n’est pas héréditaire. Ma mère ne me l’a pas transmis. Elle qui m’a toujours impressionné par cette capacité à puiser au fond d’elle-même une force distribuée à tous ceux, nombreux, qui comme moi, ne gèrent ni les émotions, ni l’action. Elle réussit à prendre (par) la main l’être cher, ne dire que les mots justes, se rendre disponible pour aider l’entourage dont elle fait pourtant partie et partager une énergie qui soutient les proches avant, pendant et après la fin. Elle se sert du meilleur de ce que l’état d’adulte peut apporter, ce que je pensais acquérir avec le temps.

J’aimerais tellement être utile à ceux que j’aime à la fin de leur voyage, je ne suis qu’un poids supplémentaire à gérer. C’est bien ce talent là que je ne désespère pas de finir par maîtriser un jour. De préférence avec le moins d’entraînement possible.

Ca c’est Palace… ou le luxe vu par un novice

19 mai 2014 · Vie Quotidienne · Voyages · 2 Commentaires

Je n’ai pas particulièrement des goûts de luxe dans la vie de tous les jours. Si je devenais très riche, je pense même que je garderais le même appartement (éventuellement avec une piscine sur la terrasse quand même), je n’aurais toujours pas de voiture (mais peut-être un chauffeur et un fixie pour entretenir les cuisses), je continuerais le sport dans mon club low cost favori ouvert 24h sur 24 (sauf si L’Usine se mettait au 24/24), je ne passerais pas des heures dans les boutiques de l’Avenue Montaigne (mais j’enverrais éventuellement mon styliste s’en charger)

En vrai, je ne changerais pas fondamentalement mon quotidien. A une exception notable près : je voyagerais. beaucoup. Mais pas dans n’importe quelle condition.

D’abord, si la misère est moins pénible au soleil, la peur de l’avion se révèle forcément beaucoup plus agréable à vivre en première classe, un verre de champagne à la main. Je deviendrais donc le meilleur ami d’Air France et de sa nouvelle version du voyage haut de gamme annoncée il y a quelques jours. Et je demanderais en supplément à un membre du PNC de me masser la main pendant le décollage si je voyage seul, y a que ça qui me détend.

Tout ça m’emmènerait chaque fois dans une nouvelle destination, un endroit que je ne connais pas (en plus de mes villes préférées Barcelone, San Francisco, New York, Sydney et Rio je veux dire). La prochaine serait Cap Town en Afrique du Sud, très agréable en février d’après ce qu’on me dit.

Quand tout à coup : LE PALACE. C’est un fantasme assez récent, la vie de Palace. Genre quelques semaines, pas plus. Si j’apprécie à Paris les univers du Royal Monceau et du Park Hyatt Paris Vendôme, c’est pour y prendre un verre professionnel dans un environnement cosy mais moderne. Je ne me suis jamais projeté dans la vie de résident d’un hôtel de luxe plus que quelques heures jusqu’à ce que l’opportunité se présente le week-end dernier au Mandarin Oriental de Barcelone.

Longtemps, j’ai pensé que la magie d’un palace se jouait dans le confort, la décoration et la surface des chambres, le niveau de la restauration -étoilée de préférence, la qualité du SPA et des espaces bien-être, la localisation du lieu, une conciergerie efficace,  l’attention aux détails tels que les couloirs parfumés, la corbeille de fruits frais dans la chambre ou la mise à disposition de tout types de câbles de connexion… Tout ça est vrai.

Mais ce qui fait la réelle différence d’un hôtel de luxe, en tout cas au Mandarin Oriental de Barcelone, c’est son équipe, du bagagiste au réceptionniste en passant par tous les hôtes disséminés dans les différents espaces de l’accueil : ils vous connaissent en quelques minutes, devancent vos besoins, se plient en 4 pour vous rendre la vie agréable. Et ça marche plutôt bien.

Ce n’est pas pourtant immédiatement gagné. A peine arrivé, les valises sont prises en charge pendant le check-in, plein de gens viennent se présenter et vous donnent leurs prénoms en expliquant qu’il suffit de les appeler en cas de besoin. A peine le temps de réaliser qu’on ne retiendra jamais tous ces prénoms et qu’on ne sait même pas comment les joindre qu’un tour des lieux est opéré par une hôtesse charmant avant de découvrir sa chambre au moment même où la valise est apportée par un charmant garçon. Tout est allé trop vite, j’aime peut-être trop mon indépendance pour apprécier vraiment.

Et pourtant, dès les premières heures, vous réalisez que ce déferlement avait un sens : vous croisez souvent ces visages connus, ils sont en effet tous charmants, ils engagent la conversation de façon toujours agréable, utile et jamais intrusive. Ils connaissent votre nom mais aussi vos centres d’intérêt, on ne veut pas savoir pourquoi ni comment, quels indices on a pu laisser dans les conversations, on veut juste profiter du bénéfice. Il suffit de lever la tête pour que la réponse à la question que vous alliez poser vous soit apportée. Pas mal font l’effort de parler en français même s’ils n’en ont que quelques notions. De l’entrée de l’hôtel à sa sortie, une équipe complète semble ne vivre que pour vous créer du confort. A tel point que la Conciergerie devient accessoire, je n’ai jamais eu à m’y arrêter.

Bien sûr, le luxe a un prix, à tous les niveaux : le buffet du matin est parfait, pour l’agrémenter de plats, il faut payer. Le wifi est en supplément. Le Coca est au prix parisien, soit 5 fois plus cher que le prix local…

Au moment du départ, alors que vos valises sont prises en charge pendant qu’un taxi est organisé pour vous, il vous prend l’envie absolument ridicule de passer voir tout le monde pour dire au revoir, alors qu’on n’est resté qu’à peine plus de 2 jours. On pensait que les piscines magiques allaient manquer, ce sont en fait les gens. Quand on connait mon caractère plutôt casanier en vacances, c’est dire l’habilité des équipes à s’adapter à chacun.

Je suis donc super prêt pour mon tour du monde des palaces, dans mes rêves.

Morts en série : spoiler alert

26 avril 2014 · Séries · Laisser un Commentaire

Depuis le mois de mars, une tendance a balayé un grand nombre de séries américaines en supprimant par décès l’un de ses personnages centraux. Selon la puissance de la scène, c’est juste une façon de redistribuer les cartes mais avec le potentiel de colorer la façon dont la série s’inscrira dans la mémoire collective. Quelques règles de base pour que le moment fonctionne : un effet de surprise, une scène choc, un numéro d’acteur marquant. Pas forcément de larmes (mais quand même). C’est parfois l’occasion de s’attacher vraiment à un personnage dont on croyait qu’il ne comptait pas tant que ça.

Impossible de faire un tour d’horizon des décès récents qui m’ont le plus marqué sans risquer le spoiler violent. J’ai donc décidé de citer les séries concernées en 2014 sans donner de détail. Et de me concentrer sur 15 ans de disparitions soudaines que je n’ai pas oublié, en tentant un classement.

TOP 10 : Billy Thomas – Ally Mac Beal (2000)
Dans une série décalée comme Ally Mac Beal, jouant plus sur le registre de l’humour que de l’émotion, la mort de Billy Thomas dans l’épisode 16 de la saison 3 est une vraie claque. L’avocat qui n’a jamais cessé d’aimer Ally est foudroyé par une hémorragie cérébrale en plein procès. La mort de Billy sera exploitée comme il se doit avec une cérémonie et un discours d’Ally qui démontrent que le ton décalé n’interdit pas l’émotion. J’aurais en revanche tendance à penser que cette épisode correspond au Jump the shark d’Ally Mac Beal qui ne retrouvera plus jamais ce fragile équilibre par la suite.

Ally Mc Beal

TOP 9 : Boone Carlyle – Lost (2004)

C’est au 20ème épisode de la première saison que la série dont tous les personnages vont mourir les uns après les autres subit sa première disparition majeure. Le personnage interprété par Ian Somerhalder est apprécié, assez riche, on peut penser qu’il en a encore sous le pied. C’est une mort un peu bête, pas de phrase choc, pas de numéro d’acteur notable mais une disparition qui laisse immédiatement penser que tout pourra arriver par la suite.

Lost

TOP 8 : Rita – Dexter (2009)

La mort de Rita littéralement dans un bain de sang marque un climax de la série. Elle ne reviendra jamais à son niveau de départ. Avec la disparition du personnage féminin de premier plan, c’est l’un des rares points d’équilibre du héros psychopathe qui disparait. A la fin de cette saison, on sait immédiatement que rien ne sera plus comme avant, malheureusement pas pour le meilleur.

Dexter

TOP 7 : Lexie – Grey’s anatomy (2011)

Bien sûr, avant, il y a eu George, ensuite, il y en aura d’autre, mais la mort de la soeur de l’héroïne est longue, douloureuse, pénible sur le moment, elle marque les esprits un peu plus que les autres. C’est un des personnages auxquels je me suis attaché au moment de sa disparition et l’épisode dans son ensemble est suffisamment éprouvant pour qu’on ne l’oublie pas…

Grey's Anatomy

TOP 6 : Sybil et Matthew – Downton Abbey

Ex-aequo mais dans des registres différents, deux personnages d’une même série sont effacés après une assez longue agonie pour la plus jeunes des filles Crawley, de façon brutale pour le mari de l’aînée. Pour la première, on regrette le personnage contradicteur au sein de sa famille bourgeoise, on souffre avec elle, on la pleure. Pour le deuxième, on mesure le cataclysme induit dans la série. Dans les deux cas, c’est un choc.

Downton Abbey

TOP 5 : Brody – Homeland (2012)

On ne veut pas que ça arrive, on sait que ça va arriver malgré tout. L’exécution du « héros » sous les yeux de celle qui l’a aimée, relation autour de laquelle se sont construites les 3 premières saisons de Homeland, est assez réussie considérant que l’effet surprise est assez faible. Et deux acteurs au top, évidemment.

Homeland

TOP 4 : Hank – Breaking Bad (2013)

C’est le personnage second rôle de la série qu’on se surprend à aimer, celui dont on pense qu’il survivra à la mort inévitable du héros. Il est achevé hors caméra et pourtant la violence est inouïe, après un face à face glaçant avec son beau-frère qui s’est révélé être le bad guy qu’il pourchassait et qui l’aimait pourtant. Complexe, torturé, brillant, à l’image de  la série dans son ensemble.

Breaking Bad

TOP 3 : Terri Bauer – 24 heures Chrono (2002)
Le coup de théâtre est gigantesque. On arrive à l’issue de la journée qui a déjà confirmé la prédiction de Jack Bauer : c’est la pire de sa vie… A quelques secondes de la fin du 24ème et ultime épisode de la saison 1 de 24 heures Chrono, on s’attend forcément à un happy end pour se remettre, se quitter sur une bonne impression jusqu’à la saison 2. Or les scénaristes ont choisi de faire mourrir l’un des personnages les plus populaires, la femme du héros Terri qui était enfin tirée d’affaire après une saison enlevée et traquée avec sa fille.
La série, qui fait son retour cette année, a malheureusement fait ensuite de la disparition de ses figures emblématiques un argument marketing encore plus fort que celui de Lost. Enervant à la longue. La question est : qui va mourrir dans cet épisode ? L’hécatombe est tellement violente que de l’équipe de la première saison, on déplore 6 décès (Nina Myers, Sherry Palmer, George Mason, President Palmer et Tony Almeida en plus de Terri). Jamais aussi efficace que la mort à laquelle on ne s’attendait pas.

24 heures Chrono

TOP 2 : Lucy Knight – ER / Urgences (2000)
La série médicale est forcément prédisposée à gérer des décès. Avant de décimer le corps médical avec le Romano puis Mark Greene puis Gallant, c’est la jeune interne Lucie qui fait les frais avec le docteur Carter d’un déséquilibré qui les poignardes. Il s’en sortira, elle pas, après nous avoir laissé espéré une fin heureuse. Le fait qu’elle soit médecin et comprenne tout ce qui lui arrive alors que les médecins du Country Hospital essaient de la sauver rend les scènes encore plus dures émotionnellement.

Urgences

TOP 1 : Joyce Summers – Buffy contre les vampire (2001)

Rarement on aura vu à ce point la mort en gros plan, yeux ouverts, froideur cadavérique visible, d’un personnage clé dans une série. La mère de notre héroïne décède des suite d’une tumeur dont on la croyait pourtant sauvée et le créateur Joss Whedon terrifie toute une génération avec une scène très longue, sans une seconde de musique, marquée par la performance de l’actrice qui joue une morte incroyablement crédible. L’occasion également d’une performance pour Sarah Michelle Gellar de la découverte de sa mère morte à la gestion du choc émotionnel.

Buffy contre les vampires

Pour mieux réaliser l’ambiance, quelques images de mauvaises qualité, je n’ai pas trouvé mieux…

 

J’ai mis hors concours « Game of thrones » qui est très -trop?- structuré autour des « décès surprises » ou « The walking dead » qui en a également fait sa marque de fabrique. J’avais envie de m’arrêter sur la disparition de Nate dans « Six feet under », l’une de mes séries préférées de tous les temps mais c’est la scène finale qui offre les plus belles disparitions dans un flash forward très puissant et surtout, c’est moins le décès du personnage que le reste de la série qui marque.

Six feet under

Et enfin, je ne me suis pas arrêté sur les morts de ce début d’année dans Scandal, Teen Wolf, House of cards, The Good Wife et surtout Arrow dont l’épisode de la semaine rentre direct dans mon TOP 10. Mais je n’en dit pas plus.

 

Ma semaine dans la télé

19 avril 2014 · Blogs · Communautés · Télévision · Laisser un Commentaire

C’était visiblement mon destin digital de vivre avec la télé cette semaine. Comme l’incarnation de cette proximité internet-télévision qui tarde à se transformer en réelle intégration, c’est pour parler de médias sociaux que le petit écran m’a fait de l’oeil.

La quotidienne de France 5 : 26 minutes de direct

Pour revenir sur le phénomène des blogs, même dans un ton didactique vie pratique, je me suis un peu préparé en relisant les présentations que je faisais en 2006 sur l’explosion des blogs. Parmi mes (re)découvertes, cet article du New-York Times qui s’étonnait devant la position pionnière et leader de la France sur la blogosphère. Et la bonne surprise de réaliser que son auteur n’était autre que Thomas Crampton qui a depuis rejoint Ogilvy pour en diriger social@Ogilvy d’abord en Asie puis pour l’international. (Cliquer sur le l’image pour l’article complet qui rappelle bien le phénomène étonnant de l’époque)

La quotidienne, on y est comme à la maison : des présentateurs Maya Lauqué et Thomas Isle, chaleureux et pro, on y prend le temps de discuter, d’échanger des points de vue. Dans un format de 26 minutes en direct rare donc précieux. Une expérience agréable qui a porté jusque dans mon Besançon natal où ma famille s’est passée le mot en m’y découvrant par hasard (gros pic d’audience bisontin probable lundi dernier pour La Quotidienne /o/).

Pour revoir l’intégralité de la séquence diffusée sur France 5, cliquer sur la photo et aller directement à la 26ème minute.

Merci à Aude d’avoir pensé à moi pour l’accompagner sur un plateau pour la première fois.

Le Tube de Canal + : reportage sur Gad Elmaleh et les réseaux sociaux

Intervenir dans le cadre d’un reportage pour Le Tube est un autre exercice de style. On sait que d’une heure de tournage ne seront retenues que quelques secondes d’images léchées, avec un mini extrait de l’intervention qui correspond plus ou moins à ce qu’on voulait dire. En l’occurrence, l’équipe -très forte pour mettre à l’aise et super drôle- a pris possession des bureaux de David Ogilvy au 9ème étage de la rue Marbeuf et c’est donc dans une ambiance Mad Men que j’y ai parlé de l’agilité de Gad Elmaleh sur les réseaux sociaux. J’y ai aussi mentionné les nombreuses failles liées à un lien émotionnel un peu factice, phagocyté par la volonté d’efficacité marketing un peu trop visible. Et se paye au moment d’attaques. Un regard qui sera porté par d’autres au final, avec des arguments un peu différents des miens. (Là encore, le lien de la photo renvoie au programme).

La portée du Tube est forcément différente de la quotidienne, avec une plus grosse portée sur mes communautés marketing et communication de Twitter, un joli pic d’audience sur mon profil LinkedIn comme pour vérifier que ma position annoncée « d’expert des médias sociaux » était méritée.

Merci à Guilhem d’avoir soufflé mon nom (et à Andrea pour la photo)

Retour sur les coulisses de La Nouvelle Edition

Bien avant cette semaine très télé, en février 2014, j’ai pu partir à la découverte des différents métiers qui font en coulisse une quotidienne en direct, en l’occurrence celle de Canal + grâce à William Rejault. Comme souvent dans mes expériences derrière les caméras, c’est sur Twitter que je l’ai fait vivre, avec un niveau d’immersion et de proximité avec tous les métiers de ce qui reste un gros paquebot pour une émission du midi. J’imagine que je suis invité un peu pour ça, j’y apprends au passage plein de petits détails qui me sont utile dans mon métier tous les jours. Voici en quelques tweets mon expérience.

Merci également aux équipes de TF1 pour l’invitation très VIP dans les coulisses de The Voice dont je mesure à chaque édition l’effort réalisé pour faire vivre une expérience aux visiteurs. C’est là encore sur Twitter que j’en ai raconté les meilleurs moments en temps réel.

Les RP, ce n’est pas ce que vous croyez

12 avril 2014 · Communication · RP · 2 Commentaires

Il est temps de redonner un sens au nom de ce blog à l’origine créé pour parler de mon métier. A force de le faire ailleurs, sur le site de l’agence, dans la presse ou dans le cadre de conférences, je m’en suis éloigné ici. Mais une semaine de discussions pendant une formation à Las Vegas avec des collègues d’autres disciplines en Europe, des débats avec les participants du World Communication Forum de Davos, des échanges récents avec des directions marketing ou communication et des amis de quelques agences publicitaires concurrentes en France ont fait renaître l’envie de partager mon avis librement, avec ma propre voix.

Cette semaine, une passe d’armes particulièrement intéressante entre la journaliste auteur d’un article polémique sur les RP dans le FT et Chris Graves, CEO monde d’Ogilvy Public Relations dont je dirige le bureau français, ont fini de me décider à revenir sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur. Et de tenter d’expliquer pourquoi je pense que le fondement des RP se situe chaque jour un peu plus loin de la perception brouillée de la discipline sur le marché.

« Une bonne idée, ça fait des RP » ?

Avec les médias sociaux, qui ont en 10 ans percuté l’ensemble des disciplines marketing et communication, s’est renforcée l’idée selon laquelle les RP se contenteraient d’une bonne idée, d’où qu’elle vienne, qui génèrerait naturellement de l’intérêt, de la circulation, des conversations, en un mot (galvaudé) : du « buzz ». Point de vue partagé par des publicitaires, des journalistes du secteur, des professionnels de premier plan en entreprise… à tel point que des catégories RP ont été créées dans le cadre des plus grands prix de création publicitaires tels que les Lions Cannois. Une perception désormais tellement ancrée qu’elle ne peut sans doute pas être complètement fausse. Le secret des RP de qualité place au centre une idée créative à fort potentiel RP, apte à générer un bouche à oreille quasi-spontané. Dans un monde où la mission des RP serait principalement de participer à la promotion d’une organisation, d’une entreprise, d’une marque ou d’un individu, ce serait même absolument juste.

Ce n’est pourtant pas le métier que je pratique depuis 22 ans. Sans être exactement réfractaire à un nouvel environnement digital que j’ai assez tôt accueilli avec le plaisir de voir mon quotidien professionnel se renouveler. Bien sûr, et depuis longtemps, des budgets RP sont dépensés par les organisations marketing dans l’attente d’un retour sur investissement qui s’inscrit dans une contribution à la promotion, participe -hors achat média- à un bruit médiatique favorable. Mais dans la vraie vie, les médias sociaux peuvent s’emparer d’un sujet jusqu’à attirer l’attention des médias traditionnels sans que la discipline RP n’en soit forcément partie prenante.  Et si le succès des RP se mesure, avec la complicité des professionnels concernés, au nombre de retombées ou -pire- en équivalence publicitaire dans ces mêmes médias, n’est-ce pas la preuve d’une vocation ancrée dans une force de frappe promotionnelle ?

Reste à expliquer pourquoi je ne pense pas que le passé, le présent et le futur des RP s’inscrivent dans cette dérive.

Redonner son vrai rôle aux « RP », comme « Relations Publics »

Le problème de ce métier réside dans sa réalité à géométrie variable. Faire les RP d’un produit, d’un artiste inconnu, d’une star internationale, d’une institution, d’un lieu branché, d’un candidat à une élection ou d’une ONG ne correspond pas exactement à la même activité. L’anglais a très tôt géré la dimension multi-facettes de l’activité en la segmentant dans des métiers différents : Public Relations Manager, Publicist ou encore Spin Doctor. Ne pratiquant pas le même métier que Samantha Jones de « Sex and the city » ou Olivia Pope de « Scandal », c’est du côté des « Public Relations » que je reconnais le métier que j’exerce.

Sous l’impulsion du Syntec RP, les « Relations PubliQUES » ont retrouvé leur sens originel en devenant il y a 3 ans « Relations PubliCS », contraction de « Relations avec les publics » qui constitue une traduction plus fidèle du terme d’origine américaine. Plus précisément, « la gestion des relations qui structurent le fonctionnement des organisations avec leurs parties prenantes, internes et externes, est la responsabilité et la compétence des professionnels des relations publics ».

Selon la même logique, le fondateur du « Holmes Report » Paul Holmes rappelait le mois dernier à Davos que « la seule performance qui compte est celle du nombre d’ambassadeurs/supporters/advocates / alliés… acquis grâce aux actions menées puisque les RP consistent à créer des relations avec les personnes qui ont une influence sur notre réputation ».

Quelle vocation pour les Relations Publics ?

Pendant longtemps, lorsqu’on me demandait de définir mon métier, j’essayais de le synthétiser dans sa capacité à « faire porter les atouts et arguments d’un produit, d’une marque ou d’une entreprise par des tierces personnes, indépendantes et légitimes, au service de la réputation de l’émetteur initial ». Je préciserais aujourd’hui en priorité que le bénéfice premier des Relations Publics est de générer de la confiance dans la promesse du produit, la vision de l’entreprise et de ses porte-voix. En s’adressant à ces cibles qui s’égrènent désormais au fil des stratégies corporate de toutes les entreprises : les fameux Stakeholders ou Parties prenantes.

C’est la raison pour laquelle le quotidien de ce métier couvre la capacité à informer et faire passer ses messages de façon crédible. Il passe par la production d’infos dans un format attractif, adapté aux cibles influentes, aujourd’hui souvent de type « News content » que les utilisateurs de médias sociaux pourront s’approprier. Il consiste à former les porte-parole à incarner ces messages. Il place au coeur l’identification et la qualification de ces précieuses parties prenantes. Il est rythmé par la création d’opportunités de rencontres ou d’interactions avec ces publics. Autant d’expertises qui ne se résument pas dans une idée mais nécessitent des skills techniques qui restent à juste titre ancrés dans les agences de RP. Le savoir-faire le plus symptomatique de cette réalité reste selon moi l’expertise en communication de crise qui rappelle toujours le chemin vers les spécialistes en RP des organisations au cas où elles auraient eu la tentation de l’oublier.

Ce regard sur la discipline rend caduque la lancinante question concernant la capacité supposément réservée aux agences de publicité ou créative à déployer des programmes RP reconnus par les Awards internationaux.

Bien sûr, avoir une bonne idée, de préférence créative, pour faciliter, accélérer, fluidifier ou redynamiser ces relations ne fait pas de mal, bien au contraire. Mais l’idée créative centrale dédiée à la promotion des émetteurs a surtout besoin des RP pour être protégée, comprise dans son honnêteté, portée par d’autres que l’émetteur. C’est donc avec cette conviction que nous avons reçu avec plaisir la récompense suprême dans la catégorie à Cannes en 2013.

Alors, pour compléter le titre de ce billet, « Les RP comme Relations Publics, mon métier, c’est pas ce que vous croyiez », on est bien d’accord ?

La vraie histoire de la #Lindaline

22 mars 2014 · People · Vie Quotidienne · 2 Commentaires

22 mars 2014 : au moment où une fête s’apprête à souligner ce qui sera peut-être le climax de la #Lindaline, il est temps de révéler la façon dont Linda Gray aka Sue-Ellen-Ewing-de-Dallas est devenue la personne dont on me parle le plus depuis 3 mois. Pas une journée sans que le sujet n’arrive dans la conversation, dans la vraie vie. Pas une journée sans qu’une conversation virtuelle ne se créée autour de la dame synonyme à jamais d’alcoolisme. Ceux qui me suivent sur Facebook ne peuvent pas ignorer totalement ce dont je parle… Il est temps de faire éclater la vérité. Et de balancer, les prénoms concernés se reconnaitront.

Le jour où tout a commencé…

Il faut remonter au 12 juin 2013. Ce jour là, je suis au milieu d’un kiff interstellaire, un quasi-rêve d’enfant : je vis les coulisses du Festival de Télévision de Monte Carlo au milieu de mes acteurs préférés de séries que j’aime tant. J’en raconte les coulisses pour Le Plus du Nouvel Obs qui m’a accrédité (bises à Aude sans laquelle rien n’aurait été possible). Je résiste consciencieusement à la tentation de selfies systématiques avec les nombreuses stars télé hollywoodiennes. Grâce à Emilie qui m’a accepté comme assistant débutant lors des interviews (plein de coeurs sur toi), je m’autorise une première exception avec le Arrow de ma série « guilty pleasure » du moment : Arrow. Elle jouera son rôle plus tard.

C’est donc 3 jours après le début du Festival pour rejoindre l’une des fêtes les plus décalées auxquelles j’ai pu participer. Chemise à carreau et stetson vissé sur la tête, on se retrouve avec tous les festivaliers dans un l’un des hôtel monégasque de luxe transformé en Southfork pour l’occasion. L’équipe du nouveau Dallas au grand complet est là. Benji nous sert une danse country inoubliable, Katia se jette, tout est à peu près normal. Lorsque je me retrouve à quelques mètres d’une Linda Gray rayonnante et super accessible. Carlo m’entend raconter qu’une photo avec Sue Ellen, ce serait quand même super classe, dégaine un appareil photo et me pousse à poser aux côtés de Linda. « Tu le regretteras si tu le fais pas ». Carole immortalise la scène.

Patrick Duffy aka Bobby Ewing à ma droite n’aura pas les honneurs de la photo, le moment est pour Linda et moi. J’envoie aussitôt le cliché à mes parents en mode « vous allez pas le croire… ». Je choisis celle où on rit vraiment de bon coeur, avec Linda.

Après quelques minutes d’hésitations, je ne peux m’empêcher d’en partager une autre sur Facebook, avec le seul commentaire possible : « Je peux mourir ». Je ne crois pas si bien dire, virtuellement et rétrospectivement. Le soir même, une cinquantaine de likes et une dizaine de commentaires amusés notent « l’exploit ».

Le jour où tout a basculé…

24 décembre 2013 : dans la torpeur de Noël, bien loin des fastes de la principauté, mon ami William se lance dans l’un de ses jeux préférés : commenter de vieilles photos (les miennes notamment) pour les faire remonter dans les flux des internets. Il jette son dévolu sur celle du Green Arrow. Les commentaires racontent assez bien comment Linda sera la prochaine étape.

C’est donc en pleine trêve des confiseurs que Linda réapparaît, passant à plus de 100 commentaires et près de 400 commentaires. En mode second degré, chacun y va de sa petite remarque mi-amusée, mi-circonspecte. Ca ne fait que commencer.

Le jour sans fin…

Alors que dans un monde normal, chacun serait retourné à ses occupations dès la rentrée venue, l’histoire en a décidé autrement. Sous l’impulsion de membres commentateurs plus ou moins assidus, de quelques community managers aussi bénévoles que dévoués, la photo ne quittera plus jamais la une des murs Facebook de mes amis et de ceux des commentateurs. Ce qui doit rapidement toucher plusieurs milliers de personnes.

Manu, Alexandra, Christelle, Emmanuelle, Katia, Olivier, Timothée, Franck, Nicolas, Aurélien, Florian, Remi… sont en première ligne et finissent par venir tous les jours prendre ou donner des nouvelles, créer un fil parallèle de conversations. La #Lindaline est nommée (Olivier serait à l’origine du nom, personne n’aura le courage de relire l’intégralité des conversations pour le vérifier). Les tags sur l’images, toujours plus WTF, se multiplient. Mathieu va même jusqu’à créer un mouvement de mobilisation sur Twitter pour une cause qui reste à déterminer.

Régulièrement, un nouveau venu vient crier son désespoir à la vue permanente de cette image qui les hante malgré eux. les formations express pour « muter » une image dans Facebook n’y feront rien. Plusieurs fois par semaine, quelqu’un vient me « révéler » que cette photo est partout, tout le temps, sur Facebook. Je joue la surprise systématiquement, faute de pouvoir faire mieux.

 

Nous en sommes donc à 339 likes et plus de 3.400 commentaires lorsque les fidèles participants décident de fêter au champagne et chez moi. En prenant de l’avance sur une photo qui s’auto-détruira probablement le 12 juin 2014. Jour où je serai à Monaco pour trouver la remplaçante de Linda.

L’intuition, ça n’existe pas.

23 janvier 2014 · Communication · Humeur · RP · 5 Commentaires

Je réalise bien la taille du pavé que je m’apprête à jeter dans la mare de la philosophie antique et moderne réunie. Je renvoie les plus exigeants aux définitions de Platon, Descartes ou Spinoza que je n’ai nullement l’intention de challenger ici. Mais pourtant, je suis désormais en mesure de l’affirmer : l’intuition est un mythe au fatalisme quasi judéo-chrétien dont les contours laissent penser à un don de la nature, inaccessible pour ceux que le destin aurait oublié. Bref, en simple : l’intuition, ça n’existe pas.

Heureusement donc, la vérité se révèle bien différente, même si l’impression ressentie est trompeuse. J’en suis la preuve vivante. Ma modestie naturelle dût-elle en souffrir (j’adore cette expression, des années que je rêvais de la placer quelque part, je me suis fait violence pour ne l’utiliser en titre de ce billet pour fêter ça… la notion très relative de « modestie » sur les réseaux sociaux m’en a dissuadé).

L’une des activités les plus excitantes de mon métier est la communication de crise. Parce que le début de la gestion d’un contexte sensible s’apparente le plus souvent à une enquête policière : comprendre la situation paroxystique, ses causes et ses origines, ses protagonistes,  les mobiles et les alibis. Ce qui pourrait se résumer en une question centrale : « à qui profite la crise ? ».

Il y a une quinzaine d’années, j’étais très jaloux de mon boss qui m’impressionnait à chaque nouveau sujet de crise en posant immédiatement les 3 bonnes questions qui permettaient en quelques minutes de comprendre la situation. L’usage était de le qualifier d’incroyablement « intuitif ».

J’en étais honteusement jaloux. Parce que les bénéfices dépassaient largement le territoire unique de la gestion de crise. Face à l’attitude d’un client à l’occasion de ce que les américains appellent un « chemistry meeting », sondé sur le potentiel RP d’une idée créative ou encore lors d’une rencontre de quelques minutes avec un candidat pour un poste stratégique, il démontrait une clairvoyance qui lui permettait de prédire à coup sûr les pièges de la relation, les faiblesses d’un concept et le potentiel d’une personne. Nous étions nombreux à vouloir profiter de ce don très enviable qui constituait d’ailleurs le principal de ses talents. Et à rêver de cette capacité à deviner un futur proche, sans grand effort apparent.

Quelques années plus tard, j’ai fini par réaliser que j’avais au moins en partie acquis ce « don » que je m’autorisais à utiliser face à un client ou auprès de mes équipes. En commençant invariablement la phrase par « j’ai l’intuition que… ». Et j’y ai vraiment cru, en cette qualité qui se révélait donc possible à acquérir.

Ma perception a changé à un moment où cette fameuse impression troublante de « déjà vu » se répétait de plus en plus souvent dans l’exercice de mon métier. D’un côté le sentiment régulier d’avoir déjà vécu une situation, de l’autre des intuitions qui accéléraient les prises de décisions sans pour autant créer de confort, avec un cerveau littéralement « on fire » après une journée de pratique intensive. J’ai fini par croiser les informations pour me rendre à l’évidence.

L’intuition, ça n’existe pas. Cette qualité qui se forge avec le temps, avec un peu de travail pour les besogneux comme moi, est en fait accessible à tous. Elle arrive avec les premières rides. Elle s’appelle l’expérience.